Guzzi à grand galop
de Yann-Franck Di Tofano Orlando



Prologue :
" ... les personnages ne nous intéressent pas seulement par eux-mêmes, mais aussi parce qu'on sent derrière eux une divinité redoutable et mystérieuse qui les pousse et règne non seulement sur les hommes, mais sur les dieux. Cette divinité, c'est la Fatalité, ou le Destin, qui poursuit les coupables de père en fils, qui venge le crime par le crime, qui ruine les maisons royales et qui jalouse parfois l'homme et lui fait expier sa prospérité. La présence occulte de la fatalité inspire une sorte de terreur religieuse, jette dans l'âme des spectateurs à la fois de la pitié et de l'effroi, et grandi l'effet dramatique d'événements derrière lesquels ils entrevoient une puissance mystérieuse qui les a produits."
Emile Chambry. Notice sur Eschyle. GF-Flammarion


1ere

"Si c'est vers une plus grande réalité que nous nous tournons, c'est à une femme de nous montrer le chemin. L'hégémonie du mâle touche à sa fin. Il a perdu contact avec la terre"
Henry Miller. Dimanche après la guerre. 1944

Mais qu'est-ce donc ? Des ragots de Morpion. Le mieux placé pour vous tailler un mauvais costard...
Je suis pourtant à la recherche de choses simples.
Je ne suis pas vraiment à la recherche de quoi que ce soit, en fait. En fait je... mais ça dépend !
Je m'appelle Luca Tassoni, pour vous servir.
Et voilà ce qu'il m'arrive ! ! !
Qu'un sergent à la retraite a pour mission d'exterminer ce qu'il croit être mon propriétaire, qu'un fou-dingue est persuadé de connaître ma mère et que la sœur de Josie pleure sous un porche de ne pouvoir m'épouser.
Ca fait rêver, n'est-ce pas ?
Quand on est à la recherche de choses simples...
C'est Morpion qui m'a servi le compte rendu, ce soir, à sept heures sept, depuis je m'accorde quelques secondes de réflexion. Je lui téléphonerai un peu plus tard, peut être, lui soumettre un bilan...
J'habite au quatrième, d'un immeuble de quatre étages, ce qui en soi est une bonne chose. Quand je marche au plafond, je ne réveille que les haut-perchés, et ils sont arrangeants. Les cents pas de l'angoissé terre à terre, lent/vite-vite/lent, tango oblige, sont quant à eux bien plus problématiques. Le voisinage est contraignant. Je m'efforce donc ce soir à marcher sur la tête des anges.
Je rappelle Morpion quelques réflexions plus tard. Par principe, je suis presque hésitant, puis j'annonce la couleur. Nous partons en guerre. C'est entendu, Morpion et moi, demain, nous partons en guerre !
Se lever tôt, douche-rasoir-germe de blé-fromage blanc... La guerre, ça se prépare. A cinq heures nous sommes tous deux fin-prêts à déterrer la hache ! Surtout moi en fait, parce que Morpion, lui, à par médire...
Que je vous décrive Morpion : il a presque qu'un œil, la tête toujours penchée vers la gauche... allez savoir, messieurs-mesdames. Quand il sourit, c'est de n'avoir rien dans la tronche, quand il fait la tronche, c'est le reste du temps. Et il en a dans la tronche, le bougre, même en dormant il tire une gueule de six pieds de long. Là je ne vous cause que de sa gueule, mais le reste aussi mérite...
J'ai jamais vu les jambes de la Joconde, je ne peux vous dire, mais pour sûr Morpion il n'a pas les mêmes, certainement pas. Il a les jambes arquées dans le mauvais sens ! Les genoux se frottent et les pieds se détestent. Pas beau à voir, mais original. Il est grand, avec de grands bras, il est chauve, aussi... alors du coup, la tête qui penche à gauche, c'est plus très important...
On s'est rencontré tout petits, mais déjà tout petit il était comme ça, tout grand. Certes ça n'explique pas pourquoi il n'a que de la médisance en tête, toujours est-il que quand on se retrouve tous deux dans la cave, pioche en main, il ne veut pas creuser.
" - Pourquoi je creuserai, vieux satyre ?
- Pour déterrer la hache.
- Quelle hache?
- La hache de guerre, Morpion. C'est entendu, nous partons en guerre.
- Oh borgne Marie, mais c'est qu'il est référencé, le pingouin... Pas qu'un peu... Luca Tassoni veut la hache de guerre ! Mais dis-moi, pourquoi serait-elle dans ta cave, cette mythique hache ?... "
Le regrettable c'est qu'ensemble nous irions deux fois plus vite. Cela dit le temps perdu à chercher la hache lui donne raison...

