Essai sur le couple 2
de Rosen Nathan



Introduction
Je suis tombé amoureux une première fois grâce aux désirs et à la passion, une seconde fois à cause de la mémoire et d'agapè, et une troisième fois juste grâce à elle.
L'amour, quel mot…un mot qui implique tant de responsabilité et qui est si dur à définir. Un sentiment qui nous laisse tellement souvent sur notre faim. Des manques, sans fins qui ne trouvent qu'un vaccin : elle.
J'ai donné le nom d'essai à cet écrit, alors que cela aurait surement pu n'être qu'une lettre dans laquelle la flamme qui anime mon cœur se serait exprimée bien que je pense la laisser s'exprimer à un moment ou à un autre. Cependant j'ai compris qu'il serait bon de pousser plus loin l'explication de mes sentiments en ne faisant plus qu'un avec certaines émotions qui nous poussent à penser que l'on aime. J'espère ensuite trouver une chose qui ne fait pas que l'on pense aimer mais une pensée qui nous assure que l'on aime.
Commencer par dire que je suis tombé amoureux trois fois, est un mensonge, si je me lie à ma raison je suis dans la capacité d'émettre l'hypothèse que je n'ai pas réellement été amoureux trois fois.
Toutefois je me garderais de vous dire combien de fois ce fut réellement le cas, pour deux raison. Premièrement car l'écrit le dévoilera, puis je ne me sens pas capable d'assumer complètement l'étendue de mes sentiments face à la réalité et à la possible peur qui peut naitre face à mes sentiments.
La peur de quoi ? La peur de qui ? La peur de l'autre sur moi, la peur de l'autre envers mon ressentit.


Le désir, la passion, mort d'un homme
L'amour passionné, l'amour de Platon qui se traduit en grec par Eros. Le désir de l'autre, le désir synonyme de puissance, la puisse de l'envie de l'autre. Cela me parait à en parler sans y réfléchir comme magnifique. Mais… (Et oui toujours un « mais ») il est obligatoire de regarder de plus près ce qu'implique Eros avant de pouvoir dire que l'amour c'est ca, le bonheur recherché.
Selon Platon, Eros signifie : « Ce qu'on n'a pas, ce qu'on est pas, ce dont on manque, voilà l'objet du désir et l'amour »
Eros est donc l'amour du manque. Il est normal d'aimer ce qui nous manque mais cela implique une frustration. Puis il est aussi possible d'y voir un amour qui ne dure que le temps du manque. J'ai associé le mot désir, car on retrouve bien là, l'assouvissement d'un désir. Le manque crée le désir de l'autre et comme tout désir une fois assouvi il faut s'en créer d'autres. L'amour passionné, c'est l'amour de l'appartenance, l'autre est à nous qu'on soit oui ou non avec lui, mais comme l'amour passionné est l'amour du manque donc l'autre est surtout à nous lorsqu'il n'est pas avec nous.
On retrouve ce concept majeur dans la religion : « on aime dieu car il n'est que manque et frustration. » Comment peut-on alors aimer quelque chose sans souffrir ? Eros est l'amour souffrance, l'amour violent, il n'y a pas de demi mesure, c'est soit on souffre du manque de ce que l'on aime mais que l'on n'obtiendra jamais donc on ne peut être heureux, soit on obtient ce que l'on aime mais comme c'est le manque qui créer cet amour, on ne peut plus aimer donc on s'ennuie. L'amour (Eros) n'est donc pas heureux.
Cependant j'ai selon moi trouvé une façon de ne pas s'ennuyer ce qui ne veut pas pour autant signifier qu'il y a de l'amour : Les désirs.
Les désirs selon de nombreux philosophes font parties des grands défauts de l'homme. Je n'approuve que partiellement ce point de vu. Il est certain que les désirs ne peuvent gérer notre vie. Un désir assouvi se voit remplacer par un autre désir donc les désirs ne peuvent être réellement assouvis car ils renaissent sans cesse sous une autre forme mais un homme sans désirs n'est pas un homme. Je pense que les désirs doivent être assouvis selon leur nature, selon la société dans laquelle évolue l'individu mais ils ne doivent pas être l'essence de l'amour entre deux êtres. Tout n'est que gestion.

