Le Roman de Divesens Cœur d'Or

de Richard 'Haï Tuil de Cergy




A Ludmila, Miyoshi et Veronika,
Mes "Petites Sœurs".



© - 1981-1983.
© 1996 pour cette édition.





Chapitre I

Je vais, après inspiration, raconter l'histoire de la royauté de la dynastie des Plouton.

Après que le dernier roi de Cantor se fut éteint, sans laisser d'héritier; le peuple mit sur le trône un général : Imperator. Il fit de la ville de Sergia, situé au nord du pays, sa capitale. Tous les pays acceptèrent leur nouveau voisin; mais, cinq rois s'allièrent pour tenter de détrôner Imperator.

Voici les noms des rois alliés contre Imperator : Malum roi de Sevrius le pays du couchant, Propheta roi d'Ornium, Divès roi de Marnéas, Potens roi d'Oïsis et Niens roi de Castrum frère des anciens rois de Cantor, qui voulait le trône personnellement.
Le pays d'Ornium était situé tout de suite au couchant de Cantor. Le pays de Marnéas était au levant de Cantor. Oïsis était situé au nord de Cantor et le pays de Castrum, lui, au midi de Cantor. Les quatre royaumes avaient une frontière commune avec Cantor.
Donc, tous ces rois s'étaient alliés, et s'étaient réunis à Sevri, capitale du royaume de Sevrius, où le roi Malum les reçu en allié.

Il fit dresser une grande table où tous les rois pouvaient manger à leur faim. Il donna un festin, pour les rois ses amis et tous les grands du royaume. Après le festin il y'eut une grande fête, pendant laquelle le roi tua, pour ses invités, vingt boeufs, trente moutons et cinquante poulets. Il ouvrit cinquante outres de vin couleur de feu.
Après avoir bien mangé et bien bu, il renvoya ses hôtes dans leur chambre. Niens, roi de Castrum, avait la chambre dorée; Dives roi de Marneus avait la chambre argentée; Potens roi d'Oïsis avait la chambre d'airain et Propheta roi d'Ornium avait, lui, la chambre de fer. Celle-ci était bien gardé de peur qu'il ne s'échappe, car il connaissait l'avenir et disait que seul ses plans pour abattre Imperator avaient une chance de fonctionner. Malum faisait surveiller ses faits et gestes, car Propheta était un roi puissant et fort aimé de son peuple. De peur de s'en faire un ennemi, il fallait bien le garder, car sans lui, l'alliance était fini et la guerre perdue d'avance.
Le lendemain, le roi Malum fit entrer les Quatre Rois dans une pièce secrète, dans laquelle il y'avait une grande table remplie de carte d'état-major et quatre généraux. Chacun des rois, accompagné de son général d'armée, penètra dans la salle où Malum les attendait avec impatience.
Une fois dans la place, ils se mirent tous les treize autours de la table, et la discussion porta sur le sujet : comment procédé à la conquête de Cantor?
Le roi Malum prit la parole :
"- Voici mon plan ... euh ... dis ton plan Prophéta.
- Le mien est très simple, répondit Prophéta, il suffira que deux légions de chacun de nos pays se postent aux frontières Castrum-Cantor du côté du couchant ainsi qu'à la frontière Ornium-Cantor. Puis qu'une légion se dispose à la frontière de chacun des trois autres pays; mais bien disposé, de façon à ce que rien ne passe, ainsi Cantor sera coupé de tout secours extérieur, la conquête sera alors facile.
J'ai appris par mes dons de voyance et de prophétie qu'Imperator mis au courant de notre alliance, se prépare à la lutte, il a rassemblé vingt cinq mille fantassins et mille cinq cent cavaliers, soient cinq légions. Je vous préviens : pour la réussite de notre tâche, il faut que nous ayons exactement les mêmes forces pour les combattre.

- Mais, il nous serait plus facile de vaincre avec mes forces unis aux autres pour ne faire qu'une. L'union fait la force, repris Malum. J'ai moi-même sept légions, plus les cinq d'Ornium avec les sept légions de Castrum, d'Oïsis et de Marnéus. Cela ferait dix-neuf légions, soient quatre vingt quinze mille hommes et cinq mille sept cent cavaliers. Avec cela nous n'en ferons qu'une bouché."

Potens répondit :
"Je pense que Malum a raison, cette force est invincible, mais j'ai peur des quarante légions du pays de Bertusiloris, qui sont amis avec Imperator, ce sal traître. Nous ferions bien de gagner cette guerre, si nous ne voulons pas périr sous les coups de la Reine."

Niens lui répondit :
"Quant à moi, je pense qu'il faut agir selon les plans de Prophéta. C'est notre réussite assuré, et le trône me reviendra, légitimement, car Sergia est une ville que mon frère a fait bâtir. J'aurai le pays avec la ville."

Prophéta repris la parole en ces termes :
"La cible de tout cela, c'est Sergia. Si cette ville tombe, tou le pays tombe avec. Imperator est déjà vieux, son fils aîné a déjà dix huit années de vie; il est surement fort et préparé à une guerre.

Malum repris :
"Nous les vaincrons tous. Vive nous !"

Et tous reprirent en coeur :
"Nous les vaincrons tous. Vive nous !"

Ils se separèrent, le plan de Prophéta adopté. Ils durent regagner chacun son pays et se préparer à cette guerre.
A Sevrius, on prit les deux légions les plus fortes.
A Ornium, ce fut la même chose, les généraux prirent deux légions prêtes au combat.
Pendant ce temps à Oïsis, comme en Marnéus, une légion fut mise en état d'alerte, et placée sur la frontière de Cantor.
En Castrum, une légion aguerrie fut mise au nord du pays, pour être près de Cantor.
La guerre du côté des envahisseurs, était prête au bout d'un mois.



Chapitre II

De son côté Imperator leva cinq légions, mais sachant que cela serait insuffisant, il envoya à Bertusiloris son fils Aclèste, âgé de dix huit ans, et lui adjoignit trois compagnons. Le premier se nommait Sapien, le second Triès et le troisième Arcilès.
Il alla donc avec ses trois compagnons, au pays de Bertusiloris. Il fut obligé de passer par le pays de Castrum, ennemi de son père, qui levait une armée contre son pays.
Aclèste et ses compagnons, en arrivant à la frontière de Castrum, furent arrêtés par des gardes frontière? Aclèste avait un bouclier dit magique, sur lequel était peint un aigle noir à trois têtes sur fond jaune. Son glaive était une lame de Dia, excellent pour le combat.
Ils combattirent avec adresse les gardes frontière. Quant le combat fut terminé, Arcilès était mourant. Il dit à Aclèste : "Va, continus avec eux. Laisse-moi mourir ici, je t'en prie, il faut que vous arriviez, pour le roi, le peuple et le pays. Allez..."
Il mourut sur ce mot. Aclèste le mit en terre, et le pleura toute la journée. Puis ils continuèrent leur route. En arrivant à la lisière d'un bois, ils se dirent l'un l'autre "allons séparons nous".
Aclèste leur dit :
"Sapien, le sage, va par le pays de Loïum et de Charien, et de là tu iras à Bertusiloris. Quant à toi, Triès, va par les pays de Marnium et de Mustir, et après Mustir tu rentrera dans Bertusiloris. Ainsi, nous aurons plus de chance d'accomplir notre mission."
Là dessus, ils se séparèrent, et partirent chacun de leur côté.

Voici l'histoire de Sapien le sage :
Il traversa le territoire ennemi sans encombre. Arrivé en Loïum, il alla droit à la capitale Loï, où il fut reçu par le roi du pays Purus. Celui-ci lui donna un laisser-passer pour tout son territoire. Il repartit le lendemain, tout en arme. Il arriva dans un bois dans lequel il marcha sur le seul chemin qu'il y trouva, puis il arriva à un croisement d'où partaient deux autres chemins, l'un menant à Sot et l'autre à Teri, deux villes du royaume de Loïum. Il prit celui de Téri, et arrivé à l'entrée de la ville, il vit cinq hommes armés qui lui dirent : "halte étranger!"
Il s'arreta et répondit :
"-Voici mon laisser-passer que le roi m'a donné.
-Si tu veux entrer, tu le peux, sinon passe ton chemin."

Il entra dans la ville, et alla droit à une auberge. Il prit un bon repas et alla se coucher dans la meilleure des chambres que l'aubergiste avait à lui offrir. Le lendemain matin, ses habits et ses armes avaient disparut. Il appela à grand cris l'aubergiste :
" Eh là! Aubergiste! Aubergiste! Où es-tu ?
L'aubergiste arrivait.
Alors ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Mes vêtements et mes armes ont disparues.
- Ah! Que mon seigneur veuille bien me pardonner, mes tes habits étaient sales, et je me suis permis de les laver, saches que tu es le seul client que j'ai depuis six mois, et que je suis bien pauvre, alors tes habits sèchent à cette heure. Quant à tes armes, elles sont dans ma chambre car je les ai nettoyé.
- Si tu es franchement si pauvre, comment peux-tu te nourrir ?
- Quand ma pauvre femme est morte, elle m'a laissé un enfant de huit ans, il en a maintenant vingt. Il est robuste et je lui ai appris à manier les armes. Je connais ta mission seigneur, et permet qu'il t'accompagne.
- Je ne peux me permettre de te prendre le seul fils que tu as. Rends mes armes et mes habits, et sers moi un bon repas."
L'aubergiste s'en alla et revint quelques instants plus tard avec un poulet rôti et un peu de vin. Sapien englouti ce frugal repas. Puis il se fit amener ses habits secs et ses armes nettoyés et brillantes. Il s'habilla et revêtît ses armes. Il mit d'abord sa chemise de soie, et des chaussettes de soie; puis il mis une chemise de cuire qui descendait jusqu'à la taille et des chaussettes de cuire, ensuite, après avoir mis ses sandales, il revêtit sa cuirasse, composé de cuir et d'une lame de métal, ayant la forme du corps et ajusté sur celui-ci, et décorée avec merveille et magnificence. Puis il ceignit son glaive et son poignard. Ensuite il prit son javelot. Il mit autour de son cou son arc et son carquois, remplis de flèches vertes, puis, et enfin, il prit son bouclier.
Sur celui-ci il était peint un lion d'or léopardé sur fond rubis. Il mit de belles cnémides à ses jambes et ainsi vêtu, il prit son cheval et partis.
Il arriva à la lisière d'un bois, il suivit le chemin qui se presentait à lui, et à la tombé de la nuit, il s'arreta dans une clairière. Il posa son bouclier sous sa tête, et s'endormit.
Le lendemain, à son réveil, il était entouré d'hommes des bois, armés de poignards, d'épées, d'arc et de flèches. Il se releva en sursaut, et leur dit :
" - Amis ou ennemis ?
- Amis, si tu veux bien, répondit un homme grand, qui semblait être le chef à tous.
- Moi je le veux bien, je suis Sapien officier supérieur des armées de Cantor.
- Tiens, j'ai justement appris que la guerre faisait rage là-bas; mais que fais-tu ici ?
- Je cherches des renforts au pays de Bertusiloris, mais je dois passer par le royaume de Charien.
- Permets que nous t'accompagnons jusqu'à la frontière.
- Ce sera avec plaisir, si vous ne tentez rien contre moi.
- N'ais craintes, nous ne sommes pas des brigands, mais des chasseurs."

Ils partirent donc tous ensembles, Sapien était accompagné d'une vingtaine d'hommes des bois. Leur chef, Ristil, surnommé "le grand" pour sa haute stature parlait à Sapien de ce qu'il savait sur la guerre à Cantor. Mais ils arrivèrent vite à la frontière Charienne. Ils se quittèrent là. Sapien chevaucha tout le jour suivant, et il arriva vite à Char, la capitale.

Là, il entra sans encombre. Le roi le reçu, mais pendant la nuit, croyant que c'était un espion du roi Malum de Sevrius, il fit tué le bon Sapien le Sage.
Sapien le Sage mourut à Char, capitale du pays de Charien, tué par erreur une nuit en secret, par Arcanus roi de Charien.

Voici l'histoire de Triès :
Il arriva, sans passer par une ville, à la frontière du pays de Mustir. La il entra dans un bois. Arrivé près d'une clairière, il vit un arbre dans lequel était pendu vingt hommes, tous armés de la même façon, c'est-à-dire avec cnémides; casques, boucliers et cuirasses. Il ne manquaient que les armes offensives : lances et épées. Effrayés par ce spectacle, il continua son chemin... Puis dans ce bois de Mustir, une flèche lui transperça la gorge et il mourut sur le coup, sans pouvoir se défendre contre un ennemi invisible. C'est alors qu'il se fit enlever par cet ennemi que nul n'a jamais vu.

Voici l'histoire d'Aclèste, fils d'Imperator, roi du pays de Cantor :
Quand il eu quitté ses compagnons, il entra au pays de Yonium, où il chevaucha jusqu'à Yoni, sa capitale. Arrivé là, le roi, le prenant pour un espion, le fit arrêter. Vinctus, roi de Yonium le fit arrêter, et le fit mourir de faim. Il n'atteignit jamais la frontière entre Yonium et Bertusiloris.
Aucun de ces trois compagnons ne put remplir la mission d'aller chercher des secours. Bella, reine de Bertusiloris ne sut pas que trois hommes ont essayer de la joindre pour la defense du pays de Cantor.


A Cantor, la guerre faisait rage depuis deux jours et le pays était tombé aux mains des ennemis. Seule, la capitale Sergia et ses environs étaient sous contrôle Cantorien. Tout se passa selon les plans de Prophéta, roi d'Ornium.
Sergia fut assiégé. Imperator perdit trois légions, tandis que l'ennemi n'en perdit que deux. Imperator, voyant qu'au bout d'un mois de siège que les renforts, les légions Bertusilosiriennes ne venant pas, prit la décision d'envoyer son second fils, avec cinquante hommes, à Bertusiloris. Il aurait au moins sauver son fils. Ce fils âgé de quinze ans se nommait Imper. Il partit à la tête de dix officiers, quinze nobles et vingt cinq soldats de la Vème Légion Sergia. La ville de Sergia fut prise, après que ses habitants furent affamés durant un an. Le roi Malum de Sevrius fit massacrer les survivants, et fit emprisonner le roi Imperator de Cantor.
Il fut amené à Sevri, où il fut incarcéré dans une oubliette où, on l'oublia!

Le pays de Cantor, aux mains de l'ennemi, était en piteux état, ses bois et ses forêts, étaient pour la plupart incendiés, ses villes rasée, et le trône était occupé par Niens, roi de Castrum et de Cantor.
Malum demanda la partie ouest du territoire de Cantor, ce qui lui fut refusé, et la discorde s'installa entre Niens et Malum. Potens, roi d'Oïsis, demanda une partie nord du côté du levant, ce qui lui fut refusé, la discorde et la mésentente s'installèrent entre Niens et Potens.
Malum et Potens firent alliance pour faire assassiner Niens de Castrum et de Cantor. Mais ils échouèrent dans leur entreprise, et Niens règna sur Cantor et Castrum, et il fit de Sergia la capitale de ce petit empire. Dans Cantor, tout le peuple refusait sa royauté. Dans Castrum, le peuple mécontent de son roi, commença à se révolter.



Chapitre III

Voici l'histoire d'Imper, et des cinquante compagnons qui l'accompagnaient.

Ils sortirent du pays de Cantor, tous ensembles et en galopant. Ils évitèrent tous les postes de gardes et les postes frontières. Ils arrivèrent à Castrum, et évitèrent tous les postes de gardes et les portes frontières. Personne n'a connu ni leur existence, ni leur errance. Imper, leur chef, fut couronné roi de ces cinquante compagnons. Ils arrivèrent à Yoni, capitale du pays de Yonium. Devant la ville, devant les remparts, il y'avait une énorme armée qui mettait le siège devant Yoni.
Une prophétie disait que le troisième roi de Yonium aurait à faire face à un danger venu de Marnium. Le jeune roi de Marnium voulait prendre le beau pays de Yonium. Pïus le Jeune, roi de Marnium avait déjà pris les villes de Rum et de Lioter. Il ne restait que Yoni.
Yoni était assiegé depuis six mois lorsqu'Imper et ses compagnons y arrivèrent. Ne pouvant entrer dans la ville, ils restèrent à la lizière du bois, à attendre. Attendre quoi ? Imper decida avec son second, que lorsque l'armée Yoniumienne effectuerait une sortie, ils viendraient les aider. Une petite aide sans doute, mais surprenante, puisque personne ne connaissait leur existence.
Imper et quelques uns de ses compagnons, firent une petite partie de chasse. Imper poursuivait un gibier, que lui seul avait vu, quand au pied d'un arbre, du côté nord de la ville, la partie qui était la moins assiegée, il vit une jeune fille, pas plus âgée que lui.
Elle était habillée de blanc, son visage était beau, ses traits, très fins... Imper en la regardant ne pensa qu'à elle!
D'un coup, sortant du bois, trois hommes armées essayèrent de l'enlever. Elle criait et se débattait. : "au secours! à moi! à l'aide!...".
Ses cris furent étouffés par l'un des agresseurs, envoyés tous trois par Pïus le Jeune, afin d'essayer d'attraper cette fille.

Imper sortit d'un coup de ses rêveries, et surpris, il galopa droit dans la direction des cris. Il arriva juste au moment cruciale, et transperça l'un des agresseurs de sa lance. Il tira son glaive et coupa le bras droit du deuxième et le troisième essaya de sauver sa vie, mais fut transpercé d'un pilum que lui lança Imper.
La jeune fille, apeurée, avait reculée. Imper, sans tache, s'approcha d'elle. Il la salua et se présenta :
"- Je te salue bien bas, ange de mon coeur. Je suis Imper de Cantor.
- Je te salue, beau prince, et je te serai très obligé, si tu m'escortais jusqu'à la ville.
- Mais Yoni est assiegé !
- Ne te fais pas de soucis pour moi, je connais un passage secret au nord de la ville, la partie la moins gardée et la moins assiègée par l'ennemi. Je serai très heureuse que tu me laisses au nord de la ville à la lizière de la forêt.
- Je t'y conduirais bien, mais m'apprendras-tu ton nom ?
- Tu le connaîtra, en temps voulu, et je ferai en sorte que tu ne sois pas déçu."

Elle monta sur le cheval blanc d'Imper et allèrent au pas.

" Peux-tu me dire pourquoi et comment tu es ici ? demanda-t-elle.
- Je pense que vous connaissez, ici, la défaite d'Imperator roi de Cantor, qui est mon père et qui maintenant, doit-être à Sevri en Sevrius, où il est décédé. Je n'en sais rien. J'ai un frère, plus âgé, qui est en Bertusiloris. Il s'appelle Aclèste. Moi, j'ai dû échapper à la haine de Niens, qui s'est emparé de mon trône par la force. Mais quelle est cette armée qui assiège Yoni ?
- C'est l'amée du roi Pïus de Marnius.
- Pourquoi assiège-t-il la ville ?
- Il veut étendre son territoire jusqu'à la mer du Midi et celle du Couchant.
- Il n'y arrivera pas, c'est trop étendus. Il faut l'arrêter là. Dès que tu sera dans Yoni, dit au roi d'effectuer une sortie. Je l'aiderai avec moyens, ou alors qu'il m'envoie un de ses généraux, et nous aviserons ensembles.
- Je ferai ce que tu m'as demandé, mon bon roi!"
Ils se quittèrent sur ces mots.

Imper repartit à la chasse. En route, il vit un grand aigle assombrir toute l'étendue de forêt à sa droite. Il prit son arc, et decocha une flêche sur l'oiseau de proie, au moment où celui-ci passait devant le soleil, qui éblouit Imper, et le trait se perdit.
Il avança déçu, et débouchant sur une petite clairière, il vit un cerf, agonisant et transpercé d'une flèche blanche, rouge de sang. Il reconnut la flèche qu'il avait lancé sur l'aigle. Il attacha le cerf mort, et le mis sur la croupe de son cheval blanc, et alla rejoindre ses compagnons.
Dès qu'ils le virent accompagné d'un cerf aussi grand, avec de beaux bois, ils l'acclamèrent et lui firent fête. Au repas du soir, ils firent un grand feu, et appretèrent les produits de la chasse. Ils les firent griller, et les mangèrent de bon appetit. Puis Imper prit à part son second, le général Victorius, et lui dit : "Dans cinq jours nous attaquerons l'armée de Marnium qui fait le siège de Yoni."
Victorius obéit, et fit les préparatifs pour la prochaine attaque. Mais il faisait nuit, et ils se couchèrent. Le sommeil qui vole les âmes, les assombris de ses nuées.

La jeune fille marcha droit vers le palais, où elle alla à la rencontre du pauvre roi Vinctus, son père.
Le roi la voyant approcher si joyeuse, cru qu'elle était prise de folie. Elle approcha, et ne cacha aucun de ses sentiments pour le prince Imper; elle l'aimait!
"- Il est si beau, mais il y'a une chose qui t'interressera : il m'a prié de te dire que dans cinq jours, si ton armée et toi faites une sortie, il vous aidera avec ses moyens.
Le roi lui répondit :
- J'en suis bien aise, mais y penses-t-il ? Que va devenir le royaume si je meurs ?
- Ne t'en fais pas, il sais ce qu'il fait."

Dès le lendemain, Vinctus fit armer ses compagnons d'arme et son armée, composée de trois généraux et de sept légions. Il fit armer ses sept légions.
Imper le Prince, lui, envoya deux soldats au pays de Bertusiloris, pour voir la reine Bella, et obtenir au moins deux légions pour Imper. Ce que la reine Bella accepta, et lui envoya les IVème et Vème légions. Elle ne lui envoya aucun chef afin qu'Imper le Prince puisse commander. Deux jours plus tard, la veille de la bataille, ils arrivèrent. Imper, heureux, envoya ses troupes à la lizière de la forêt.
Les phalanges Marnumiennes étaient composées de mille hommes, en plus de cinq cents auxiliaires.
Il y'avait dix phalanges. Voici les noms des généraux Marniumiens : Tilus, Acptar et Rodhium.
Une légion de Bertusiloris a dix milles hommes.

Le cinquième jour, les Bertusilorisiens étaient du côté nord de la ville. Ils étaient partagés en deux, derrière les bois, invisibles, avec les compagnons d'Imper le Prince qui était à leur tête.
L'armée de Yonium avait disposé ses légions ainsi : le roi mit la Ière légion devant, au centre, à sa droite la IIème légion et à sa gauche la IIIème légion. Derrière étaient placées, de gauche à droite, les IVème, Vème, VIème et VIIème légions. Cent coudées separaient le premier du deuxième rang de légions.
Les sept légions étaient debout, immobiles et face au camp ennemi.
Les Marniumiens étaient disposés ainsi : Les unes derrière les autre, les trois premières phalanges. Ensuite, il y'avait les quatrième et cinquième phalanges ne faisant plus qu'une. Juste derrière, les sixième et septième phalanges n'en formaient qu'une. Même chose pour les huitième, neuvième et dixième phalanges. Toutes ces phalanges étaient rangées l'une derrière l'autre sur six rangs.
Puis il y'avait la très grande forêt, du côté gauche de la huitième phalange, se trouvait la IVème légion de Bertusiloris; à droite de la dixième phalange, il y'avait la Vème légion de Bertusiloris, commandé par Imper et ses hommes. Imper, ses hommes et les deux légions de Bertusiloris étaient cachés à la lizière du bois.
Les deux armées se faisaient face. Puis d'un coup, les armées de Vinctus de Yonium se déplacèrent. Les deux légions de gauche, de derrière se mirent à gauche de la troisième légion en courrant vers l'avant. Les VIème et VIIème légions se mirent à droite de la IIème légion, en faisant un mouvement courbe vers l'avant.
A ce moment, les dix phalanges s'ébranlèrent. Imper et ses hommes attaquèrent, à l'arrière. Ils furent suivit des deux légions de Bertusiloris, qui grâce à leur technique, massacrèrent les huitième, neuvième et dixième phalange. Puis, quelques instants plus tard, ils attaquèrent les sixième et septième phalange.
Ce n'est qu'à ce moment, que les phalanges de devant, voyant leurs arrières massacrés, se retournèrent, et attaquèrent les deux légions de Bertusiloris commandés par Imper le Prince, fils d'Imperator. A ce moment, les sept légions de Yonium, s'ébranlèrent et massacrèrent les première et deuxième, phalanges. Il ne restait plus que les troisième et quatrième phalanges. Ils se constituèrent prisonniers, ainsi que le roi Pïus le Jeune. Ce fut une grande victoire pour Yonium, ainsi que pour Imper le Prince, qui se battit très vaillamment. Il fit des nombreux ravages dans les rangs ennemis.
Il avait deux piques, un glaive et un poignard. Ses jambes étaient recouvertes de belles cnémides en or ouvragé : un aigle déchirait un agneau de ses serres. Son torse était protégé par une cuirasse en bronze doré ouvragé, avec des franges de cuire sur le bas. Cette cuirasse avait de très beaux motifs et dessins gravés : un aigle, ouvrant en grand ses ailes, au niveau de la poitrine, et en dessous, il y'avait des ronds, des traits et des lignes courbes.
Son bouclier était d'or et de bronze avec du cuir en dessous. Il y était sculpté un aigle doré sur fond rouge.
Sa tête était recouverte d'un casque de bronze doré avec un panache de poils de queue de cheval teint en rouge et pendant.
Il avait sur son dos, une cape rouge qui lui descendait jusqu'aux genoux.