***

Quand le bon sens militaire s'éprend du sans queue ni tête...
Pas de hache, pas de guerre, pas de guerre, plus d'histoire. Morpion est ainsi ; un problème, une solution, pas de solution, plus de problème !
C'est à croire que j'invente. En remontant chez moi vers un café de secours, nous croisons un uniforme :
" - Garde à vous !
- Morpion ! C'est notre homme !
- Rends nous la hache, salaud !
- M'enfin, Morpion, c'est le sergent à la retraite ! Celui qui a pour mission de...
- C'est un troufion, c'est pas un sergent...
- Messieurs, je ne vous permets pas ! Sergent Marjolaine, en mission très spéciale (les quatre derniers mots sont chuchotés sur un ton plutôt énigmatique) !
- Morpion, c'est un propriétairicide !
- Mais qui vous a...
- Qui t'a mis dans la tête que cet ancien combattant de mauvaise famille...
- Mais c'est toi !
- Là monsieur, je ne vous permets pas !"
Aurai-je suffisamment de café pour comprendre ? La route est parfois longue, et celle qui me mènera aux sommets improbables de cette énigme me paraît bien dur d'accès !
Aussi, ayant pris le temps de leur formuler intelligiblement mes angoisses, niveau café, je décide de partir à l'épicerie, de laisser mon trousseau de clefs à Morpion, pour que celui-ci accompagne cet étrange personnage jusqu'à mon domicile, qu'il le surveille de près en attendant mon retour. Oui et bien oui, visiblement l'invitation ne déplaît pas, la morphologie de mon ami n'a même pas l'air d'intriguer le sous-officier, et tous deux de grimper les escaliers en papotant, déjà presque copains comme cochon ! Et je m'en vais.

***

...Comment ne pas tomber cul-nu dans la bassine ?


Si dans le quartier certains voient l'épicier comme un être abject, c'est sans nul doute qu'il est de ma famille, et que notre famille est bien peu appréciée de par chez moi, où nous traînons nos savates depuis la nuit des temps. Hop ! L'épicerie s'éloigne ! ! !
Allons à l'essentiel et disons que, pour l'heure, ce qui me dérange, c'est qu'a fortiori, tant les événements s'enchaînent, mon pragmatisme légendaire me fait défaut. Pour sûr, les deux cochons qui, sans même se connaître, se bécotent presque, ça peut décontenancer... Ainsi n'ai-je sur moi point de monnaie. Point de billet non plus, il va s'en dire. Pour creuser dans une cave, des billets, ridicule ! A peine ai-je le temps d'abandonner Morpion à la merci de Marjolaine que déjà leur récente amitié me confond et, de questionnement en jalouserie, je serai très prochainement dans la rue.
Où il pleut.
Pas des cordes, des trombes d'eau, c'est plus joli !
Et ma voisine de palier, une très vieille dame de la hotte, vous dire si elle est petite, madame Cassis, me voyant là tout penaud, sans parapluie, me prête son ombrelle. C'est insolite, sous la pluie, mais le soleil brillant terriblement... aveuglement... et alors que nous nous saluons, madame Cassis et moi, je sens poindre un brin d'insolation. En une vingtaine de secondes, du temps que l'ombrelle change de main entre quelques courtoisies, je vis l'expérience du nordiste rouquin qui, d'une après-midi sur la plage se retrouve la tête sous la douche, comme un chauve pourrait se cirer le crâne avec une poignée d'orties. Madame Cassis referme la porte de l'immeuble, et je pars, sous la douche.
Récapitulatif : Je me permets cet intermède, au cœur de l'action, tout simplement parce que je trouve la marche propice à la réflexion. Dieu sait quand, par la suite, j'aurai à nouveau le temps de faire un bilan.
Alors voilà, hier soir Morpion me téléphone et m'apprend qu'un militaire doit faire disparaître mon propriétaire. Le militaire en question, c'est évident, c'est Marjolaine !
Mais, ô fait étrange, Morpion ne réagit pas, semble avoir oublié. Mieux, face au sergent, l'incommensurable médisance de mon ami s'évapore, et son incomparable faciès, alternant à mon immense désarroi entre sourire et j'entermamère, n'intrigue même pas le sous-officier.
Du coup, moi, je la sens plutôt mal partie, ma guerre. Le tout sans l'arme blanche escomptée... réflexion sous ombrelle, ombrelle sous pluie, pluie sous soleil, sous-officier/ surprise-partie...
Mais revenons à nos moutons et n'allez pas penser, messieurs mesdames, que votre serviteur se permet bien des considérations plus que douteuses en se rendant à l'épicerie du coin. Je ne me rends pas à l'épicerie du coin, l'épicier du coin, c'est mon oncle Abject!
Etant parti sans le sous, il me faut trouver un épicier susceptible de me vendre à crédit le café de la compréhension. Un épicier digne de ce nom. Celui-ci tient commerce bien loin de mon quartier, et pour m'y rendre je traverse donc la ville, et les ruelles qui m'y mènent ne forment certes pas une ligne droite. Non ! Ainsi, suivant le cheminement sinueux de mes pensées, je vais de par des passages obscurs la nuit, de par les canaux parfois si romantiques, en automne surtout, quand la matinée est plaisamment ensoleillée, de par ce parking à trois étages qui se dresse où se dressèrent, fut-un temps et pour bien d'autres raisons, d'autres choses. Je vais, ombrelle à la main, de par cette impasse, profonde, merde...
" Fin du premier épisode ! " dis-je énervé.
" Foutre de dieu ! " dirait Morpion.
Générique de fin.

