Tuer mon ombre
de Sébastien Lescarret



Il était tard dans la nuit, pourtant, Sébastien avait envie d'une cigarette. Il ne se sentait pas bien. Agité, il se leva du lit inconfortable où il était allongé, prit son paquet sur la table et ouvrit la fenêtre. En appuyant ses coudes sur le rebord, il étendit son visage vers l'extérieur pour respirer l'air frais. Il alluma enfin sa clope et aspira nerveusement la première bouffée qui traversa ses poumons. Loin là-haut, il rejeta un nuage vers les étoiles qu'il apercevait à travers les barreaux et il en profita pour expulser de sa bouche des ronds de fumée. Discipline cependant dont il ne maîtrisait pas encore toutes les ficelles.
" Christophe les fait si bien ! " pensa-t-il en espérant un jour atteindre son talent. Après un dernier essai, il projeta le mégot qui explosa en un mini feu d'artifice rouge, en bas dans la cour. Il y faisait incontestablement sombre et la noirceur des alentours était suffocante. Brusquement, il referma la fenêtre, le souffle saccadé.
Le lit grinça sous son poids lorsqu'il s'y allongea de nouveau. Il se retourna vers la table de chevet et alluma le poste de radio. Il bloqua une station et augmenta le son. Il pouvait se le permettre, les murs étaient épais. Même si dans la nuit on pouvait souvent percevoir des cris, il fallait admettre que les bruits étaient solidement atténués.
Il était tendu ce soir et il aurait du mal à trouver le sommeil. Cependant, la musique le berçait paisiblement et il trouva sous ses couvertures une position qui le protègerait pour la nuit. Afin d'être rassuré, il ferma les yeux et reconstitua le visage de Christophe. Son image le sécurisa. Ses cheveux longs châtains, sa tête ronde, voire boudinée, ses yeux marrons, son regard profond et chaleureux, accentués par de lourdes cernes. Son petit nez, sa bouche fine et des dents blanches à l'alignement parfait. Sa voix masculine d'où émanait un sens de l'humour noir et une franchise déconcertante. Une figure qu'il aimait discerner, un homme, qu'il considérait comme son âme sœur. Le résultat fût sans appel : Sébastien s'apaisa avec la sensation qu'il était dans ses bras. Le fait d'y croire, de le sentir, le plongea dans un profond sommeil. A présent, tout comme les autres détenus il devait rêver d'évasion et de liberté. La cellule numéro 179 qu'il occupait, était bien tranquille.

***

Il ne comprenait pas et il ne comprendrait jamais ce livre.
" Le rêve et son interprétation " de Sigmund Freud. Il posa lentement le bouquin sur la table, fronça les sourcils, tourna les yeux vers le haut et l'air pensif, Sébastien se posa l'ultime question sur les principes de la psychanalyse :
" Mais c'est qui Freud ? "
La page suivante l'aiderait sans doute à y voir plus clair. Il reprit donc sa lecture avec davantage de concentration et parcourut encore quelques lignes avec son doigt. Les yeux écarquillés sur ce vocabulaire inconnu, il éloigna l'ouvrage loin devant en le tournant dans tous les sens :
" Mais qu'est-ce qu'il raconte Freud ? "
Il catapulta le livre par-dessus son épaule, décidément, il n'aimait pas ce roman !
Sébastien se leva de sa chaise et la remit à sa place, sous la table. Il se rendit près du lavabo, s'aspergea le visage avec l'eau fraîche du robinet et finit par mettre la tête entière. Tandis que ses pensées se noyaient, il était de plus en plus impatient. Des gouttes continuèrent de tomber de ses cheveux alors qu'il essayait de se coiffer et il finit par trouver une tenue décontractée.
Immobile devant l'entrée de sa cellule, il se montra aux autres détenus qui ne cessait d'aller et venir dans cet interminable couloir. Il tourna les yeux pour les observer et quand il vit Mathieu s'approcher, Sébastien démarra en trombe. En traversant le couloir la tête baissée, il aperçut rapidement les barreaux alignés et sentit la tristesse qui s'en dégageait. Tout paraissait si ténébreux ici ! Il se présenta vite à la salle des visites et constata le nombre important de places vides. Il savait qu'il avait de la chance de ce côté là. Tous les vendredis à 14 H 00, Christophe venait lui rendre visite. La visite, point de rattachement avec le monde extérieur, un bienfait moral indestructible pour lui, un luxe que beaucoup de prisonniers envieux lui faisait payer.