Vinctus resté à l'interieur de la ville durant la bataille, appris avec joie que celle-ci était gagné, ainsi que la guerre, pour lui et son peuple.
Pïus le Jeune se constitua prisonnier. Il fut emprisonné à Rum. Le roi reçu Imper en grand vainqueur.

Les sept légions entrèrent à Yoni, avec leur chef. Puis Imper, resplendissant, entra dans la ville suivi de ses compagnons et des deux légions de Bertusiloris.
Imper fut acclamé par le peuple. Vinctus l'accueillit en libérateur en son palais.
Mais les deux phalanges de Marnium étaient resté en dehors de la ville. Les armées de Pïus avaient pour armes : un casque, un bouclier, des cnémides et une cuirasse, le tout en bronze. Puis il y avait une épée et une lance qui pouvait atteindre jusqu'à six coudées de long, et deux petites piques.
Ces soldats purent, pour ceux qui le désiraient, intégrer l'armée de Yonium ou bien regagner Marnium. Mais tous refusèrent le retour, et ils intégrèrent l'armée de Yonium.

Vinctus accueillit Imper en vainqueur, et lui demanda, si il le voulait bien, habité chez lui. Mais il refusa, et il lui dit :
"Mon pauvre père m'a envoyé avec mes compagnons à Bertusiloris, chez la reine Bella. J'irai avec ta permission, et avec celle de ta fille. Mais d'ici deux mois, je reviendrai. Je partirai après-demain, avec les deux légions de Bertusiloris."
Tout le monde approuva.
Le lendemain, il commença ses préparatifs. Le surlendemain, il fit ses adieux et, il parti escorté d'environ vingt mille hommes, dont il prit le commandement jusqu'à Berlos, capitale de Bertusiloris. Le chemin se passa sans encombre.



Chapitre IV

Il arriva à Berlos, habillé comme il l'était à la bataille de Yoni. Il avait laissé ses compagnons là-bas à Yoni pour donner l'assurance de son retour à la princesse Mirabilia.
Il entra à Berlos, à la tête des vingt mille légionnaires. La reine Bella, âgée de dix-huit années, l'accueillit avec bonté, elle le reçu dans son palais; et elle lui offrit un grand festin. Elle tua pour son hôte, cinquante pièces de menu bétail, et environ cent volailles.

Il se doit, avant de continuer ce récit, de décrire les richesses de Berlos, capitale de Bertusiloris où règna Bella.
A l'entrée de la ville, Imper accompagné des IV ème et V ème légions purent voir la muraille bleu, puis vient "l'enceinte jaune". Ensuite, il suivit la Voie de la Chance où les maisons se succèdaient, jusqu'à la place de l'Amour, où il passa à la voie Processionnelle qui va jusqu'au palais. A l'entrée de la place, il avait devant lui la Maison du Peuple, c'est là que se réunissait une fois par semaine le peuple qui discutait des problèmes, et c'est de là que partaient toutes les fêtes qui pouvait avoir lieu. A sa droite il y'avait le Trésor des Reïens, où est enfermé le trésor de la ville de Reï, le plus grand port de Bertusiloris, et où siège la marine de guerre, qui contient environ sept mille navires noirs. A sa gauche, il y'avait le trésor des Muriens, dans lequel il y'avait sept cent talents d'or et autant d'argent. Mur est la ville la plus importante après Berlos, capitale de Bertusiloris. Puis il y'avait un monument: la statue d'Horatius, général Bertusilorisien qui, a vaincu les tribus du sud. C'est de là, que part la Voie Processionnelle qui va jusqu'au palais; en marchant sur cette voie, à la fin de la place de l'Amour, il y'avait à droite le Temple de la Justice, où la reine rendait la justice, si importante en Bertusiloris, et à gauche, il y'avait la Maison des Reines, car c'est ici que sont enterrées les huit reines de Bertusiloris, dont voici les noms : Milius, fille d'Ailis; Mutis, fille de Milius; Tinia, fille de Mutis; Sidya, fille de Tinia; Zoda, fille de Sidya; Sidya, fille de Zoda; Alis, fille de Sidya et Rusine, fille d'Alis, mère de Bella, reine de Bertusiloris.

Imper, après avoir avancé jusqu'au palais sur la Voie Processionnelle, où il fut accueilli par Bella, entra au palais. Il y entra par la porte principale de la partie centrale. Il suivit Bella et sa suite, et allèrent droit à la salle des festins.
Dès que l'on rentre au palais, il y'a le hall d'entrée, d'où part l'Artère du Palais, qui mène jusqu'à la Salle du Trône, au fond du palais. En suivant cette Artère, il y'a à droite la salle des Festins, et si on continue d'avancer, au fond à droite, il y'a trois salle de la Garde Royale, dont le commandant est le général Horatius, général en chef des armées de Bertusiloris. Au fond du palais, à droite de l'Artère il y'a six Chambres d'Honneurs, où couchent les hôtes d'honneur. Au bout de l'Artère, il y'a là l'une des plus grande salle du palais, la Salle du Trône, qui est près de la Chambre de la Reine. Il y'a dans ce palais des Archives Royales dans trois salles. Il y'a une salle en demi-cercle : la salle du Conseil. Il y'a cinq salles pour le Trésor d'Etat, six pour le Trésor Royale. Au milieu du palais, il y'a la Cour Ouverte.
A l'aile ouest, c'est le siège de l'armée. Il y'a dix sept salles, où logent cinquante six mille soldats : les légions I, II, III, et IV; cinq mille auxilliaires, trois mille archers lourds et trois mille archers légers, et cinq mille frondeurs. La plus grande salle, est le bureau d'Etat-Majors, du général Horatius, où une table de quatre cent coudées est dressé, c'est là que siège "les Cents". Il y'a la reine, le général en chef, le chef de chaque légion, et de chaque corps d'auxilliaires, d'archers et de frondeurs. La cavalerie y est également représenté, ainsi que la marine.
A l'aile droite du palais, il y'a la Bibliothèque et le Musée, les Archives d'Etat, quatre vingt-seize chambres d'Etat et d'Administration, où toutes les affaires d'Etat sont étudiés. Il y'a cent cinq chambres d'Invités. Et il y'a aussi le deuxième salle du Trône, longue de cinq cent soixante cinq coudées et large de cent coudée.
Derrière ces bâtiments, il y'a le Jardin, long de mille quatre cent quarante cinq coudées, et large de mille cinquantes coudées. Il y'a le bassin de cuivre, à gauche et à droite le bassin de bronze et argenté, puis la Fontaine Magique et enfin le Bassin Dorée long de mille huit cent six coudées. Ainsi est Palais de Berlos, où règne Bella, reine de Bertusiloris.

* *
*

Imper à table, dans la salle des Festins, était assis aux côtés de la Reine Bella de Bertusiloris.
Après le repas, Imper fatigué, demanda à avoir sa chambre. On le logea dans la dernière chambre d'honneur. Le lendemain, il visita le palais en compagnie de la reine Bella et du général Horatius.

Sortit de son lit, Imper, prit un petit repas frugal, et la reine vint lui souhaiter le bonjour. L'hospitalité de la Dynastie des Femmes, était bien connu.
Bella fit appeler Horatius, général en chef des armées de Bertusiloris. Il vint en bon soldat qui obéit aux ordres.
Alors, Bella leur offrit une promenade dans les jardins du palais. Imper fut le premier à prendre la parole, et lui dit ces mots ailées :
"- Que ta grâcieuse Majesté me pardonne la brutalité de mes paroles. J'aimerai éclaircir un mystère, qui reste pour moi un poid. J'aimerai savoir ce que mon frère Aclèste est devenu ? Le sais-tu ? Mon pauvre père l'a envoyé ici chercher du renfort, pour aider à vaincre Niens...
- Le roi Niens est mort, c'est son fils Sapien qui est actuellement sur le trône, répondit Horatius.
- Mais mon frère, reprit Imper, savez vous ce qu'il est devenu ?
- J'ai appris, répondit Horatius, qu'il a été tué à Yonium, mais on ne sait pas par qui.
Bella lui dit ces paroles ailées :
- Plus rien ne t'empèche de rester ici. Tu es le seul survivant des Plouton, et je t'aiderai à vaincre tes ennemis, selon mes moyens. Mais avant, j'aimerai si tu le veux, que nous rentrions. La réunion du Conseil va commencer. Nous passerons par les passages secrets militaires jusqu'à la Salle du Trône."
Ils entrèrent dans la Salle du Trône par son passage directe.
Il y'avait les grands seigneurs du royaumes, chacun avec son écuyer, tous en robe, accompagné du symbole respectif de leur famille. Ainsi les trente-cinq grands du royaume étaient assis là.
Quand Bella entra, tous se levèrent et courbèrent leur tête; ils la saluèrent.
Elle, dans toute sa gloire, s'assit sur le Trône d'Or, recouvert de pierres précieuses, un moelleux coussin rouge avec des fils dorés sur les côtés, était placé à ses jolis pieds. Elle prit la parole et dit ces paroles ailées :
"- Que chacun le sache, ici, est sous ma protection, Imper le Prince, dont tout le monde a déjà entendus parlé. S'il est là, c'est pour que nous lui donnions des nouvelles de son frère Aclèste. Est-ce que quelqu'un aurait de ses nouvelles. On dit qu'il est mort. Est-ce la triste verité ?
- Il a été tué à Yoni, répondit Cassius, gouverneur de la ville de Mur. Je peux le jurer sur mon honneur.
- On te croit sur parole, dit Bella.
Imper prit la parole en ces termes :
- Seul, je ne pourrai dire ce que je cherche, mais je pardonne au meurtrier quel qu'il soit, et de plus, c'est pour lui que je suis ici, afin qu'il apprenne de ma bouche que je lui pardonne."
Imper se rassit, triste, mais soulagé de savoir que personne à Bertusiloris n'avait touché à son frère.

Bella fit lever la séance, et convoqua le Conseil des Anciens, toujours en compagnie d'Imper le Prince et du général Horatius.

Quand ce Conseil fut réunit, le Rumil, chef de celui-ci, prit la parole.Il était âgé de cinquante années. Il dit ces paroles ailées :
" Que chacun regagne sa place et que chacun rende hommage à Imperator, l'ancien roi de Cantor, notre ami, car je reconnais ici son fils Imper, que j'ai connu personnellement quand il était âgé de cinq ans..."
Sur ces mots, la porte du Conseil s'ouvrit, et l'on vit entrer deux hommes armés à la façon des Yoniumiens, et, l'un d'eux s'approcha d'Imper et prit la parole en ces termes :
"Je viens de Yonium, où le roi m'a chargé de ce message, pour Imper le Prince.
Qu'il sache qu'ici tout le monde l'attend avec impatience. Tout le monde rend hommage au libérateur de Yonium, et un message de la princesse Mirabilia :
"Je ne pense qu'à toi, mon prince. Je t'attend avec impatience et je t'aime!"

Imper fut content de ce message, mais le visage de Bella s'assombrit, car son amour pour Imper grandissait.
Le Rumil demanda la levée de la séance, et les trente Anciens quittèrent la salle.
Le messager de Yonium, après avoir divulgé son message, demanda à se retirer, ce qui lui fut accordé.. Mais Imper voulant connaitre la verité l'arreta, et l'invita dans sa chambre, où ils se parlèrent. Imper lui adressa ces paroles ailées :
"- Ô messager, dis-moi. On dit qu'à Yoni, il y'à de ça environ quatre lunes, un homme est arrivé, et qu'il y est mort.
- Je vois, répondit le messager, c'est Aclèste ! Il est mort de faim. Sa mort fut ordonné par le roi Vinctus de Yonium !"
Imper, fou de rage, dit au messager :
- C'est pour avoir tué mon frère Aclèste, que je ne reviendrai pas chez vous! Et je refuse d'épouser Mirabilia la Belle. Tu parleras ainsi au bon roi, mais surtout dit bien à la princesse que je l'aime avec raison et folie, mais surtout avec passion. Et dit à ton roi, que je n'hésiterai pas à lui déclarer la guerre. Qu'il laisse mes compagnons me rejoindre ici."
Il se coucha, les larmes aux yeux, la rage au coeur; et le messager pu prendre congé. Il rentra à Yoni, où il fut accueillit par le roi.

Vinctus lui adressa la parole en ces termes :
"- As-tu eu des nouvelles du prince ?
- Oui, il fut heureux de ton message, mais m'a prié de te dire ceci : "c'est pour avoir tué mon frère Aclèste que je ne reviendrai surement pas chez vous, et je refuse d'épouser Mirabilia la Belle. Je n'hésiterai pas à vous déclarer la guerre, et laisse mes compagnons me rejoindre ici.
Mirabilia la Belle approcha, et demanda s'il n'y avait pas de message pour elle ? Le messager répondit : " il a dit qu'il t'aimait avec raison et folie, mais surtout avec passion, mais comme je l'ai dit à ton père, notre roi, il ne reviendra surement pas..."
A ces mots, la pauvre princesse s'évanouit. On l'emmena dans sa chambre, le roi prit peur pour sa fille, et il chargea son médecin de la soigner. Ainsi, elle fut vite rétablit.

Imper à Berlos était furieux, mais il n'était pas le seul, car Bella avait apprit qu'il aimait une autre femme, mais sans rancune, elle pardonnait à tous, et surtout à la princesse Mirabilia.
Imper découragé, alla voir la reine Bella, et lui demanda ce qu'elle pensait d'une guerre contre Vinctus :
" Ce que je pense d'une telle guerre ? C'est une guerre de vengeance personnel que tu me demandes là, et je ne peux dans ce cas t'aider. Mais il se pourrait que pour ça tu t'abimes la santé. Il faudra convoquer l'Assemblée Générale de Bertusiloris, et faire appel aux délégués des provinces. Je ne peux moi-même rien décider d'aussi grave. Que ne ferais-je pour toi ? Je vais convoquer l'Assemblée à la Maison du Peuple, et nous verrons bien..."
Le lendemain matin, partirent de Berlos des messagers royaux afin de convoquer les délégués à l'Assemblée Générale.
Au même instant, Bella fit demander Imper, et elle lui dit :
"Viens avec moi, Ô Prince de Cantor, Imper, afin que tu vois la Justice être rendue en ce pays. Viens avec moi au Temple de la Justice."
Imper la suivit, et ils allèrent ensemble au Temple de la Justice. Arrivés là, elle s'assit sur le Trône de la Justice; Imper étant debout à sa droite, avec vingt soldats de la Garde Royale, qui rende la loi légale.
Un premier plaideur s'approcha du Trône, s'agenouilla devant sa reine et dit :
" Je suis Arthos, marchand de poteries dans notre belle capitale. J'habite avec ma pauvre mère, que j'arrive à peine à nourir, et qui est au lit, malade.
Hier, dans l'après-midi, un homme à cheval galopait dans la ville en dépit du bon sens, en en sortant. Comme ma modeste boutique est près de la porte de la ville, le cavalier inconnu, galopant en sortant brisa une grande partie de ma marchandise et une partie de mes rêves. Je ne demande pas d'argent, mais je demande seulement, que cet homme soit emprisonné durant une semaine. "
La Reine prit alors la parole en ces termes :
"- Que justice soit faite. Ta marchandise te sera remboursée. Mais n'as-tu pas un cousin qui habite Reï, et qui fait du commerce avec d'autres pays?
- Que Ta Majesté me pardonne, mais je ne connais pas une seule personne de ma famille qui habite en dehors de Berlos.
- Ce n'est pas grave. Quel âge as-tu, jeune homme ?
- J'ai vingt ans.
- Et bien, tu es jeune, et je trouve qu'au palais on manque de poterie. Sais-tu lire ?
- Non majesté.
- Alors dorénavant tu vivras avec ta mère, près de cette place, dans une maison à toi, tu travailleras pour moi, et tu sera bien payé.
- Merci, merci ô ma reine..."
L'homme reculait la tête courbée. Deux des gardes allèrent chercher la mère d'Arthos le potier.

Un second homme se présenta à la reine. Il était barbu et laid. Il disait avoir servit dans la légion au temps de la reine Rusine, mère de Bella. Il était vêtu de merveilleux habits, et une chaîne dorée pendait à son cou. A première vu il était officier. Il prit la parole en ces termes :
" J'aimerai rentrer au service de ma reine. Autrefois, j'étais officier, et j'étais sous les ordres de Sa Majesté, la Reine-Mère. Mais maintenant, c'est sous tes ordres que j'aimerai servir le royaume et Sa Majesté.
la reine lui répondit :
"- Qu'il soit fait selon tes désirs, si tu le veux. Pour être à mon service, tu sera second du général Horatius dans la Garde d'Honneur. Mais quel est ton nom ?
- Je me nomme Caïus de Mur, car je suis né à Mur."
L'homme se retourna vers le peuple et cria : "Vive sa Grâcieuse Majesté, la reine Bella!"
Et le peuple cria après lui : "Vive sa Grâcieuse Majesté la reine Bella."
La reine se leva de son trône et dit :
"Toi, Caïus, va prendre tes fonctions auprès du général Horatius. Toi Peuple de Berlos, que chacun sache que la reine Bella a toujours rendu la Justice ici même, et le fera toujours."
Suivit d'Imper et des soldats de la Garde Royale, elle quitta le Temple de la Justice. Lors de son passage à travers le peuple, il s'écarta, et répètait à plusieur reprises : "vive sa grâcieuse majesté, la reine Bella!"
La reine sortit, Imper à ses côtés; suivit de la Garde d'Honneur. Le peuple sortit tout de suite après.
Ils rentrèrent au palais et le peuple retourna à ses occupations habituelles.
Au repas du soir, dans la Salle des Festins, il y'avaient Arthos le potier et Caïus de Mur. Chacun pour sa nouvelle fonction. Arthos, potier de la reine et Caïus de Mur, capitaine dans la Garde Royale.
Après le repas, ils regagnèrent tous leurs appartement.

Quand deux semaines passèrent, les messagers revinrent, avec les délégués des provinces de Bertusiloris. La reine les accueillit tous ensembles, et leur offrit un festin, pour lequel elle tua des dizaines de volailles, du gros et du menus bétail.
Après le festin, elle les invita tous pour le lendemain à la Maison du Peuple.

Le lendemain, tous les grands du royaume étaient présent à l'Assemblée Générale de Bertusiloris; les Seigneurs du Royaumes, les Anciens, les Délégués du Peuple, le Conseil Supérieur de l'armée avec son chef, le général Horatius. Il y'avait aussi Imper. Bella présidait l'Assemblée. Il y'avait en tout cent vingt délégués.
Bella, parée de ses bijoux, de la Couronne de Gloire et du Sceptre du Commandement, se leva et dit :
"Cher peuple de Bertusiloris, moi, ta reine, je désire te parler à propos de Yonium que nous avons déjà défendus contre des envahisseurs. Aujourd'hui, il faudrait leur faire la guerre pour des raisons personnelles, que nous apporte cet homme venu de loin, qui est notre ami, mais nous ne pouvons pas tuer des innocents pour le coupable. Je vous demande donc de décider et de me donner une réponse."
Le général Horatius se leva et pris la parole en ces termes :
"Je ne désire jamais la guerre contre un pays, donc sans un ordre de Sa Grâcieuse Majesté, je ne ferai rien."
Un homme de l'assemblée se leva, il avait l'air très influant et respecté et ses habits démontraient qu'il était chef d'une des douze tribus déchus du pays; il prit donc la parole en ces termes :
"Je pense qu'Horatius a raison et que le Prince a plus que tort. Il doit pouvoir pardonner la faute qui ne fut pas commise par la faute de l'accusé. Je crois que la guerre n'est pas la bonne solution, mais qu'au contraire la paix serait la meilleure."
Cette proposition d'un délégué fut applaudis à l'unanimité; et la reine Bella dit aussitôt : "Je décide donc qu'il n'y aura pas de guerre."
Le peuple applaudit, se leva et cria : "Vive Sa Grâcieuse Majesté la Reine ! Vive la Paix !"
Ensuite, la reine se leva et leva la séance.
Le peuple salua bien bas sa reine, et sortit de la salle. Les délégués des provinces de Bertusiloris saluèrent la reine et sortirent.
La reine suivit d'Horatius, d'Imper et de la noblesse sortit à son tour, et alla droit au palais, où elle fit servir un grand festin en l'honneur de son invité.
La salle était spacieuse, grande et belle. Des mosaïques en décorait le sol; on y voyait la Terre et le soleil, les étoiles et la lune. De chaque côté, il y'avait les couleurs de l'arc-en-ciel que l'on voit souvent à Berlos.
De grandes tables étaient desservies; les coupes d'or étaient remplis de vin qui rend l'homme joyeux, aux milles feux, venant de Reï. Il n'y avait aucune ouverture, et deux cent torches éclairaient cette grande et belle salle. Bella arriva avec Imper et Horatius; la noblesse était présente.
Quand ils s'assirent, les servantes commencèrent leur service. Une cruche d'eau, en cristal de roche et un bassin en or des plus fins fut présenté à chacun des convives. Ils se lavèrent les mains.
Puis on leur servit le vin de Reï. Ensuite, il mangèrent des viandes accomodées à la façon du pays. Imper y goûta, trouva cela très bon, et il dit à Bella ces paroles :
"- Je trouve cela très bon. Il m'en faudrait la recette. Dommage que nous ne faisions pas la guerre. On aurait pu avoir les bonnes choses des pays étrangers.
- Il ne vaut mieux pas faire la guerre, car elle apporte avec elle la maladie et la mort. Imper, resteras-tu avec nous ?
- Je ne peux rester, je partirai dès que possible. Imper n'a qu'une parole. D'ailleurs, je veux retrouver celle que j'aime à Yoni."
A ces mots Bella, ne su plus quoi dire. Mais reprenant bien vite ses ésprits :
"- Va pour moi, au pays de Dorius; le roi Rumil, cherche une femme pour son fils Princeps. Va, et demande lui, si il accepte que son fils règne ici à mes côtés."
Imper lui répondit :
- Je ferai ce que tu m'a demandé, et je serai de retour, avec Princeps, prince de Dorius."

Après le reps du soir, Imper et Bella se quittèrent pour se coucher.
Allongé dans son lit, Imper pensait à son nouveau voyage, et la nouvelle amie qu'il s'était fait : la reine Bella.

Bella pleurait dans son lit, car elle perdait toutes les chances d'épouser Imper qu'elle aimait tant. Elle s'endormit avec les larmes aux yeux et la peine au coeur.



Chapitre V

Le lendemain, au réveil, Bella fit appeler Horatius. Celui-ci, debout devant sa reine, s'agenouilla et lui demanda ce qu'il devait faire. Elle lui dit :
"- Horatius, tu es jeune, tu n'aimes pas rester inactif je suppose ? Alors prends le nombre d'hommes que tu voudras, et protège Imper où qu'il aille. Mais c'est une mission secrète. Va! et dit aux soldats que c'est une manoeuvre d'entrainement. Dis leur qu'il faut qu'il partent demain, à l'aube.
- Je ferai ce que tu m'a ordonné ô, ma reine.
- Vas maintenant, et fait moi appeler Imper."

Il alla chercher Imper, et le trouva encore couché :
" Ôh, prince Imper, la reine Bella te mande."

Imper alla rejoindre la reine Bella. En le voyant arriver, elle eu de la joie, car elle croyait qu'il était déjà partit. Elle lui dit ces paroles :
"- Il est impossible que tu partes aujourd'hui, car demain sera plus favorable. Acceptes-tu ?
- Bien sûr que j'accepte. Il sera fait selon ton bon plaisir."
Puis ils allèrent déjeuner.