***

Et quand vos larmes d'éléphant...
Tout de même, en revenant sur mes pas, maudissant toutes les impasses de l'univers, je me demande : pourquoi une si vieille et petite dame que madame Cassis habite au quatrième étage ? Surtout que les marches de cet immeuble sont vraiment hautes ! Et qu'elle est vraiment petite ! D'ailleurs son ombrelle, et ceci n'enlève certainement rien à la bonté de ses intentions, me protège du soleil, oui, mais pas du tout de la pluie.
Cet accessoire me donne en fait une allure particulièrement ridicule et, manche de noyer mis à part, semble sans doute au-dessus de ma tête bien plus un bob à coussins d'air qu'une ombrelle. Bob trop rigide s'il en est, et très bizarrement porté, c'est sûr !
J'en ris presque d'imaginer la ganache d'un Morpion, me croisant ainsi coiffé.
Et du temps que j'en ris, presque, revenant sur mes pas, jaillit l'étincelle!
BRET EASTON ELLIS A EU RAISON D'ECRIRE " AMERICAN PSYCHO " ! quoi que j'en pense...
Mais stoppons là, messieurs-mesdames, car me Voici devant la porte de l'épicerie...
... ! ! ! Quand j'entre dans ce commerce, systématiquement, je trébuche sur un chien et tombe tête première dans les pâtisseries, c'est dégueulasse ! ! ! Comment ne pas dépenser bien plus que l'argent que je n'aurai jamais ? Toutes ces sucreries qui me font de l'œil, ces gâteaux qui me désirent, ces bonbons qui appellent à l'amour... puis cette bidoche aux yeux doux... ces champignons qui chantent. De tentations en tentations, s'approche la caisse, mais avant elle, insupportables, les alcools ! ! !
Me voyant ainsi encombré d'un bon trois-quarts de son stock, l'épicier se précipite.
" - Vous me dévalisez ! Vous avez raison ! ! !
- Et bien oui... je reçois...
- Très bien, très bonne période pour recevoir !
- Vous pensez ! Toutes ces viennoiseries, cette pluie, ce barbecue !
- Bonne période ! Belle heure... je m'agite... je calcule... j'empaquette !
- Faites, je fouille mes poches... mais où est-il... fhou-la-la...
- Très bien, très lourd, très cher ! Grandement raison ! Et je vous prête un sac de voyage, énorme, pratique, j'emballe...
- Ah zut, j'ai dû l'oublier à la maison... mais au fond, hein, peu importe, vous noterez ? "
Là il s'arrête, me zieute, plutôt de travers, très sceptique. Je souris, j'attends. Il hésite. J'attends, je souris. Mais c'est dur, pour moi. Pour lui, tout à perdre, tout à gagner, il sort deux dés, comme toujours, me regarde, lance les dés, qui tournent, tournent, tournent...
" - Et bien bonne réception alors, bon barbecue, et à très bientôt pour la petite note !
- Et bien oui, à très bientôt... "

***

... trompent mes crocodiles...

