Guerre éclair

de Sophie Marcouyoux



Chapitre 1

Sue était la fille de l'Amiral Stucker, elle venait d'intégrer l'armée, tout était nouveau pour elle. Elle tourna la tête vers les hommes qui se curaient les ongles, et mangeaient de la façon la plus ignoble qui soit. Ce dortoir était décidément bien sale.
Elle commençait à peine son service militaire et ne connaissait rien sur la façon dont elle devait se tenir.
Sue était belle, d'ailleurs ses parents répétaient sans arrêt que c'était du gâchis d'entrer dans l'armée et de s'habiller comme un garçon. Elle avait donc fait preuve d'une grande opposition face à son père en particulier. Elle se souvenait d'une dispute qu'elle avait eue avec son père, elle avait crié : « Mais pourquoi est ce que tu veux m'empêcher de devenir soldat ? Tu es bien dans l'armée toi ! »
Son père s'était empressé de répondre : « Peut être, mais moi je suis un homme, et les hommes sont plus endurants que les femmes, plusieurs fois j'ai failli perdre la vie. Moi quand je suis devenu soldat je n'ai pas eu le choix, j'étais jeune et mes parents n'avaient pas beaucoup d'argent. On demandait des volontaires pour aller combattre au Japon et mon père m'a contraint. Aujourd'hui nous avons de l'argent, une grande famille, et toi qui vis comme une princesse, tu veux tout quitter sur un coup de tête ? On m'a forcé à devenir militaire, toi tu peux faire des études, mais non, idiote comme tu es, tu veux toi-même aller te faire tuer, la place des femmes n'est pas sur un champ de bataille ou dans une guerre ça non je refuse. Tu peux partir, les femmes ont reçu leur indépendance, mais sache que tu n'as pas mon appui et que si tu échoues comme soldat tu devras venir reconnaître ta défaite devant moi ! »
Un homme entra dans le dortoir suivi d'un autre homme, qui devait être son assistant, sortant Sue de ses songes. Cet homme portait une veste militaire et beaucoup de sagesse émanait de sa personne.
Il tourna la tête vers la jeune femme, chuchota quelque chose à l'oreille de son assistant, celui ci la dévisagea et répondit simplement : « C'est la fille de l'Amiral ! »
L'homme la regarda une nouvelle fois, son regard la transperçait, elle tourna la tête et lui continua son chemin.
Sue resta bouche bée devant ce spectacle, elle ne pouvait pas dire si cet homme était beau ou non. Il lui inspirait juste une grande admiration. Elle baissa les yeux et attendit.
Il se dirigea en silence vers le bureau, s'installa et déclara : « Messieurs, comme vous devez le savoir, un réseau de terroristes menace notre tranquillité, Israël est menacé et nous a demandé de l'aide. Nous pourrions facilement venir à bout de cette organisation, mais nous devons faire attention, il y a sans doute plus de danger qu'on ne le croit. »
« Mais colonel, ne pouvons-nous pas simplement envoyer une bombe sur le pays comme en 1945 ? »
L'homme eut un sourire et se leva : « Sergent Karter, je connais votre dévotion envers les Etats-Unis, mais ce n'est pas un pays que nous attaquons, juste un groupe de personnes très dangereuses, alors est ce que vous croyez que ça simplifiera les choses si l'on bombarde une ville ? C'est pourquoi une division va venir avec moi jusqu'en Israël de manière à trouver les principaux terroristes et à les éliminer avant qu'ils ne commettent l'irréparable. »
Un autre homme déclara : « Colonel ! Quand bien même nous allons là bas, comment trouverons-nous les terroristes ? »
« C'est facile, ce groupe se fait appeler Le Faucon Noir.
Je ne connais que les quelques principaux chefs de ce groupe mais si nous remontons jusqu'à eux, nous pourrons facilement trouver les autres. »
- Si l'on suit votre raisonnement nous pouvons déjà venir à bout de ces terroristes, alors pourquoi envoyer des soldats ?
- Je le sais bien mais ce qu'il faut savoir c'est que ces hommes ont une grande influence auprès du gouvernement, vous connaissez le principe, argent équivaut à pouvoir. Quoi qu'il en soit nos devons à tout prix les arrêter, vous souvenez-vous de ce qui s'est passé après les attentats de Munich ? Beaucoup de terroristes sont morts tués par les Israéliens qui cherchaient à se venger. Si cela se reproduit une guerre risque d'être inévitable.
- Mais avec tous les attentats dans ce pays, cela m'étonne que le gouvernement s'inquiète pour un groupe et qui plus est qu'est ce qui nous montre que les terroristes seront en Israël ? Et j'ai une dernière question, vous dîtes que cela créera encore de nouveaux conflits si les Israéliens tuent les Palestiniens mais nous nous confrontons au même problème si nous les attaquons.
- Et bien à vrai dire, là où vous avez raison c'est qu'il y a beaucoup d'attentats en Israël, mais là où vous vous trompez, c'est que cet attentat n'est pas comme les autres, il risque de faire beaucoup plus de morts. Nous ne savons pas comment ils comptent s'y prendre, avec quel matériel, mais ce que nous savons, c'est qu'il est impératif de les arrêter. Ensuite les terroristes seront là bas, c'est une certitude car ils auront besoin d'un peu de temps pour préparer leur plan. Enfin, et faîtes bien attention à ce que je vais vous dire, il faut impérativement capturer les terroristes vivants.