J'en arrive à ma première chute dans l'amour qui ne sera pas un long discours sur ce qui n'allait pas chez Elle, mais qui ne montrera que l'apogée de la passion et du désir qui nous « offre » l'illusoire sentiment d'aimer. Elle me manquait, elle a su se rendre imprenable, j'aimais complètement car je ne l'avais pas et que je devais me battre pour l'avoir, puis lorsqu'enfin j'eu reçu mon dut, j'ai inconsciemment renvoyé mon amour passionné vers l'amour passionné du corps. Un amour -illusion qui n'existe que tant que le corps de l'autre n'est pas prenable, ce qui implique la frustration sexuelle, un réel manque de touché. Au bout de 7mois j'ai perdu cette passion, et la ou l'ennui aurait pu s'installer, je me suis tourné vers les désirs. Mais quels désirs ? Les désirs de la chair, j'ai eu la chance d'en assouvir de nombreux mais comme je l'ai énoncé antérieurement cela ne doit pas devenir l'essence d'un couple. Cela le devint pour Elle, mais personnellement je m'en lassai et là s'arrêta toute l'illusion, cette erreur spéciale qu'on ne peut résoudre que lorsque l'on se trouve devant la réalité et que l'on est capable de raisonner. C'est ainsi que La passion est la nourriture des malheureux, donc je ne puisse dire que je fus heureux, ni réellement amoureux car ce n'est point ma vision du sentiment qui n'est dépassé par aucun autre.


Agapè et mémoire d'une chose, erreur et mort d'un couple.
Agapè et mémoire d'une chose, erreur et mort d'un couple ? Quel est tout ce charabia ? Mémoire d'une chose, mais quelle chose ? Dans mon cas ce fus une ville, des amis, un attachement à un passé. Mais ce n'est pas la même mémoire pour tous. Je parle de la mémoire du passé, qui peut s'incarner dans n'importe quel objet, être, centres d'intérêts … Quel est le rapport avec le couple, sa mort, avec « l'Amour » ? Je ne l'expliquerais que suite à l'explication du terme « Agapè ». Ce mot apparait à 0 av-ap JC, c'est cet être qui nous l'a apporté.
Pour les grecs il n'existait que deux manière de désigné l'amour, deux mots : Eros et Philia. Eros n'a plus de secret pour vous, et Philia vous sera désigné plus tard. Puis un jour un jeune juif a apporté un message de charité : « Dieu est amour…Aimez votre prochain…Aimez un ennemis… »
Agapè est la charité, l'amour pour celui qui ne nous manque pas, qui ne nous fait aucun bien. Celui qui est tout simplement là, que l'on aime en pure perte.
Aimer son ennemi…j'ai du mal à y croire mais je vois en ca la possibilité de vivre un temps avec quelqu'un juste par cette forme d'amour, par charité. Cruel ? Non, juste trop gentil. Cependant je ne vois pas en cet amour un chemin vers quelque conque bonheurs, bien être. Il est vrai que cet amour doit faire disparaitre tout égoïsme, libéré de tout cependant c'est aussi un « amour » qui n'oblige à aucun partage, aucune envie, aucune discussion. L'Amour avec un grand A je ne le retrouve pas la dedans, à part pour ceux peut être qui aime Dieu avec un grand A car c'est bien de là que vient cet amour. Comment vivre avec quelqu'un un certain temps juste par cette forme d'amour ? Grace ou a cause de la mémoire du passé. Il est impressionnant de voir à quel point l'être humain s'accroche à son passé et à se qui le représente. C'est ce point la qui peut le pousser à Agapè car la personne vers qui se tourne cet amour n'est qu'un lien vers ces marques de son passé. Dangereux ? Complètement car l'homme se doit d'aller de l'avant. Le deuil est un exemple qui peut permettre d'expliquer ce point. Une personne qui fait un deuil, peut se permettre de faire des rencontres qui vont la suivre tout le long de sa vie alors qu'un être qui ne veut pas ou ne peut pas faire son deuil risque et fait risquer un danger car elle reste dans un passé perdu et le jour ou cette personne trouvera la force de faire son deuil elle risque de se rendre compte que sa vie quotidienne n'est pas ce qu'elle espère ce qui peut se répercuter sur son travail, ses amis ; son couple, ses enfants…