" - Non ! ? !
- Si !
- Mheu non ?
- Si ! !
- Merde !
- Comment ça, merde ?
- Non, allez...
- Mais si ! ! !
- Putain ! "
La verve est aiguisée, le dialogue juste. En refermant la porte je toussote, signalant ainsi mon retour. Morpion et Marjolaine sont installés autour du mini-bar, et il me semble que j'arrive pile à temps pour voir disparaître les dernières gouttes de mon alcool préféré. Les deux sont, crois-je, presque éméchés. L'œil de Morpion est injecté de sang, et sa paupière d'en face fait bien plus la moue qu'à l'accoutumé. Marjolaine, quant à lui, semble avoir la proverbiale résistance du militaire, quoiqu'en dise son regard.
" - Bonnes commissions ?
- Oui Morpion, plutôt, merci.
- Pour sûr que tu as pensé à ramener de la crème de whisky ! ? !
- Pour sûr !
- Et du tonic, pour sûr, et du café...
- Pour sûr !
- Et bien vous avez été un peu long, Tassoni...
- C'est que, en fait...
- Je vais faire du café ! "
Et Marjolaine, professionnel, étripe le sac de voyage, à la recherche de la poudre noire, puis s'en va dans la cuisine, nous laissant Morpion et moi au centre de l'hécatombe. Ce qui me permet de conter à mon ami, loin des oreilles soupçonnées indiscrètes du bonhomme, mon retour de l'épicerie.
Le grand bras gauche de Morpion lui maintient la tête à quelques hauteurs de la mienne, sa grande main droite est à la recherche de son œil manquant. Allez savoir, messieurs mesdames...
Cet état de fait m'incite à ne lui confier que l'essentiel.
Ainsi donc, chargé comme une mule mais heureux comme un jeune marié s'en revenant d'une belle partie de pèche, je m'en revenais chez moi depuis quelques passages obscurs la nuit, quand, sous un porche, virgule, j'aperçut la sœur de Josie. Et là, c'est pratique, je n'ai pas besoin de description. Le visage de mon ami s'éclaire. Les souvenirs de tant de beautés le rendent presque humain...
Le souvenir de Marine, ce nez, ces yeux, ce cou... long. Même Morpion y est sensible ! Elle était sous un porche, seule, elle pleurait. Et bien que je ne la connaisse ni d'Eve ni d'Adam, je sus bien avant qu'elle me le dise qu'elle s'appelait Marine, sœur de Josie, qu'ici personne ne connaît non plus, d'ailleurs...
D'ailleurs oui, la première fois que j'ai entendu parler de Josie, c'était hier soir, Morpion... sur le coup je n'ai pas posé de question, et au pire même lui, aujourd'hui, se demande d'où... Josie ? Marine ? ! ?
Toujours est-il que, malgré les quelques vingt mètres qui nous séparaient, lui dis-je, malgré ma discrétion, pleine de gène, le tapage de mon cœur la fit se tourner vers moi, et je pus lire dans son regard : " Je suis la sœur de Josie, je m'appelle Marine et j'en pleure, Luca, j'en pleure de ne pouvoir t'épouser !"
Et là je sens que Morpion va médire...

***

... Dieu vous atteint à cent à l'heure ! ! !

A peine ai-je le temps d'en être là...
Marjolaine nous revient déjà, enveloppé d'un brouillard exquis dont les senteurs caractéristiques révèlent le génie du percolateur. " A vos soucoupes ! Tasses et cuillères ! ! " ordonne le génie. Morpion se redresse, Marjolaine me regarde, je m'accoude. Trois gaillards, solennels bien que Morpion, je le sais, soit à deux doigts d'une vilaine réflexion, dégustent le breuvage. Enfin le vide s'installe en mon esprit, laissant dans le cerveau libre court au vagabondage de l'arôme...
Transcription écrite du vagabondage de l'arôme dans le cerveau vide( à l'attention de l'inspecteur Derk, récemment promu spécialiste en vagabondage d'arôme) :
"mmh/ahou/mmoui/esspresso/esspresso/si/100%Arabica/si/mouilala/kécébon/moui/tiensmerdet'esquitoi/Marcel128pourquoi ?/parcequet'espascenséêtrelà/àbonàbenouitiensoùsontlesautres/sontpartiverslabite/merdeecxusesjevaislesrejoindreçadoitêtreintéressant/O.K.salut/salut/sisimouébiene/esspressosi/si... ".
Les meilleures choses ont une fin, c'est sûr...
Je reprends pied, doucement. Morpion et Marjolaine me rejoignent. C'est somme toute une bonne idée car, ça me revient, j'ai bien des questions à poser !
Quoique Marjolaine semble de loin le plus apte à répondre crédiblement, je me tourne vers mon ami :
" - Morpion, qu'en est-il ?
- Depuis ton départ ?
- Oui, vers l'épicerie...
- Banal... des passages obscurs la nuit, des...
- Je connais le chemin ! Mais quant à vous ?
- A vrai dire vos alcools ne sont pas de première... mmmh... qualité...
- Dites donc, Marge...
- Marje, s'il vous plaît, Tassauny.
- Oui et bien, Marjolaine, crève ! "
Et là Morpion s'offre quelques hihihis dignes d'un âne bègue et mal pensant. Je retourne à l'attaque !
" - Où en sommes nous ?
- Pas de hache !
- Merde ! Vous avez creusé partout ?
- Toutes les caves !
- Et Marjolaine ?
- Plaît-il ?
- Etes-vous propriétairicide ?
- Mheu non ! Ridicule ! ! ! "
Morpion m'explique alors que l'exécution de mon propriétaire n'est en fait qu'une sous-mission. Camouflatrice, dit-il... accomplie.
Les sanglots de Marine...
" Il faut t'attendre à souffrir
Luca
M'apprendre à aimer
Il te faudra du temps
Pour m'apprendre à sourire...
...En vain
Je serais de Madrid
Et tu en serais fier
Marine de Madrid
Pour tes nuits exotiques
Ou de Rome, ou de demain
Si certes je suis belle
Je suis ta perdition
Et les nuits seront longues
Bien longues bien après moi
Plutôt pleurer sous un faux nom
Sous un lieu de mensonge
Que de t'avouer mes raisons ?Les fleurs ont leur saison
Marine est belle lorsqu'elle pleure
Et les nuits seront longues, longues...
Je repenserai bientôt à toi , mon ange. "
Pense Marine