Bien. Alors le groupe qui va partir avec moi sera composé : du soldat Ted Williams, du commandant Josh Andrews et du soldat Jeff Mc Dawson.
Sur ce, il se leva et partit. Sue restait là pendant que les autres soldats qui n'avaient pas été nommés partaient l'air énervé. Elle entendit un homme dire : « C'est bien la peine qu'on se soit tapé tout le trajet pour rien, c'est que moi je viens du Texas et que je m'attendais à partir pour faire une guerre, c'est trop de l'arnaque ce truc ! »
La jeune femme était restée figée de stupeur, elle échouait si près du but. Elle ne pouvait pas aller voir son père et lui dire qu'elle avait échoué. Elle voulait être soldat et elle refusait catégoriquement tout échec.
Elle entra dans un bâtiment, marcha lentement le long du couloir et s'arrêta devant une porte. Elle posa ses longs et fins doigts sur la plaque où les lettres Bureau du colonel Blumer, étaient inscrites. Elle prit son courage à deux mains et toqua, au bout de dix minutes une voix lui demanda d'entrer. Elle ouvrit la porte et entra dans une grande pièce. Cet endroit n'avait rien à voir avec les autres bureaux, il était spacieux et lumineux, de ce bureau on avait une superbe vue. Elle posa ses yeux sur le colonel, c'était un bel homme d'une trentaine d'années, un début de barbe indiquait son oubli de se raser le matin même. Malgré les nombreux traits de beauté du colonel, ce qui captivait le plus Sue c'était ses yeux, ils étaient couleur bleu ciel. Mais surtout ils montraient une grande tristesse qui semblait provenir du plus profond de son cœur. Il était penché sur son bureau et étudiait un document visiblement important.
Il ne prononça que quelques mots brefs mais Sue resta figée, ne sachant plus quoi dire. « Enfin Wilson vous êtes là, la ponctualité vous ne connaissez pas, des vies sont en jeu alors un peu de … » Il venait de lever la tête, apercevant la jeune femme, il écarquilla les yeux, se racla la gorge et la questionna sur la raison de sa venue. « Je désire faire partie du voyage en Israël ! »
Il eut un sourire amusé. « Oh ! Rien que cela, s'exclama-t-il, et pour quelle raison est ce que m'encombrerais d'une femme pour une mission qui risque de coûter la vie à un grand nombre de personnes ? Car oui c'est réellement ce qui risque de se produire, cessez de me regarder avec cet air surpris ! »
Elle lui expliqua qu'elle ne devait pas échouer face à son père, lui écoutait son récit et semblait fortement amusé.
Vers la fin il se leva et alluma une cigarette, « Alors si j'ai bien compris, vous pensez que étant la fille de l'Amiral, on doit se plier a vos quatre volontés. Mais je vous fais remarquer que là il s'agit de la vie de personnes. »
Elle se mit à pleurer lentement et silencieusement.
Le colonel se leva et s'approcha de la jeune femme, il lui posa la main sur l'épaule.
« Ecoutez, dit-il, vous feriez mieux de renoncer, vous voulez partir en Israël alors qu'à la moindre difficulté vous abandonnez, vous feriez mieux de rentrer chez vous, et de vivre votre vie de façon plus calme. »
Il la raccompagna à la porte et lui serra la main. Elle sortit et lui retourna s'asseoir. Quelques minutes plus tard, Wilson entra dans la pièce d'où la jeune femme était sortie. « Je suis désolé colonel mais je sors d'une réunion avec les supérieurs, ils ont remarqué qu'une femme pouvait intégrer le groupe pour partir en Israël ! »
- Une femme ? Qui ?
- La fille de l'Amiral.
En entendant ça le colonel resta bouche bée, il se leva et fit les cent pas sous le regard de Wilson.
« Mais ce n'est pas possible elle a l'air de sortir tout droit d'un couvent et vous voulez l'envoyer dans un endroit où elle risque de se faire tuer moi je refuse c'est tout. »
Wilson se tourna vers le colonel : « Eh bien colonel vous tenez les mêmes propos que l'Amiral, en tout cas c'est la première fois que je vous vois vous énerver comme ça pour une femme, il baissa la tête et reprit, euh … la seconde fois … » Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le colonel l'avait saisi par le col et l'avait frappé. Il se mit à crier : « Colonel vous êtes fou, lâchez-moi ! »
- Je ne savais pas que je devais vous obéïr Wilson, en tout cas il est hors de question que cette fille soit dans notre mission.
- Malheureusement ce n'est plus de votre ressort vous êtes obligé de la prendre car comme je vous l'ai dit c'est un ordre de nos supérieurs.
- Mais je m'en fou elle va se faire tuer !
- Peut être mais c'est un sacrifice qu'il faut savoir faire.
Le colonel lâcha Wilson et eut un mouvement d'énervement, il frappa son bureau, le bois se cassa sous la force du coup, il se tourna vers Wilson et dit : « Bien, allez réunir l'équipe mais il est hors de question que je considère cette femme comme un soldat. »
Wilson quitta la salle et quelques heures plus tard les personnes choisies étaient dans le grand hall.