Excité, il prit place à une table et posa ses yeux sur la pendule. Il était presque 13 H 50. En attendant que Christophe face son apparition, Sébastien écoula le temps en se souvenant de son âme sœur. Il se rappela de simples clichés, moments de fous rires ou de pleurs, embuscades préparées ou confidences secrètes. Il analysa leur curieuse différence et leur complicité à toutes épreuves, résultat d'un amour éternel, sans failles, sans interférences. Une union parfaite. Mathématiquement, on le transcrirait ainsi : Christophe = Sébastien.
Entres deux battements de cils, il crut le voir faisant son entrée ! Son cœur se mit à cogner, puis à s'agiter face à la confusion. Christophe n'était pas là ! Viendrait-il ? Il continua nerveux à essayer de penser à autre chose. Il s'impatienta, la pendule égrénait insouciante les minutes qui s'écoulaient, défilant à toute allure pour sonner 14 H 30. Le temps autorisé pour les visites venait de prendre fin ! La joie qui l'avait enivré depuis ce matin s'écroula. Il se mordit la lèvre et enfouit sa déception avec difficulté. S'il n'avait pas bien dormi la nuit précédente, c'est parce que Christophe devait venir. Il avait rêvé de se jeter dans ses bras, de l'embrasser, de lui parler, de le regarder, de l'entendre. S'il avait passé la moitié de la journée à s'occuper l'esprit; c'est parce que Christophe n'allait plus tarder. Il ne l'avait pas vu. Il ne s'était pas jeter dans ses bras ! Il venait d'être anéanti !
Sébastien se leva de sa chaise et la remit à sa place, sous la table. Des spasmes traversèrent son corps quand il quitta la salle des visites toujours presque vide. Quelques pas plus loin, à l'entrée de ce couloir si ténébreux qu'il fallait traverser pour atteindre sa cellule, il hésita un moment avant d'ouvrir la marche. Celui-ci paraissait plus long et cette impression lui fit perdre l'équilibre. S'appuyant contre le mur pour reprendre sa respiration, il chassa de sa mémoire des souvenirs désagréables. Toujours à demi-courbé, Sébastien regarda indigné cet endroit où régnait l'isolement et la solitude. Cette prison le rendait fou et sa cellule était encore loin. Bien que pris de vertiges, il avança d'un pas décidé. Plus vite il serait dans son lit, plus vite il pleurerait l’absence de Christophe. Alors qu'il marchait la tête baissée, il eut l’impression d’avoir déjà vécu cette scène, celle d'avancer dans un couloir avec la sensation d'être triste et apeuré.
Sa cellule était la dernière. Arrivé devant celle-ci, Sébastien donna un dernier coup d'œil dans le couloir. Il n'y avait plus personne. L'endroit était désert et l'atmosphère pesante était irrespirable. Il voulut tirer la porte de fer pour entrer, mais en ouvrant bien les yeux, il trouva à la place une porte blanche, numérotée. Les barreaux avaient disparut et le couloir qu'il regarda de nouveau n'était plus le même ! Des murs d'un blanc saisissant et des portes alignées les unes aux autres ornaient ce nouveau paysage. Tout droit sortit de sa tête sûrement ! Il posa sa main sur la poignée et l'abaissa lentement. C'est alors que Sébastien comprit pourquoi il était en prison. C'était douloureux de se rappeler, à rendre fou ! Il ne le voulait pas. Il se battait pour le garder au fond de lui ! Son secret ! En pénétrant dans la chambre, il constata que le décor de sa cellule n'était plus le même non-plus. La respiration difficile d'un homme raisonnait dans la pièce et jusqu'au fond de ses tympans. Dans le lit, un homme était allongé dans des draps blancs. Sébastien avait-il des visions ? Était-il si troublé de ne pas avoir vu Christophe ? A l'évidence, il pouvait répondre à toutes ces questions qui lui traversèrent l'esprit tel des fantômes malveillants. Il se retint de ne pas verser de larmes. Soudain, prit d'un affolement hystérique :
" Nooonnn !!! "
Sébastien se souvint du jour où il avait contemplé son ombre qui disparaissait...