***

" Marine est belle lorsqu'elle pleure "
Mais
Marine d'où viens-tu ?
Qui es tu ?
Et pourquoi ne pas le laisser
S'offrir encore quelques merveilles
Sous arc-en-ciel ?
Marine qui est-il ?
Que t'a t-il fait, ce beau garçon
Pour avoir à souffrir
Les mille et une tortures
De ton amour sans concession ?
Quelle est ta quête ?Vilaine rose ?
Quelles sont tes intentions ?
Quand ce cœur s'offre à tes serres...
... tes yeux mouillés l'offre en amont
Et lui ne voit que tes beautés
Pas ton Rimmel
Que ta panoplie magazine
Aux coutures coquines
A ses montées d'adrénaline...
...ton ricil émotif
Bas résilles rouge à griffes...
Lalalalalala !
Marine.
Lumière, Derk !
L'inspecteur Derk savait, d'une intime conviction, que tout allait changer. On ne peut, au mois d'août, passer son temps à regarder s'accumuler la poussière sur un bureau. Personne ne peut.
Depuis déjà quelques semaines, en fait depuis sa promotion, Derk savait qu'il aurait d'ici peu à résoudre l'énigme de sa sombre carrière policière. Les affaires ne s'enchaînaient pas vraiment, pour lui, et bien qu'il fut dans sa branche de loin le meilleur, il n'était que rarement sollicité.
Les journées coulaient, trop douces, pesantes sous ce ciel caniculaire. Derk, grâce à des rideaux de cannisses, protégeait son bureau des agressions du soleil, et c'est dans cette demi-obscurité, presque agréable, que l'inspecteur somnolait quotidiennement.
Il rêvait, sans doute, quand la sonnerie du téléphone le fit sursauter.
" - Derk à l'appareil, j'écoute...
- Allô, inspecteur, excusez-moi mais, je... je crois vraiment avoir besoin de votre aide...
- A qui ai-je l'honneur ?
- Madame Tassoni... la standardiste m'a dit que vous étiez... spécialiste en...
- Je suis spécialiste, madame, la police ne compte-elle pas en ses rangs que des spécialistes ?
- Je n'en doute pas, inspecteur, comprenez, une telle spécialité ! ne pas rire ! ça n'a rien d'évident. Pourrais-je prendre rendez-vous ?
- Bien sûr, et le plus tôt sera sans doute le mieux, pouvez-vous venir demain matin ?
- Très bien, demain matin... à quelle heure ?
- Peu m'importe, madame. A vrai dire j'ai, croyez-moi, bien d'autres soucis que de régler l'heure de mes rendez-vous. Venez à l'aube si vous voulez... "
Sur quoi l'inspecteur raccrocha, puis il sourit, s'apercevant que le combiné était, pour la première fois dans ce bureau, bien moins poussiéreux que la paume de sa main.
Et le soleil disparut derrière la colline, quand apparut le premier verre de Brandy.

***

Le lendemain matin, Derk fut surpris de trouver devant la porte de son bureau quelqu'un qui l'attendait. Certes il avait pensé pendant la nuit au coup de téléphone inattendu qui l'avait sorti de sa torpeur tropicale, mais bien vite, au septième verre en fait, l'interlocutrice s'était transformée en une onirique sirène, charmeuse de policier en manque d'action.
L'apparition matinale n'était à vrai dire pas bien loin de l'image que s'en faisait le policier, dans son rêve. Les rêves de Derk étaient, depuis l'arrestation de sa femme, pour crime de très mauvais goût, sans prétention. Imbibés et sans prétention.
La belle avait depuis peu passée la quarantaine, lui semblait-il, et bien que simplement vêtue, il se dégageait d'elle une impression de supériorité, qui certes n'eut pas déplu à Derk, loin de son travail, mais pourrait dans son bureau le plonger assez rapidement dans un malaise incontrôlable. Aussi l'inspecteur s'approcha d'elle, souriant mais sur ses gardes.
" - Madame Tassoni, je suppose...
- Bonjour inspecteur. L'aube se pointe-t-elle toujours aussi tardivement, dans la nuit d'un spécialiste ?
- Pardon ? ! ?
- Peu importe en fait. Pouvons-nous entrer dans votre bureau ?
- Bien sûr madame, je vous en prie. "


2ème

" La Poésie. Moi non plus je ne l'aime pas : Il est des choses plus importantes que cette bagatelle. Mais quand on la lit avec un mépris total, on y trouve, après tout, quelques réalités "
Edward Estlin Cummings.