Chapitre 2

Sue était là, parmi les choisis, elle se sentait importante, son pays avait besoin d'elle. Une des personnes de l'équipe, le soldat Ted Williams proposa une soirée avant leur départ. En moins d'une demi-heure tout le monde était dans le dortoir de l'armée, Il devait y avoir environ 50 personnes, les femmes étaient pour la plupart des infirmières, tous étaient en train de danser, le colonel entra dans le dortoir et prit une bière.
Il vit le commandant Andrews et vint s'asseoir à coté de lui, ce fut le colonel qui, le premier, rompit le silence : « C'est ironique, joyeux et morbide, mais surtout ironique, ces gens sont là pour fêter leur mort. J'ai de nouvelles informations, il semblerait que l'heure soit grave, nous avons intérêt à arrêter ces terroristes car je crois qu'ils commencent à viser aussi les Etats-Unis. »
Le commandant le regarda : « Colonel, pour ce soir au moins, laissez-les s'amuser, demain, la mission commencera. »
Les yeux du colonel se posèrent sur Sue, il s'apprêtait à partir quand un soldat complètement ivre se mit à crier : « Chapeau surprise ! »
Au même moment tout le monde se dirigea au centre de la pièce entraînant le colonel avec eux. Le soldat sortit un papier d'un chapeau qu'on lui présentait, le déplia, et lut à haute voix : « Colonel Jack Blumer ! », puis prenant un autre papier il lut également : « Soldat Sue Stucker ! »
Le principe du chapeau surprise était simple, les deux personnes choisies devaient danser ensemble. Le colonel voulut partir prétextant une grande quantité de travail mais, sous la pression des autres il s'approcha de Sue. Dans le groupe des femmes, il y eut quelque soupir de jalousie. Il posa sa main sur la hanche de la jeune femme, le cœur de cette dernière s'accéléra. Ils commencèrent à danser. Comme le colonel restait silencieux, Sue engagea la conversation : « Les membres de cette mission sont vraiment très qualifiés ! »
- Oui c'est que voyez vous je n'ai choisi que ceux que j'estimais les plus qualifiés pour cette mission.
- Je ne sais pas comment je dois prendre ça colonel ! (elle baissa la tête et rougit)
- Prenez le comme vous le voudrez parce que votre intégration dans la mission ne vient pas de moi.
Sans même attendre la réponse de la jeune femme il s'en alla, laissant Sue seule au milieu de la pièce. Après quelques secondes un homme vint à la rencontre de la jeune femme, il était grand, charismatique et avait une petite moustache. Il lui prit la main et se présenta : « Je pense que vous m'avez vu tout à l'heure mais je me présente tout de même, je m'appelle Jeff Mc Dawson et je fais moi aussi partie de la mission. »
Il l'invita à danser et la soirée continua normalement. Au bout d'un moment Jeff embrassa Sue, cette dernière se laissa faire, si elle devait aller dans un pays étranger et être entourée d'hommes, il valait mieux pour elle ne pas avoir trop d'ennemis car il était clair que le colonel ne l'aimait pas du tout.
Le lendemain les cinq personnes choisies pour la mission étaient dans l'avion. On leur avait tout expliqué. Le colonel avait remarqué en arrivant à l'aéroport que Sue était avec Jeff, mais il décida d'ignorer ce fait et monta dans l'avion sans les regarder.
Cependant Sue remarqua durant le vol les nombreux regards que lui lançait le colonel. Tous ses regards la mettaient mal à l'aise, il était un homme difficile à comprendre, elle ne savait pas comment se comporter avec lui, tout ce qu'elle savait c'était qu'il ne la laissait pas insensible.
Elle fut sortie de ses songes par un baiser fougueux, elle comprit qu'il s'agissait de Jeff, elle lui sourit et se leva.
En quelques minutes elle était tombée. Elle n'arrivait pas à se relever, l'avion tremblait trop.
Elle sentit une main la saisir.
Elle leva les yeux et vit le colonel.
Il l'aida à se relever avec une force et une facilité impressionnante, il semblait furieux et cria : « Non mais vous ne faîtes jamais attention ou quoi ? » Sue n'avait pas compris le colonel, elle regarda autour d'elle et remarqua rapidement que personne n'était debout et ses yeux se posèrent sur le signe indiquant une zone de turbulence, elle comprit rapidement que tout à l'heure étant perdue dans ses pensées, elle n'avait pas vu le signal. Elle se sentit honteuse et retourna à sa place. Elle se tourna vers Jeff et s'exclama : « Tu aurais pu me prévenir non ?! »
- Relax bébé, je pensais que t'avais vu le signal !
- D'abord je ne suis pas ton bébé ! Et ensuite tu as bien vu que je me levais, merci grâce à toi j'ai été ridicule devant le colonel.
- Mais tu t'en fou de lui depuis que sa meuf et plus là il est agressif avec tout le monde.
- Sa femme ?
- Ouais je crois qu'elle s'est cassée parce qu'elle en avait marre de lui, enfin c'est ce qu'on raconte en tout cas.
Sue ferma ses yeux, de toute façon qu'est ce que ça lui faisait à elle qu'il ait eu une femme. La vie de cet homme ne la regardait pas. Le vol se passa sans autres incidents majeurs.

Chapitre 3

L'avion venait d'atterrir et les passagers sortaient en silence, le colonel jeta un œil sur ses hommes, il vit que Sue dormait, il s'approcha d'elle et la poussa de façon sèche pour la réveiller. Elle ouvrit un œil et vit le visage du colonel, elle se leva rapidement et cogna sa tête contre la mâchoire de l'homme. Celui-ci recula rapidement sa tête, prenant sa mâchoire dans ses mains. Sue ne savait plus où se mettre, décidément, elle ne manquait pas une occasion d'être ridicule devant le colonel. Elle bredouilla des excuses, mais celui ci n'allait visiblement pas se contenter de ça, il lui tendit sa valise et s'en alla furieux.
Pour aller dans l'appartement qui leur était réservé, ils prirent le bus.
Le colonel ne regardait plus du tout Sue, elle ne savait pas s'il s'agissait d'une bonne ou d'une mauvaise chose.
L'appartement était vieux et délabré.
Devant les nombreuses plaintes des soldats Mc Dawson et Williams, le colonel s'exclama : « Et bien, vous ne pensiez tout de même pas que nous allions aller dans un hôtel 5 étoiles, on doit passer incognito, on est en mission pas en vacances. »
Le colonel sortit accompagné du commandant Andrews.
Pendant ce temps, les trois autres restaient là.
Sue regarda par la fenêtre. Mc Dawson chuchota un mot à Williams qui s'empressa de rejoindre Sue en disant : « Attention Stucker cet endroit doit sans doute être infesté de rats gros comme des chatons. »
Sue ne put réprimer un frisson d'horreur.
Elle sentit un bras se poser sur son épaule, se retourna et vit Jeff. « Ne t'en fais pas, s'il y a des rats je te protègerai ! »
Sue n'eut pas le temps de répondre que déjà le colonel revenait, suivi du commandant, il s'était changé et était habillé en civil. Il portait une chemise blanche et un jean bleu foncé. Il était très beau dans cette tenue, et Sue n'osait pas le regarder. « Bien, j'espère que tout le monde ici a bien fait son service militaire. »