Pendant ce temps, Horatius, avec ses ordres, alla droit à l'Aile de l'Occident du palais. Il convoqua tous ses généraux et leurs lieutenant de la Légion. Il y'avait rassemblé dans la grande salle de l'Etat-Majors central, vingt généraux et leurs quarante lieutenants, en plus des trois lieutenants de la Garde Royale, sous les ordres d'Horatius, ce qui faisait en tout, soixante quatre généraux et officiers de l'état-majors de Bertusiloris.
Voici les noms des trois lieutenants d'Horatius ; Quincurus, Tullius et Plentas.
Voici les noms des généraux et de leurs lieutenants : Romuli, Clelius, Menenicus; Guyus, Coriolanus, Cincinatis. Mucius avait pour premier consul Quintus et pour second consul Canuleius; Caburus, Fabius et Manlius; Casticus, Surus, et Flaminus; Marius, Labienus et Fibius; Commicus, Catuvolcus et Publius; Sertorius, Atricus et Caïus; Procilus, Artius et Antistius; Cavarinus, Iccius et Aristius; Messala, Correus et Bodugnatus; Titunius, Arpinéus et Petrosidius; Dumnacus, Atius et Sedolus; Trebonius, Sextus et Dubraeus; Domitius, Curion et Tasgetius; Caburus, Vatinius et Deotinius; Memmius, Lapidus et Volacius; Verucleotius, Mindaros et Polycrate de Reï; Licinius, Gracchus et Velasicus; Voremus, Vertiscus et Drussus.
Tous ces officiers étaient présent dans la Grande Salle de l'état-majors.
Quand ils furent tous là, Horatius demanda une division de deux légions, volontaire pour escorter Imper, le lendemain à Dorius. Les généraux Romuli, Marius, Sertorius, Messala, Domitius et Vorenus se portèrent volontaires. Horatius n'avait que l'embarras du choix, alors, il tira au sort. Messala et ses consuls furent choisi. Le premier consul est Correus et le second est Bodugnatus. Heureux de cette mission, ils firent appeler les XXIIIème et XXIVème légion. Correus était chef de la vingt-troisième légion et Bodugnatus était le chef de la vingt-quatrième légion.
Horatius et Messala ordonnèrent le rassemblement de ces légion. Cela prit toute la journée.

Imper, lui ne savait pas le pourquoi de cette mobilisation. Le soir vint. On avait dit à Imper que c'était pour un exercice d'entrainement, sur un territoire lointain, et qu'Horatius commanderait en collaboration avec le général Messala, et que le départ, était fixé pour le lendemain à l'aube.
Le lendemain, Horatius, Messala, Correus, Bodugnatus et la division Faucon (les deux légions de Messala), avec le porte-enseigne Trinus étaient prêts à partir. L'enseigne de cette division était en bois avec un petit faucon en or, aux ailes déployées, au fait d'une lance de bois de cèdre plaquée d'or. Horatius avancait à côté de Messala à cheval, derrière eux étaient Correus et Bodugnatus, côte-à-côte, qui avancaient à cheval. Derrière, suivaient Trinus et son enseigne, la gloire de la division Faucon. Et enfin, derrière Trinus, en rang par cinq divisé en deux cent parties de cent légionnaires, vingt mille légionnaires étaient en marche.

Imper fit ses adieux à Bella, et il partit de bon matin. La reine Bella, ne vit personne, et ne reçu personne ce jour là, car elle pleura tout ce jour.
A peine sortit de la ville Imper, prit la direction de Mur. Il rattrapa en quelques instants de galop la division Faucon, et le général Horatius. Il lui adressa ces paroles ailées :
"- Pourquoi un tel déploiement de forces ? Partez vous en guerre?
- Non ! la reine, m'a ordonné de promener quelques soldats, j'ai donc prit deux légions avec moi ! Veux-tu quelques hommes pour t'accompagner ?
- Je ne penses pas en avoir besoin. Il m'aurait fallu des cavaliers, et non des hommes à pieds.
- Il est vrai que j'aurais dû prendre une compagnie de cavaliers.
- Mais où allez vous ?
- Nous allons à Dori, nous avons mission de t'éscorter et c'est la seule raison de cette mobilisation.
- Mais il ne fallait pas tant de soldats pour moi.
- C'est que Bella tient beaucoup à toi, et que tu dois lui ramener son futur mari; et je crois qu'après toi, c'est Princeps qu'elle aime le plus. Mais cette force après ton retour à Berlos doit rester à la frontière de Dorius; et c'est pour cela que chaque soldat compte.
- Mais je n'ai rien demandé, ni à toi, ni à la reine. J'éspère qu'après Mur nous nous séparerons.
- D'accord, nous nous séparerons."

Le soir venu, ils campèrent, et Horatius dit à Messala :
"- Prépare les hommes, demain, à Mur, toi, Coreeus et sa légion, vous y resterez une journée. Cette journée passée, vous reprendrez la route de Dori. Mais faites attention d'y arriver un jour après nous. C'est d'accord ?
- J'obéirai, dit Messala en donnant un coup de poing sur sa poitrine. Salut à toi Horatius."
Ils se quittèrent à ces mots; et le sommeil qui prend les âmes, recouvrit leur esprit de ses sombres nuées. Dans le camp tout dormait. Imper avait sa propre tente, ainsi qu'Horatius et Messala. Cinq cents légionnaires furent de garde cette nuit là.
Dès l'aube, la trompette sonna le lever. Ils levèrent le camps. Après déjeuner; cette armée, la plus mobile du monde, fut en ordre de marche. Quand l'armée s'ébranla, elle était à une heure de marche de Mur.
Les généraux arrivèrent à Mur et allèrent droit vers le Palais du gouverneur provinciale : Tricus. Là, Horatius dit à Tricus et à Messala :
"- Ici resteront une journée Messala, Correus et la XXIIIème légion; ensuite vous irez à Dori. Compris ?
- Oui, fit Tricus.
- Oui !" fit Messala en frappant sur sa poitrine, en signe de soumission et d'obéissance.

Imper, lui, sortit de Mur et partit en direction de Dori, dès l'aube de peur d'être suivi.
Mais le général Horatius, Bodugnatus et sa XXIVème légion suivaient Imper de loin, qui ne les voyait pas.
Ils avancèrent ainsi durant trois jours, mais le quatrième jour, une cinquantaine d'hommes armés virent au devant d'Imper, il l'arrêtèrent, et celui qui avait l'air d'être leur chef lui dit :
"- Arrêtes-toi étranger. Qui es-tu ? D'où viens-tu ? et que veux-tu ?
- Je suis Imper, prince de Cantor et bientôt de Yonium. Je viens de Bertusiloris, et j'ai mission d'apporter un message oral, au roi de Dorius à Dori.
- Qui t'a donné cette mission ?
- C'est la reine Bella de Bertusiloris."
Un des hommes armé approcha de son chef, et lui dit près de l'oreille :
"- C'est un espion de Sevrius. Il nous a menti.
- Non, je n'ai pas menti, répondis Imper.
- Si ! Tu as mentis, repris le chef, car tu as les oreilles de l'espion ! Amenez-le ordonna-t-il.
- Lâchez-moi !Lâchez-moi !" cria Imper.
On le desarma, et ils commencèrent à avancer vers Crum, au fin fond du nord, vers le pays d'Arille, à l'opposé de Dori.

Mais non loin de là, Bodugnatus et quelques hommes, alertés par les cris d'Imper, allèrent prévenir Horatius qui ordonna une division en deux de la légion. Bodugnatus et cinq mille hommes allèrent d'un côté et Horatius alla de l'autre. Ils marchèrent du plus vite qu'ils purent.
Après être arrivé près de la frontière de Charien, Horatius et ses soldats en embuscade les prirent à revers, et par l'effet de surprise, ils s'échappèrent. En ayant passé la frontière, ils s'arrêteèrent net devant les troupes de Bodugnatus;ils étaient pris en cette tenaille.
Imper, en voyant les Bertusilorisiens se mit à rire. Le chef de ses ravisseurs, en le voyant ainsi, lui demanda :
"- Pourquoi ris-tu ainsi, devant cette armée qui va nous massacrer ?
- Je ris pour rien ! Mais je vois leur chef qui approche. Ce sont des Bertusilorisiens, et il n'y en a qu'une légion.
- Comment sais-tu cela ? Qui es-tu donc ?
- Je suis Imper, et je le sais, car ils sont là pour ma défense.
- Vont-ils nous massacrer ?
- Si je le veux, je ne donne pas cher de votre peau."
Ils s'agenouillèrent devant Imper en lui demandant grâce et merci, et ils lui jurèrent fidélité.

Imper pu reprendre sa route vers Dori, cette fois, accompagné de la XXIVème légion. Au bout de trois heures de marche, ils furent rejoins par Messala, Correus et la XXIIIème légion. Vers la fin de la journée, ils arrivèrent à Dori.

Imper ordonna d'installer le camp. Princeps, prince de Dorius, sorti de Dori pour accueillir les nouveaux arrivants.
Il fut reçu, lui et sa suite par Imper :
"- Je suis heureux de te recevoir Imper, car ta renommé t'a précedé ici et de par le monde. Nous savons que c'est toi qui a délivré la ville de Yoni. Je te prierai de venir dès demain dans Dori.
- J'accepte ton invitation, mais tu exagère en disant que j'ai delivré Yoni. N'oublie pas que j'avais deux légions comme celles qui m'accompagne. Ce sont elles qu'il faut glorifier d'avoir délivrer Yoni. Je viendrai donc demain, en ville, avec Horatius, Messala, Correus, Bodugnatus et cent légionnaire, comme Garde d'Honneur."

Le lendemain, Imper, les officiers et cent légionnaire arrivèrent en ville.
Une longue et large rue menait de l'entrée de la ville au palais. Cette rue était bordé par la foule et une rangé de soldats, puis des musiciens, des trompettes et des tambours, annoçait et donnait le ton à la marche. C'était comme une marche triomphale; c'était très beau à voir.
Quand Imper arriva devant le palais, les tambours se turent et les trompettes changèrent de ton. Et du palais sorti le prince Princeps, il accueilli Imper, Horatius et ses officiers avec une grande joie, et il les fit entrer dans le palais. Puis il leur fit laver les pieds. Après cette ablution, ils prirent une petite collation.
Ensuite, ils entrèrent dans la salle du trône. Rumil, roi de Dorius les accueilit avec la plus grande amitié, et il les fit assoir près de lui. Dès qu'ils furent assis, il demanda à celui qui avait l'air d'être le chef : Imper le Prince :
"- Puis-je savoir ce que tu veux avec une si grande armée ?
- Cette armée, n'est là que pour ma protection.
- Tant de soldats pour un seul homme, qui es-tu donc ? Je sais bien que tu es Imper, mais que fait un Cantorien avec autant de Bertusilorisiens?
- Si tu n'es pas d'accord sur ce point, je peux repartir. Mais je suis ici pour une mission que la reine Bella m'a confié.
- Ah ! Et quelle est donc cette mission ?
- Bella demande que ton fils l'épouse !
- Ah ! Si ce n'est que cela, je le savais, et j'accèpte qu'il te suive. Mais vous resterez ici jusqu'à ce j'ai fait préparer les cadeaux pour la reine Bella. Maintenant allez !"
Ils le saluèrent et sortirent de la salle. Rumil appela son trésorier et lui demanda de lui porter dans son cabinet de travail : dix talents d'or, quinze d'argent, soixante amphores remplit d'or, trois cent pièces differentes d'étoffes, des statuettes d'or, des pierres précieuses; et en cadeau de mariage, le territoire de Dorius.
Dès le lendemain, imper fit preparer les affaires de Princeps; car la décision ayant été prise, le mariage se ferait à Berlos deux mois après.
Quand sept jours furent passés, Imper, Princeps, Horatius, Messala, Correus, Bodugnatus et la division Faucon quittèrent Dori, avec tous les trésors, en cadeau à la reine Bella.
Il allèrent tout d'abord dans la direction de Mur, ville de Bertusiloris, qu'ils atteignirent au bout de sept jours. Trius les accueillit très amicalement, et il s'agenouilla devant Princeps son futur roi, et fit voeu d'allégence à lui et à Bella. Il jura fidélité pour lui et sa ville.
Ils restèrent à Mur durant sept jours. Imper renvoya Correus et la XXIIIème légion à Berlos avec ce message :
"Reine majestueuse, Bella, nous revenons, Horatius et moi-même, vainqueur dans notre mission, que Sa Majesté a bien voulu nous confier. Nous arrivons avec le futur roi de Bertusiloris, le prince Princeps de Dorius. Nous arriverons à Berlos d'ici cinq jours. Avec toute mon amitié, ton serviteur, Imper."
Correus et la XXIIIème légion, allèrent à Berlos avec la mission que leur avait confié Imper le Prince.

Quand Bella apprit leur arrivée, elle fit venir Correus et lui demanda :
"- Cher Correus, pourquoi es-tu seul ? Que sont devenus Imper et Horatius ? Est-ce que Princeps est dans Bertisuloris ? Vient-il comme cela était prévu ? Répond !
A genoux devant sa reine, grande et belle, il lui répondit :
- Quand je suis rentré au service de Sa Majesté, je n'avais que treize ans. J'en ai maintenant dix-huit, et je suis Consul et chef de la XXIIIème légion, et j'en remercie Sa Majesté, mais j'ai comme l'impression, qu'Imper pousse trop loin, le commandement que tu lui as donné. Il va très bien, ainsi qu'Horatius et ils seront là d'ici cinq jours. Princeps, lui, vient pour se marier.
- C'est bon, tu peux disposer."
Il salua sa reine, et il rentra chez lui. Elle fut heureuse d'apprendre cette nouvelle.
Cinq jours plus tard, Imper, Princeps, Horatius, Messala, Bodugnatus et la XXIVème légion, arrivèrent à Berlos, où ils furent accueillit, avec des flots de larmes de joie de la part de Bella.
Mais laissons là, notre héros, Imper et voyons ce qui se passait dans le reste du monde.



Chapitre VI

A cette même époque, Malum roi de Sevrius et Sapien roi de Castrum et Cantor se querellèrent. mais ce furent de petites querelles. Sapien avait maté la révolte qui faisait rage dans son pays, depuis la mort de son père Niens.
Malum envoya à Berlos, avec pour mission de tuer Imper le Prince qui s'y trouvait, une fort jolie femme nommé Diana. Elle arriva à Berlos, le jour du retour d'Imper de Dorius.

Diana alla droit vers Bella, dans la salle du trône, où elle fut reçu en amie. Après s'être agenouillé devant Bella, elle se leva. Bella, se leva à son tour, et lui dit ces paroles ailées :
"- Qui es-tu, belle dame et d'où viens-tu ?
- Je suis Diana de Rame, et je viens de Sevrius, où je suis une princesse et cousine du roi Malum. Mais j'ai du me sauver, car j'ai été accusée de haute trahison, par un petit seigneur, un de mes propres vassaux à qui j'avais donné une terre et un château; et en qui j'avais placé toute ma confience; et qui a fini par me trahir, car j'avais la plus grande partie de l'Ile d'En Haut appellé aussi Grande Ile du Nord, cette très belle île qui donne la puissance à Malum. Mais sans mon île, Malum serait le plus impuissant des rois; car mon île lui fournit des soldats et des navires. Et maintenant, il a osé me chasser de chez moi pour une faute que je n'ai pas commise. Je t'en prie, donne moi asile.
- Une amitié vient de naître entre nous. Laisses-moi te présenter mes amis. Voici Imper de Cantor, roi dépossedé par le roi de Castrum. Voici Horatius, général en chef des armées de Bertusiloris, et enfin Princeps, qui sera bientôt roi de Bertusiloris", dit-elle en montrant chacune de ces personne à Diana.
Quand Diana vit Imper, elle en tomba amoureuse; mais la peur et la trahison animaient son âme et son corps, elle n'oublia pas sa mission, celle de tuer Imper.
Quand ils furent tous couchés, elle décida de rechercher dès le lendemain la chambre d'Imper.
Le matin se leva dans l'une des plus extraordinaires cité du monde; Diana se leva très tôt ce matin là; et sans avoir attendu Bella, elle déjeuna, et visita le palais. Sa visite dura quelques temps. Elle arriva dans le quartier d'honneur de la partie centrale du palais de Bella, à Berlos.
Dans la troisième chambre, là où était logé Imper le Prince. Elle frappa deux coups à la porte. Imper qui venait de se reveiller, lui dit d'entrer, ce qu'elle fit sans hésitation.
"- Salut à toi, Imper, toi dont la gloire est venue jusqu'à Rame, et au-delà.
- Salut à toi, Diana de Rame, que le roi Malum a trahis. Soit la bienvenue dans ma demeure à Berlos qu'est cette modeste chambre. Je te remercie de cette visite matinale. Mais quel est donc le motif pour lequel tu es levée de si bonne heure, alors que tous les serviteurs dorment encore; et que la Garde Royale ne puisse te voir ?
- Je m'excuse de prendre tant de précaution, mais l'aurore c'est à peine levé : que j'ai besoin de parler à quelqu'un, d'avoir quelqu'un près de moi. Il en est ainsi depuis que je fus enfant."
Imper lui dit ces paroles ailées :
"- Diana, peux-tu me décrire le roi Malum, que son souvenir soit effacé, car il me faut aller le combattre, dès que j'aurais un pays et une armée."
Diana lui répondit :
"- Je ne puis répondre à cette question, mais je sais qu'il arme une forte armée, dans le seul but de vous anéantir, toi et ta famille. Son armée est actuellement forte de près de cent mille hommes divisés en vingt légions, et de mille navires de guerre. C'est tout ce que je peux te dire."
Imper la remercia du mieux qu'il le pu, car ces renseignements lui étaient suffisants pour convaincre Bella et le Conseil de Bertusiloris, qui siège au palais. Mais il ne connaissait pas le danger qui planait au dessus de sa tête.
Ils allèrent ensembles à la Cour du Palais. A une entrée de cette cour, il y'avait Horatius et la reine Bella. Ils discutèrent de choses et d'autres.

Mais Diana sortit du groupe très tôt; elle alla droit vers le quartier militaire du palais, où elle demanda à voir le consul Correus. Elle rentra au bureau des XXIII ème et XXIV ème légions. Personne ne remarqua son absence.
Correus discutait avec les generaux Romuli, Marius, Sertorius, Domitius et Vorenus, en secret.
Elle fut admise en sa présence, et elle lui adressa ces paroles ailées :
"- Correus, pardonne moi les paroles que je vais prononcer : le prince étranger est très dangereux, il faudra l'éliminer, par ordre de ton cousin, le roi Malum de Sevrius.
- Nous étions justement en train de choisir lequel d'entre nous serait chargé de l'assassiner. Veux-tu le faire pour notre cause ?
- J'accepterai, dit-elle, à la seule condition que vous me protegiez contre Bella.
- C'est d'accord, dit le général Romuli, une centaine de mes légionnaires seront à ton service. Tout à l'heure j'irai voir la reine et lui en demanderai la permission."
Ils se quittèrent sur ces mots. Correus raccompagna Diana, par un passage secret, qui les menèrent du bureau de la Légion, à une des chambres d'honneur, où logeait Imper le Prince, lui-même. Ils se donnèrent un nouveau rendez-vous pour fixer le jour et la manière du crime.
Pendant ce temps, Romuli, demanda audience à la reine Bella, et sa demande fut accordée. Trois jours passèrent, Diana et les conjurés avaient décidé de la façon dont serait tué Imper. Il fut décidé qu'il mourrait au milieu de la nuit, grâce à poignard qui lui transperçerait le coeur de la main de Diana.

Au jour fixé, Bella ordonna que cent hommes de la Garde Royale veillent sur... Imper.
Au milieu de la nuit, quand Imper dormait profondément; cent légionnaires de la I ère légion marchèrent vers cette partie du palais, sans avoir de mission précise, à part celle de protéger une femme, qui se sauverait surement.
Diana, armée d'un poignard, réussi à entrer dans la chambre d'Imper, par un passage secret militaire que lui avait montré Correus. Elle frappa Imper à l'épaule droite, et il poussa un cri.
Diana repris rapidement le passage secret, et s'échappa par l'avant du palais. Des gardes entrèrent dans la chambre, et virent qu'Imper était grièvement bléssé. Ils appelèrent la Garde Royale qui se déplaça rapidement. Un médecin fut appelé qui lui donna rapidement les premiers soins. La reine Bella fut épouvantée quand elle vit sa blessure.
Le lendemain, les trois quart des effectifs de la Garde Royale furent mobilisés, ainsi que toutes les forces armées de Berlos. Ils fouillèrent la ville à la recherche d'un fantôme mysterieux, que personne n'avait pu voir, ni entendre. Au bout d'une dizaine de jours, Imper ne saignait plus.
Horatius, qui fut chargé par Bella de mener l'enquête, soupçonna tout d'abord Messala, pour jalousie envers Imper le Prince. Mais il révisa son jugement très rapidement, ses soupçons se portant sur la personne du général Romuli. Horatius le fit arrêter, et le remplaça par Triantus.

La reine Bella soupçonnait Diana de Rame, qu'on ne voyait plus depuis la tentative d'assassinat, sur la personne d'Imper.
Horatius, croyant en sa reine, envoya une expedition à Loï, capitale de Loïum, dans l'éspoir de retrouver Diana de Rame. Il y envoya la division Tigre, soient le général Guyus, et les III ème et IV ème légions.
Au bout de cinq jours de marche, ils arrivèrent à Loï, où régnait le roi Tillius, qui envoya dans sa peur de cette armée son Secrétaire d'Etat, afin de connaître les raisons qui avaient causé un tel rassemblement de force Bertusilorisienne en son pays.
La réponse du général Guyus fut brève et précise.
Quand douze jours furent passés, Diana de Rame, fut rattrapée et ramené à Berlos, en une vingtaine de jours.
Pendant ce temps, Romuli avait livré ses complices, et ils furent emprisonnés.
Imper le Prince fut rétablit au bout de soixante jours, et il demanda à Bella le pardon pour ses officiers, et pour Correus, il demanda le bannissement.
Les prisonniers furent incarcérés. Un Tribunal Royal les jugea au Temple de la Justice de Berlos.
Ils furent jugés, par la reine Bella. Elle condamna Correus à l'exil. Il alla au pays de Sevrius, et il fut remplacé par Triantus. Elle condamna Diana de Rame à aller avouer son échec à son roi, Malum de Sevrius, ce qui équivalait à une mort certaine.
Elle partit avec Correus sous bonne escorte jusqu'à Sevrius, en traversant les pays de Loïum et d'Anman.
Les généraux Romuli, Marius, Sertorius, Domitius et Vorenus reprirent leurs fonctions dans l'armée.

Diana de Rame et Correus furent assassinés par Malum, roi de Sevrius pour leur échec.



Chapitre VII

Imper se reposa encore soixante jours, puis il prépara son retour pour Yonium.
Bella ne put que se résigner; et son départ fut proche. Bella et Imper le Prince scellèrent une nouvelle amitié. Ils s'invitèrent mutuellement à leur mariage, qui aurait lieu d'ici cent jours. Imper accepta l'invitation, et envoya un messager, pour la princesse de Yonium, lui apprenant son arrivée.
Bella donna à Imper la XVI ème légion, et le consul Gaïus pour escorte.
Il partit dix jours plus tard, il devait revenir pour le mariage de Bella et de Princeps de Dorius.
Il arriva à Yoni, où il fut accueilli, avec des larmes de joie de la part de la jolie princesse de Yonium : Mirabilia.
Imper avait passé deux ans au pays de Bertusiloris. Il était âgé de dix-huit années. Il retrouva la princesse Mirabilia, mille fois plus belle qu'il ne l'avait laissé.
Ses compagnons étaient tous présents, à son retour.
Imper et Mirabilia, très amoureux l'un de l'autre décidèrent de se marier. Vinctus, roi de Yonium décida que le mariage se tiendrai d'ici à deux mois, et ordonna à ce que le peuple se prépare aux réjouissances qui seraient donnés en cet honneur. Pendant ce temps Bella, préparait son mariage avec Princeps de Dorius. Imper envoya son message à Bella et l'invita à son mariage.
Bella, de son côté fit de même. Alors, ils se mirent d'accord, pour que le mariage ait lieu le même jour; à la frontière de Yonium et de Bertusiloris, dans un petit village.

Chaque artisan travaillait pour le mariage. Tous les paysans firent de même.
Le peuple de chacun de ces pays travaillait aux mariages.
Le jour de mariage approchait rapidement; les mariés, se préparaient pour le grand jour. Le père de Princeps, le roi de Dorius, arriva sur les lieux du mariage.
Bella et Mirabilia étaient de blanc, toutes habillées.
Princeps et Imper, étaient avec leurs habits d'apparats, blancs et bleux.
Un grand festin fut offert aux grands des royaumes. On tua pour eux près de cinq cents boeufs et mille agneaux. Du vin couleur de feu, fut servi plusieurs fois, aux près de mille convives.
Le peuple ressemblé au lieu du mariage, tua trois mille bêtes de gros bétails, et cinq mille de menu bétail. Ce fut ainsi durant trente jours.
Ce délai passé, Bella et Princeps firent cadeau à Imper et Mirabilia de cent talents d'or, et pour Imper, une bague faites d'or et de pierres précieuses, d'une valeure de dix talents d'argent.

Imper offrit à ses amis des soies venant d'un pays très lointain et six cent pierreries précieusement gardées dans un coffre de bois de cèdre doré à l'or fin, ainsi que des coupes d'or fins ciselées.
Après cela, ils se lièrent d'amitié, et burent le Vin de l'Amitié, avant de se quitter. Chacun rentra dans sa belle demeure.
C'est durant ce retour, que Vinctus, roi de Yonium trouva la mort en chemin, terrassé par une Mort mystèrieuse. Le peuple de Yonium le pleura durant trente jours.