Oserai-je m'attarder sur les bienfaits de la disparition d'un propriétaire ? Je pense pouvoir.
Voilà : ce que j'en ressens, pour le coup, c'est comme qui dirait semblable à la plénitude du corps, entraînée par un grand vent anarchique qui libère l'esprit. C'est un bébé qui se laisse tomber dans l'herbe, les yeux fermés d'appréhension, le cul bordé de verdure. C'est frais, ça vaut la mort d'un créancier !
Certes nous sommes là face à une conception bien radicale, cela dit j'ai bien conscience que nous approchons du printemps...
" - Mais de quoi est-il mort ?
- D'une grippe...
- Hihihi !
- Oui ?
- Ouihihi ! !
- Ca me convient.
- J'espère bien, hihihi, salopard ! "

Et je garde mes doutes, planqués au fond des poches, poli, quand quelqu'un frappe à la porte.
Je consulte ma Roulex-calculette, mais les aiguilles ne m'apportent aucun renseignement.
J'interroge du regard mes associés, mais eux, ils ont un peu de retard, et ils consultent leur Roulex.
Il me faudrait donc aller ouvrir la porte si ma mère ne se chargeait pas elle-même d'introduire les quelques protagonistes qui se partagent notre histoire.
En trois minutes, le salon est investi, et, faute de siège, je dois m'asseoir sur les épaules de Marjolaine...
La médisance de Morpion est sur le qui-vive, son œil est aux aguets et je mettrais bien volontiers mes choses au feu que le colloque sera des plus intéressants. Marjolaine semble calme, malgré le poids qui sans doute pèse sur ses galons. Le plis de son pantalon est parfait, militaire, froid, son sourire est scientifique. Stratégiquement à l'aise, monsieur attend. Hitchcokien...
Quant à moi je m'inquiète du tapage diurne que nous ne manquons pas de faire en nous installant. D'autre part Madame Cassis n'en souffrira pas, c'est ma voisine de palier. Elle est parmis nous, d'ailleurs. Et puis il n'est peut-être pas si tard ? Roulex, quelle heure est-il ?
Treize heures :
Nous sommes huit dans mon ridicule salon, et si l'on prend en considération que sept d'entre nous sont décemment installés, cela nous donne quatorze paires de pieds de chaises chantant une comptine chinoise assurément désagréable. Il me faut donc, une fois le calme revenu, descendre de mon perchoir et distribuer l'aspirine à des invités fort migraineux. Mais qui a invité qui ?
En remontant sur mon char d'assaut, je ne peux empêcher le parquet de grincer et reçois des froncements de sourcils bien désapprobateurs, lancés à l'unisson par cette improbable assemblée. Ils sont titillons, quand même !
Ils sont chiants...
Du temps que chacun boive son breuvage, j'observe le cercle que nous formons. Directement à ma gauche se trouve Madame Cassis, dont les jambes se balancent à une vingtaine de centimètres du sol. A côté d'elle, méfiant, mon propriétaire éternue entre chaque goulée, une pioche plantée au milieu du crâne, qui semble parfois le déranger, un peu. Séparant le haut de son bonnet en deux pétales pourpres, je la trouve plutôt agréable à la vue. Vient ensuite un monsieur que je ne crois pas connaître. Celui-ci, d'âge moyen et d'allure médiocre, n'a de cesse de regarder ma mère, qui, assise à ses côtés, lui rend parfois ses œillades, entre gène et invitation. Puis Morpion... Puis, pour boucler la boucle, le bouquet ! L'épicier du crédit, qui voudrait me regarder de haut !
Mes choses au feu que ça va chauffer ! ! !
Madame Cassis, tout en exécutant visiblement à l'adresse de personne trois rapides moulinets incompréhensibles de la main gauche, prend la parole :
" - Quelqu'un a saccagé ma cave. C'est dommage, pour la porte, mais c'est surtout vraiment débile de sa part. Il a labouré le sol, consciencieusement, alors que rien ne pousse dans cette cave.
- Quel labeur étrange, tout de même. Quelle connerie au carré, car la mienne aussi a été labourée ! dis-je peut-être un peu trop fort.
- Tu vois bien que rien ne pousse dans ces caves.
- Morpion, enfin, nous réglerons ce problème un peu plus tard...
- Ne rougis pas, Luca, il n'y a pas que les haches dans la vie.
- Faute de déterrer, nous enterrerons ! " intervient Marjolaine, en refermant un talkie-walkie.
Monsieur le propriétaire de l'immeuble, là, il était bien à deux doigts de prendre la parole, nous dire un peu ses questionnements quant aux caves, mais assurément l'intervention du militaire lui coupe net ses envies de discoure. Il se contente d'éternuer, en regardant parfois à la dérobade le sergent.
Son statut social lui évite aujourd'hui les pires railleries que pourrait inciter son bonnet pourfendu, et c'est pour moi une bonne chose car je craindrais comme la peste la moindre allusion à ce sujet. Il faut, je pense, de sacrément bonnes épaules pour faire mine d'ignorer le mal qui encombre le bonhomme. Celles qui me supportent pour l'heure me semblent être de taille à honorer cette délicate mission.
Quinze heures :
Tout de même, l'épicier est pertinent ; il nous demande si réellement, à notre avis, " La stanza del figlio " mérite une palme.
" - Mais, réellement, à votre avis, " La chambre du fils " mérite une palme ?
- La palme ne serait-elle pas plutôt attribuée à l'ensemble de Morreti ?
- Réduire Morreti à une palme ? ! ?
- D'or... tout de même !
- Avec une palme, Morreti, il va tourner en rond ! "
Et tous, ils fument.
Moi, en hauteur, je nage dans un épais brouillard et les yeux me piquent. Marjolaine des brunes, madame Cassis la pipe. Exaspéré de ne les voir, je demande au sergent si nous ne pourrions pas descendre d'un étage. Et hop, Marjolaine s'assoie sur le plancher et je me retrouve sur la chaise, sa tête entre mes jambes. Au moins puis-je remarquer que l'inconnu, en face de moi, ne s'intéresse a priori vraiment pas à la discussion. Bien plus aux jupons de ma mère !