Quand il prononça ces mots, ses yeux s'attardèrent sur Sue. Les autres s'empressèrent de répondre oui comme des idiots. Sue fit un oui timide et réservé. Le colonel s'approcha d'elle. « Rassurez-moi vous avez bien appris le combat comme n'importe quel militaire ici présent ? » Elle fit un oui peu convaincu et ce dernier se tapa le front avec la paume de sa main. « Mais qu'est ce que j'ai bien pu faire au gouvernement pour avoir droit à ça ?! » La jeune femme baissa la tête.
Voyant cela, le soldat Mc Dawson s'exclama : « Mais colonel si on doit passer incognito on ne doit pas avoir besoin de savoir se battre normalement non ? »
Ce dernier s'approcha du soldat : « Mais soldat Mc Dawson, si on se fait prendre par un ennemi et que l'on ne sait pas se battre on fait comment ?! » Le soldat se tut, et le colonel se retourna une nouvelle fois vers Sue. « Bien Stucker vous ne participerez pas aux missions, vous avez ordre de rester ici durant tout le temps de notre mission. » Elle baissa une nouvelle fois la tête. « Oui mon colonel ! »
Le colonel sortit de la salle, accompagné une nouvelle fois du commandant, Sue s'exclama : « Quel mauvais caractère, ce n'est pas étonnant que sa femme en ait eu marre. »
Elle avait à peine fini sa phrase qu'elle sentit une forte douleur lui prendre le bras, elle tourna la tête et vit avec horreur que le colonel l'avait saisi.
Il se mit à crier : « Qui est ce qui vous a permis de dire des conneries pareilles ?! Vous ne savez rien de moi, compris rien, alors ne me jugez pas et ne reparlez plus de ma femme ici ! » Le commandant était entré en vitesse, et saisissait déjà le bras du colonel.
Les deux autres soldats vinrent l'aider, et le gardèrent suffisamment longtemps pour qu'il se calme.
Le colonel déclara énervé : « C'est bon, c'est bon, je suis calmé. » Une fois libre, le colonel cogna violemment dans le mur et se tourna vers Sue : « Alors écoutez-moi bien, je me fiche complètement de savoir qui est votre père, maintenant vous ne me parlez plus et je tâcherai d'en faire autant. » Il sortit, claquant la porte.
Sue était sous le choc, ce fut la voix de Jeff qui la sortit de sa torpeur : « Oh la vache ! Vous avez vu le mur ? Il est complètement défoncé, j'aimerais pas me prendre ça dans la gueule. Et puis comment le colonel est vener ( furieux ) j'aimerais pas me prendre ça ! »

Le commandant se tourna vers le soldat et dit : « Très intelligent Mc Dawson, vraiment très intelligent, vous ne vous êtes pas dit que peut être Stucker était sous le choc et qu'elle n'avait pas besoin de votre avis sur la question ?
D'ailleurs laissez-nous seul, je dois lui parler. »
Les deux soldats sortirent laissant Sue seule avec le commandant.
Ce dernier fit les cent pas dans la pièce pendant dix bonnes minutes, avant de déclarer : « Stucker, avez-vous la moindre idée de ce qui s'est passé ici même ? »
- Eh bien à vrai dire commandant non … Je suis désolée si j'ai dit quelque chose qui a offensé le colonel.
- Stucker, visiblement vous êtes mal informée, d'où cet accident. Je vais donc tout vous expliquer. Alexandra Blumer était la fille d'un homme politique, elle a voulu devenir un soldat car elle désirait aider son pays.
Elle vous ressemblait d'ailleurs, mais ce n'est pas le sujet.
Le colonel et Alexandra se sont retrouvés dans la même mission, et sont tombés amoureux, mais elle n'avait pas beaucoup d'expérience comme soldat, et la cible qu'ils poursuivaient était trop importante, c'est pourquoi, ici même, le 4 juin 2005 Alexandra Blumer est morte, tuée par l'un des membres du Faucon Noir, nous n'avons jamais su qui c'était, nous nous étions tous séparés pour chercher des renseignements et c'est Jack, enfin le colonel Blumer qui a trouvé le corps.
Quand nous sommes rentrés, l'Amiral Stucker nous a demandé de garder les circonstances de la disparition d'Alexandra secrète. Personne hormis l'équipe n'a jamais su ce qui était arrivé à cette femme.
Tout le monde croit qu'elle a quitté le colonel voilà pourquoi c'est un mauvais concours de circonstances n'est ce pas Stucker ?! En tout cas c'est une date très funeste pour le colonel, et maintenant que vous savez tout, je dois vous demander de ne rien dire, étant un ordre d'en haut cela doit rester confidentiel. »
- Je comprends maintenant pourquoi le colonel veut à tout prix arrêter cette organisation, il veut en fait retrouver l'assassin de sa femme pour la venger !
- Oui je crois que moi même je n'aurais pas fait un meilleur résumé de ses intentions.
- Quelle idiote j'ai été ! Il faut que j'aille lui présenter mes excuses !
- Non soldat Stucker, c'est une mauvaise idée, attendez d'abord qu'il se calme !
- Oui vous avez raison commandant, en tout cas merci de m'avoir éclairé sur cette affaire.
Sue sortit rapidement de la salle, elle voulait présenter ses excuses au colonel, mais la pensée de sa fureur précédente et surtout des paroles prononcées la fit hésiter, elle décida d'attendre leur prochain tête à tête pour lui présenter ses excuses.


