Insensation
de Sébastien Zimmer


Des chauves souris volantes rampaient à ses pieds. L’inconsistance temporelle ne la saisissait plus tant la peur qu’elle éprouvait pour ce lieu la métamorphosait en une créature sans âme inanimée, perdue à l’horizon d’une vie sans sens.

L’insensationnel dépravait son cœur de milles éclats étranges luisant à la lumière de la nuit et éclatant de sueurs impénétrables. Des éclairs foudroyaient ses yeux d’enfant droguée et l’emmenait vers d’autres mondes irréels pour nos vies affamées de soifs indéniables, résolues à se tourner vers la perception sensorielle de la pensée perdue.

Elle naviguait dans des eaux de brouillards tumultueuses, ramées par un ciel sombrement dérouté de sa course natale. Ses bras la portaient à bout de jambes, comme lorsqu’elle jouait en enfer pour oublier le paradis artificiellement incontournable de sa vie.

Des épines lui piquaient la chair, chère à son corps vivace d’une pudeur sans gène pour l’amour qu’elle éprouvait pour lui si bien que la dépravation de son sang flottant dans ses veines ne l’atteignait plus.

Yeux sans visages perdus dans une dimension acolyte, elle ne savait plus l’heure où elle se trouvait. La mort insatiable la guettait à l’autre bout de la route qu’elle avait accompli ensemble. Elle était maintenant apte à ressentir la tension des nuages monter dans son enveloppe charnelle atomisée de débats amoureux profondément effacés de son oubli intempestif.

Ses cheveux tremblaient sous un vent déchiré de chaleurs extraterrestres continues et inconnues de sa convergence extra lucide.

Ses battements s’accéléraient et des chauves souris volantes rampaient à ses pieds. L’inconsistance temporelle ne la saisissait plus tant la peur qu’elle éprouvait pour ce lieu la métamorphosait en une créature sans âme inanimée, perdue à l’horizon d’une vie sans sens.

Sébastien Zimmer.


Retour au sommaire