Une journée en enfer
de Samuel Verheyde



La journée avait pourtant commencé comme tant d’autres. Rien ne laissait pressentir un quelquonque changement et pourtant…

Le reveil fut, comme à son habitude, un peu difficile. Le résultat normal d’une petite soirée avec les voisins, les hawkins. Nos voisins depuis sept ans, irréprochables et serviables, une aubaine d’avoir des personnes si gentilles sous la main. Toujours prête à aider ou à garder les enfants Madame Hawkins (elle m’en voudrait encore si elle voyait que je continue de l’appeler « madame » depuis les années) met d’un secours dont je ne pourrai me passer. Nos deux familles, nous quatre (moi, mon mari et nos deux filles) et eux trois avec leur fils, étions réuni pour l’anniversaire d’Alex qui fêtait son entrée dans sa dixiéme année. Un souper copieu et un petit feu d’artifice dans le jardin au soir nous avez mis au lit vers vingt trois heures. Une soirée mémorable où la bonne humeur était de mise et où Alex nous gratifiait de quelques blagues dont elle avait le secret(un secret via l’internet ! !).

A sept heure au matin, le petit dejeuner était bien silencieux, les filles s’assoupissaient au dessus du bol de céréales et mon cher mari tentait tant mien que mal de se reveiller sous la douche. Vers huit heure, comme à l’accoutumé nous prîmes tous ensemble la voiture pour tout d’abord déposer Phil au travail, ensuite s’était le tour de Sandra de nous quitter et rejoindre son collége pour la matinée, de même pour Alex dans son lycée situé quelques métres plus loin. Et enfin j’arrivais à mon lieu de travail.

Une colonne de verre qui grimpait à plus de quatre cents métres de hauteur. Un monstre d’architecture, temple de l ‘économie américaine où travaillait prés de cinq mille personnes. Après les cinquante quatre secondes d’ascenseur requises pour atteindre le quatre vingt dix huitiéme étage, je rejoignait tranquillement mon bureau pour y déposer mes affaires et mes dossiers en cours de traitement. Il est huit heure du matin. Je prend un café, je vais saluer mes collégues et je me mets devant mon ordinateur. Le temps est radieu aujourd’hui, peut etre que ce soir, nous irons tous nous baigner dans notre piscine. A huit heure et demie je pars, en réunion pour discuter de nos affaires à l’étranger. Soudain pendant la réunion un bruit se fait entendre. Un bruit de plus plus proche. Puis, un violent tremblement ébranle la tour. Des cris se font entendre, on ne comprend pas ce qu’il se passe. Mes collégues quittent précipitament la salle et foncent vers les escaliers. J’entend des hurlements, des personnes en pleur qui se jettent dans l ‘escalier pourtant en flamme. Une fumée noire, et une chaleur intense se font de plus en plus oppréssantes. Je me réfuge sous mon bureau, j’essaye de rassembler mes idées, mais je ne vois pas comment sortir de cette prison de flamme. Des explosions secouent encore l’édifice.Aucune issue possible dans ce brasier. Je prend mon téléphone, je compose le numéro de la maison, j’attend la tonalité du repondeur pour laisser un message : « bonjour les filles, c’est maman, je pense que je ne rentrerais pas ce soir, ne m’attendez pas, prenez soin de vous, faites attention, n’oubliez pas vos devoirs et embrassez tout fort votre pére pour moi, je pense à vous, bisous ». J’essuie quelques larmes qui coulent le long de ma joue, non pas des larmes de tristesse, je m’y suis résilié, s’est seulement le frottement de l’air contre ma figure, le sol se rapproche. Ca ressemblait à une journée comme tant d’autres…


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