Chapitre 4

Une semaine passa, durant cette période Sue fut souvent seule, elle s'ennuyait, dès qu'elle voyait le colonel les autres étaient là et dès qu'ils étaient tout seuls, il ne lui adressait pas un regard. Jeff lui au contraire se faisait de plus en plus collant.
Un soir, alors que le colonel rentrait seul, Sue prit son courage à deux mains. « Colonel ? » Il tourna lentement la tête vers elle, un air sévère dans le regard.
- Oui ?
- Je tenais sincèrement à vous présenter mes excuses pour ce qui s'est passé il y a deux semaines.
Il la dévisagea avec attention
- Ah ! Ca, ce n'est rien, je ne vous ai pas blessé j'espère ?
- Non, non, ça va merci, je sais certaines choses et je me sens mal …
- Ah ! Hum … Il ne faut pas … Vous ne pouviez pas savoir (il s'approcha lentement d'elle) Soldat Stucker il y a quelque chose que je voulais vous dire depuis quelque temps, je …
Il fut coupé par le soldat Mc Dawson et le commandant Andrews, « Colonel, s'exclame Mc Dawson, colonel c'est horrible, Williams s'est fait descendre ! »
- Quoi ! ( S'exclama le colonel) Que s'est-il passé ?
- Eh bien, nous étions tous les trois dans l'entrepôt où nous devions retrouver notre indic, et il s'est pris une balle dans la tête, on a sorti nos armes le coup de feu venait d'en haut mais il n'y avait personne, c'était un piège colonel !
- Là ça devient grave, on c'est fait repérer, maintenant, tout dépendra du groupe qui a les meilleures informations, les meilleures armes, tout recommence comme il y a un an ( il s'installa sur une chaise et se prit la tête dans les mains.)
- De quoi parlez-vous colonel ? (le questionna Jeff)
- De rien Mc Dawson, s'empressa de répondre le commandant (il regarda Sue elle comprit qu'il lui intimait l'ordre de se taire.)
Un peu plus tard dans la soirée, Sue vint voir le colonel dans son bureau, comme il n'y était pas elle le parcourut en attendant.
Elle posa ses yeux sur une photo qui était sur le coin d'un meuble, dessus, on pouvait voir le colonel qui tenait une femme dans ses bras . Alors s'était elle Alexandra, il était vrai que Sue lui ressemblait, elle avait les mêmes cheveux longs et noirs, les mêmes yeux bleu-gris, elle fut sortie de ses pensées quand elle entendit la porte se refermer. Elle leva le tête et vit le colonel. « Colonel, pardonnez-moi sans vous avoir demandé, mais je vous cherchais, je voulais voir si tout allait bien, et comme vous n'étiez pas là je … »
Le colonel s'approcha de la jeune femme et posa sa main sur sa joue. Il approcha lentement ses lèvres des siennes, elles n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'une de l'autre quand il tourna la tête. Il se dépêcha de prendre la photo et la rangea dans un tiroir de son bureau. « Je vous remercie d'être venue Stucker, je vais bien merci. Vous pouvez y aller vous devez avoir beaucoup de travail ! » Sue ne savait plus vraiment où elle en était, que venait-il de se passer ? Avait-il vraiment essayé de l'embrasser ? Elle quitta la pièce en silence et ne croisa plus le colonel de la soirée. Cinq jours après, elle ne l'avait pas revu, il prenait à vrai dire grand soin de l'éviter. Un soir cependant, il revint accompagné uniquement de Jeff, elle s'approcha d'eux, leur demandant où était le commandant. Ils baissèrent la tête et lui apprirent qu'il était mort d'une balle dans le cœur.
Elle pleura silencieusement. Non pas lui ! pas le commandant ! Ce groupe était décidément très dangereux. Elle s'assit, le colonel la regarda un moment, il s'apprêtait à lui parler mais il vit que Jeff venait vers elle, il s'en alla. Jeff s'installa à coté de Sue et commença à l'embrasser dans le cou, elle le repoussa. « Tu crois vraiment que j'ai la tête à ça ?! Tu te rends compte que deux personnes de notre équipe sont mortes ?! On dirait que tu t'en moques. »
- Mais non je ne m'en moque pas, mais j'estime qu'il faut continuer à avancer !
- T'es dégueulasse !
- Allez juste un baiser …
- Non ! Jeff laisse-moi ! Laisse-moi je te dis !
- Allez joue pas ta sainte, on peut s'accorder un peu de bon temps non ?
- Laisse moi je t'en supplie … Non ! Non !