Quand quarante jours furent passés; Imper le Prince devint Imper le Roi, Seigneur de Yonium. Imper fut couronné par le peuple de Yonium. En tant que roi, seigneur et maître de Yonium, il leva dix légions de dix milles hommes chacune; et les posta en garnison près de la frontière de Castrum.
Imper et Mirabilia règnèrent heureux durant deux ans



Chapitre VIII

Ô Inspiration, viens vers moi, que je puisse conter les aventures de l'homme au Coeur d'Or, et son amour unique qu'il eut pour sa femme.
Deux années étaient passés depuis le mariage, quand Mirabilia enfanta un fils qu'Imper nomma Divesens. Quand le peuple apprit qu'il avait un prince, ce fut l'allegresse dans les villes comme dans les campagnes, et Imper donna à manger et à boire à tout le peuple qui vivait dans Yoni. La fête dans le pays dura pendant sept longues journées, puis il dépecha des messagers dans les pays de Loïum, Ornium où régnait Prophéta Sapiens qui connait les secrets du passé et de l'avenir, dans les pays de Marnium, Mustir, Charien, Torone, Paru, Dum; et il appela aussi ses amis Bella, reine de Bertusiloris et Princeps son mari, roi de Dorius.
Quand ils apprirent la Nouvelle, ils répondirent tous à l'appel qu'avait lancé Imper et ils vinrent tous à Yoni, où ils le trouvèrent heureux d'être le père d'un si charmant garçon.
Bella et Princeps virent en lui un futur grand roi, et ils dirent ce qui était dans leur coeur : "Divesens, sera assurement un grand roi, et Cantor lui reviendra, car il en est ainsi !"

Prophéta s'avança vers l'enfant; et chose miraculeuse, un Grand Aigle survola l'enfant et il fondit sur lui, comme sur une proie, qu'il a vu de ses yeux perçants; mais à une coudée de l'enfant, le Roi des Oiseaux fut tué par une flèche dorée, qui venait de nulle part.
A cet instant, Prophéta Sapiens, s'agenouilla près de l'enfant et dit :
"Je salue en Divesens le plus puissant des rois que cette Terre ait connue. Je vois qu'en lui et grâce à lui le Mal sera vaincu de sa main, et le Bien règnera dans tout l'Empire. Ecoutez tous ce que j'ai à dire, ainsi, vous connaitrez le passé et l'avenir de cette terre.
Des hommes venus d'ailleurs, venus de l'Orient envahirent cette terre. Ils étaient sauvages et belliqueux, mais ils furent rejetté par certaines tribus qui connaissaient une nouvelle arme. L'anarchie régnait dans l'empire; ces nouveaux hommes créerent, il y'a de cela environ dix générations, les royaumes combattants. Et une mutuelle lutte s'installa. En général cela venait toujours de Sevrius. Il y'a neuf générations, Milius, fils d'Ailis, reine de Bertusiloris, rassembla onze autres tribus et créa le royaume de Bertusiloris. Mais la reine Bella a rajouté à Bertusiloris le pays de Dorius. C'est lui Divesens qui se mariera avec Maturabell, et créera l'Empire Dorée et il vivra très longtemps. Après la mort de son fils, son petit-fils régnera, et son arrière-petit-fils après lui. Ce sera ainsi jusqu'à ce que soit passés six générations, et toute la famille sera chassé de l'empire, qui sera de nouveau disloqué, et la famille en exil, formera l'une des plus puissantes familles de tous les temps.
Un de ses descendants, que l'on appellera Caesar à la tête d'une forte et puissante armée, viendra conquérir l'Empire Doré, pour le compte d'un nouvel empire plus vaste.
Mais la civilisation de Divesens mourra en même temps que ce Caesar. Lorsqu'il mourra, son fils règnera sur le plus vaste empire connu et que le monde connaîtra. Le monde sera aux mains des descendants de Divesens. La plus grande destinée l'attend lui et ses descendants.
Le successeur de Caesar sera Augustil, puis Tiberius, puis Caligilius, puis Claudius, puis Neronus, puis Vespasien, puis Titus, puis Domitien, puis Nervatra, puis Trajan, puis Hadrien, puis Antonin, puis Marcus-Aurelius. La capitale sera Romus, dans le pays du Levant. Ils auront conquis de nouveau la Grande Ile du Nord.
Quand leur règne sera terminé, leur empire disloqué, coupé en deux, celui d'Orient toujours vivant, mais celui d'Occident sera entièrement disloqué sous le règne d'Aetius. Des barbares envahiront l'Empire Doré. Alors un descendant de Divesens nommé Meroveius se lèvera et deviendra roi. Son fils Childéricus après lui, puis Clodovichus, puis Clotairus Ier, puis Clotairus II, puis Dagoberus, Clodovichus II, Childericus II, Thierrus, Clodovichus III, Childeberus, Dagoberus II, Chilpericus et enfin Childericus III. Carlus ne sera pas roi, mais son fils, lui, le sera, sous le nom de Peinus. Son fils Carlus Magnus se taillera un petit empire, qui à sa mort se disloquera. Louiis I son fils règnera, puis Carlus II, puis Louiis II, puis Louiis III, puis Carlus III, puis Raoulus, puis Louiis IV, puis Lothairus, puis Louiis V. Hugues Captus, prendra la relève, petit-neveu de Raoulus, puis son fils Robertus. Ensuite règnera Henrius Ier qui aura deux fils Philippus, qui regnera sur le continent appelé Frankus, et Guillaumus qui regnera sur la Grande Ile du Nord appelée Angleterus ou Britannia. Puis règneront Louiis VI en Frankus et Guillaumus II en Angleterus. Puis Louiis VII en Frankus et Henrius I er en Angleterus. Puis Philippus Augustul roi Frank et Etiennus roi Angle, puis Henrius II roi Angle, puis Richardus Ier Coeur de Lion, le plus grand des rois d'Angleterus, règnera en même temps que Philippus Augustul en Frankus, et dont les parties occidentales appartiendront à Richardus par sa mère Eléonora. Richardus mourra sans déscendance. C'est son frère Janus qui le remplacera sur le trône, à la suite des héros Ivanhoeus et Robinhood. A la mort de Janus, règnera son fils Henrius III d'Angleterus; en Frankus règnera Louiis VIII, puis Louiis IX, puis Philippus III. En Angleterus règnera Edouardus Ier, en même temps que Philippus III et Philippus IV rois Frank qui aura un frère qui donnera la maison des Valoiis : Carlus. Durant le règne de Philippus IV en Frankus, Edouardus II règnera en Angleterus. Pendant ce temps règneront en Frankus Louiis X, puis Philippus V et Carlus IV. En Angleterus règnera Edouardus III et en Frankus règneront les Valoiis avec Philippus IV, puis Janus II et Carlus V. En Angleterus règnera Richardus II et en Frankus Carlus VI qui aura un frère Dux Louiis.
En Angleterus règnera Henrius IV, puis Henrius V. En Frankus règnera Carlus VII; en Angleterus règnera Henrius VI, en Frankus règnera Louiis XI. En Angleterus règnera Edouardus IV. En Frankus règnera Carlus VII, et en Angleterus règneront Richardus III et Henrius VII. En Frankus règnera Louiis XII, il sera le petit-fils de Dux Louiis. En Britannia règnera à la fin de son règne Henrius VIII. Sur cette terre règnera Francoïs Ier, puis son fils Henrius II. Edouardus VI règnera en Angleterus, et ensuite une reine : Mary I, et ensuite une seconde reine Elizabeth I. En Frankus règnera Francoïs II, puis Carlus IX, puis Henrius III.
Puis règnera un descendant de Louiis IX : Henrius IV. En Angleterus règnera Jacus Ier. En Frankus règnera Louiis XIII, fils d'Henrius IV, qui aura un frère Dux Philippus. En Angleterus règnera Carlus Ier, et en Frankus Louiis XIV, l'un des plus grands rois de Frankus. En Angleterus règneront après Carlus Ier: Carlus II, Jacus II, Mary II, reine, Guillaumus III et Anny reine. Tous ces règnes se feront sous Louiis XIV et son petit-fils Louiis XV de Frankus. Puis en Angleterus règneront Georgus Ier sous Louiis XV en Frankus, ainsi que Georgus II et Georgus III. En Frankus règnera Louiis XVI. C'est sous son règne que les rois de Frankus seront chassés par une révolution du peuple mécontent. Mais la descendance de Divesens restera au pouvoir jusqu'à la fin des temps par des Présidium ou des Empereurs.
Un Ier Empire de Frankus se mettera en place, et l'empereur napoléoné Ier sera au pouvoir durant onze ans, puis il mourra. C'est là que Louiis XVIII règnera durant dix ans. Ce sera le frère de Louiis XVI. Puis règnera Carlus X, et ensuite Louiis-Philippus, arrière-arrière-arrière petit-file du frère de Louiis XIII : Dux Philippus.
En Britannia règnera Guillaumus IV, puis une reine Victoria.
Après Louiis-Philipus régnera l'empereur Napoléoné III, neveu du précédant Napoléoné Ier. Il élèvera le second empire de Frankus. Là s'arreteront les règnes sur Frankus.
En Angleterus règnera Edouardus VII, puis Georgus V, puis Edouardus VIII, Georgus VI et Elzabeth II reine.
Sous Georgus V éclatera une grande guerre qui durera près de quatre ans. Puis sous Georgus VI, une seconde grande guerre éclatera, et elle durera près de cinq ans.
En Frankus règneront ou gouverneront des presidium. Sous Des Gal naîtra un descendant de Divesens. Son emblème sera comme celui de son ancêtre Divesens. En haut à gauche et à droite deux étoiles d'or sur fond azur, entourants un symbol MR azur sur fond or. En dessous un lion grimpant rubis sur fond emeraud.
Les roi de Frankus auront des fleurs de lys comme symbole, et les roi d'Angleterus auront des lions rampants.
Ce descendant vivra plus de cinq cent soixante générations après Divesens. Il lui ressemblera en tout point et la Fin des Temps approchera.
Quand sera arrivé la Fin des Temps, tous les Peuples connaîtront la paix, et l'on ne forgera plus de glaives, ni de lances, et on fera de ces armes des charrues. On n'enseignera plus l'art de la guerre et, un homme ne se lèvera plus contre son prochain!"
Il se tût à ces mots. Tous ceux qui l'avaient entendus ou écoutés étaient fascinés. Mais personne n'y pensa rééllement, car on était en fête.
Puis Imper donna une grande fête à ses invités.

Trois années, six lunes et deux jours ont passés depuis la naissance de Divesens, quand Bella enfanta en sa belle ville de Berlos, une petite fille dont la beauté était si extraordinaire, si éclatante, qu'on ne pouvait l'exprimer, ni la louer de façon suffisante à cause de la pauvreté du langage humain, et c'est ainsi que Bella nomma sa fille Bellafloris.
Bella et Princeps, invitèrent Imper et Mirabilia, et ils leur offrirent un festin digne de la naissance de la princesse la plus puissante de l'humanité.

Quand Divesens eut six ans d'âge, son père lui donna un precepteur, qui enseignait déjà à un autre jeune enfant depuis une journée : Caïus Lucillius. Ce précepteur était l'homme le plus sage qu'on ait jamais connu; il s'appelait Magister.
Il apprit tout d'abord à Divesens et à Caïus Lucillius, qui était fils d'un grand du royaume de Yonium, l'alphabet, la façon de former les lettres et de les déchiffrer. Puis il leur apprit à compter, à jouer de la musique, à monter à cheval, et à se servir d'armes qui donnent la mort.
De six ans à dix ans, ils apprirent l'art de la lecture et de l'écriture. La façon de jouer de toute sorte d'instruments de musique, n'avait plus de secret pour eux. Et c'est ainsi que Divesens et Caïus Lucillius devinrent de très bons amis, des amis inséparables, des frères !
Dès qu'ils eurent dix ans, Magister leur apprit la vraie Sagesse, celle du pays de l'Orient.
Ils apprirent à manier les armes et à monter à cheval, ces bêtes merveilleuses qui mènent les guerriers. Il leur appris aussi à gouverner et à commander des armées.

Quand Divesens et Caïus eurent appris beaucoup de choses, Divesens, qui était âgé de seize années, Caïus lui, avait quinze années, demandèrent à leur maître Magister :
"- Qu'est-ce que l'amour ?
- C'est le plus beau, le plus noble, mais aussi quelquefois le plus égoïste des sentiments. Ecoutez bien ces paroles : On vieilli en un jour quand on aime. Celui qui aime, même s'il a faim n'a pas d'appetit. Quiconque est possedé d'amour ne connait plus de doute, ni crainte, ni souffrance, hormis celles qui pourraient lui venir de l'objet aimé. Quelques gouttes tombées sur la torche de l'amour ne font qu'en rendre la flamme plus vive.
L'Amour est comme l'eau, on ne peut vivre sans.
La bonne grâce est au corps ce que le bon sens est à l'ésprit. Il est difficile de définir l'amour. Ce qu'on en peut dire est que dans l'âme c'est une passion de régner, dans l'ésprit c'est une sympathie, et dans le corps une envie caché et délicate de posseder ce que l'on aime après beaucoup de mystères.
Il n'a point de déguisement qui puisse longtemps cacher l'amour où il est, ni le feindre où il n'est pas. Il n'y a personne qui ne soit honteux de s'être aimés quand ils ne s'aiment plus. Si on juge l'amour pour la plupart de ses effets, il ressemble plus à la haine qu'à l'amitié. Il n'y a qu'une sorte d'amour, mais il y'en a milles différentes copies. L'amour comme le feu ne peut subsister sans un mouvement continuel; et il cesse de vivre dès qu'il cesse de craindre ou d'ésperer.
Il est du véritable amour comme de la magie vrai, tout le monde en parle, mais peu de gens on en vue. Quand on aime, on doute souvent de ce que l'on croit le plus. Si on aime une femme pour l'amour d'elle, on est mal trompé. L'amour, tout agréable qu'il est, plait encore plus par les manières dont il se montre que par lui-même. L'amour est à l'âme de celui qui aime, ce que l'âme est au corps qu'elle anime. C'est au coeur de celui qui aime, ce que le coeur est au corps qu'il fait vivre.
La plupart des femmes se rendent plutôt par faiblesse que par passion, de là vient que pour l'ordinaire, les hommes entreprenants réussissent mieux que les autres, quoi qu'ils ne sont pas plus aimables.
La prudence et l'amour ne vont pas ensemble. A mesure que l'amour grandit, la prudence diminue.
Il est parfois agréable à un mari d'avoir une femme jalouse, il entend toujours parler de ce qu'il aime. L'amour des gens que l'on n'aime pas est insupportable, mais on ne saurait être trop aimé de ce que l'on aime. Voilà, c'est à peut près tout ce que je pourrais te dire de l'amour.
- Je te remercie, maître !"

L'éducation de Magister se terminait. Divesens et Caïus étaient devenus les meilleurs amis, que l'on ait jamais connu. Ils étaient âgés de seize et quinze ans.

Princeps et Bella, ont posté à la frontière de Yonium et Castrum deux de leurs belles légions, avec l'autorisation d'Imper roi de Yonium. Ces deux légions furent postés là, à cause des révoltes dans le pays de Castrum et dans le pays de Cantor, contre le Tyran.
Profitant de ces troubles internes, Imper se prépara à une guerre de reconquête.
L'aide de Bertusiloris, comprenait deux légions, en plus de celles déjà postés à Yonium. Ce furent les I ère, II ème, III ème et IV ème légions de Bertusiloris. Il y'avait six généraux à leur tête : Romuli, Clelius, Manenius, Guyus, Coriolanus et Cincinatus. Ce furent les Divisions Lion et Tigre. Imper se mit en marche avec Divesens et Caïus Lucillius, vers Castr, capitale de Castrum.



Chapitre IX

Divesens et son ami Caïus Lucillius étaient partis en guerre ! Imper donna à Divesens son fils, une légion Yoniumienne. Avec ses soldats et Caïus, il partit pour Castr, capitale de Castrum, en passant par Genabum. Arrivé à Genabum, Caïus et Divesens, préparèrent leur petite armée à rentrer dans la cité. Les peuples de Castrum et de Cantor, soulevés contre leur roi, accueillirent Divesens et Caïus en libérateurs.
Mais une garnison de phalangistes, qui était resté fidèle à leur roi, voulait les combattre. Divesens, à qui ne plaisait pas la guerre, donna le commandement à Caïus, en lui adressant ces paroles ailées :
"- Va et gagne la bataille, le peuple est avec toi. Pour moi, il est temps que je partes. Je veux découvrir cette Terre, qui parait-il doit m'appartenir.
- Ôh Divesens, j'aimerai t'accompagner. Imagines-toi si l'un de nous venait à être bléssé, nous pourrions alors nous aider mutuellement !
- Et bien soit, tu m'accompagneras."
Donnant le commandement au général Herion, Divesens et Caïus, prirent leurs chevaux et partirent.
Quand ils eurent effectués cent pas à peine, les cornes d'alertes sonnèrent. Une armée arrivait, une armée ennemie !
Il y'avait près de cinq mille hommes. Caïus ne voulut plus partir; il rejoignit son armée, et Divesens continuant son chemin, regarda en souriant son ami Caïus, le glaive et le bouclier de Yonium.

La bataille s'engagea, et les deux armées, face à face, s'ébranlèrent. Caïus obtint une victoire très rapide, et fit beaucoup de prisonniers qu'il envoya sous bonne escorte à Yonium. La bataille de Genabum terminé, Caïus attendit la venue d'Imper et de ses légions, soit environ quarante mille hommes bien armés.
Dès qu'Imper et le général Bertusilorisien Horatius arrivèrent avec leurs légionnaires, ils marchèrent ensembles sur Castr. Quand le roi de Castrum apprit qu'Imper arrivait avec une armée considérable, il envoya un de ses généraux et un messager chercher des renforts à Sevrius. Les renforts accordés, Imper prit peur, et demanda des renforts à son amie, la reine Bella, qui lui envoya deux légions; ce fut la division Tigre.

Quand Malum, roi de Sevrius, apprit que Bella envoyait des renforts à Imper, il demanda à Nelés le sorcier de kidnapper la princesse de Bertusiloris, et qui réussit à l'enlever par cette seule incantation : "mira ti ta beca sa".
Sa mission terminée, il l'amena à Sevri, capitale de Sevrius, où elle fut gardé au palais.
Quand Bella apprit que sa fille avait disparue sans laisser de trace, elle tomba malade.
Mais Malum lui envoya un messager, ayant pour mission de la rassurer, mais de lui dire que tant que les Bertusilorisiens des quatres légions à Castrum, seraient là, ils garderait Bellafloris.
Quand Bella apprit ce qui se passait, elle manda Horodès, son fidèle serviteur, et lui dit ces paroles ailées : "Va à Castr, et demande à voir le général Horatius et Imper, roi de Yonium. Tu leur diras que les quatre légions de Bertusiloris doivent regagner le pays. Il y va de la vie de ma fille Bellafloris, seule héritiaire du trône de Bertusiloris. J'aiderai d'une autre manière Imper, que j'éstime beaucoup. Je lui enverrai des armes, que mes forgerons fabriqueront dans tout le pays. Allez va !"

Il alla, et pendant ce temps, des messagers partis de Berlos, allèrent dans les villes et les villages de Bertusiloris afin de faire dire aux forgerons de faires des belles armes.

Horodès, fut reçu par Imper et Horatius. Et quand le message fut connu, Imper laissa partir Horatius et les divisions Lion et Tigre.
Seulement, avec ses dix légions, Imper voulait prendre Castr.
Quand le roi de Castrum vit les armées de Bertusiloris se retirer du combat, il crut d'abord à un piège dans lequel il ne voulait pas tomber. Imper avait cent mille hommes, tous de bons légionnaires, prêts au combat.
Quand Horatius arriva à Berlos, Bella lui demanda des nouvelles d'Imper. Il lui répondit qu'il obéissait aux ordres, et qu'Imper se portait bien, ainsi que son fils. Divesens; et que sa femme Mirabilia serait plus en securité à Berlos. Imper pouvait être vaincu. C'est ainsi que Mirabilia, reine de Yonium, fut amené à Berlos, auprès de Bella.
Le roi de Castrum voyant bien qu'Imper était seul, décida d'en finir avec cette guerre, et d'engager l'ultime bataille.

Un matin, le roi de Castrum, envoya toute son armée sur les camps des Yoniumiens. Ce fut la debâcle pour Imper. Les cors avaient sonnés trop tard l'alerte, alors ils sonnèrent la retraite, qui fut très rapide. Une grande partie du camps fut incendié.
Ayant perdu une bonne partie de ses forces armées, Imper se retira avec ce qui lui restait de soldats (soit environ soixante mille hommes), et alla à la frontière de Yonium.

Malum, roi de Sevrius, ayant appris la nouvelle de cette grande victoire, donna l'ordre à son armée de poursuivre Imper jusqu'à Yonium.
Et c'est ainsi qu'une armée poursuivit une autre armée !
Quand Bella appris la nouvelle de cette défaite; elle renvoya Horatius avec les divisions Lion et Tigre à Yoni, capitale de Yonium.
Caïus Lucillius fut déçu de la fin de cette guerre. Il avait tant éspéré la victoire ! Mais il était heureux d'être vivant.
L'armée de Malum regagna Castr, où elle devait rester une dizaine de lunes.



Chapitre X

Ne sachant rien de ce qui se passait, Divesens continua sa route. Il arriva dans le pays de Marnéus, dans une ville fortifiée, où, habitait un quart de Yoniumiens. Tous étaient prisonniers de la ville, depuis le début du conflit Castrumo-Yoniumien. Divesens, en entrant dans cette ville, vit que l'atmosphère qui y régnait, n'était pas bonne pour un Yoniumien. Il n'avait pas quitté son uniforme, et on le remarquait de très loin avec sa cuirasse dorée. Mais il continua son chemin, même quand on le montrait du doigt, en se moquant de lui.

Il entra dans une auberge, où un homme riche s'abreuvait. Dès qu'il le vit, il lui parla ainsi:
"- Ami ! Tu m'as l'air d'être un étranger dans cette ville. Puis-je t'offrir l'hospitalité ?
- J'accepte bien volontier, lui répondit Divesens. Je suis officier de Trisin, et j'ai déjà fait un long voyage. Je m'appelle Oudéis", disait-il en sortant de l'auberge conduit par Marcus, marchand dans cette ville.
Il l'amena dans le centre de la ville qui s'appelait Basileïon. Sa demeure était spacieuse et large; haute de dix coudées au dessus de l'escalier qui y menait.
Marcus lui dit que dans cette ville, les Yoniumiens étaient prisonniers et ne devaient pas en sortir sans l'autorisation du Grand Intendant du palais qu'il était, en plus de son commerce. Quand Divesens apprit que Marcus avait le sort de ces pauvres gens entre ses mains, il résolut de faire en sorte qu'ils soient libres.

Il se coucha dans un beau et grand lit. Dans sa tête, des idées contradictoires affluaient; il hésitait sur la façon de délivrer ces pauvres gens. Finalement, il décida qu'il parlerait à Marcus le lendemain.
"- Marcus, je dois te dire que dans cette cité, des Yoniumiens deviennent esclaves au fil du temps. Il faut les libérer.
- Ah, je vois où tu veux en venir. Viens avec moi, et tu verras que ce sont tous des météques libres."
Divesens le suivait, et ils allèrent aux remparts de la ville que coupait en deux un fleuve. Il demanda :
"- Quel est ce fleuve qui coupe ta ville en deux parties ?
- C'est le Sequana. Ici, c'est un port fluvial, et grâce au fleuve, nous pouvons faire du commerce avec d'autres pays, ainsi qu'avec la Grande Ile du Nord.
Très interressant, pensa Divesens.
- Viens maintenant, je vais te présenter au gouverneur de cette ville."
Ils arrivèrent devant la demeure de Marcus.
"Voici ma femme, dit-il en montrant du doigt une fort jolie dame, c'est elle qui grâce à Sa Majesté gouverne cette ville."
Divesens s'approcha, et s'agenouilla devant elle, et lui dit ces paroles ailées.
"- Que Son Excellence me pardonne, mais j'ai une requête à lui soumettre.
- Et bien parle ! dit elle froidement; bien qu'elle cachait l'émotion qui l'étreignit en voyant le jeune homme.
- Voici. Hier en arrivant dans cette ville, j'ai vu des Yoniumiens esclaves.
- Détrompes-toi. Moi, fille de Divès, roi de Marnéus, je ne permettrai jamais une telle infamie.
- Peut-être pas toi, Altesse, dit-il, mais ton père. Il est allié de Malum de Sevrius.
- Que dis-tu ? Malum est un sanguinaire. Divès, lui est très vieux, et ne pense pas à la guerre, comme le fait Malum. Je le déteste autant que toi.
- J'en doute fort, Princesse. Mais ces pauvres Yoniumiens, pourquoi sont-ils esclaves ou prisonniers ?
- Ici, nous avons besoin d'esclaves. Pourquoi pas eux ?"
Divesens sentit son sang se glacer. Il tira son glaive, et fut près de bondir sur cette fille de Divès.
"A moi ! A moi ! A la garde !" cria-t-elle.
Cinq hommes armés entrèrent dans la salle, et Divesens fut jetté dans un cachot, où il finit par s'endormir.
Le lendemain, la princesse vint le voir, en lui faisant cette proposition :
"- Vois-tu, si je veux, je peux faire de toi un prince respecté et aimé.
- A quelles conditions ?
- Tu oublies ce que tu as vu, et tu épouses ma soeur.
- J'acceptes !"dit-il après un moment de réflexion.
Et elle lui rendit la liberté, et il la suivit dans les étages supérieurs du palais.
Là, il avait son plan. Il fallait qu'il visite la ville que le fleuve coupe en deux. Il le fit en compagnie de Marcus. Il lui montra tous les secrets de la ville. L'arsenal, le port, l'entrepôt aux esclaves, le passage secret qui mène de l'arsenal au palais, et de là, jusqu'à l'entrepôt des esclaves, ainsi que les grilles qui ferment l'entrée de la ville par le fleuve. Quand ils eurent tout visité, Divesens préféra attendre quelques semaines avant d'agir, et afin de gagner la confiance de Marcus.
Quand bien des jours passèrent, il décida de sauver tous ces pauvres gens.