"Je me souviens encore de la fois où je l'ai vu en robe de chambre, assis par terre, à regarder la télévision. J'avais bien failli pleurer en le voyant ainsi sur cette moquette rouille. Et pourtant je ne l'ai pas fait. J'avais déjà versé trop de larmes après que ma mère m'avait averti de la triste nouvelle. Et puis, il avait sentit ma tristesse, et j'avais compris qu'il n'en voulait pas. Je m'étais jeté dans ses bras, le serrant très fort. Cette image m'a toujours marqué ! Si présente dans mon esprit. Comme un mauvais rêve !
Les docteurs lui avaient annoncé un cancer et le compte à rebours s'était enclenché. La vie s'était ensuite organisée selon un schéma qui allait durer une éternité. Les mois s'écoulèrent au fil des traitements lourds, de la fatigue, des crises de vomissements, de désespoir. Une vie où l'optimisme faiblissait, jusqu'à s'avouer vaincu. Il était vaincu. Il vivait ses derniers instants à l'hôpital, où chaque jour est souffrance, où à chaque instant la mort le guette. J'avance dans le couloir qui mène à sa chambre et je me souviens encore de la fois où je l'ai vu en robe de chambre. Notre amour était au sommet. Il était là, dans mes bras et je l'avais sentit contre moi !
La chambre est tout au fond ! Elle parait très lointaine. Presque abandonnée. Si je dois pleurer c'est maintenant, me suis-je dit ! Je sens un haut le cœur tout à coup, lorsque ma main viens remuer le contenu de ma poche. Peut-être parce que je sais ce qui m'attend lorsque j'ouvrirai la porte de sa chambre. L'endroit est très clair. Aveuglant même. Les rayons du soleil réfléchissent sur les murs blancs et j'avance tel un petit garçon affligé. Les portes défilent, les unes après les autres, fermées. J'ai du mal à respirer, l'air est suffocant et j'approche trop vite de la numéro 179.
J'y suis ! Il est derrière cette porte. Si je dois pleurer c'est maintenant. Je pose ma main sur la poignée, je l'abaisse en tremblant et j'entrouvre la porte tout en restant sur le seuil. Je jette un coup d'œil dans le couloir. Il n'y a personne, tout semble si noir. Je glisse d'abord ma tête et je ne vois rien. J'entends juste la respiration difficile. Il doit dormir, j'entre sur la pointe des pieds tout en refermant la porte derrière moi. On a tiré les rideaux et l'obscurité qui régne, permet surtout que la pièce soit plus fraîche. Un faible rayon de soleil s'est posé sur les draps blancs où il est allongé sur ce lit d'hôpital et un autre effleure sa main. Je relève vite la tête pour ne pas voir son visage. C'est trop dur ! Je constate qu'on lui a enfin administré de la morphine. Certes c'est mauvais signe, mais il n'endurerait plus ainsi les souffrances de sa maladie. Pour l'heure, rien ne prédit encore combien de temps il vivra. Peut-être trop longtemps encore. Ma main se glisse bizarrement dans ma poche. Sa respiration est lourde, difficile, souffrante. Comment ne pas pleurer ?
Je me rapproche plus près du lit à présent. Une chaise se trouve à côté, je m'y assoie. Je la tire plus près du corps endormi et je peux sentir la chaleur qui s'en dégage. Je prends sa main dans les miennes. Elle est chaude et moite. Je la caresse, je la considère, je la trouve si importante, si belle. Mes yeux brûlants, prêt à craquer à tout instant s'oriente sur son visage. Il transpire, je remets en place une de ses mèches de cheveux qui était partit en bataille. Mon doigt continue de descendre le long de sa joue et avec lui quelques gouttes de sueur. Je remarque aussi la maigreur de ses traits. Malgré toutes mes visites ces quatre derniers mois, je ne reconnais plus l'homme que j'aime. Ses joues sont creusées, ses cernes plus grosses, un teint livide, marqué par une souffrance trop longtemps endurée ! Son sommeil n'est pas si paisible à vrai dire. Son souffle est saccadé, je sens son corps continuer de se battre contre la maladie et supporter les peines. Parfois, je parviens à échanger quelques mots avec lui. Mais jamais une grande discussion comme autrefois où nous le faisions autour d'une bière. Même parler, ce qu’il adore, est un supplice et un effort supplémentaire. A quoi bon le maintenir dans l'indignité ?