Jeff sentit quelqu'un le tirer avec force, il se retourna et eut juste le temps d'apercevoir le colonel avant de prendre un coup de poing qui le fit tomber. Sue se releva rapidement, le colonel la prit dans ses bras, Jeff se relevait difficilement, il se mit à crier : « Mais pourquoi est ce que vous m'avez frappé ? C'est qu'une traînée, elle … »
Le colonel le saisit par le col. « Alors écoute-moi bien Mc Dawson, quand une femme dit non généralement ça veut pas dire oui ok ? Maintenant la prochaine fois que tu la touches je te tue ! »
Jeff sortit de l'appartement en râlant, Sue s'était assise terrorisée, le colonel s'approcha d'elle : « Est ce que tout va bien Sue ? »
C'était la première fois depuis les trois semaines qu'avait duré la mission, qu'il l'appelait par son prénom. Elle se força à sourire, mais fondit en larmes. « Je ne pouvais rien faire, je n'ai même pas réussi à le rejeter, vous avez raison je suis vraiment trop nulle. » Il la prit dans ses bras et lui murmura à l'oreille : « Ne vous en faites pas, cet homme est un bon élément je l'armée, et il aurait été dur même pour une autre personne de le maîtriser ! »
- Mais vous colonel ?
- Moi j'avais une motivation !
- Quoi ?!
- Rien, laissez tomber.
Il la garda dans ses bras jusqu'à ce qu'elle ferme les yeux et s'endorme, il la regarda tendrement et se leva. Le lendemain quand elle se réveilla, elle le vit assis sur son bureau le nez dans un dossier. Quand il s'aperçut qu'elle était réveillée, il s'approcha d'elle : « Stucker, on a un nouveau problème, Mc Dawson est mort hier dans la soirée, sa mort a été horrible, on lui a tiré dans le ventre, il a agonisé pendant un long moment, suivant le raisonnement des terroristes, la prochaine victime sera soit vous, soit moi. Alors écoutez-moi, je vais descendre 20 minutes environ pour prendre un billet d'avion, n'ouvrez à personne et restez sur vos gardes. »
- Et vous colonel ?
- Moi je dois rester, la dernière personne qu'il nous reste à démasquer est celle qui a tué ma femme.
- Colonel ! Je ne peux pas vous laisser seul !
- Il le faudra pourtant car (Il s'approcha lentement d'elle) Je ne pourrai pas mener à bien ma mission si je m'inquiète pour vous.
- Est ce que je peux au moins faire quelque chose pour vous ?
- Oui il y a bien une chose …
- Quoi ? Dîtes et je le ferai !
- Je veux que vous soyez prête à partir quand je reviendrai.
Elle baissa la tête et déclara : « Bien mon colonel. » Il prit la tête de la jeune femme entre ses mains et l'embrassa. Le cœur de Sue s'accéléra.
Le colonel était sorti depuis quelques minutes et Sue, seule, préparait sa valise. Elle avait le cœur déchiré, elle voulait l'aider à coincer cet homme, mais elle était totalement inexpérimentée, de plus, elle voulait l'aider à retrouver l'assassin de sa femme, hors ça ne la regardait pas. Il ne lui avait après tout rien demandé. Elle se sentait prise dans un triangle amoureux, mais se sentait en même temps exclue, perdue. Cette impression lui était très désagréable. Cependant elle ne devait pas oublier qu'il l'avait embrassé bien que ceci avait semblé être une erreur car il avait vite pris la fuite.
Elle était perdue dans ses pensées et n'entendit pas la porte s'ouvrir. Quand elle tourna la tête, elle eut un sursaut d'effroi, devant elle se tenait un homme très étrange qui portait un masque de clown, à cause de cela, elle ne pouvait pas dire qui il était. Cependant, elle remarqua rapidement l'arme qu'il avait dans la main.
Il avança, elle reculant à mesure qu'il avançait. Bientôt elle n'eut plus la place de reculer et se retrouva bloquée. L'homme s'approcha d'elle et du bout de ses doigts lui caressa le visage. Elle avait des frissons d'horreur qui lui parcourait tout le corps. Soudain l'homme recula et attendit. La jeune femme ne comprenait pas, qu'attendait-il d'elle ? Devait-elle faire quelque chose ?
Ce n'est que quand elle vit le colonel arriver qu'elle comprit. Les vingt minutes étaient passées. C'était un piège pour le colonel. Elle se mit à crier : « Colonel attention ! »
Ce dernier s'était déjà pris une balle dans le bras, Sue reçut un coup sur la tête, elle tomba évanouie, le colonel hurla : « Sue ! »
Lui aussi reçut un coup sur la tête qui l'assomma.