Au jour qu'il s'était fixé, il se prépara à sortir de cette ville. Six heures après les dernières lueurs du jour il s'arma, et sortit. Il se dirigea vers les entrpôts aux esclaves. Il les réveilla en douceur et les amena tous à l'arsenal, où étaient entreposé des centaines d'armes. Il y'avait environ mille esclaves pour une population de mille habitants dans cette ville.
Dans l'arsenal, il divisa les esclaves en deux groupes. Avec le sien, il alla au palais. Il y'eu une résistance sommaire qu'offrirent une poignée de soldats, mais une fois qu'ils furent éliminé, Divesens arriva dans la Salle du Gouvernement, où ils attendirent l'aube.
L'autre groupe avait pour mission d'ouvrir les grilles, qui fermaient la ville par le fleuve, et de veiller une fois ouvertes.
Le jour suivant, on s'apperçut de la disparition des esclaves et du vol des armes. On sonna l'alarme !
Le gouverneur et le Conseil d'urgence tenait séance extraordinaire, quand Divesens et ses hommes firent irruption dans la salle. Bien que quelques anciens esclaves eurent tués sans pitié quelques ancien maîtres qui les maltraitaient; la plupart, furent fidèles à la parole donné à Divesens et ne tuèrent que les soldats, et seulement quand cela s'avérait nécessaire. Divesens exposa sa requête au gouverneur : la liberté pour ces hommes !
Le gouverneur la lui accorda. Tous ces pauvres hommes étaient enfin libres. Tous anciens esclaves, ils étaient tous, maintenant, nouveaux libres. Quelques uns voulurent rester dans cette ville, mais tous les Yoniumiens, sans exception préferèrent rentrer dans le pays de Yonium.
Divesens, sans même remercier le gouverneur, sorti de la Salle du Gouvernement, enfourcha sa monture, et à la tête de ses nouveaux amis, sortit de la ville. Après deux heures de marche, leurs chemins se séparèrent, lui se dirigant vers le couchant, tandis que les nouveaux hommes libres allèrent à Yonium, où ils devaient parler de leur libérateur, en le nommant "Coeur d'Or".



Chapitre XI

Divesens avança dans le pays de Dumuret lentement, car ce pays est rocailleux et montagneux. Il arriva dans un petit village au midi de Dumur, capitale de Dumuret, où les villageois peureux et méfiants l'accueillirent très mal. Mais il fut logé et nourrit par l'un d'eux. Divesens lui parla ainsi :
"- Ici, vous avez tout pour être heureux. Pourquoi avez vous l'air d'être malheureux ?
- Ici, nous avons tout pour être heureux, c'est vrai. Mais il y'a le dragon. Tous les ans, nous devons lui donner une de nos filles vierges; et voilà des centaines d'années que ça dure. J'ai perdu ma fille ainée il y'a dix ans, et peut-être que cette année, c'est ma puinée qui sera tiré au sort. Sur trois filles et deux garçons que j'ai engendré, il ne me reste que deux filles et deux garçons, dont un blessé à la jambe l'an drernier, en essayant de gravir la montagne où se trouve l'antre du monstre. Personne n'a encore pu se vanter d'avoir vu le dragon et d'être revenu vivant.
- Et tu dis que personne n'a réussi à tuer le dragon jusqu'ici. Donc, il faut que ce soit moi qui le tue.
- Es-tu fou, mon seigneur, pour vouloir te mesurer ainsi avec ce monstre?
- Non, je ne le suis pas, mais je pense qu'il faut libérer ce pays, et le monde d'une telle malédiction. Détruit-il vos récoltes ?
- Euh... Non. Oui, quand il est en colère.
- Est-il souvent en colère, comme tu as l'air de tout savoir sur ce sujet ?
- Il est en colère environ deux fois l'an.
- Ainsi deux fois par an, il détruit vos récoltes. Ainsi vous n'avez jamais assez d'orge ou de blé pour vous nourrir.
- C'est exact, nous ne mangeons que quelques fruits et un quartier de viande, comme je viens de t'en donner.
- Alors vous devez mourir de faim ?
- Hélas, dit le vieil homme. J'ai perdu ma femme quelques temps après avoir perdus notre fille.
- Alors tu es seul pour nourrir tes enfants, n'est-ce pas ?
- Oui, et cela depuis près de neuf années ..." l'homme se mit à revasser en poussant un soupir.
Divesens le regardait d'un air de pitié, et il résolut de tuer ce monstre.
La petite maison dans laquelle vivait ce paysan, sujet de Vexillus, roi de Dumuret, était faite en boue séchée. Il y'avait huit petites fenêtres et une porte noire, car sa fille avait été sacrifié au dragon. Son toit était fait de chaume. Tout autours de la maison, il y'avait les champs de blé, seul moyen de subsistance de ces pauvres gens.
"- J'irai tuer ce monstre, dit tout-à-coup Divesens, en coupant court les rêveries du paysan, que l'on appelait Pénès.
- Si tu le fait, nous n'aurons rien à t'offrir pour cet immense service rendus aux nôtres, humbles paysans.
- Je ne fais cela que pour m'entrainer au danger !
- Mais ce dragon crache le feu !
- Je sais bien, mais j'ai un bon bouclier qui me protègera de ses flammes.
- Il faudra que tu le recouvre de ses écailles. C'est la seule matière que son feu ne peut détruire; et j'ai justement un bouclier fait de ses écailles.
- Je suis d'accord pour le prendre. Mais quand je l'aurai tué, je ne reviendrai pas ici."

Sur ces mots, ils se couchèrent, et passèrent la journée du lendemain à se préparer afin d'attaquer le monstre. Des paysans ayant appris cela, dirent de lui : " cet homme a un coeur d'or, mais il est fou d'aller se mesurer au monstre !"
Après les préparatifs, ils prirent un repas frugal; puis ils se couchèrent.

Le lendemain, après que le paysan lui ait indiqué le chemin, Divesens partit sur son cheval. Quand il traversa le village, il vit que toutes les maisons avaient des portes noires. Il en fut attristé; mais le courage le gagna, et il se résolut de tuer ce monstre par la ruse, car il se doutait bien que personne ne pouvait le battre ni par la force, ni par la ruse.
On disait que près de l'antre du dragon, il y'avait un arc dont les flèches ne ratait jamais leur but.
Il chercha d'abord cet arc; il chercha des heures durant; puis il le trouva sous un rocher près d'un gros chêne. Il le tâta en connaisseur et vit que cet arc était très bon. Il prit le carquois et l'arc, et avec son bouclier recouvert d'écailles de dragon, il rusa pour tuer ce monstre. Il fallait d'abord le faire sortir de son antre. Mais il vit qu'il dormait, alors pour le réveiller, il décocha une flèche sur la partie centrale de sa queue. Le dragon se réveilla en poussant un terrible hurlement qui fit trembler la montagne où se trouvait l'antre. Divesens lui envoya une seconde flèche, qui s'enfonça dans le flanc du monstre. Le monstre se leva et cracha du feu dans la direction de Divesens, qui se couvrit de son bouclier. Les quelques arbres qu'il y'avaient près de lui, furent tous sans exception calcinés.
Divesens comprit qu'il fallait jouer serré. Alors, il décida de fixé son bouclier au sol, ce qu'il fit rapidement. Puis, il visa la tête du monstre. En quelques instants, il décocha une flèche dans la tête, puis une seconde dans l'oeil droit, puis dans la gueule du monstre, au fond de la gorge. Il en tira d'autres rapidement, dans les nasaux du monstre, dans l'oeil gauche... Il en décocha une dernière entre les deux yeux, ce qui acheva le monstre. Il était transpercé en tout de huit flèches.
Il tailla un pieu. Il coupa la tête du monstre; et la posa sur pieu, tout près du village, cette tête transpercé de six flèches. Puis il repris sa route !
Quand les villageois virent la tête du monstre planté sur un le pieu, ils donnèrent libre court à leur joie, et dirent tous ensembles : "cet homme a rééllement un Coeur d'Or!"



Chapitre XII

Divesens sans se retourner galopa jusqu'à la frontière de Soïrotum. Quand il eut depassé la frontière, le soleil se couchait à l'horizon. Divesens, sauta de son cheval, enleva son casque au beau cimier rouge. Il prit sa couverture, alluma un feu, donna à son cheval de quoi se nourrir et de quoi boire, et il mangea selon ses besoin. Il s'endormit très rapidement, enroulé dans sa couverture.
Le lendemain, il se réveilla dans un endroit qu'il ne connaissait pas, mais il y'avait son cheval près de lui, ainsi que son casque. Il fut étonné de ce prodige et cru que la magie en était la cause. Cet endroit était rocailleux, pas même un brin d'herbe ne poussait sur cette terre aride.
Tout-à-coup, une voix venue de nulle part, lui dit ces paroles ailées :
"Divesens, tu es dans la montagne de l'Horas, tu ne peux retourner chez toi sans la Fleur de la Paix que tu trouveras dans la Vallée de Paxanthos, dans la direction du midi. Cette vallée où coule le fleuve Potamos est l'endroit où les défunts roi de Cantor reposent en paix. Tu iras voir ton ancêtre Palaïos, celui qui fit de tes pères, en épousant la fille du roi, des rois.
Là bas, il t'indiquera l'endroit où se trouve la Fleur de la Paix. Quand tu l'auras, reviens ici, et couches toi à l'endroit où tu était cette nuit."
La voix s'arrêta de parler. Sans se reposer d'avantage, il enfourcha sa monture, et avança vers le midi comme la voix le lui avait ordonné. Il chevaucha durant trois jours, quand il vit avec émerveillement une très grande vallée; cette vallée où coule le Potamos, cette vallée où il y'a la Fleur de la Paix.
Il y vit aussi des hommes, habillés selon la mode de Cantor. Dès qu'il les apperçu, il appela Palaïos.
"- Palaïos ! Palaïos ! Palaïos ! Je suis Divesens, je dois te parler.
- Et bien parles, lui dit une voix derrière lui. Qu'as-tu à dire?
- Je suis Divesens, et je viens du Royaume des Vivants...
- Je t'attendais, et je sais que tu cherches la Fleur de la Paix. Ici, nous ne sommes pas mort, mais quand la Fin des Temps arrivera, nous reviendrons tous sur la Terre des Hommes, et là la Justice régnera sur les hommes.
Ici tu es venu chercher la Fleur de la Paix. Tu trouveras aussi l'Epée de la Victoire, de la Justice et de la Vérité. C'est avec tout ça que dans l'Empire Doré, tu règneras aimé de tous tes sujets. Tu auras un lion que tu nommeras Léoglaux, il t'aidera beaucoup dans tes entreprises guerrières. Tu auras une femme, que toutes les femmes du monde envieront. Tu auras l'Etoile du Nord, cette bague grâce à laquelle tu auras des pouvoirs magiques, et que, seul tu peux porter, car tu es l'héritier légitime de l'ancien Empire Doré. Ta femme t'aidera beaucoup dans tes entreprises. Mais prends garde aux pays de Rim, Deubourg, d'Arille, de Brutwer, de Liegium et de Sevrius. Ils se révolteront.
Maintenant, va ! Au bout de cette vallée il y'a une montagne sur laquelle ne pousse aucune végétation. Seule sur cette montagne pousse la Fleur de la Paix. Allez va !"
Divesens baissa la tête, et salua Palaïos d'un signe de la main. Il enfourcha sa monture et traversa la vallée. Quand il arriva près de la montagne, le soleil venant de se coucher, Divesens fit de même.
Le lendemain, il chercha la Fleur de la Paix, et très vite il la trouva. Puis il se remis en marche vers l'endroit où il avait dormis.
Cette Fleur de la Paix, était une fleur qui avait une tige en bois vert, un coeur en lapis-lazulli et sept pétales en or.
Le lendemain, il se trouva enroulé dans sa couverture, à l'endroit où il était arrivé après avoir tué le dragon. La seule preuve qu'il avait de ne pas avoir rêvé, était la Fleur de la Paix, qu'il tenait fortement dans sa main. Il enfourcha sa monture et avec la Fleur, il continua son chemin vers le nord.



Chapitre XIII

Avec contre son coeur, la Fleur de la Paix, Divesens chevaucha vers le nord, vers la Grande Ile du Nord. Quand cinq jours eurent passés il arriva à Soïrut, capitale de Soïrutum, où il entra dans une auberge. L'accueil qu'on lui fit lui plut. Il était toujours habillé de sa belle cuirasse dorée; et là, il fit l'admiration de tous.
L'aubergiste lui fit un tel accueil que Divesens, qui avait pour seul bagage une vingtaine de mines d'argent et autant d'or, préféra dormir chez cet aubergiste qui avait nom Bacterius, car il craignait qu'on lui vola toutes ces richesses. Il dormit là, et quand le lendemain, il se reveilla, il prit un frugale repas et partit se promener dans la ville. Il alla vers le palais de la reine Fidelia. Il se mit en tête de préparer une conquête qui se ferait rapidement. Avec de bonnes troupes, des soldats de métier comme ceux de Bertusiloris, une armée forte, il n'aurait nullement besoin de trouver des ennemis, car il n'en aurait pas. Cette armée les tiendrait en repect durant des décennies entières.
Il était en train de rêvasser ainsi, quand l'un des groupes de soldats qui marchait dans la ville l'interpella. L'officier lui demanda qui il était, ce qu'il faisait et ce qu'il voulait.
Il répondit qu'il s'appelait Psilos, et qu'il visitait la ville. Le prenant pour un espion, ils préferèrent l'emmener à Fidelia, leur reine.
Celle-ci le reçu en prince, et lui offrit sa table, où il se restaura avec les meilleurs mets que l'on aurait pu trouver dans tout le pays; elle lui parla aimablement et lui demanda si il pouvait, en homme téméraire qu'il était, la débarasser des spectres de la Grotte des Ténèbres; ce qu'il lui promis.
Après avoir dormis dans le palais, il partit dans la matinée, vers le nord il fit route, puis vers le couchant, et enfin vers le nord de nouveau, là où il y'a la Grotte des Ténèbres. Quand il y arriva, il commençait à faire nuit, alors il s'étendit, et voulut dormir dans cette grotte.
Le lendemain, il s'aventura dans la Grotte, à la lueur d'une torche, et quand il arriva dans une grande salle, où il y'avait un bassin, il se lava le corps avec cette eau.
Il trouva l'eau très froide, mais il s'en accomoda, car au contact de la peau, elle prenait la température du corps. Quand il eut fini cette toilette sommaire, une voix venue des profondeurs de la caverne lui parvint:
"Etranger qui est l'homme au Coeur d'Or, toi qui est le souverain de cette terre, toi le plus grand homme d'état et militaire que l'univers a connu, connait et connaitra, toi qui épousera la femme la plus belle, belle entre les belles, tu l'aimes aujourd'hui plus fort qu'hier et moins fort que demain."
La voix s'arrêta. Divesens prit sa torche et s'avança vers le fond de la grotte, cette grotte sombre où de nombreux hommes ont péri, car elle est interdite pour le commun des mortels. Quand il arriva dans une très grande salle, il vit deux foyers, et entre ces flammes, un très vieil homme était assis. Divesens s'approcha et se prosterna devant le Respectable.
Presbusopos le releva, et en s'agenouillant devant Divesens, il lui dit :
"- Je salue en toi l'homme au Coeur d'Or. Je te prie de me suivre, car là où je t'emmène, tu verra l'un des nombreux trésors qui t'appartiendront, quand et seulement quand tu épousera celle que tu aimera, la princesse Maturabell.
- Quelle est cette princesse dont tu me parles avec autant d'amour ? Dix huit années ont passé depuis ma naissance, et je n'ai pas rencontré encore la femme qui soit digne de l'amour que tu décris.
- Tu la rencontreras seulement quand le temps sera advenu. Tu dois d'abord traverser des dangers pour la sauver de ceux qui l'entourent sans cesse. Mais sois sans crainte, car tu aura tous les pouvoirs qui t'aideront à la sauver et la protéger. N'ais crainte, elle est jeune et fraîche, car elle a trois années, six lunes et deux jours de moins que toi.
- Est-elle vraiment belle ?
- Oui, et pour toi, il n'y aura jamais d'autres femmes, car elle la plus belle d'entre les belles."

Ils arrivèrent dans la plus grande salle de la Grotte des Ténèbres; et là, Divesens fut émerveillé par le scintillement des pierres précieuses. L'or et l'argent abondaient. Le vieillard lui dit : "C'est le trésor des rois antiques de ces lieux. Il fut un temps où ces rois étaient riches. Tu es le seul mortel à connaître cet endroit. Quand cette terre t'appartiendra de plein droit, ce trésor sera tien. Je ne peux t'en dire plus, sinon quand tu sortira de cette grotte, tu devra t'asperger de cette eau, et continuer ton chemin sans te retourner. Va vers la Grande Ile du Nord."

Divesens quitta la grotte après le bain, et continua vers l'Endroit.
Il alla vers un bois, chevauchant au grand galop, à la recherche de celle qu'il devait aimer. Il n'avait pas encore compris le sens de ce voyage, mais depuis cet instant, il le devina, et fit ce qu'il lui était possible pour trouver cette princesse Maturabell, lui l'homme au Coeur d'Or.



Chapitre XIV

En passant par le pays d'Arille, il alla en Oïsis. Là, après avoir chevauché durant trois jours il acheta une nouvelle monture, pour deux talents d'argent. Il venait d'acheter le cheval le plus rapide, et que l'on ne pouvait fatiguer. C'était la meilleure monture qu'on ait jamais trouvé, celle qu'on ne trouvera pas dans les temps postérieurs. Ce beau cheval noir avait la couleur des forces éternelles.
Divesens l'enfourcha et partit au galop en direction du pays d'Ornium. Quand il y arriva, il prit la direction du nord, et là, il arriva dans un port nommé Limen. Il y vit grand nombre de bateaux de guerre, en partance pour la Grande Ile du Nord. Il alla voir le gouverneur du port, et celui-ci ayant reçu des ordres à son propos, il lui donna un beau navire de plaisance et une flotille de dix navires d'éscorte.
Le lendemain, ils appareillèrent. Il pu voir que la mer est superbe, même bouillonante d'écume. Au terme de deux jours de navigation, ils arrivèrent dans la Grande Ile du Nord. Là, il prit son cheval, et ordonna au capitaine des navires d'aller l'attendre à Noviomagus, le port le plus proche. Puis il partit, à la quête de la princesse Maturabell, celle qui hante ses nuits, celle qui fait pousser l'amour de Divesens. Il galoppa vers le nord avec sa nouvelle monture, rapide et infatiguable, Tachus était le nom de ce cheval.
En une journée de voyage, il arriva à l'endroit qu'il désirait, dans un petit village; où on lui offrit l'hospitalité.
L'homme qui la lui offrit, lui dit ceci :
"- On raconte qu'à la Grotte de la Vérité, de la Justice et de la Victoire, il y'a fiché dans une grande pierre, scellé dans celle-ci, une épée magnifique et magique, la lame est faite d'argent et de fer, la poignée d'or a trois crans, symbolisant la Vérité, la Justice et la Victoire, et que seul le roi futur de cette terre pourra la desceller. Bien des hommes nobles et courageux ont essayés, mais ils ont été foudroyés.
- Comment te nommes-tu pauvre homme ?
- Pénès, seigneur.
- Veux-tu devenir riche ?
- Comment le pourrais-je, seigneur ?
- Et bien, en me conduisant à cette grotte, où se trouve l'Epée.
- Je te conduirai dès demain seigneur, mais il faut que je te dises que la légende dit que ce n'est que l'Homme au Coeur d'Or qui arrivera à la prendre.
- Je te prouverai que je suis celui-là.
Le pauvre homme ne le crut pas et lui dit :
- Seigneur, si jamais tu n'étais pas celui que tu dis être, tu sera foudroyé!
- Cela n'arrivera pas !"
Après une nuit agitée pour Divesens; Pénès et lui enfourchèrent Tachus, Pénès sur la croupe. Ils allèrent à une distance d'environ deux heures de la maison de Pénès.
Il y'avait une grotte dans la forêt où ils se trouvaient. Quand ils approchèrent de celle-ci, des nuages noires apparurent dans le ciel, ces nuages d'où sortaient des éclaires nombreux.
Pénès prit peur et n'osa pas suivre Divesens dans la Grotte, mais il suivit la scène d'un petit orifice.
Dans cette caverne éclairée de sept torches, il y'avait au milieu une pierre carrée, et dans celle-ci, il y'avait l'Epée, l'épée de la Verité, de la Justice et de la Victoire, que l'on appelle aussi Alédikaniké.
Les éclaires, de plus en plus nombreux zébraient dans le ciel. Pénès avait peur.
Puis, au moment où Divesens toucha Alédikaniké, un grand coup de tonerre se fit entendre. Pénès ferma les yeux en retenant sa respiration. Puis, quand Divesens toucha Alédikaniké de nouveau, après l'avoir lâché, il y'eut comme un chant venu du ciel, et une forte lumière sortit de la grotte.
Quand Pénès ouvrit les yeux, il vit Alédikaniké dans la main droite de Divesens. Alors, il s'approcha de lui avec respect et humilité, et en s'agenouillant il lui dit ces paroles ailées : "Je salue en toi, Divesens Coeur d'Or, roi de cette contrée."
Sur ces mots, Divesens engaina Alédikaniké dans son fourreau. Puis, ils partirent. En chemin, Divesens acheta un cheval pour Pénès afin qu'il rentre chez lui, et lui donna une mine d'or. Là, ils se quittèrent.
Pénès raconta à tous ce qu'il avait vu : "J'ai vu Divesens Coeur d'Or"! Mais qui le croyait?
Alors Divesens galoppa vers le midi, vers Noviomagus, où il appareilla sans tarder.



Chapitre XV

Divesens et son escorte accostèrent dans le port de Juliobona. Il avait maintenant avec lui l'Epée, l'épée de la Vérité, de la Justice et de la Victoire : Alédikaniké.
Il alla, droit à un palais isolé en dehors de la ville, à environ deux heures de marche. Il croyait y trouver la princesse Maturabell.
Là des gens habillés d'étoffes jaunes l'accueillirent en lui lançant des pierres et des flèches à la pointe dorée. L'Arc des Jaunes et ses flèches dorées. Ces flèches qui atteignent toujours leur but.
Voyant que les flèches ne faisaient rien sur la cuirasse de Divesens, ils l'attaquèrent dans un corps-à-corps où il tua une centaine de Jaunes, grâce à Alédikaniké, cette épée magique et invincible.
Voyant leur perte en cette heure, ils décidèrent d'un commun accord, de le tuer par d'autres moyens. Mais rien n'y fit, Divesens tuait encore. Il voulait l'Arc des Jaunes.
Alors ces Jaunes décidèrent de faire payer leur vie très cher, et c'est ainsi qu'ils moururent tous, ces pires ennemis d'Imper roi de Yonium et de Bella, reine de Bertusiloris, les meilleurs amis de Malum.
Quand ils furent tous morts, Divesens passa la nuit dans ce palais, et le lendemain, il reprit sa quête, à la recherche de Maturabell. Il prit l'Arc des Jaunes, et en enfourchant sa monture, il alla dans la direction du pays d'Ornium, où il alla dans le palais de Prophéta.
L'Arc des Jaunes est l'arc magique, qui avec les flèches à pointe d'or, transperce de part en part la cible voulu.
Prophéta accueilli Divesens en ami, et lui offrit son hospitalité.
L'entrée dans son palais était une porte monumentale en bronze brun. Il offrit un festin à Divesens, l'Homme au Coeur d'Or. Divesens demanda à Prophéta s'il pouvait trouver la princesse Maturabell; il lui répondit qu'il ne savait pas qui était Maturabell, et qu'il épouserait la princesse Bellafloris.
Quand la nuit eu passé; Divesens enfourcha sa monture et partit au triple galop. Le dixième jour il arriva à Anm, où il fut arrêter, car on cru voir en lui un éspion. Sachant bien que Divesens n'en était pas un et connaissant son courage, la reine Laetia, lui offrit sa liberté au prix de travaux diverses et nombreux.
Et lui, l'Homme au Coeur d'Or, accepta...
Elle lui ordonna de tuer l'aigle de Neoum, qu'aucune arme simple n'avait pu tuer.