Je me relève tout en respirant lentement, je sens que je suis à bout. J'enfouis ma main dans la poche de mon pantalon pour en sortir un mouchoir. Avec celui-ci, j'essuye les larmes que je n'ai pas pu retenir. Le voir ainsi me traumatise et toute la famille en subit les conséquences. Incapable de quoi que ce soit pour le sauver, nous sommes malgré nous les spectateurs impuissant sur le déroulement du prochain acte. Plus personne n'est en mesure de le guérir maintenant et les miracles n'existent apparemment que dans la Bible. Et lui-même ne désire plus se battre. Il ne veut plus courtiser la damnation qu'est sa vie aujourd'hui. La mort, il souhaite l'épouser. Il implore de ne plus souffrir et moi, Sébastien, j'accepte de les marier.
Je suis entièrement conscient de la douleur qui m'enivrera lorsqu'il ne sera plus à mes côtés et je pense que j'en deviendrais fou. Seulement, l'important pour lui et pour tout le reste de son entourage est de rompre avec cette attente de la mort. Pour qu'il puisse reposer en paix, que nous puissions tous pleurer le défunt que nous aimions tant. Sa mémoire ne sera que le substitut de son existence, car il restera toujours vivant à mes yeux :
" C'est bientôt fini ! " lui dis-je en chuchotant.
Quelqu'un d'autre que moi va exécuter ce que je suis en train de préparer. Lui-même sans doute me guide dans mes gestes. Après tout, il fait partie de nous-même. Je sors de ma veste un flacon de potassium et une seringue neuve. Je ne sais pas si c'est la meilleure solution et pourtant je la remplis en espérant que ce soit rapide pour lui. Nul doute selon un médecin qui m'avait confié la procédure. Mon acte a été longuement réfléchi et j'opère avec calme malgré un flot de panique incontrôlable m’envahissant doucement. Mais pas avant d’avoir terminé ! J'approche de lui et je m'accroupis à son chevet. Devant moi se présente le bras où la perfusion est mise. J'y introduis la seringue, il ne reste plus qu'à injecter le potassium.
Il dort. Mon regard est figé sur sa tête. Je tourne la tête de droite à gauche pour me dire que tout cela n'est qu'un mauvais rêve. Je ne retiens plus mes larmes qui ont fini par inonder mon visage. Mon dieu que j'aime ce garçon ! J'ai dirigé ma vie avec lui et je garderais seulement les souvenirs des jours heureux que nous avons partagés. Il me faudra oublier toute cette horrible période et ce moment où il me quittera. Cependant, il restera en moi et c'est à travers moi qu'il vivra désormais. Pourquoi je n'arrive pas trouver la force pour lui administrer le liquide ? Je ne suis pas prêt à me séparer de Christophe ! Je finis par craquer complètement et je m'écroule en sanglots. Soudain, je sens que l'on prend ma main ! Je relève la tête et il me serre de toutes ses dernières forces. Il à ouvert les yeux, il pleure lui aussi. Je lis dans son regard qu'il ne veut pas de ma tristesse. Ses lèvres dessinent des mots que je ne distingues pas et c'est dans ses yeux que je comprends :
" Vas-y ! Fais-le par pitié ! "
Je lui dit que je l'aime. Il me répond idem, je pose alors mon autre main sur son front pour caresser ses cheveux. Je ne m'arrête plus de pleurer et lui qui ne voulait pas. Je le contemple une dernière fois et je le trouve plus beau encore. Je dirige mes doigts vers la seringue en tremblant, ils se positionnent pour appuyer.
Le signal m'est donné quand Christophe ferme à nouveau les yeux et qu'il se crispe plus fort. Je lui injecte le potassium. Tout va très vite ! Christophe lâche son dernier souffle de vie, laissant ici les souffrances endurées depuis deux ans et ces quatre mois insoutenables à l'hôpital. Moi, je contemple inlassablement mon ombre qui disparaît...mon ombre qui disparaît...mon ombre...

