Chapitre 1

- Salut Alex, va chercher ton imperméable, il annonce de la pluie pour ce soir, dépêche-toi, la gang nous attendra pas toute la soirée !

C'était Marie qui lui parlait, depuis quelque temps elle et lui sortent ensemble. Elle avait l'air pressée, en fait, ils étaient pressés. Marie avait couru jusque chez lui pour cette raison ; de la sueur, dû à sa course, mouillait ses longs cheveux noirs.

- Tu as raison, j'y vais ! Attends, une chose, tu crois vraiment les médias qui annoncent la température à la télé ? Les méthodes météorologiques utilisées ne sont pas infaillibles ! Elle ne répondait pas.Elle le regardait d'un air qui voulait dire de se dépêcher et lui montrât sa montre, une Timex Indiglo, qui le fit bouger de sur place. Cinq minutes plus tard, il ressortit de chez les Boily, un parapluie en main et déclara :

- J'aime mieux ca, mon imperméable est trop petit de toute façon.

- C'est comme tu veux ! Allons-y par exemple, sinon on va manquer la bus !

- Le bus, la reprit Alexandre.

"Pourquoi faut-il dire le bus et non la bus ? se dit Marie. Ca sonne beaucoup mieux au féminin." Alexandre Boily était doué en français, donc il pouvait se permettre de reprendre les gens une fois de temps en temps, à leur grand malheur, bien entendu. Mais Marie était assez bonne, elle aussi, dans cette matière, pas autant qu'Alex, mais quand même bonne. Disons, elle dans les 80 et lui dans les 90.

Le trajet pour se rendre à l'arrêt du bus se déroula très bien. Un petit vent frais, laissant croire à de la pluie dans le cours de la soirée, flatta les amoureux. Ils eurent tous deux des frissons remontant dans leurs corps et passant par tous leurs membres, les engourdissant aussitôt. Des nuages, de plus en plus gros et foncés se dessinaient dans le ciel à une vitesse incroyable, laissant de plus en plus croire à une pluie forte dans la soirée.

- Crois-tu toujours que les médias ont tort dans leurs prévisions ? lança Marie d'un air de gloire. Elle avait toujours cet air lorsqu'elle savait qu'elle gagnerait cet espèce de pari de "celui qui aura raison gagnera" qu'ils s'étaient lancés tout les deux. En fait, il n'y avait rien à gagner, alors ça ne pouvait être autre chose que de la fierté de sa part.

- Non, lui répondit Alexandre, d'un air déçu. Tu avais raison de les croire, pour cette fois-ci,mais parfois ils se trompent.

- Bien entendu, encore rien ni personne n'est tout à fait parfait. Enfin, pas pour l'instant en tout cas.

L'arrêt pour aller prendre l'autobus nécessaire pour se rendre aux Plaines D'Abraham était situé assez loin de chez Alex pour leur faire prendre une bonne marche lui et Marie. Pour l'instant, l'air était seulement frais, confortable, idéal pour prendre une marche, ce qu'ils faisaient avec plaisance. Ce qu'ils faisaient souvent. Soudain, on entendit le tonnerre gronder, comme un monstre qui gronderait férocement, comme si le ciel allait leur tomber sur la tête. C'était si fort, un bruit ; de quoi faire mourir un cardiaque. Et alors, comme le tonnerre ne gronde jamais si fort sans pluie, la pluie vint, de plus en plus forte. Il y avait aussi les éclairs ; ils remplissaient presque le ciel, il en faisait clair à l'extérieur. C'était beau. C'était fort, pas un temps pour se rendre aux Plaines pour se promener avec ses amis, mais c'était beau, personne au monde voyant cette tempête ne pourrait le nier. Le jeune couple de 15 ans ne devrait pas être là, sous la cabine pour attendre l'autobus, en cette soirée pluvieuse. Il faisait froid, mais ca ce n'était pas vraiment pas vraiment un problème ; leurs corps collés et leurs lèvres chaudes se rencontrant pour s'embrasser leur créaient une chaleur intense, douce, parfaite en cette froide soirée, réglant le problème. Ils s'aimaient vraiment vraiment beaucoup. De telles collades et caresses aussi douces demandaient ce sentiment l'un envers l'autre. Alexandre et Marie commencèrent à se demander si les trajets des autobus avaient arrêtés à cause de la tempête violente rugissant à l'extérieur, après 15 minutes. Alors qu'ils s'apprêtaient à s'en aller en se disant que leurs amis comprendraient sûrement leur absence au rendez-vous, les phares d'un autobus de la STCUQ se firent voir.

- Enfin ! s'exclamèrent-ils.

Chapitre 2

À peine l'autobus arrêté, le gros chauffeur brun fit ouvrir les grandes portes de celui-ci à l'aide de la manivelle désignée à cette fonction à côté du volant.

- Bonjour Monsieur, bonjour Madame, cria presque le jovial conducteur de sa voix immense. C'était presque gênant de se faire parler si familièrement par un inconnu.

- Bonjour, répondit timidement Alexandre, il me semble que le 800 était censé passer à 19:00 à l'arrêt où nous attendions et il est maintenant 19:10 ! Pour être aussi juste il avait jeté un coup d'œil au cadran de l'autobus pendant qu'il parlait au conducteur.

- Oui, tu as raison mon gars, commença le chauffeur.

- "Alexandre Boily" interrompit celui-ci d'un air offusqué.

- Tu as raison Alexandre, reprit le conducteur, l'air de perdre patience, mais les itinéraires ont été tous chambardés par la tempête dehors que tu as l'air d'oublier. Celle-ci est très forte, une des plus fortes de l'histoire du Québec, et des routes sont barrées car elles sont presque inondées. Tu comprends maintenant ? J'aurais pu arriver encore plus tard !

Des gouttes de bave mouillaient les correspondances, car durant tout le discours, le gros brun assis au volant avait postillonné sur celles-ci. Alex répondit tout simplement qu'il comprenait. Alors que Marie et lui allaient se chercher une place dans l'autobus pratiquement vide, une voix grave les fit sursauter.

- Raymond Paré, mon nom est Raymond Paré, enchanté de vous connaître. C'était le nom du chauffeur qui venait de leur faire ciller les oreilles.

- Merci de nous en faire part, dit Marie sans se retourner.

À suivre...

sommaire