Chapitre XVI

Armé de son arc, d'Alédikaniké et avec l'aide de Tachus, il arriva très rapidement dans la contrée de Neoum.
Il vit tout d'un coup un grand aigle le survoler, et il lui décocha une flèche qui lui transperça l'aile gauche.
L'aigle fondit sur lui, mais avec Alédikaniké, il lui coupa les serres, juste au moment où Divesens en reçu un coup sur la joue gauche. Il avait maintenant une grande balaffre rouge de sang. Alors il décocha une seconde flèche, qui atteignit le coeur de l'oiseau de proie. L'animal étant mort, il le mit sur ses épaules, et se mit en route vers Anm, où il présenta l'Aigle de Neoum de triste mémoire à la reine Laetia, qui le remercia, tout en souhaitant le voir mourir, lui, l'Homme au Coeur d'Or : Divesens, fils d'Imper, fils d'Imperator.

Une semaine plus tard, Laetia demanda à Divesens de lui retrouver le Trésor des rois Sorts, ces rois qui vivaient des centaines d'années plus tôt.
La reine avait une fille qui se nommait Laetia aussi, et qui voulait accompagner Divesens. Celui-ci refusa, car l'entreprise était dangereuse. Celle-ci pris ce refus comme un affront personnel, et cette digne héritiaire du trône d'Anman, lui jura qu'il ne s'en tirerai pas à si bon compte.
Sur ces mots, il la laissa et il partit au triple galop. Il eu vite rejoins le palais où était caché le trésor, mais il lui aurait fallut, des jours durant, chercher sous ce palais.
Une ombre lui apparut cette même nuit, et lui dit ces paroles ailées :
"Ô noble seigneur, digne possesseur de cette terre, l'homme au Coeur d'Or, Divesens, écoutes. Les rois Sorts sont avec toi, ils te donneront cette terre. Tu trouveras le trésor dans la dernière pièce du palais, en allant du côté du levant."
Le lendemain, en se reveillant, Divesens trouva en effet, dans cette dernière salle du palais le trésor des rois Sorts. Un grand coffre de bois incrusté d'ivoire, d'argent, d'or et de pierres précieuses, et à l'interieur, il y'avait énormement de pierreries. Il le mit sur la croupe de Tachus, et se mit en route.
il donna le trésor à Laetia, et celle-ci fut heureuse de le recevoir, mais malheureuse que ce fut un ennemi et non un ami qui le lui donne.

La lune qui suivit, Laetia demanda à Divesens de tuer le Dragon des mers bleux qui ravageait le pays.
Il alla donc à la recherche du Dragon des mers bleux.
Quand il le trouva, celui-ci était en train de dormir. Divesens fut effrayé de voir que ce dragon avait sept têtes !
Il dégaina Alédikaniké, et commença à lui trancher une tête. Celui-ci poussa un hurlement si fort et si atroce que la terre en trembla. Ne s'émouvant pas, il continua de couper les têtes. Quand il eut terminé, il se massa avec le sang du dragon tout le corps, ce sang magique et bénéfique. Sa cicatrice sur la joue gauche disparue totalement. Le sang le rendait à jamais invincible; même avec des armes magiques.
Il mit les sept têtes dans un sac de cuir qu'il apporta à la reine Laetia, qui fut heureuse d'être débarassé de ce monstre. Mais elle fut malheureuse que ce soit Divesens qui accomplit cette tâche, car sa popularité auprès du peuple d'Anman allait en augmentant, et le peuple commençait à l'appeler Divesens Coeur d'Or.

Quand deux lunes furent passés, une femme demanda à la reine de la venger, car un lion ailé, de couleur verte avait tué son mari.
Laetia envoya donc Divesens tuer le Lion Vert.
Divesens partit donc à la recherche du lion vert, ce lion ailé.
Durant dix jours, il passa dans une immense forêt, puis il gravit des collines, et quand douze jours passèrent, il vit une ombre planer au dessus de lui. Tachus prit peur et se cabra.
Le Lion Vert, car c'était lui, descendit rapidement vers Divesens, et il attérit à environ cinquante pas devant lui. Son regard était implorant, et Divesens le prit en pitié. Il avait fiché dans une de ses pattes avant, une flèche à pointe d'argent.
Divesens la lui retira et le pensa. Il resta là, à le soigner, le Lion Vert durant dix jours. Il connaissait les herbes qui guérissent, et le lion pour le remercier resta avec lui, et décida de le défendre si il avait besoin de lui. Divesens en fit son ami, et le nomma Leoglaux. Ainsi, ils devinrent de bons amis.

Divesens avançait et Leoglaux le survolait d'assez haut pour voir les dangers de loin et pour le proteger.
Quand dans le palais de Laetia il entra avec Leoglaux, celle-ci lui fit des compliments hypocrites, dont celui-ci ne tint pas compte.
Quelques jours passèrent, et Laetia envoya Divesens et Leoglaux chasser les Hautores du royaume. Ce qu'il fit rapidement. Ces Hotaures étaient les descendants d'un ancien peuple d'Anman; il les chassa en direction de Sevrius.
Grâce à Leoglaux, il en chassa plus qu'il n'y en avait dans ce monde.
En rentrant, il fit prisonnier le chef des Mosines, une bande de brigands, et eux, sans leur chef, se rendirent et suivirent Divesens avec sagesse, en lui jurant fidelité pour l'avenir.
Quand ils rentrèrent au palais, il les prit sous sa protection. Puis, il envoya tous les Mosines à Yonium; où ils se rendirent rapidement et où ils furent accueilli par Imper, roi de Yonium, père de Divesens, qui les garda avec lui, car ils n'étaient pas des brgands pillants et tuants pour le plaisir.

Divesens dormait quand Laetia décida d'en finir avec lui.
Elle prit pour cela un parchemin, dans lequel elle écrivit : "l'homme qui porte cet acte, doit être mis à mort sur le champs!"
Sur ce parchemin elle apposa son sceau, et le lendemain, elle le donna à Divesens en lui disant ces paroles ailées : "Va prince, apporter cette missive au gouverneur de la garde. Je te donnerai un talent d'argent pour cela."
Il prit le parchemin, et se doutant de quelque chose, prit son cheval Tachus, son lion Leoglaux, l'ancien Arc des Jaunes, et quitta la ville, à la porte de laquelle on l'arrêta. Il montra le sceau de la reine, et on le laissa passer, comme on l'avait fait plusieurs fois auparavant, pour ses travaux.
Il quitta Anman et prit la direction du nord, vers le couchant; et au bout de trois jours de chevauchée, il arriva au pays de Sevrius, sur lequel règnait Malum, pire ennemi d'Imper.
Ainsi Divesens, toujours à la quête de la princesse Maturabell, entrait en terre hostile !



Chapitre XVII

Dans Sevrius, les paysans étaient maltraités. Pour le roi, seuls les soldats, les marins et les citadins avaient sa confiance, et restaient fidèles à leur roi.
Quand Divesens entra dans ce pays, il fut étonné de voir certain objets de la nature bouger insolitement.
Leoglaux était toujours au dessus de la tête de Divesens, et vit aussi que quelque chose d'insolite se passait.
Puis Tachus se cabra si soudainement et si fort que Divesens en tomba à la renverse. Mais il ne vit rien de ce qui se passait autours de lui; et, il se sentait flotter dans l'air. Leoglaux voyant son ami humain voler, prit peur, et sur ses pattes, il avança en suivant Tachus qui suivait Divesens.
Dievesens ainsi dans l'air fut amené par les Invisibles, gardiens de la frontière, dans une petite maisonette, dans laquelle Tachus et Leoglaux, réussirent à entrer.
Puis remit de ses émotions, Divesens, frappa avec Alédikaniké de toute part, et voyant son ami se battre contre rien, Leoglaux se mit à pourfendre l'air de ses griffes. Mais cela ne servit à rien.
Alors le chef des Invisibles se rendit visible aux yeux de Divesens et lui parla en ces termes :
"- Qui es-tu pour ainsi oser combattre les Invisibles ? Serais-tu l'Homme au Coeur d'Or ?
- Je le suis, répondit Divesens.
- Oui ? Et comment vas-tu nous le prouver ?
- Comme ceci" dit Divesens et avec la dexterité qui le caractérisait, il transperça le chef des Invisibles, avec sa fidèle épée Alédikaniké.

Il est de règle que les Invisibles ne sont rien sans chef. Leur chef mort, sa dépouille mise au feu, comme le voulait la coutume des Invisibles, Divesens fut acclamé et nommé Chef des Invisibles. Il leur rendit la liberté. Ils en profitèrent pour partir vers des cieux plus souriants; et Divesens, lui, continua son chemin et pénètra dans un village, où il offrit à un paysan un talent d'or contre son hospitalité, et le pauvre homme qui était malheureux, lui dit:
"- Excuses-moi seigneur, si je fais bien piètre figure, mais le sacrifice annuel va bientôt avoir lieu.
- Un sacrifice annuel ? demanda Dievesens étonné.
- Oui, on sacrifie une personne à un arbre, qui mange la chaire humaine. C'est horrible ! C'est atroce !
- Ne peut-on pas détruire cet arbre ?
- Ô seigneur, bien des gens ont éssayés, mais l'arbre les attrapes à plusieurs pas du tronc, grâce à ses branches et ses racines longues. Il faudrait les couper, et il n'y a qu'une arme capable d'accomplir cela, on l'appelle Alédikaniké, et seul l'homme au Coeur d'Or peut la posséder. Mais celle-ci se trouve dans la Grande Ile du Nord. Et avec cette épée, il suffirait de la lancer sur l'arbre pour qu'il soit coupé et son pouvoir maléfique aboli. Les morts même, reviendraient à la vie. Mais cela n'arrivera pas tant que l'homme au Coeur d'Or n'est pas venu.
- Je suis l'homme au Coeur d'Or !
- Ah seigneur, permet moi d'en douter, je suis sceptique à ce sujet.
- Comme il te plaira. Mais j'abatterai cet arbre de la mort dès demain, et je ferai comme tu me l'as expliqué."
Sur ces mots, un repas frugal fut servit et ensuite ils se couchèrent.

Le lendemain, Divesens enfourcha Tachus et suivit de Leoglaux, ils allèrent auprès de l'arbre de la mort. Quand ils furent arrivé à une bonne distance de l'arbre, il dégaina son épée, et chose merveilleuse, elle se mit à briller d'un éclat inconnu et intense. Il la lança sur l'arbre, qu'elle coupa branche par branche, jusqu'à atteindre le tronc, qu'elle coupa.
Du creux de ce tronc, sortirent des dizaines de personnes. Croyant qu'ils étaient ressucités, ils les fit venir près de lui. Ils le rassurèrent et lui dirent qu'ils n'avaient jamais été mangé par l'arbre, et qu'ils n'ont jamais été aussi vivant que dans l'arbre. Sur ce, ils regagnèrent chacun leur village, en criant : "l'homme au Coeur d'Or est venu !"
Mais Divesens, sur Tachus le Fougueux, suivit de Léoglaux partit dans la direction de Sevri.

Il entra dans un bois, et y passa la nuit
Il fit un rêve. Il vit en songe une pierre blanche brillante posée sur une bague et des éclairs zébraient autours de lui au moment où il la passait à son doigt. Il vit aussi qu'il donnait cette bague à une très jeune et très belle femme : Maturabell.
Quand il se réveilla, le soleil était déjà très haut dans le ciel. Il enfourcha sa monture et parti dans la direction du couchant. Il galoppa très rapidement suivi du fidèle Leoglaux, qui veillait sur son ami.
Ils arrivèrent dans une clairière, où ils virent une haute pierre noire, avec au dessus un petit coffre noir, un grand nuage noir placé au dessus de celui-ci, et d'où sortait de nombreux éclairs blancs. Il reconnu la première scène de son rêve.
En approchant du coffre qu'il ouvrit, les éclaires s'arrêtèrent de zebrer et le grand nuage noir disparut. La bague blanche avait trouvé son maître ! Puis il la passa à son doigt, et chose extraordinaire, le soleil brilla plus, son armure doré étincelante brilla de myriades de feux.
Il enfourcha sa monture et partit au grand galop. Puis il eu l'idée d'éprouver la bague appellée l'Etoile du Nord, et il lui parla ainsi : "Ô Etoile du Nord, je t'en prie, fais ce que je te dis, car je suis l'homme au Coeur d'Or : fais que Tachus vole."
La pierre blanche se mit à briller de mille feux, et soudain, Tachus ne touchait plus le sol. Il volait avec Divesens. Ils volèrent aux côtés de Léoglaux, le lion vert ailé.



Chapitre XVIII

Ils passèrent au dessus de Sevri à très haute altitude, et ainsi personne ne les vit. Après la ville il y'a une grande forêt. Dans celle-ci coule la rivière Trifius. Ils descendirent et s'y arrêtèrent pour se désalterer.
Pendant ce temps, de la ville sorti un groupe de cinq cavaliers armés qui éscortait une servante au lavoir, à la rivière, afin de laver ses vêtements. Cette servante était prisonnière. Elle n'était pas heureuse; et, au moment où elle termina son travail, Leoglaux volait au dessus d'elle sans que personne ne l'aperçu, celui qui avait l'air d'être le chef essaya de la violer. Mais Leoglaux compris le danger qu'elle courrait, car elle se débattait et criait "au secours !". Quant aux cavaliers, ils riaient et encourageaient leur chef. Au moment précis où il allait lui faire le plus de mal, Leoglaux se jetta sur le dos de l'agresseur répugnant et, grâce à ses cros, il lui ouvrit la gorge. Les autres, le moment de surprise passé, voulurent l'abattre au moyen de leur lance; c'est à ce moment que Divesens, alerté par les cris de la jeune femme évanouie, apparut dans toute Sa Gloire, et il abattit trois des cavaliers avec une rapidité telle que lui même ne se souvint pas de se qui s'était passé; et il laissa malencontreusement s'échapper le dernier et le plus lâche des cavaliers, qui de retour en ville, alla prévenir le gouverneur des gardes, qui mit en état d'alerte toute la garnison de la ville. Divesens le comprit. Il n'avait pas encore remarqué la jeune femme qu'il venait de sauver.

Dès que ses yeux la virent, ils furent séduits. Elle venait de reprendre connaissance, et était tâchée de sang.
Comme il faisait les quelques pas qui la séparait d'elle, ses membres se liquefiaient, ses genoux se dérobèrent sous lui, ses lèvres tremblèrent, ses tempes se mirent à battres, ses mains devinrent moites, son coeur battait à tout rompre.
Sur son visage capricieux, elle choisit de sourire à son approche, tandis que ses yeux bleux s'assombrissaient, séduisants, attendrissants, persuasifs et inoubliables.
Divesens la regarda avec émerveillement. Il avait devant lui la plus belle femme qu'il n'avait jamais vu.
Il détourna son regard le temps qu'elle mit à se laver dans la rivière, et ensuite, elle changea de vêtements et lava celui qui était maculé de sang.
Puis, reconnaissant le danger qu'ils courraient en restant plus de temps en ces lieux, elle monta sur Tachus derrière Divesens, qui prit son envol avec Leoglaux.
Elle lui demanda comment ces animaux volaient, et il lui répondit que Leoglaux volait depuis sa naissance et que leur monture le faisait grâce à l'Etoile du Nord. Elle se contenta de cette réponse. Ils volaient dans la direction du midi, vers Charien.
A la halte, ils étaient assis près d'un feu que Divesens regardait, car il n'osait porter son regard sur cette femme, qu'il avait sauvé le matin. Ils étaient arrivés près de la frontière de Charien, et il y'avait une ville près de leur bivouac.
La flamme de l'Amour commençait de bruler au fond de lui. Puis ne pouvant plus tenir, il leva humblement son regard vers elle, et lui parla timidement, en ces termes :
"- N'es-tu pas la princesse Maturabell, que je cherche depuis des jours ?
- Je ne suis que la princesse Bellafloris, et tu m'as sauvé des griffes de Malum, roi de Sevrius, qui m'a fait enlever à Berlos, car ma mère Bella a donné des renforts à Imper, roi de Yonium. Et toi, mon sauveur, qui es-tu ?
- Ô ! je ne suis que le fils d'Imper roi de Yonium. Je ne suis que l'homme au Coeur d'Or.
- Ô, mon prince, je suis heureuse de te connaître. A Berlos, on m'a beaucoup parlé de toi et de ton père. Mais si tu le permet, j'aimerais dormir à présent.
- Si tu veux ! Et que ton Altesse me pardonne, mais le sol est trop dur; et appelant l'Etoile du Nord : Etoile du Nord, je suis l'Homme au Coeur d'Or, obéi car je le veux; donne à la princesse un lit moelleux et de bonnes couvertures."
L'Etoile du Nord se mit à briller de mille feux, et au grand émerveillement de Bellafloris, un lit et des couvertures de soie apparurent, et elle se coucha. En quelques temps, elle s'endormit, pendant que Divesens auprès du feu, disait à Leoglaux : "toi, veilles sur notre sommeil jusqu'à l'aube, où tu me réveillera".
Et Leoglaux prit son envol, et veilla sur son ami Divesens qui dormait près du feu.
Vers le milieu de la nuit, il vint s'endormir aux pieds de son ami.

Avant que l'Aurore aux doigts de rose ne vint, Bellafloris se leva et marcha un moment. Quand, quelques cavaliers sortirent du bois et l'enlevèrent sans bruit. Ils jettèrent Bellafloris dans un cachot sombre, dans la ville de Trolie.
Quand Divesens se réveilla, il eu la fâcheuse surprise d'être seul. Il s'habilla rapidement et enfourcha sa monture et galopa dans la direction de la ville où il aurait peut-être des renseignements sur Bellafloris. Cette nuit la flamme de l'Amour l'avait entièrement consummée et il resentait les premiers souffles de l'amour.

A Trolie, il y'avait une grande place où les étrangers, interdits de passage dans cette ville, recevaient cent coups de fouet, sur leur dos nu, avant d'être chassé de la ville, si ils n'étaient pas mort. Mais la loi voulait qu'en contre partie, si il y'avait dans l'assemblée une seule personne pour être fouetté à sa place, il pouvait l'être.
Ce matin-là, quand Divesens arriva dans la ville (Leoglaux et Tachus étant restés dans la forêt), on ammenait Bellafloris sur le centre de la place, et on l'attacha à un poteau. Elle était suivit de quelques gardes, et du gouverneur, qui se déplaçait sur une chaise à porteurs, suivit d'autres gardes, lesquels étaient suivit du peuple.
Quand Bellafloris fut présente sur la place publique, le gouverneur fit la demande traditionnelle.
"Si quelqu'un, citoyen ou étranger, s'opposant à cette condamnation, est présent dans l'assemblée, qu'il le fasse savoir en toute liberté, et il recevra les cent coups de fouet à la place de la personne condamnée".
Quand il eut fini de parler, ce fut un long silence et tous admiraient la beauté de cette jeune femme. Mais coupant le silence, une voix s'éleva de la foule rassemblée là :
"- Moi ! Je m'oppose à cette sentence, cria Divesens.
- Qui es-tu, étranger ?
- Je suis Divesens de Yonium, et je consens à prendre sur moi la condamnation, et elle et moi, serons libres ensuite.
- Ainsi le veut la loi !" dit le gouverneur d'un ton solanel.

Bellafloris fut détachée et Divesens la remplaça au poteau.
Tous admiraient le courage et la bonté de ce jeune homme.
Il reçu les cent coups de fouet rapidement. Et à chaque coup, on entendait un cri déchirant sortir du milieu de la place. Quand cela fut terminé, et que la foule évacua la place, Bellafloris se jetta sur lui, et le détacha. Il était encore vivant, mais évanoui.
Reprenant rapidement ses ésprits, il commanda : "Etoile du Nord, soigne mes blessures !"
La pierre se mit à briller, et en quelques instants, Divesens n'avait plus rien, et se rhabilla rapidement. Après un moment d'hésitation, Bellafloris se jetta sur lui : "Divesens, s'écriat-elle en se serrant dans ses bras, tu as failli donner ta vie pour me sauver !"

Puis ils sortirent de la ville. Maintenant, Bellafloris avait confience en Divesens. "Divesens, dit-elle, j'aimerai avoir un cheval qui puisse voler!"
Et grâce à l'Etoile du Nord sa demande fut réalisée. Elle eut un beau cheval noir, avec lequel elle s'envola suivie de Divesens et de Leoglaux. Ils prirent tous la direction de Charien. Et quand la nuit arriva, ils se posèrent sur un endroit plein de fleurs, et l'étoile du soir dardait ses rayons à travers un parterre de jasmins, de roses et de lys.
Ils s'endormirent, et se réveillèrent à nouveau prêts à affronter la journée, avec l'Aurore aux doigts de roses.
Bellafloris fit disparaître son cheval enchanté, et se remit en selle derrière Divesens. Ils traversèrent les Marais Hantés. Bellafloris se serrait contre lui. Elle l'aimait beaucoup, et lui était heureux de sentir sur son cou l'haleine de Bellafloris. Il lui demanda :
"- Je dois épouser la princesse Maturabell, dois-je mourir ? On dit que c'est la plus belle femme qui soit née sur cette terre, mais je ne l'ai jamais vu.
- Je te prie de m'excuser, mais Maturabell n'est pas princesse; elle est reine !"

Ils arrivèrent à Charien, où ils ne firent aucune halte, et allèrent à Trium, au grand galop, et où ils ne s'arretèrent pas. Quand ils arrivèrent à Gar, ils prirent la direction du midi. Quand la nuit arriva, Divesens alluma un feu, et ils s'assirent côte-à-côte; et Bellafloris prit la main de Divesens, et il sentait que la main de la jeune fille ne restait pas indifférente dans la sienne, et leur doigts se disaient des choses aussi douces que des paroles amoureuses.
Divesens la regarda, et sa vue lui était meilleure que le boire et le manger, quand on a soif et quand on a faim. La contemplation était grande. Il aurait voulu que cet instant s'étirat jusqu'à devenir éternel !
Puis elle se tourna vers lui, et il vit qu'elle avait des yeux de biche aux couleurs du ciel et lui parut belle. Il ne se lassait pas de la regarder. Elle sourit, mais nulle parole ne sortit du seuil de ses lèvres aux belles courbes.
Puis ils s'endormirent l'un près de l'autre, sans se serrer l'un contre l'autre.

Le lendemain, ils arrivèrent à Paru, et le soleil était déjà bas dans le ciel. Ils firent un feu, et ils se couchèrent.

Le lendemain, ils atteignirent la frontière de Bertusiloris, et elle demanda si il pouvait l'accompagner à Reï le Port. Il lui répondit par l'affirmative, et ils, allèrent à une très grande vitesse quand le soir arriva. Ils arrivèrent enfin à Reï le Port.
Ils allèrent chez Mentor, un ami de Bella, nouveau gouverneur de Reï, chef de la flotte de Reï.
Chez lui, ils furent reçu avec tous les égards. Divesens conta à Bellafloris et à Mentor toutes ses aventures; et Mentor lui fit honneur, car il est l'Homme au Coeur d'Or, et il lui dit : "Je salue en toi le souverain de cette terre!" Bellafloris fut étonnée de ses paroles, et Divesens lui expliqua ce qu'il voulait dire, alors elle compris que Maturabelle et Bellafloris ne sont qu'une et une seule femme; mais elle cacha cette verité au fond de son coeur. Mentor était jeune, il devait avoir dix huit années de vie, mais il était patient, bon et généreux, et tout le peuple de Reï l'aimait.Divesens et Bellafloris restèrent une année en sa compagnie à Reï. Et ils le quittèrent, en prenant la direction du nord, où ils arrivèrent près de la frontière de Dum.

Plus les jours passaient, et plus Divesens et Bellafloris s'attachaient l'un à l'autre.
Ils prirent la direction de Mur. Un jour, où ils étaient près d'une rivière, Divesens que l'Amour consumait, n'en pouvant plus vint s'agenouiller devant elle, mais son visage était triste d'appréhension. Elle lui dit :
"- Tu ne parais pas très content de me voir Divesens, dit-elle.
- Pas content ? - Divesens la regarda d'un air de reproche et lui prenant la main, la baisa révérencieusement. Pas content ? répéta-t-il. Ô Bellafloris ! Ô Bellafloris ! dit-il d'un ton ému, si seulement tu savais ! murmura-t-il, et rassemblant son courage pour lever les yeux sur ce visage tant aimé, Bellafloris que j'admire, reprit-il, sommet même de l'admiration, digne de ce qu'il y'a de plus cher au monde..." Elle lui sourit avec une tendresse délicieuse.
"Ô toi, si parfaite, créer si parfaite, admirable, si adorable, si agréable, si belle, si charmante, si distinguée, si élégante, étonnante, étrange, extraordinaire, fabuleuse, si fine, si grâcieuse, incomparable, si magnifique, majestueuse, merveilleuse, si noble, radieuse, si ravissante, remarquable, sans pareille, séduisante, éclatante de beauté et de sagesse, flamboyante, rayonnante, courageuse, fantastique, généreuse, glorieuse, grande, infatiguable, prudente, sage, sensible, unique, vertueuse, et sans égale, faîtes de ce qu'il y'a de meilleur dans tous les êtres...
- Où veux-tu en venir Divesens ?
- Ô, je disais cela pour montrer l'amour que je te portes."