Autre chose d'ailleurs me dérange beaucoup. Tout le monde porte des lunettes noires. Troublant !
Je me penche vers l'épicier, tentant ainsi de créer entre nous une certaine complicité :
" - Pensez-vous réellement que ces lunettes, bien que très belles, pleine d'allure et d'oniriques références, soient obligatoires en ce salon ?
- Votre porte-monnaie ! Que je me serve. Ou vos choses au feu !
- Nous y viendrons. Mais les lunettes ?
- Il vous en faut ? C'est cher !
- Pourquoi des lunettes noires ? Vous craignez l'halogène, tous ?
- Nous n'aimons pas les flashs...
- Les flashs ?
- Oui, les flashs... "
Alors je m'aperçois qu'effectivement...
Marine sous la douche...
Qui fait péter des bombes
au cœur de ton émoi
Dis-moi qui selon toi
Qui dans tes catacombes
A déchiré ces draps ?
L'amour c'est comme ça
Ca fait gonfler des rêves
Qui font péter la tête
Amour vilaine bête
A déchirer ces draps...
-Bon Derk...
Derk ne savait trop quoi penser. L'histoire lui paraissait certes louche, d'une part, mais bien anodine de l'autre.
Madame Tassoni, ce matin, l'avait prévenu avant même de commencer. Louche d'une part, anodine de l'autre... et surtout pleine de mystères !
Cette femme, de sobre beauté, disait être la mère d'un jeune homme que l'on manipulait à des fins encore incertaines, mais pour sûr suspectes. Elle résuma à l'inspecteur ce qu'elle savait, et bien qu'allant sans doute à l'essentiel, son récit ne dura pas moins d'une heure et demie. Dans cette histoire se mêlaient de façon obscure toutes sortes de trafics, toutes sortes d'individus, dont elle ne laissa au policier que deux clichés : une magnifique paire de jambes, puis peut-être d'autres jambes... Ils n'étaient pas de grande utilité, pour l'heure, ces clichés. Derk n'y comprenait rien, et au pire, l'entropie en était nulle, vraiment !
La belle n'était pas paniquée, loin de là, mais elle avouait avoir besoin d'aide.
Paraissant très sûr d'elle, Derk se dit qu'il devait lui en coûter de demander de l'aide à un tiers, quand bien même ce tiers fut-il de la police...
L'inspecteur, une fois la sirène partie, s'en alla interroger ses dossiers. Les quelques noms qu'elle citait n'avaient aux yeux de la police visiblement aucun rapport.
Que pouvaient donc comploter ensemble de tels personnages ?
D'autre part, et ceci aurait dû alerter Derk, ils étaient tous fichés, pour des raisons bien diverses...
Mr Marjolaine : retraité de l'armée de terre. Ex-convoyeur de fond. Inculpé pour braquage de fourgon blindé. Liberté surveillée.
Mr Morpion : soupçonné pour trafic d'organe. Sous surveillance.
Mme Cassis : espion international. Au service de qui ? Sous surveillance.
Mr l'Epicier : Ex-racketeur. Semble calme. A surveiller.
Mr Tassoni : soupçonné pour le vol d'une Joconde. Sous surveillance.
Mais que ce c'est ! ! !
Derk ne comprenait pas pourquoi la mère d'un tel truand venait lui demander de surveiller les faits et gestes de son fils !
A quelle fin venait-on le rouler dans la farine ?
Qu'est-ce qui se tramait à quelques rues de cette diversion ?
Derk passa la matinée à suivre le jeune homme.
Cette filature, sous la canicule, mais il s'en doutait, ne lui apporta rien d'évident. Si, de la sueur. Le seul fait notable, à première vue, fut les kilomètres parcourus à pied par Tassoni pour se rendre chez lEpicier. Et ce pour remplir ses placards...
Quand le suspect rentra chez lui, Derk dut prendre une décision.
Aussi décida-t-il que la chandelle en valait peut-être la peine et prit-il l'initiative de réquisitionner un appartement, en face de l'immeuble de Tassoni.
Une jeune femme occupait les lieux, et comme elle était en pleine toilette, Derk ne put l'obliger à déguerpir.
" - Qu'est-ce que vous observez ?
- Top-secret, Mademoiselle.
- C'est grave alors...
- C'est important...
- Vous n'avez pas de jumelles ?
- Si. Dans la voiture. Mais vu la distance, plutôt réduite, je pense que mes lunettes m'auraient suffit.
- Où sont-elles ?
- Dans la voiture, mademoiselle... "
Mademoiselle Ella, Josie de son prénom, se moquait presque de l'inspecteur. Elle accentuait son maquillage, jusqu'à l'indécence, puis l'interrogeait sur son apparence. Miroir, Derk...
Elle s'exhibait à la fenêtre, à ces côtés, tournait autour de lui en petite tenue, puis repartait vers la chambre pour revenir quelques minutes plus tard, dans une autre petite tenue, à vrai dire peu différente.
La jeune fille était belle, et sa beauté distrayait l'attention du policier.
D'autre part, des fenêtres de Tassoni semblaient rugir des stroboscopes, aveuglant, et la myopie de Derk n'était pas pour servir sa surveillance.
Aussi finit-il par accepter le café que la jeune effrontée lui proposait.
Ils étaient tous deux installés sur un petit canapés deux places, vidant leur tasse, et l'aguicheuse devint finalement un peu méfiante face à la soudaine témérité de l'inspecteur.
Derk ne s'inquiétait à vrai dire plus du tout des histoires Tassoni. La belle du matin avait été reléguée bien vite, et ses attraits n'étaient finalement qu'un reste de ragoût face à la succulente Josie. Derk en voulait, de cette biche qui le narguait encore il y a deux secondes, quand le policier ne pouvait être prédateur. La jolie téméraire semblait pour l'heure apeurée et n'en était que plus désirable...
... quand la sonnette retentit.