Pourquoi fallait-il qu'il soit attaché à son lit ? Sébastien n'arrivait pas à comprendre. Les gardiens l'avaient surpris en train de pleurer. Certes un peu plus qu'à la normale, étant donné que Christophe n'était pas venu, mais de là à le ligoter solidement ! C'était comme ça à chaque fois qu'il faisait une crise. Il voulait simplement se calmer, chose que les matons ne concevaient pas. Ne plus pouvoir bouger le rendait malade et c'était dans ces moments là que penser à Christophe lui faisait un bien fou ! Il était impatient de le voir vendredi prochain à 14 H 00. Seulement, il fallait attendre encore quelques jours et pendant ce temps, se remémorer le visage de Christophe lui permettait de tenir le coup. C'est ce qu'il fit immédiatement et il s'apaisa progressivement. Dans sa cellule, Sébastien finit par s'endormir.

***

" Par ici, s'il vous plaît ! "
Par cette annonce les élèves se regroupèrent autour du docteur Foldman et restèrent attentifs à sa prochaine parole. Étudiants en psychiatrie, ils étaient heureux aujourd'hui de faire cours à l'endroit même où leurs futurs patients évoluent chaque jour. Au Camp de Prat à St Pierre d'Irube. Ils visitaient avec leur professeur les malades afin d'observer leur comportement. C'était bien plus instructif que les manuels scolaires.
" Nous allons à présent examiné un cas pathologique qui va très certainement vous intéresser " continua le docteur tout en marchant dans le couloir. Certains élèves qui n'avaient jamais mis les pieds dans un endroit pareil, ne se sentaient pas à l'aise et trouvèrent les lieux angoissants. Certains même, pensèrent que seule la folie, la solitude et l'inquiétude primaient à l'intérieur de ses murs blancs ! Des patients errants ne cessaient d'aller et venir sans but précis. Les portes défilaient où derrière celles-ci, des chambres simples, blanches, étaient occupées par des hommes et des femmes dont l'esprit leur jouait des tours.
" Notre sujet, est un jeune homme âgé de 25 ans qui souffre d'hallucinations multiples. En effet, il est persuadé d'être ici en prison. Il est souvent pris de crises d'hystéries incontrôlables et cela se produit à chaque fois un vendredi. Pas tout les vendredi heureusement mais on au moins une à deux fois par mois..."
" Pourquoi ce jour précis ? " coupa subitement une étudiante.
" Pour la très simple raison, mademoiselle, que tous les vendredi à 14 H 00 précise, un certain Christophe vient lui rendre visite. Notre patient se rend donc dans la salle commune, s'assoie à une table et entretien une discussion avec son interlocuteur imaginaire, qui en fait, n'est pas en face de lui. Il croit le voir, mais il n'est pas là ! Et lorsqu'il ne le voit pas, Sébastien fait une crise."
" Professeur ! Deux questions si vous me le permettez ? " demanda la même étudiante.
" Je vous écoute, mon p'tit"
" Premièrement : pourquoi se croit-il en prison ? Et deuxièmement : qui est "ce Christophe" au juste ? "
" S'il se croit en prison, c'est parce qu'il sait qu'il a commis un meurtre dont il refuse de se souvenir. Il se punit lui-même. En fait, il a pratiqué une euthanasie il y a deux ans et depuis, ce jeune homme à complètement perdu tout sens des réalités. Cet épisode de sa vie l'a marqué plus que de raison. Quant à "ce Christophe", c’est l'homme à qui Sébastien à donné la mort. Il était atteint d'un cancer et souhaitait mourir. Sébastien à exaucé son souhait et depuis il est devenu fou.
« Pourquoi ? » ne put s’empecher de questionner une nouvelle fois la jeune fille.
« Il aimait trop Christophe et cela va sans dire, puisque, c'était son frère jumeaux. Son ombre comme il le nomme lui-même. "
Les élèves, stupéfaits par cette histoire, écoutèrent fascinés leur professeur:
" Ah nous y sommes ! La chambre numéro 179 ". Le groupe se pencha sur la vitre de la porte et dévisagea l'homme qui était derrière. Il était allongé sur son lit et semblait être calme, malgré le fait qu'il soit attaché. Il avait l'air perdu dans ses pensées, il dégageait la silhouette d'un homme sans ombre.


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