J'ai vécu une relation qui correspond à ces deux concepts, une relation longue durée. Agapè car je suis longtemps resté par gentillesse, voir j'irai même jusqu'à dire par pitié. Il n'y avait ni partage, ni manque, ni bonheur. Mon attache passé fut longue à disparaitre et j'ai créé chez elle une image de lien avec ce passé qui me tenait encore fortement à cœur alors qu'au final je n'ai fait que perdre se passé. Perdre et non le transformer je veux dire par la, que je n'ai pas pu garder ce qui n'était pas à jeter pour l'intégrer dans mon futur. De plus elle était une digne représentante de mon exemple sur le deuil…

Agapè, un autre concept de l'amour qui je le dis avec une grande assurance, ne peut exister complètement dans un couple, c'est une forme réservée à toutes personnes différentes du statut d'ami et de couple.


Philia, la flamme d'un couple. Eros et Philia deux concepts fusionnels ? Une simple tirade d'un amour qui se trouve être non une illusion mais une réalité
Voila la partie qui sera pour moi une image de ce qu'est pour moi l'amour puis je ne ferais que déclarer mon amour à ma Réalité.
Philia selon Aristote : « L'Amour c'est se réjouir » et Spinoza : « Une joie qu'accompagne l'idée d'une cause extérieure », ce qui peut se traduire par « se réjouir de ». Oui Philia est un amour qui jouit de ce que l'on a et l'être s'en réjouit, c'est même notre amour qui est cette joie. C'est l'amour du partage, c'est l'amour de la bienveillance envers l'autre. En français se serait « l'amitié » cependant cette traduction ne fait que réduire la portée de ce mot. Philia c'est autant l'amour entre deux parents, deux amis, un père et son enfant et entre une personne et son amant. L'amour de la bienveillance c'est aimer l'autre pour son bien à lui. Ce qui représente à mon avis la définition du bonheur en amour. Je pense qu'il y a aussi une part de : « aimer l'autre pour son bien à soi » comme disait Saint Thomas. Se réjouir du plaisir que l'on donne et que l'on reçoit, y a-t-il une chose plus belle ?
Le manque oui il existe mais il n'est pas le même manque que celui de l'Eros solitaire, il est celui d'une sorte de fusion entre Eros et Philia car ils ne sont pas totalement dissociables.
Le manque qui intervient n'existe que parce que le bonheur (Philia) existe et que c'est un manque de cette jouissance, sans pour autant rendre l'individu malheureux car il sait qu'il lui sera de nouveau possible d'atteindre cette jouissance.
Le désir n'est pas non plus celui d'Eros il est transformé en puissance, la puissance de jouir, jouissance en puissance.
Le désir n'est plus manque, l'amour n'est pas manque. L'amour est bonheur, le manque n'en est qu'un accident.

Toi ma Réalité, avec toi ce n'est plus Eros ou Agapè mais Philia, je le sais. Je ne pense pas t'aimer, je sais que je t'aime. Tu ne représente pas au départ un manque chez moi, je ne m'ennui pas dans tes bras. Tu n'es pas non plus charité, ou pitié, tu n'es pas une simple personne à aimer comme tout le monde, comme le voulait un illuminé hippie qui avait trop fumé il y a 2008 ans. Un lien, tu es oui un lien mais seulement celui que j'ai avec mon cœur, tu ne représente pas mon passé, mais mon passé, mon présent, et un inconnu futur.
Plus que Philia, c'est la fusion de Philia et Eros. Oui tu me manques mais parce que je sais que joui de bonheur entre tes bras. Désir ! Oui je te désir mais comme Philia, un désir qui n'est autre qu'une puissance.
La bienveillance je fais tout mon possible pour t'aimer pour ton bien être et que ma façon d'aimer soit en accord avec ton bien être. La concupiscence comme le disait Saint Thomas aussi je la ressens. Oui ! Je t'aime aussi pour mon bien à moi.
Tu me dis avoir peur de me perdre, moi aussi j'en ai plus que peur, plus je vois ce que je suis, aussi bien physiquement que psychologiquement, plus je me dis que je ne peux comprendre l'amour que tu me portes. Je ne vais pas pour autant te dissuader de m'aimer car ton amour est devenu une chose trop importante pour moi. J'espère ne pas te faire peur quand j'utilise le mot trop. Philia signifie plus synthétiquement « se réjouir de son existence » ; ce n'est qu'un euphémisme d'utiliser actuellement « se réjouir » dans mon cas. Je ne fais pas que m'en réjouir, j'exulte de ton existence. Je ne dis pas « qu'est ce que je ferais sans toi ? » mais juste « aujourd'hui, je ne peux que te remercier d'être dans ma vie »