Chapitre 5

Sue ouvrit les yeux, sa tête lui faisait mal. Elle regarda autour d'elle, ne reconnaissant pas l'endroit où elle se trouvait. Elle tourna la tête et vit le colonel allongé inconscient, elle s'approcha de lui, il respirait c'était l'essentiel.
La jeune femme regarda d'avantage l'endroit où ils se trouvaient, c'était une pièce sale et vieille, une espèce de cave. Tout était en pierre sauf la porte qui ressemblait aux portes des films d'espions, remplie de codes et impossible à ouvrir. Elle en eut froid dans le dos, il n'y avait pas une seule fenêtre, l'air était lourd et la jeune femme commençait à se sentir mal.
Elle vit le colonel bouger, et ouvrir les yeux. Elle s'approcha rapidement de lui et ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras à moitié en larmes. Il la serra fort et finit par dire : « Je sentais bien qu'il allait se passer quelque chose, et pourtant je n'ai pas su vous protéger, je crois que je suis inutile. »
Elle ne l'écoutait plus car elle venait de voir la chemise du colonel en sang, ce n'est qu'à ce moment là qu'elle se rappela de ce qui s'était passé la veille. « Colonel il ne faut pas vous agiter, vous avez perdu beaucoup de sang ! »
Il lui fit un sourire et dit : « Sue, vous êtes une femme … je voulais que vous sachiez avant que je meure que je … »
Il fut coupé par le bruit de la porte que l'on ouvrait. Un homme entra, le colonel et Sue restèrent bouche bée devant ce spectacle, devant eux se tenait le commandant Andrews. Tous les deux se levèrent. Le colonel se plaça devant Sue avant de parler : « Josh mais je te croyais mort, je t'ai clairement vu te faire tuer ! »
- Oui tu m'as vu me faire tuer, mais avec un peu de faux sang c'était facile pour moi de me faire passer pour mort, en effet mon petit colonel j'ai bien vu que tu commençais à me soupçonner, comme tu peux le voir, moi aussi j'aurais mérité le grade de colonel.
- Mais de quoi parlez-vous ? (demanda Sue)
- Du fait, déclara le commandant, qu'étant plus vieux que lui je méritais le grade de colonel, mais c'est lui qui l'a eu.
- Mais pourquoi faîtes-vous cela commandant ? (demanda Sue)
- Pourquoi ? Hum … Voyons, hormis que je hais cet homme, il y a plusieurs raisons, mais je crois que la plus simple c'est pour l'argent, c'est bien beau d'aider son pays, mais c'est d'autant plus beau un bon gros paquet de billets.
- Dis-moi que pour Alexandra ce n'est pas toi !
- Eh bien à vrai dire si c'était moi, mais si ça peut te consoler elle n'a presque pas souffert, d'ailleurs tu t'imagines bien qu'au début je ne voulais pas la tuer. Il n'y avait que toi et peut être aussi les autres que je voulais tuer. Mais elle a commencé à me traiter de meurtrier et je n'ai pas trop aimé, ensuite elle a pris mon arme alors j'ai du prendre des mesures. Mais si ça peut une fois de plus te rassurer elle, elle t'est resté fidèle, avant de mourir elle a prononcé ton nom, c'était un Jack plein d'amour, ce qui montre qu'elle, elle n'a jamais cessé de t'aimer. Pas comme toi, qui à la première occasion à flirté avec une autre, la pauvre comment réagirait-elle si elle le savait ?
Le colonel s'apprêtait à le frapper, mais son bras lui faisait atrocement mal.
« Eh oui, renchérit le commandant, ça fait mal une balle dans le bras, c'est une mort assez horrible parce que tu te vides lentement de ton sang et que tu agonises, en parlant d'agonie, le soldat Mc Dawson pourra vous en parler, sa mort a été douloureuse. Tu vois ce que tu ressens, c'est un peu ce que j'ai ressenti devant ta trahison. »
- Pourquoi faîtes-vous cela ? le colonel n'est-il pas votre ami ? (Sue serrait le colonel)
- Il n'a jamais été mon ami, il était facile pour moi de prétendre le contraire, mais mon sentiment de haine à son égard a grandi encore devant sa double trahison !
- Quelle trahison ?
- Il avait bien vu l'affection que je portais pour Alexandra, ça ne l'a pas empêché d'en tomber amoureux, et maintenant ça a recommencé avec vous.
- Josh tu te trompes, je n'ai pas souhaité tomber amoureux d'Alexandra, ni de Sue.
- Ah oui pourtant tu savais bien que toutes les deux me plaisaient, mais comme d'habitude tu as tout gardé pour toi.
- Josh tu sais bien que l'amour est un sentiment étrange qui ne se commande pas !
- Mais je me pose une question tu l'aimes Sue n'est ce pas, alors pourquoi tu ne lui as pas dit.
- Je me sentais mal vis à vis d'Alexandra …
- Eh bien maintenant c'est trop tard je vais te laisser mourir lentement, demain normalement tu es mort, mais ne t'en fais pas je m'occuperai bien de Sue. En tout cas je vous laisse j'ai un attentat à préparer.
Le commandant quitta la pièce laissant Sue et le colonel seuls.
Sue était mal à l'aise, elle ne savait pas quoi dire après tout elle avait été le spectateur d'une scène qu'elle n'aurait pas du connaître. Le colonel ne prononça que de faibles mots, mais ils suffirent à faire battre le cœur de Sue : « Sue pardonnez-moi je sais que j'aurais du tout vous dire mais j'avais le sentiment de trahir Alexandra, mais même si je me suis montré lâche sur mes sentiments je voudrais vous dire merci ! »
- pourquoi ?
- pour m'avoir réappris à vivre !
Il tomba évanoui, il avait déjà perdu trop de sang, la blessure devenait grave.
Sue se leva pleine de désespoir, non elle ne voulait pas qu'il meurt.
Elle s'approcha de la porte et tapa fort dessus, à tel point qu'en quelques minutes le commandant était là, Sue s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule.
« Commandant je viens de réaliser à quel point vous avez été fort concernant le colonel et les autres membres de la mission, mais il n'y a eu qu'un petit défaut concernant votre plan (en même temps qu'elle avait prononcé ces mots elle avait saisi l'arme du commandant) Vous avez pensé que je vous laisserais le tuer sans rien faire. »
Le commandant sourit et regarda Sue. « J'ai déjà vu cette scène, il y a un an, Alexandra était comme vous, elle essayait de paraître forte mais elle tremblait rien qu'au fait de tenir une arme. »
Il s'apprêta à lui sauter dessus quand elle lui tira dans la jambe. Il poussa un cri de douleur lequel ameuta ses hommes.
Sue en tua deux qui vinrent rapidement, avant même qu'ils aient sorti leurs armes. Elle ignorait d'où elle tenait ce courage, mais ce qu'elle savait c'était qu'elle ne voulait pas laisser le colonel mourir, elle avait souvent entendu dire que l'Amour donnait des ailes, dans son cas ça la rendait quasiment invincible. Elle n'était plus la petite Sue Stucker qui ne savait pas se battre, et était un poids pour son équipe.
Elle était à présent le soldat Sue Stucker prête à tout pour défendre l'homme qu'elle aimait de la mort.
Elle avait tué encore deux hommes, soudain le commandant leva la main « Non ça suffit, il y a eut déjà assez de morts comme ça, partez nous avons perdu ( se tournant vers Sue ) Je dois avouer ma défaite vous êtes plus forte qu'Alexandra. Je vous laisse partir et on oublie cet incident. »
Sue eut un sourire aux lèvres : « Commandant, vous ne comprenez décidément rien aux femmes. »
Un homme arriva, elle lui tira une balle dans le cœur : « ça c'est pour le soldat Ted Williams ! »
Un autre arriva, elle le tua de la même façon « ça c'est pour Alexandra ! » Plus aucun homme ne venait, elle tira dans l'autre jambe du commandant : « ça c'est pour le colonel ! »
Elle s'apprêtait à lui tirer une balle dans le cœur quand le commandant se mit à rire.
Elle lui en demanda la raison et il se contenta de dire : « Vous n'avez toujours pas compris, vous n'êtes pas aussi futée que ce que je pensais, la seule raison pour laquelle le colonel vous trouve attirante c'est parce que vous lui rappelez une autre ! Dès qu'il en aura assez il vous laissera tomber ! »
Des larmes commencèrent à couler le long des joues de la jeune femme, elle se mit à crier : « Taisez-vous ! Taisez-vous ! »
« Et oui c'est une vérité qui fait mal n'est ce pas ? »
Elle ne pouvait pas en entendre d'avantage elle s'apprêtait à tirer sur lui quand une voix qu'elle connaissait bien « Arrête Sue ! »
Elle n'en revenait pas, la personne qui lui parlait était son père, il y avait avec lui d'autres soldats, ils se dirigèrent vers le commandant et l'arrêtèrent, celui ci lança un sourire triomphant à Sue.
La jeune femme fondit en larmes dans les bras de son père, celui ci la serrait avec force et avec amour.
« Papa mais comment nous as-tu retrouvés ? »
- Grâce au colonel, il nous a envoyé les données de votre emplacement.
A ce moment là, le colonel ouvrit un œil : « Tu vois Josh, tu as beau faire, j'ai toujours une longueur d'avance sur toi ! »
Il tomba évanoui.
Le commandant avait perdu son sourire, il regarda successivement Sue et Jack et se mit à hurler : « Je n'en ai pas encore fini avec vous deux, vous allez me le payer ! A bientôt mes petits ! »
L'Amiral fit un signe signifiant qu'il voulait que l'on emmène le commandant.
Une fois celui ci sorti, Sue pris son père dans ses bras, elle pleurait : « Pardon papa, tu avais raison depuis le début je suis nulle comme soldat, je devrais rester à la maison et avoir une vie plus calme. »
- Oh non ma chérie, c'est moi qui m'excuse, j'aurais du te laisser faire ça, c'était ce que tu voulais, en tout cas sache ma chérie que je suis extrêmement fier de toi.
Ils montèrent dans un hélicoptère de secours qui devait les ramener en Amérique.