Le soir à la halte, ils s'étendaient, serrés lun contre l'autre, en pensant à l'extraordinaire symbiose qui était en train de se créer entre eux, et à rien d'autre.
"Je t'aime Bellafloris", n'arretait-il pas de repéter.

Enlacés, ils se rendormirent, et quand Leoglaux réveilla Divesens, le soleil était déjà haut dans le ciel.
Bellafloris dit à Divesens :
"- Veux-tu me faire un cadeau ?
- Si tu veux que je meurs, pour toi, je mourrai.
- Non, je ne t'en demandes pas tant ! J'aimerai que tu me donnes l'Etoile du Nord.
Divesens fut étonné de cette demande, le temps de surprise passé, il dit :
- Etoile du Nord, car je suis Divesens au Coeur d'Or, maintenant tu obéira à Bellafloris, et à elle seule, car tout ce qu'elle fait est juste et bon à mes yeux.
La pierre se mit à briller de feux et Divesens repris :
- Bellafloris, je te prie de m'épouser. Nous nous aimons, et j'aimerai que tu sois la reine du pays que je dois créer !
- Divesens, je voudrais que tu sâches, que maintenant Bellafloris n'existe plus, et pendant qu'elle disait cela, il lui passa la bague au doigt. Elle fut heureuse, puis elle reprit : Bellafloris n'existe plus, maintenant, je me nomme Maturabell. Accèptes-tu ?
- J'accèptes; mais toi accèptes-tu de m'épouser ?
- Je l'accèpte aussi, dit-elle avec émotion."

Puis leur deux bouches collées, ils pensèrent que le monde s'arretait là.

Un beau jour, ils arrivèrent à Mur, où ils apprirent que la reine Bella était malade, et que Princeps était mort.
Quand Maturabell l'apprit, ils partirent de Mur rapidement vers Berlos; et au bout de sept jours il y arrivèrent.
Berlos, ville aux grandes merveilles.

Ils allèrent droit au palais. Quand il y arrivèrent; Maturabell se dirigea droit vers la chambre de sa mère.
Dès qu'elle vit sa mère, elle lui dit :
"- Mère, me reconnais-tu, moi Bellafloris ? Je m'appelle maintenant Maturabell. Je te demandes maintenant, car ta fin est proche, de me donner Divesens comme mari, il est le fils d'Imper et c'est lui qui m'a sauvé des griffes de Malum.
- Amènes le moi que je le vois !"
Quand Divesens entra, il s'agenouilla devant elle. Puis elle fit appeler le général Horatius, qui vint les rejoindre rapidement, et elle lui dit : "Horatius, convoque le Conseil des Anciens !"
Pendant qu'Horatius faisait ce qu'on lui avait demandé, Bella se leva, et suivit de Maturabell et de Divesens, ils se rendirent dans la Salle du Conseil.
Dès que les Anciens furent là, Bella prit la parole en ces termes :
"- Voici devant vous votre future reine, Maturabelle; et voici à ses côtés, l'homme qu'elle voudrait épouser, Divesens...
- Je m'excuse de t'interompre, ô ma reine, mais la seule personne qui peut épouser Maturabell est l'Homme au Coeur d'Or.
- Je suis l'Homme au Coeur d'Or, coupa Divesens.
- Pardonne moi, mais peux-tu le prouver ?
- Oui, bien sûr", répondit-il en montrant l'Etoile du Nord, que tous connaissait, la Fleur de la Paix, Alédikaniké et l'Arc des Jaunes.
Dès qu'il eurent vu tout cela, ils s'agenouillèrent devant lui, car tous savaient qu'il est le roi le plus puissant de la terre.
"- L'acceptez-vous pour roi ? demanda Bella.
- Oui", répondirent-t-ils tous en coeur.
Horatius s'approcha, s'agenouilla devant lui et dit : "Je te jure fidélité, sur mon épée et sur mon honneur.
Il se releva, et lui demanda s'il n'avait pas de nouvelles de son père, Imper. Horatius lui dit:
"- Nous, ici, ne savons rien de lui. J'aimerai, si cela peut te faireplaisir, te présenter à mon fils Horatius. Il doit avoir à peu près ton âge, et Bella m'a promis d'en faire un général; le garderas-tu en tant que roi ?
- Je t'en fait la promesse solanelle, sur mon épée et sur mon honneur."
Sur ces mots, Bella leva la séance, et fit convoquer l'Assemblée Générale de Bertusiloris.
Depuis que Maturabell-Bellafloris était revenue, Bella se sentait mieux.

Quand l'Assemblée Générale de Bertusiloris fut réuni, la reine Bella prit la parole en ces termes :
"- Amis et Peuple de Bertusiloris, Voici Bellafloris-Maturabell, votre prochaine reine; et, voici celui que nous avons choisi pour être son époux, votre roi : Divesens. Il est l'Homme au Coeur d'Or. L'acceptez-vous pour roi ?
- Oui, répondirent certaines personnes.
- Non, qu'il le prouve !" disait la majorité des présents.
Et Divesens montra la Fleur de la Paix, Alédikaniké : l'épée de la Vérité, de la Justice et de la Victoire, l'Etoile du Nord au doigt de Maturabell; et quand ils virent toutes ces preuves, tous lui jurèrent fidélité.
Alors Divesens prit la parole en ces termes :
" Peuple de Bertusiloris, vous m'avez choisi pour roi. Je ne le deviendrai que lorsque je serai rentré à Yoni où mon père m'attend; et, où je retrouverai ma famille. Mais je reviendrai afin de prendre pour épouse, Son Altesse, la princesse Maturabell."
Puis ce tournant vers Maturebell, il la prit dans ses bras et l'embrassa devant l'Assemblée réunit, afin que le peuple connaisse l'Amour de l'Homme au Coeur d'Or. Lorsqu'il l'eu remise sur ses pieds, Maturabell pressa son corps contre le sien, et se suspendant à son cou, elle se haussa sur la pointe des pieds, pour lui donner un long baiser dans lequel son souffle passa dans sa poitrine qu'elle écrasait contre la sienne, afin de montrer à l'Assemblée, commement cet Amour était partagé.
Puis Divesens se retourna vers Bella et s'agenouillant devant elle, et il dit :
"- Dès que mes yeux la virent, ils furent séduits. Sa vue m'est meilleure que le boire et le manger, quand on a soif et quand on a faim. Ma reine, que tous les lions et les loups des montagnes se lèvent et viennent vers nous, ils ne pourraient faire la moindre égratignure à celle qui est l'aimée de mon coeur."
Puis se tournant vers Maturabell, toujours agenouillé, il dit : "Tu es aimée comme nulle femme n'a jamais été aimée. Je t'appartiens comme la douceur appartient au miel, et seule ta vue peut guérir mon âme de la fièvre qui la consume lorsqu'elle est loin de toi."
Quand il eut fini de parler, tout le monde l'approuva, et la séance fut levé par Bella. Tous les délégués sortaient en criant "Vive Bella, vive Maturabell, vive Divesens !"

Puis il fit ses adieux à celle qu'il aimait, alors elle s'approcha de lui et l'embrassa avec passion. Elle se serrait contre lui avec une étonnante vigueur, comme pour s'incruster en lui. Puis Divesens partis pour Yoni, où il y arriva avec Tachus et Leoglaux, le lendemain. Sa cuirasse dorée sur lui, et son beau casque à panache sur la tête. Dès qu'il arriva au palais de sa mère, il fut accueilli à bras ouverts, par ses parents et son ami Caïus Lucilius. Puis il raconta toutes ses aventures à ses parents et ses amis.
L'ayant écouté avec interêt, son père lui dit :
"- Caïus est marié avec Kalla, il serait temps que tu te marie. veux-tu la princesse Bellafloris, qui est Maturabell ?
- Mon père, répondit-il, je la prend volontier. Certes, ceux qui m'ont vanté sa beauté avait une lague bien faible, car ils sont restés bien loin en deçà de la vérité."
Alors Imper de Yonium et Bella de Bertusiloris arrangèrent le mariage de leurs enfants Maturabell et Divesens.

Divesens avaient vingt-trois années et dix sept jours de vie. Maturabell avait dix neuf années, six lunes et quinze jours de vie, quand il la prit pour épouse.



Chapitre XIX

Pour la fête du mariage, qui se tenait à Dunamiplousi, petit village à la frontière de Bertusiloris et de Yonium, on fit venir les meilleurs musiciens, danseurs et danseuses de tous les pays.
La fête dura pendant sept jours, où l'on tua plus de mille boeufs cornus à la demarche torse, cinq mille moutons et agneaux. On ouvrit mille outres de vin, parfumé à la menthe, à la violette, à la rose, à la canelle et du vin doux au miel. Tout cela fut donné aux peuples de Bertusiloris et de Yonium.
Le dernier jour du festin, la Prêtresse-Mère, prit les nouveaux époux par le coude et les lia ensemble par une écharpe blanche. Dans un vacarme d'acclamations et d'applaudissements, dans le retentissement des sistres et des crotales, sous une pluie de lys blancs, de roses, et de violettes déversés sur leurs têtes par les prêtresses, en gage de bonheur; ils prirent leur élan et sautèrent ensemble les flammes du foyer. Puis elle serra Divesens contre elle et se suspendant à son cou, elle se haussa sur la pointe des pieds pour lui donner un long baiser dans lequel son souffle passa de sa belle poitrine qu'elle écrasait contre celle de son mari.
Après la cérémonie, tous les gouverneurs des douze provinces de Bertusiloris, des deux provinces de Dorius et Yonium, vinrent leur presenter leur hommage, et leur jurèrent fidelité.

Voici les noms des gouverneurs de Bertusiloris :
Horatius, fils d'Horatius qui gouverne les affaires militaires à Berlos, pour tout le royaume de Bertusiloris.
Cassius Magnus de Mur, gouverneur de Mur.
Drussus Dux, gouverneur à Duxia.
Metellus Rex, gouverneur à Reï.
Emillius Lyppo, gouverneur de la Petite Ile du Sud.
Appuleius Syllus, gouverneur à Tros.
Arminius Mira, gouverneur à Jon.
Norbanus Furia, gouverneur à Illberis.
Haterius Quiria, gouverneur à Baeterrae.
Asinius Rolius, gouverneur à Segodunum.
Séjan Quintus, gouverneur à Uxellodunum.
Cornélius Pyhrus, gouverneur à Roidumna.

Voici les noms des gouverneurs de Dorius :
Cestius Princeps de Dori, gouverneur à Dori.
Lucius Folius gouverneur à Ellumberis.

Voici les noms de gouverneurs de Yonium : Caïus Lucillius, l'ami de Divesens.
Tous étaient jeunes et ayant près du même nombre d'années de vie que Divesens.
Le général Horatius étant vieux, donna ses fonctions de chefs de l'armée de Bertusiloris et de la Garde Royale, avec l'accord de Divesens, de Maturabell et de Bella, à son fils Horatius.



Chapitre XX

Imper ayant marié son fils Divesens; il lui laissa les affaires intérieures de Yonium, et lui, il partit avec Horatius, à la reconquête du pays de Cantor. Son armée composée essentiellement de Yoniumiens et la Division Lion de Bertusiloris, avec le général Romuli et ses consuls Clelius, chef de la I ère légion et Menenius chef de la IIème légion dont était composé la Division Lion.
Il avança avec cette armée à marche forcé jusqu'à Autrium, une petite place forte à deux heures de marche de Castr. Arrivé là, on lui ouvrit les portes, et il fut accueilli en libérateur.
Le peuple de Castrum, qui vivait sous le joug de Sevrius et de son roi Malum, l'accueillit et le poussa à aller rapidement vers Castr. Dès qu'il y arriva on lui ouvrit les portes, les Sevriusiens avaient massacrés et, seul avec ses proches Malum, a pu s'échapper et il rentra à Sevri très rapidement. Personne n'offrit de résistance à Imper.
Castrum lui appartenait, ainsi il retourna, dans la ville de son père, Sergia. Le roi Sapien était mort dans les émeutes. Imper se sentant en securité, résida à Sergia.
Son fils Divesens et Maturabell residaient à Yoni avec Caïus Lucillius. Bella régna à Bertusiloris.
Mais, Malum, que son nom soit éffacé, envoya des espions, qui réussirent à enlever Imper, dans sa bonne ville de Sergia.
Bella l'apprit avec peine par sa fille, et elle ordonna immédiatement d'envoyer une flotte de cent navirs à Sevrius, afin de le délivrer. Horatius, prit le commandement de la flotte qui appareilla de Reï, le plus grand port de Bertusiloris. Dans chaque vaisseau il y'avait des soldats, ceux de la Division Massacre (XIII ème et XIV ème légions de Bertusiloris); Caïus Lucillius accompagna Horatius dans son expedition maritime. Pendant ce temps, tous les Yoniumiens, qui s'étaient installé à Castrum ou en Cantor se retirèrent et rentrèrent en Yonium. Divesens plaça toutes les troupes de Yonium à la frontière avec Castrum de peur que Malum ne vint attaquer.
Caïus Lucillius, Horatius et la Division Massacre arrivèrent à Sevrius en passant au large du pays de Paru, vers le midi, et en remontant près des côtes d'Argon, puis de Gar et de Trium. Puis ils arrivèrent dans l'île d'Uliarus, puis de Ratis, d'Oia, et enfin Verritica; qu'ils envahirent rapidement.
Malum, ayant appris cela, fit amener toutes ses troupes près du port de Carnecus. Horatius, lui, coupa en deux ses forces. Il en donna la moitié à Caïus Lucillius qui aimait la mer. Avec sa flotille, celui-ci alla vers Coriallum, où il débarqua, et avec la XIV ème Légion, il marcha sur Sevri, qui était resté sans défense. Dès qu'il fut assez près de la ville, il envoya trois hommes de confiance, qui réussirent à libérer Imper et à le sortir de la cité. Ill'emmenèrent au camps de la Légion, la XIVème.
Pendant ce temps, et parallèlement, Horatius avec la XIII ème Légion se retira à Oia, où il attendit le retour de Caïus Lucillius. Dès qu'ils se rejoignirent, ils repartirent vers Reï.
Quand ils y arrivèrent, Divesens investissait les pays de Castrum et de Cantor.
Le lendemain du retour de son père et de son ami à Yoni, Divesens les accueilli à bras ouverts. C'est le même jour qu'Imper décida qu'il ne régnerait plus et abdiqua en faveur de son fils Divesens et de sa bru Maturabell. Enfin, Cantor et Castrum appartenaient à Maturabell et Divesens.
Divesens réforma l'armée et il créa des légions de dix mille hommes chacune. Il en fit vingt, soient dix divisions.

Ce n'est que le jour des vingt-deux années de vie de Maturabell, qu'ils furent couronnés, régnant sur ce que Maturabell appelait l'Empire Doré, car sa vie y était dorée.
Bella s'était éteinte une année plus tôt, ainsi qu'Imper et Miarabilia, laissant à leurs enfants les royaumes de Dorius, de Bertusiloris, de Yonium, de Castrum, et de Cantor. Le vieux roi Malum mourut aussi, et laissa à son fils Malum, le trône et la couronne de Sevrius.

Devenu roi, Divesens décida avec l'accord de Maturabell, la fusion des légions de Bertusiloris et de Yonium en un seul ensemble de soixante légion, soient trente divisions. Pour chaque légion, il y avait mille cavaliers, cinq cent archers légers, cinq cent archers lourds, cinq cent frondeurs et deux mille fantassins auxilliaires. Cela fut multiplié par soixante légions de dix mille légionnaires chacune, ce qui faisait une armée de huit cent soixante dix mille soldats. Tous ces auxilliaires étaient sous les ordres du général Valérius Messala et de son fils Valérius Messala II, général de la Division Faucon, qui comprenait les XXIII ème et XXIV ème Légions. Puis le roi créa une Garde Royale d'un effectif de cinq mille hommes, qu'il nomma la Garde Dorée et dont il était le chef suprême, déléguant son commandement à cinq officiers chefs de mille gardes chacun.
Il faudra expliquer ce que Divesens mit en place, avec l'aide de Caïus Lucillius, du général Horatius, du général Valérius Messala et de son fils et quelques autres officiers.

Sur la demande express de Maturabelle, le roi Divesens fit raser le village où ils s'étaient marié, et il fit construire sur son ancien emplacement une nouvelle capitale et un nouveau palais.
Les Divisions Epérvier et Vipère établirent leur camps permanant dans Cantor, et les Divisions Lynx et Buse établirent le leur à Castrum.
De l'Empire Doré sont nés, comme le voulait Maturabell, les Doréens.



Chapitre XXI

Voici comment les Doréens organisaient leur camps, suite au réformes de Divesens et Maturabell. L'emplacement, une fois choisi, on réservait toujours, pour la tente du général l'endroit d'où on pouvait le mieux observer tout se qui se passe alentour. Alors, on plantait l'enseigne de la Division et des deux légions qui la composent, à cinq pas devant la tente du général,et les deux tentes des Consuls, ses lieutenants, de chaque côté, sur l'axe, qu'on appelle Consula. Les soldats dormaient à vingt légionnaire dans une grande tente. Un camps logeait toujours une Division entière avec ses cavaliers et ses auxilliaires. Le camps avait toujours Quatre Portes, pour les deux axes qui se rejoignaient à la tente du général de la Division. Le camps était toujours entouré d'une palissade, elle-même entourée de plusieurs fossés remplis d'eau ou de pointes.
Aux quatre coins de la palissade, il y avait cinq rangées de dix tentes logeant les deux mille cavaliers d'une division.
Entre deux rangs de cavaliers, près de la Via Imperatoria, il y avaient vingt rangées de tentes logeant les quatre mille auxilliaires de la division.
Sur le fond, en partant des enseignes, il y'avait cinq rangées de tentes logeant les mille frondeurs de la division.
L'Axe Consula séparait deux groupes de cinq rangées de tentes logeant les deux mille archers de la division. Cela entre les Auxiliaires et les deux légions.
Puis, entre les archers et les Consuls, et entre les frondeurs et la palissade, il y avaient vingt autre rangées de tentesà droite, et vingt rangées de tentes à gauche, logeant les vingt mille légionnaires de la division.
Les espaces qu'il y avaient entre la palissade et les tentes, contenaient tous les materiaux et ravitaillements pour la division entière. Ces espaces servaient aussi, quand la division rentrait au camps ou en sortait. Les diverses unitées y débouchaient en effet par les rues, le long desquelles elles étaient installées et ainsi elles ne risquaient pas, en se déversant toutes ensembles dans une seule allée, de se bousculer et de s'écraser. Mais le plus important, c'était qu'au cours des attaques contre le camps, ni les traits, ni les projectiles incendiaires ne pouvaient atteindre les troupes, si ce n'est exceptionnellement, et les quelques traits qui portaient ne faisaient pas grand mal, amortis qu'ils étaient par la distance et la protection offerte par les tentes.

Voici maintenant comment étaient organisées les gardes de nuit. Cinquante légionnaires étaient assignés à la garde des tentes des officiers géneraux et leurs consuls. Deux cents auxilliaires d'infanterie montaient la garde autours de la palissade, et dix auxilliaires à chacune des portes.
Le camp avait pour largeur quatre mille coudées et pour longueur six mille coudées.
Dans chaque Division, il y avaient deux Cornicen (sonneurs de cors), deux Tubicen (joueurs de trompette) et quatre Signifer (porte-enseigne) par division et deux Signifer pour deux mille fantassins auxilliaires, un pour mille. Il y avait aussi un Signifer pour les frondeurs, un autre pour les archers et quatre autres pour la cavalerie.
Il y avaient aussi des récompenses, pour chacun des soldats méritants, des couronnes d'or ou d'argent, pour les meilleurs, et des lances d'honneur pour les autres. Tout le butin des batailles était partagé par le général entre tous les soldats, afin de motiver à la guerre tous les soldats, et c'est ainsi qu'il n'y avait ni traîtrise, ni lâcheté.
Voici maintenant comment les Doréens levaient le camp pour se mettre en route : Sitôt le signal donné par les deux Cornicen et les deux Tubicen, tous démontaient leurs tentes et pliait bagages. Il était interdit de commencer ce travail avant que la tente du général et de ses consuls soient pliées et rangées.
Au deuxième signal, on chargeait les bagages sur les bêtes de somme. Au troisième, la colonne se préparait à se mettre en marche.
Quand la sonnerie durait longtemps, la Division se mettait en marche.
La légion avançait avec à sa tête son consul, suivit de son Signifer portant son enseigne et un second portant celle de la Division. Cette colonne marche de front, par cinq, suivit de l'infanterie auxilliaire précédée de son Signifer Puis, suivait le Signifer des frondeurs avec tous les frondeurs, puis c'étaient les archers, et en dernier venaient les cavaliers.
Ensuite venait le second consul de la Division, suivit de son Signifer et de sa légion, puis les auxilliaires et frondeurs suivient des archers, et enfin de la cavalerie, qui fermaient la marche.
Le Général était toujours devant le premier consul, à la tête de la colonne.
Puis Caïus Lucillius, qui avait participé à l'expédition maritime de Bertusiloris contre Sevrius, demanda à Divesens et Maturabell la création d'une marine, dans laquelle il y aurait cent fantassins de marine par bateau. Le roi fut d'accord, et lui donna tout pouvoirs sur celle-ci.
Alors Caïus fit construire, près de Reï, une flotte de cinq mille birèmes longues, avec, seulement quarante huit rameurs, une grande voile carrée et des armes redoutables. Il y fit ajouter une passerelle mobile, à pointe, afin de prendre les navires à l'abordage.
Il fit placer à la proue des reserves de jarres, remplies de bitume. Il mit de chaque côté des navirs, des orifices d'où sortait un feu, le feu Lucillien. Il y avait dans chaque navire douze de ces orifices. Il fit placer quatre autres orifices, d'où partaient quatre flèches enflammées ou non. Puis, quatre miroirs, qui réfléchissaient les rayons du soleil, afin d'enflammer les navires ennemis. Sur le bateau amiral, il fit mettre un recéptacle, afin d'y abriter un feu perpetuel.
A chaque proue de navire, un épron de fer et de bronze enfonçait les flancs des navires ennemis.
Depuis ce jour, Divesens et Maturabell nommèrent Caïus Lucillius Thalassocrate ou Commandant de la flotte.
Et Caïus, fit construire de nouveaux ports, et à chaque entrée de port, il fit construire deux colonnes, d'où des chaines en résaux, étaient montés, afin d'interdire l'accès ou la sortie du port.



Chapitre XXII

Puis, à la demande de Maturabell, Divesens ordonna à ce que la Garde Dorée soit cantonnée à Berlos, en attendant la construction de la nouvelle ville de Dunamiplousi, la grande capitale du petit Empire Doré, qui a pour provinces Cantor, Castrum, Yonium, Dorius et Bertusiloris.
La Garde Dorée était la garde personnelle du couple royale. Mais celle-ci était plus spécifiquement faites pour la protection de reine, car c'est à sa demande qu'elle fut crée.
Elle est sous les ordres directes de Divesens, a cinq officiers qui commandent à mille gardes.
Tout Garde Doré devait être prêt à faire régner l'ordre dans la ville où elle était cantonnée. Elle était divisé en cinq compagnies de mille gardes chacune. Une compagnie au moins accompagnait toujours la reine ou le roi dans leur voyage. Cette Garde était armée de la même façon que les légionnaires, mais on les distinguait au cimier des casques et aux capes rouges.
C'était tous des soldats de métier, âgés entre dix-huit années et quarante cinq années de vie.
Leur enseigne était composée de la pièce de bois, pointue au bout. A l'opposée, était mis une étoffe rouge d'où partait des franges dorées et dans laquelle était brodée les lettres "D" et "M", en fil d'or. Le tout était surmonté d'un support sur lequel était posé un grand aigle d'or aux ailes déployées en arrière. Il y avait une enseigne par compagnie.
Sur le bouclier il y'avait l'emblême de Divesens et Maturabell, c'est-à-dire, en haut à gauche et à droite une étoile à six branches dorées sur fond bleu. Entre les deux le symbole MR accolé bleu sur fond or. En dessous de tout ça, un lion grimpant vert sur fond rouge.
Les cinq officiers eux, avaient un grand triangle doré, entouré de rouge à gauche, de bleu à droite et de violet au dessous du triangle. Au milieu de cette bande violette, se trouvait le signe MR doré. Ceci, pour mieux les distinguer des gardes. Ces officiers étaient nommés par Divesens ou Maturabell pour cinq ans, choisis parmi les meilleurs gardes.