Tu me dis craindre de parler de futur (bien que tu commence à le faire) par la peur que cela pourrait créer chez moi. Mais maintenant je pense que tu peux comprendre réellement que tu n'es pas comme celles que j'ai pu connaitre. Tu ne me fais pas peur en parlant de futur car il est normal tout en restant raisonnable (le sens de rester dans la raison et non l'illusion) de vouloir espérer lorsque l'on aime quelqu'un de partager aussi bien un passé, un présent et un futur avec cette être. Je l'espère car je t'aime (oups je l'ai dis mais je n'ai pas dis qu'il s'agissait de toi, je ne te nomme que « ma Réalité »). T'entendre me dire qu'aujourd'hui tu n'avais plus peur d'un futur avec moi mais que cela commençais à être une peur sans moi, ne me fais pas peur. Quand je te regarde de mes yeux qui te gênent (les yeux qui disent « Je t'aime »), je ne vois pas qu'un présent mais aussi des souvenirs avec toi et un futur qui je l'avoue sans y mettre une durée minimale ou maximal, j'espère long.
Tant de mots échangés, tant d'émotions partagées, tant de nouvelles choses découvertes. Je ne discute pas comme avec d'autres avec toi, je ne ressens pas les choses comme avant avec toi, je ne fais pas l'amour comme avant avec toi. Suis-je encore moi-même ? Je le suis bien plus…Dans tous ces domaines je suis naturel sans peur d'être gêné, j'essaye d'innover, de te faire découvrir ce que je suis, mon expérience, ce que je connais tout en te laissant t'exprimer car ta paroles est d'or et ton silence ne serait même pas argent. Dans tes bras je ne me sens pas forcé à faire des choses que je n'ai pas choisis, ma propre initiative guide mes pas.
Je tiendrais le temps qu'il faudra pour te voir, je ne veux pas te perdre a cause de routes, mais j'avoue que le manque de ce j'ai mais pas avec moi me fera souffrir.

Je pense mettre exprimé de façon à te faire comprendre une chose : « Je t'aime (Philia) »


Conclusion
Par cet essai, je continue à m'ouvrir, le sentiment d'inachèvement est encore présent mais je me sens serein face à mon incapacité d'écriture car le cœur y est.

Pour finir je me permets de citer André Comte-Sponville qui fera un résumer : « Il y a l'amour selon Platon : « Je t'aime, tu me manques, je te veux »
Il y a l'amour selon Aristote et Spinoza « Je t'aime : tu es la cause de ma joie, et cela me réjouit »
Il y a l'amour selon Simone Weil ou Jankélévitch : « Je t'aime comme moi-même, qui ne suis rien, ou presque rien, je t'aime comme Dieu nous aime, s'il existe, je t'aime comme n'importe qui : Je mets ma force au service de ta faiblesse, mon peu de force au service de ton immense faiblesse… »
Eros, Philia, Agapè : l'amour qui prend, qui ne sait que jouir ou souffrir, que posséder ou perdre ; l'amour qui se réjouit et partage, qui veut du bien à celui qui nous en fait ; enfin l'amour qui accepte et protège, qui donne et s'abandonne, qui n'a même plus besoin d'être aimé…
Je t'aime de toutes ces façons : je te prends avidement, je partage joyeusement ta vie, ton lit, ton amour, je me donne et m'abandonne doucement.
Merci d'être ce que tu es : merci d'exister et de m'aider à exister ! »


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