Chapitre 6

Une fois arrivé à l'hôpital le colonel fut tout de suite emmené au bloc opératoire. Sue dut rester pour faire quelques analyses, elle sortit le lendemain de l'hôpital.
Son père était venu la chercher, elle rentra chez elle.
Tous les jours elle allait à l'hôpital afin de savoir comment allait le colonel. Malheureusement les données étaient confidentielles.
Un jour, alors qu'elle venait comme à son habitude, elle croisa le médecin qui s'occupait de lui. Il lui expliqua que le colonel était hors de danger, mais qu'il avait besoin de repos.
Sue était au comble de la joie. Elle ne put pas le voir pendant les cinq semaines qui suivirent leur retour. Enfin un jour elle put venir le voir à l'hôpital. Elle monta jusque dans sa chambre, mais à sa grande surprise il n'y avait personne dans la chambre. Elle sortit dans le parc et le vit .
Il avait un gros plâtre et on lui avait implanté une perfusion, elle s'approcha de lui. Il se tourna vers elle et quand il la vit, il lui fit un sourire, elle le prit dans ces bras il eut un rictus de douleur.
Elle se recula « Pardon j'avais oublié ! »
Il lui fit un autre sourire et l'embrassa. Ils étaient assis tous les deux sur le banc du parc, il la prenait dans ses bras. Il lui chuchota à l'oreille : « Tu vois ce n'est pas aujourd'hui que tu te débarrasseras de moi ! »
Elle se mit à rire mais soudain son visage devint grave, elle se souvenait des propos tenus par le commandant. Elle se tourna vers Jack et le regarda avec insistance. Elle n'osait formuler sa question de peur d'en entendre la réponse. Elle se décida pourtant : « Jack quand as-tu commencé à l'aimer ? »
Il la regarda longuement et dit : « pourquoi cette question ? tu crois que je ne t'aime pas ? »
Il ne répondait pas à la question et cela énerva d'avantage Sue. Elle poursuivit : « Réponds juste à ma question s'il te plait ? »
Il la regarda l'air gêné, la jeune femme en eut le cœur brisé, le commandant avait donc raison.
« Quand Alexandra et morte, déclara t'il, mon cœur s'est éteint, je ne dormais plus, je ne mangeais plus, et c'est quand j'ai appris que je pourrais la venger que j'ai recommencé à manger, mais ma vie était toujours triste, quand tu es entrée dans mon bureau, que tu as pleuré naturellement j'ai recommencé à vivre parce que je suis retombé amoureux. »
La jeune femme avait rougi, elle se sentait mal d'avoir douté de lui, elle l'embrassa et se blottit dans les bras de l'homme qu'elle aimait et qui l'aimait.
Il poursuivit : « Il y a tout de même quelque chose qui m'intrigue. »
- Quoi ?
- Comment se fait-il que le commandant ait été arrêté ?
- Je l'ai affaibli disons !
- Toi ! Mais je ne connais personne qui aurait tenu seul contre lui !
- Moi c'était différent !
- Pourquoi ?
- Parce que moi j'avais une motivation !

Il sourit une nouvelle fois et l'embrassa.


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