Sirius
de The Sisters


Chapitre 1er
Il ne faisait que passer



Une pluie chaude tombait continuellement depuis ce matin. Tout en marchant il implorait le ciel d'arrêter la fureur meurtrière de l'acidité de ses gouttes tombant sur ces chétives victimes. Et pensa qu'il insérerait sûrement cette phrase à son futur tableau. Il marchait depuis bientôt deux heures; c'était déjà la troisième fois qu'il faisait le tour du quartier, il n'était pas très grand et il marchait lentement. Deux fois il est passé devant la maison sans oser y pénétrer. Deux fois il a failli entrer mais c'est ravisé à la pensée qu'il devrait endurer les cris et l'indifférence d'une mère satyre et entendre les hurlements sourds que son père était contraint de pousser pour que sa servilité ne le conduise pas à la folie.
Il marchait et tout en passant une troisième fois devant la maison il se dit qu'il ferait bien mieux de se rendre à l'atelier, il y faisait chaud et il avait les clés- c'était celles d'un garçon qui les avaient oubliées- il y passerait la nuit. L'atelier se trouvait en dehors du quartier à la limite du centre de Londres, à ce rythme ci il lui faudrait sans doute trois heures mais il était sept heures et il n'était pas pressé. Il passa donc passa serein devant la station de métro ; il continuerait sa marche.
Il était maintenant neuf heures et il s'étonnait d'être déjà arrivé à l'atelier, il avait du marcher plus qu'il ne le pensait. Il s'accroupit à côté de la porte dans le noir, il y avait du monde à l'intérieur, il attendrait donc qu'ils sortent pour entrer à son tour. L'attente s'avéra minime, ils s'en allèrent à peine quatre après son arrivé. Il ouvrit la porte et c'est avec joie qu'il reconnue l'odeur de l'aquarelle et des peintures à l'huiles. Bien que fatigué il se mit peindre emporté par la valse des senteurs et de ses idées. Il peignit frénétiquement une heure durant puis son &Mac254;uvre inachevé s »effondra dans un sommeil presque comateux.
Il se prit à rêver comme jamais auparavant, le sommeil d'ordinaire si salvateur se montrait traître. Tout ses problèmes et tout ses mauvais souvenirs remontaient à la surface, il se sentait entraîner par un halo de désespoir. Du fond de ses cauchemars d'où il ne pouvait plus s'échapper, il sombrait. Tout son être criait «non » mais son esprit épuisé ne luttait déjà plus. C'était tellement plus simple de se laisser enveloppé par une tiède douleur&Mac183;.
Un bruit de clé se fit entendre. La porte s'ouvrit sur un homme d'une vingtaine d'années. Lorsqu'il vu Sirius allongé par terre il accouru et, penché sur lui son corps semblait sans fin. Il lui tâta le front pour en découvrir sa température glacé, il lui chercha un pou qu'il ne trouva qu'à grande peine ; s'entant l'urgence il l'embarqua dans sa voiture et démarra en trombe. Et dire qu'il ne faisait que passer.



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