Soulagée, Josie s'en alla ouvrir la porte.

Elle revint dans le salon, ayant retrouvé son sourire, accompagnée d'une jeune femme brune. La splendeur de cette troisième apparition effaçait totalement les courbes de la deuxième, rendant celles-ci finalement vulgaires. Derk était aux anges. Trois beautés en un rien de temps, après trois mois d'austérité, à en perdre bien plus que son latin...
" - Inspecteur, je vous présente Marine.
- Mademoiselle.
- Inspecteur, enchantée...
- L'inspecteur Derk surveille le beau blond d'en face !
- Mademoiselle Ella, je vous en prie !
- Qu'a donc à se reprocher Luca ?
- Vous le connaissez ?
- Non. Je l'ai juste croisé... j'étais sous un porche et...
- Tu veux du café, Marine ?
- Oui je veux bien, je vais me chercher une tasse dans la cuisine.
...
- Votre amie est ravissante !
- C'est pas mon amie, c'est ma sœur !
- Votre sœur, vous vous foutez de ma gueule ?
- Heu... pardon ?
- Votre sœur ! ? ! Marine Ella ! Bhaaa ! ! ! "


Epilogue :

A qui doit-on attribuer ces circonstances ?
Si réellement quelqu'un cherche à rouler Derk dans la farine, d'une part c'est dégueulasse, et d'autre part c'est pas vraiment gagné.
Si Marine pleure sous un porche, c'est de ne pouvoir l'épouser, lui, Luca Tassoni, voleur d'une joconde. Mais pourquoi ne peut-elle l'épouser ?
Et Marjolaine, pourquoi a-t-il tué ce propriétaire qui, visiblement, résiste à la mort ? Pour qui ?
A qui ça sert, à quoi ça tient ?
Morpion ? lEpicier ? Madame Cassis ?
Morpion y trouverait son compte, en récupération, peut-être, mais un espion international, qu'est-ce qu'il y trouverait ? Et ne me dites pas que lEpicier va racketter les mort-vivants !
Josie, quant à elle, ne semble pas vraiment intéressante... aguicher un inspecteur de police, puis se dégonfler dès qu'il montre les crocs, c'est pas folichon !
Et les paradis fiscaux, c'est pas des verrues sur la gueule du monde, ça, hein ? ! ? non mais des fois !
Madame Tassoni, par contre, pourrait prétendre à quelque chose, mais si on y regarde d'un peu plus près, on voit bien qu'elle est conne. Elle ne s'est même pas rendu compte que le monsieur assis à ses côtés, chez son fils, était fou-dingue. Elle a les chevilles un peu lourdes, aussi, a pensé Derk quand elle sortait de son bureau.
Marine par contre...
Luca, lui, il est parfait. Pas prétentieux ni rien... parfait.
C'est Guzzi qui choisi !

Yann-Franck Di Tofano Orlando


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