*
* *

Pendant ce temps, Malum, roi de Sevrius arma une grande flotte et une forte armée. Et il fit alliance avec les royaumes d'Anman, d'Ornium, d'Oïsis, d'Arille, de Soïrutum, de Marnéus, de Butwer, de Dumuret, d'Arléonium, de Liegium, de Musil, de Mosul, de Deubourg et de Rim, sur lesquels règnent les reines Laetia, le roi Prophèta, Potens, la reine Inferia, la reine Fidelia, le roi Dives, Assentator, Vexillus, AEstimatus, la reine Consternata, le roi Temperatus, Amicus, la reine Stella et le roi Bonus. Tous ils armèrent une grande et forte armée. tandis que Prophéta d'Ornium, la reine Inferia d'Arille et le roi Assentator de Brutwer armèrent une forte et puissante flotte de dix-mille vaisseaux.



Chapitre XXIII

Dans la seconde année de leur règne, la reine Maturabell et le roi Divesens réunirent le Conseil des Anciens et l'Assemblée Générale de Bertusiloris. Ils réunirent aussi, les assemblées de Cantor, de Castrum, de Yonium et de Dorius. Tous ces pays formaient l'Empire Doré.
Quand ils furent tous assemblés à Berlos, dans la Maison du Peuple, Maturabell habillée de sa robe azur et tenant le sceptre d'or, symboles de sa majesté, prit la parole en ces termes :
"Peuples ! Voici vos lois, ainsi édictées par la conscience royale, que j'ai décidé avec l'accord du roi. Vous la garderez pour une loi perpetuelle, de génération en génération. Il ne sera pas permit de l'oublier."
Cent scribes qualifiés dans les écritures, prirent sous la dicté tout les mots sacrés prononcés par la Grande Reine Maturabell :
" Personne n'a le droit de rendre la justice soi-même, et de s'ériger en justicier. Il faudra passer par la Cour Suprême, car tous, nobles ou gens du peuple, vous êtes égaux devant la loi.
Le peuple doit être sage envers ses princes. Les princes doivent être sages envers leur peuple.
Si un prince a une querelle avec une personne du peuple, l'affaire doit passer devant la Cour Suprême.
Si deux princes ont une querelle, ils doivent eux aussi passer devant la Cour Suprême.
Si cette Cour n'arrive pas à statuer sur leur différent, il le régleront avec les Armes de l'Honneur.
La Cour Suprême est l'Assemblée Dorée, et se tient à Dunamiplousi.
Lors d'une affaire d'Honneur, seuls les souverains peuvent rendre la Justice.
Il punira chaque homme selon la gravité de sa faute. Car c'est à l'homme de punir, mais à la femme de pardonner.
Vous ne mentirez point, et vous n'aurez qu'une parole, car votre parole est votre Honneur.
Vous ne volerez pas, car celui qui vole sera puni selon sa faute.
Celui qui vole un boeuf rendra deux boeufs. Celui qui sera prit sur le fait, perdra un an de sa vie dans un cachot. Celui qui tueras un animal sans raison valable, recevra cinquante coups de fouet.
Celui qui aura volé de l'argent ou de l'or, rendra ce qu'il a volé. Si il les a dépensés, le juge décidera du nombre de jours pendant lesquels le voleur travaillera pour sa victime. Il sera gardé par dix gardes.
Celui qui aura volé la vie d'un être humain, et que la victime n'a pas de parent-vengeur, le bourreau le lapidera sur la place publique.
Si la victime a des parents, ils auront trois années pour venger le sang versé.
Vos parents et vos princes vous respecterez.
Vous êtes placés aujourd'hui, en présence de votre Roi, l'Homme au Coeur d'Or.
Vous ne comettrez pas d'adultère, et vos couples resteront fidèles entre eux. Ne convoitez pas la maison d'un autre, ni sa femme, ni son serviteur, ni son boeuf, ni son âne, ni son cheval, ni rien de ce qui lui appartient.
Ne faîtes pas de faux témoignages.
Celui qui aura enlevé un homme ou une femme et l'aura vendu, si on l'a prit sur le fait, il restera en prison tout le restant de sa vie.
Si un homme blesse l'oeil de son esclave ou de son esclave mâle ou femelle, de manière à en lui ôter l'usage, il renverra libre à cause de son oeil, et lui paira une indemnité pour ses frais de guérisseur. Le même principe sera appliquer pour une dent, un bras ou une jambe cassé. Si il le blesse physiquement, il lui rendra la liberté.
Si un feu est allumé, et, s'étendant gagne les buissons et dévore une meule de blé, ou la moisson ou les champs d'autrui, l'auteur de l'incendie devra payer selon ce que le juge aura décidé.
Si un homme séduit une vierge, non encore fiancée, et cohabite avec elle, il devra en faire son épouse. Si ses parents la lui refuse, il paira la somme fixé pour la dot des vierges, qui est d'un talent pour les nobles et les prêtresses, ou d'un talent de cuivre pour les femmes du peuple.
Vous ne contristerez pas l'étranger, ni ne le molesterez.
N'humiliez jamais la veuve ou l'orphelin.
N'accueillez pas de faux témoignages, ni de dons corrupteurs, ni de richesses, car le juge corrompus, sera puni comme un voleur d'argent.
Si ton compatriote, près de toi, réduit à la misère, se vend à toi, ne l'achète pas, et aide-le sincèrement, selon tes moyens.
Comme tu vas dans une cité, vit comme ses habitants.

Il y aura l'Assemblé Dorée. Le peuple élira ses trois cents délégués. Cette assemblée a le pouvoir de proposer des lois extraordinaires. Le roi ou la reine a droit de veto sur toutes les décisions de cette assemblée. Celle-ci siègera à Dunamiplousi, et vous tous Doréens, aurait le droit d'y participer, car chaque délégué sera changé toutes les trois années.
Si il y a quelques affaires, qu'il soit nécessaire de régler et qui ne soit pas de la compétence du juge ou du magistrat en exercice, il faudra que l'Assemblée Dorée, avec l'accord de la reine ou du roi nomme un juge ou un magistrat, et lui donne le pouvoir executif pour cette question. Son pouvoir extraordinaire ne peux exceder six mois. Mais dès que l'affaire d'exception sera réglée, il est préférable qu'il remette à l'Assemblée sa démission.
Que celui qui foment des troubles parmi le peuple ou les nobles soit tenu pour criminel.

L'Ordre Doré, qui aura cinquante membres, nommés par le roi ou par la reine, et qui formera le Conseil d'En Haut, doit être sans tâche, car il doit servir de modèle aux autres. Seul, la reine ou le roi, a le droit de convoquer ce Conseil d'En Haut.
L'Assemblée Générale est l'Assemblée qui est composée des membres de l'Ordre Doré nommés pour cinq ans renouvlables. Elle est composé aussi des Soixante-Dix membres du Conseil des Anciens, des Douze membres du Conseil Militaire et enfin des trois cent délégués de l'Assemblée Dorée. Elle aura donc quatre cent trente deux membres, et toutes ces assemblées siègent à Dunamiplousi.

Vous tous Doréens, écoutez ! Voici vos jours de fêtes :
Le premier jour, le cinquième jour, le huitième jour et le douzième jour du premier mois.
Les quatrième, cinquième, dixième et dix-huitième jours du deuxième mois.
Les neuvième, dixième, onzième et vingtième jours du troisième mois.
Le deuxième jour du cinquième mois.
Les dix-septième et vingt-huitième jours du sixième mois.
Les dix-huitième et vingt-troisième jours du huitième mois.
Les seizième et vingt-septième jours du neuvième mois.
Les vingt-quatrième et trente-et-unième mois jours du dixième mois.
Les deuxième et troisième jours du onzième mois
Le quinzième jour du douzième mois.
Un jour dans l'année vous jeûnerez tous. Ce jour, sera le vingt-quatrième jour du troisième mois. Ainsi vous mortifierez vos corps durant la journée, de l'aube au coucher du soleil.
Tous ces jours seront des jours de repos, pour tous les habitants du Pays, qu'il soit Doréen, esclave, étranger ou même animal.

Les Yoniumiens, les Doriusiens, les Bertusilorisiens, les Castrumiens et les Cantoriens, forment dorénavant le peuple Doréen.

Voici quelques lois :
Si l'épouse d'un homme s'est faites montré du doigt à cause d'un autre homme, mais n'a pas été prise en flagrant délit, c'est l'Assemblée Générale qui la jugera.
Par contre si c'est un homme qui trompe sa femme avec une autre, il sera jugé comme un criminel de la plus vile éspèce.
Si un homme décide d'abandonner une épouse qui lui aura procuré des enfants, il rendra sa dot à cette femme. En outre, il lui donnera la moitié des champs, des vergers et des biens meubles et immeubles et elle élèvera ses enfants. Quand ils seront élevés, on lui donnera une part équivalente à celle d'un héritier hors de ce qui lui avait été accordé pour ses enfants.
Si un esclave épouse une femme libre, le maître de l'esclave ne revendiquera pas en esclavage les enfants que lui aura enfanté la fille de l'homme libre.
Les esclaves ont leurs droits, tous commes les autres. Celui qui possedera un ou plusieurs esclaves, mâles ou femelles, et qui enfreindra cette règle, soit en lui portant atteinte, soit en le maltraitant, devra affranchir obligatoirement cet esclave.
Celui qui frappera ses parents, sera puni d'emprisonnement durant un an.
Celui qui tue ses parents, sera punit de mort. Cet règle est sans appel.
Si une personne n'a pas le sou pour vivre, il ne doit pas mendier, sauf sur la route qui peut la mener au Palais des Pauvres à Dunamiplousi, où elle sera reçu, nourrit et logée, jusqu'au moment où elle aura un moyen de subvenir à ses besoins.
Si un homme a brisé un os à un homme libre, il lui payera, un dixième de sa richesse totale.
S'il est coupable de violence légère, c'est un vingtième de sa richesse totale qu'il paiera.

Chacun payera l'impôt, le roi y compris, d'un dixième par an. Celui-ci sera répartit pour les pauvres et au bon fonctionnement du royaume et de l'armée.

Il y atrois sortes de fonctionnaires :
- Les magistrats du royaume, nommés par les différentes assemblées, pour un temps et une mission précise.
- Les magistrats du roi, qu'il nomme pour une mission et un temps limité.
- Les magistrats de la reine, qu'elle nomme pour une mission et un temps limité.
Si une Assemblée veut faire et proposer une loi, seul le Conseil d'En Haut, aura pouvoir de dire si cette loi est juste, donc valable; si elle l'est, elle sera ajoutée à ces lois.

Voici les pouvoirs de votre roi :
Il fait des lois, les fait executer, il est le chef suprême de l'armée, tous ses sujets lui doivent le respect. Il est le juge suprême du royaume. Car il est l'Homme au Coeur d'Or.
La reine a les mêmes droits que le roi, et la grâce d'un condamné ne peut être obtenue que par elle.

La Garde Royale, n'a pour chef que la Reine, et elle est composé de cinq cent soldats. Ils sont habillés et armés comme les Gardes Dorés, mais le panache de leur casque a la couleur des violettes.
Ici se terminent les lois que je viens de dicter. Les acceptez vous ?
- Oui ! Crièrent à l'unisson les Délégués et les Anciens.
Alors Divesens se leva et prit la parole en ces termes :
"Vous acceptez les lois, maintenant il faudra les executer !"

Divesens et Maturabell étaient assis sur leur trônes dorés. Divesens coiffé de sa couronne d'or avait sur lui sa cape bleue brodé de vert, son pectoral de l'Ordre Doré autours du cou, et son sceptre du pouvoir dans sa main gauche. Leoglaux étant couché à ses pieds.
Maturabell aux yeux pers, était coiffée du diadème doré de la Reine, un collier d'or était pendu à son cou et deux bracelets dorés étaient accrochés à chaque poignet. Dans sa main gauche elle avait l'Etoile du Nord à l'un de ses doigts et, elle tenait la baguette dorée, signe de sa dignité et de sa majesté.

Ce même jour, Divesens dit devant toute l'Assemblée ces paroles, en l'honneur de sa femme aimée : Maturabell.

L'Amour est à l'homme, ce que la douceur est au miel.
La Haine est à l'homme, ce que l'amertume est au fiel.
Mon coeur s'attache au tien, car tu es Maturabell,
Car l'Amour est doux comme le miel.
Je voudrai être une larme
Pour naitre dans tes yeux
Tu es toute ma vie,
Si tu m'aime, je suis heureux.
Maturabell, tu es belle
Tout comme Belle.
Ta beautée est telle
Que je déplore la pauvreté
Du langage humain pour te décrire.
M'oublieras-tu ?
Après ce que j'ai fais,
Pour toi,
Pour moi.
Ton bonheur,
C'est mon bonheur.
Mon honneur,
Réside dans ton honneur.
Ta vie,
C'est ma vie.
L'Aurore aux doigts de roses,
Ne t'éclaire pas, toi,
Pareille à une rose,
Pareille à Belle,
Tu es très belle.
Ta beauté est telle,
Que ma vie durant je t'aimerai.
Devrais-je me perdre
Pour te perdre ?
Quel est mon espoir
De te voir ?
Pour ma peine,
Je ne désire pas de récompense.
Je déplacerai les montagnes
Pour toi;
Je traverserai les mers
Pour toi.
Quel Amour parfait
Que celui que je te porte,
Moi qui ne suis pas parfait,
Et que comme un enfant, je me comporte,
Qui adore embrasser
Chaque millimètre carré
De ta peau satinée.
Te souviens-tu de notre rencontre ?
Puisque nous étions contre
La mort; et que grâce à Léoglaux
Nous l'avons vaincu.
Ta vue m'éblouie, et
Je t'aimerai toujours
Car tu es le soleil de mes jours,
La lune de mes nuits.
Jamais, il ne me sera pardonné,
Si par malheur je devais t'oublier.
Ô toi, Maturabell,
Tu m'éclaire mieux que le soleil.
Quand je te voie,
Il devient noir.
Mon but est ton bonheur,
Ton bonheur, et non le mien,
Qui est partis de bonne heure.
L'amour que je te porte,
Ne peut me faire que du bien,
Car c'est l'Amour de
l'Homme au Coeur d'Or,
Car j'ai arpenté la terre, sans l'ombre d'un espoir,
Cherchant en vain, ce que je voulais percevoir,
Quand Belle t'envoya dans sa pitié si claire,
Ô ange incomparable, ô être exemplaire.
Mon rêve s'est fait réalité.
Mais, mon univers serait vide,
Si tu t'effaçais et te dérobais à mes regards avides.
Et mon coeur, lancerait ce cri,
Redit mille et une fois,
Ô ange apparu dans ma vie :
Sois à moi, sois à moi !

A ces mots, Maturabell se jeta au cou de son époux, et oubliant la noble Assemblée qui était présente, elle l'embrassa fougueusement.



Chapitre XXIV

Dans la quatrième année de leur règne, Divesens et Maturabell, durent faire face à une attaque de Malum, roi de Sevrius et de ses alliés. C'est ainsi que pour se défendre, Divesens conquit tous les territoirs du nord de Cantor et de Bertusiloris, au nom de Maturabell et de Belle.

Malum envoya son général Kuon et six légions, soient trente mille hommes. Il attaqua Cantor avec les troupes de Prophéta roi d'Ornium. Les Doréens qui étaient cantonnés levèrent le camps et battirent en retraite devant cette armée forte de soixante mille hommes. Les Doréens de Castrum firent de même, ils rentrèrent à Bertusiloris sans livrer bataille. Les généraux Licinius Silius de la division Epervier, et Vorenus de la division Buse envoyèrent à Berlos des messagers, afin d'expliquer la situation.
Pendant ce temps Malum envoya six autre légions, afin d'attaquer le royaume de Charien, avec l'aide du royaume d'Anman etsa reine Laetia. Arcanus, roi de Charien leva une armée de six légions. Mais devant le nombre il du plier, et obtenir l'aide de Divesens son allié. Il envoya des messager à Mur, la ville Doréenne la plus proche; et Divesens apprit la nouvelle. Alors, il convoqua le Conseil Militaire. Mais en plus des douze officiers supérieurs, il fit appeler tous les officiers dans la Salle d'Etat-Majors avec à ses côtés Caïus Lucillius Thassalocrate, Horatius Chef des Légions et Valérius Messala, Chef des Auxilliaires.
Il y avait pour la Division Lion le général Romuli et les Consuls Clelius et Menenius; Pour la Division Tigre le général Guyus et Coriolanius et Cincinatus. Pour la division Dragon le général Mucius, Quinctius et Cornuleius. Pour la division Serpent le général Caburus, Fabius et Manlius. Pour la division Ruine le général Cesticus, Surus et Flaminus.
Pour la division Aigle le général Marius et ses Consuls Labienus et Fibius. Pour la division Massacre le général Commius, Catuvolcus et Publius. Pour la division Cruelle le général Sertorius, Atrius et Caïus Fitius. Pour la division Oiseau, le général Procilus, Caïus Artius et Antistius. Pour la division Loup, le général Cavarinus et ses consuls Iccius et Aristius.
Pour la division Leopard, le général Titurius et ses consuls Arpinus et Pedrosidius. Pour la division Faucon, le général Valérius Messala, Chef des Auxilliaires et ses consuls Triantus et Bodugnatus. Pour la division Renard le général Dunnacus, Quintius Atius et Sedellus. Pour la division Ordre le général Tubonius, Sextius et Dubracus. Et pour la division Eléphant le général Domitius et ses consuls Caurion et Tasgetius.
Pour la division Chien, le général Caburus et ses consuls Vatinius et Lexotinus. Pour la division Chat, Memnius et ses consuls Lepidus et Volacius. Pour la division Panthère Verucleotius et ses consuls Mindaros et Polycrate. Pour la division Lynx, Licinius et ses consuls Gracchus et Velanius. Pour la division Buse, Vorenus et ses consuls Vertiscus et Drussus.
Pour la division Epervier, Licinius Silius et ses consuls Vistanus Lentulus et Sulpicus Gallius. Pour la division Royale Vestianus Atticus et ses consuls Cornélius Lentulus et Fabius Persicus. Pour la division Imperial Lucius Telisinius et ses consuls Licinius Solius et Caïus Gracchus. Pour la division Vipère le général Lecanius Bassus et ses consuls Celius Marius et Petronius Pontius. Pour la division Horatius I et Horatius II, le général Horatius Chef de la Légion; auprès de Divesens et les quatre consuls : Quintius Venius de la IL ème légion. Cornélius Lentulus de la L ème légion; Vittelius de la LI ème légion et le consul Lucius Apronius de la LII ème légion.
Pour la division Oïsis, le général Oïsus, roi légitime d'Oïsis et les consuls Marcus Valerius et Quintius Hoterius. Pour la division Ornium le général Ornius, roi légitime d'Orrnium et ses Consuls Julius Florius et Crinon.
Pour la division Sevrius I, le général Sevricus roi légitime de Sevrius et ses consuls Marcius Philopius et marcus Aurelius. Pour la division Sevrius II le général Caïus Sulpicius qui est Consul de LIX ème légion et le consul Jusius Blesius consul de la LX ème légion. Ainsi ce Conseil était un composé de vingt neuf généraux, cinquante-neuf consuls, de Divesens Coeur d'Or et Caïus Lucillius Thalassocrate.

Divesens décida qu'Horatius partirait sur l'heure pour Mur avec les divisions Horatius I, Horatius II, Lion, Tigre et Dragon afin de délivrer le royaume de Charien.
Que lui-même, avec les divisions Royale et Imperiale, il irait attaquer au levant, vers l'orient.
Donc Horatius marcha à la tête d'une armée composé de cent mille légionnaires, de dix mille cavaliers, dix mille archers lourds ou légers, cinq mille frondeurs et vingt mille auxilliaires : soient cent quarante cinq mille hommes. Il alla tout droit vers Mur; au bout de cinq jours il y arriva. La huitième jour, il fit sonner des trompes et l'armée se remit en marche.
Horatius savait qu'il devait aller à Sevri. Il marcha donc du côté du couchant, vers le midi et au bout de six jours de marche, l'ennemi fut en vue.
Les Sevriusiens et les Anmaniens, qui avaient envahit le royaume de Charien, avaient vingt légions, cinq mille cavaliers, trois mille archers et sept mille phalangistes. Ils étaient tous disposés en phalanges. Hecire le sevriusien, général en chef de cette armée, disposa ses troupes ainsi, dans la grande plaine au midi de Char, capitale de Charien.
Il mit au centre les phalangistes, sur les ailes les archers et plus loin, les cavaliers.
Horatius, lui disposa à six mille coudées de l'ennemi, les cavaliers sur les ailes et au centre. Puis, il plaça les légionnaires en formation de combat, c'est-à-dire, vingt-et-une manipules de cent légionnaires suivit de quatre "tortues" de mille légionnaires en phalanges. Puis, trois carrés de cinq mille légionnaires, et tout ce qui lui restait, il les plaça à l'arrière, en phalange; entre chaque légionnaire, il plaça des archers lourds et légers et des frondeurs. Il mis en reserve les auxilliaires et les disposa à deux mille coudées des troupes, et lui même à la tête des cavaliers du centre.
Durant trois heures, ils restèrent immobiles. Puis Hecire décida de la mise en branle de son armée, en rang très serré. A ce moment, Horatius, ordonna aux Cornicens et aux Tubicens de sonner la marche au combat ! Les deux aurmées s'ébranlèrent, Horatius à la tête de son armée chargea.
Avec ses cavaliers, il mit la panique dans les rangs ennemis, puis il se retira à l'arrière de ses troupes avec les cavaliers. Les légions enfoncèrent les phalanges ennemis , aidés des archers et des frondeurs qui semaient la panique et lançaient des projectiles sur les ennemis. Quand ceux-ci furent épuisés, ils se retirèrent; et un corps à corps s'engagea. Horatius réussit à blesser Hecire. Celui-ci vit que la bataille était perdue et ordonna la retraite. Ils s'enfuirent vers le royaume de Loïum, où des renforts les attendaient. Hecire pu donc y reconstituer son armée.
Au midi de Loïum, il y a une grande plaine. Horatius l'y poursuivit et lui livra bataille.
Celui-ci engagea cette nouvelle bataille avec la même stratégie que la première. Mais cette fois, Hecire ne fut pas blessé; alors il continua cette bataille, c'est ainsi que les légions doréennes se retirèrent et laissèrent la place à deux "tortues" qui fondirent sur les ennemis. Au son des trompes, ils se retirèrent rapidement en laissant la place aux phalangistes, soient vingt-mille auxilliaires qui achevèrent cette armée ennemie.
Horatius avait gagné sa deuxième bataille. Il fit mettre à mort Hecire.
Puis il fit route vers Castr, afin de s'approvisionner en nourriture. Ses pertes en soldats étaient négligeables.
Quand il arriva dans la cité, il vit devant lui une forte armée d'environ cent mille phalangistes. La stratégie d'Horatius était inconnue de Prophéta et ils livrèrent bataille près de Castr; et Horatius, en une seule bataille réduisit Prophéta et son armée à l'impuissance. Mais le roi Prophéta s'enfuit à Orni, capitale du royaume d'Ornium, dont il était le roi.
Horatius resta quelques jours à Castr en attendant des renforts. Quand les divisions Serpent, Aigle, Massacre, Cruelle et Oiseau arrivèrent, il marcha sur Sevri, capitale de Sevrius.

Pendant ce temps, et ce, dès le début de cette campagne, à Berlos, Sa Gracieuse Majesté, la Reine Sublime, la Regina Maturabell, reine des Quatre Points Cardinaux, qui avait peur pour tous ses soldats qui pouvaient mourir, ordonna à Caïus Lucillius dans son infinie sagesse, de prendre la mer.
Caïus s'embarqua de Reï avec les divisions Loup, Léopard, Faucon sans leur généraux, Lynx, Buse et Epervier. Il s'attacha les service des cinq mille navires de guerre de la Flotte Dorée, basée à Reï. Vêtu du vêtement du Général en Chef, il monta sur le navire amiral, qui prit aussitôt la mer. Long de plus de soixante coudées, mince, éffilé, sa proue fièrement relevée portait l'insigne du Thalassocrate: un dauphin doré bondissant. Sa poupe, haute et arrondie, où le timonier maniait les lourdes godilles qui faisaient office de gouvernail, était dominé par un gaillard où se trouvait la chambre du Thalassocrate,la seule du navire, en l'occurence, Caïus Lucillius. Dominant le tout, sur le mat, une flamme bleue claquait joyeusement dans le vent. Taillé pour la course aussi bien que pour le combat, fort de ses quarante huit rameurs et de ses cent marins doréens, le noir vaisseau de Reï la Doréenne était connu sur toutes les côtes de la Mer du Sud.
Le Maître-des-Rames, qui rytmait la cadence par ses coups de tambours, le salua en levant ses baguettes au moment où il s'approchait de lui. Caïus lui fit signe de continuer; le dépassant, il monta les degrés du petit escalier qui se trouvait derrière lui et se retrouva sur la proue. Son navire était suivit de milliers d'autres. Ils cachaient l'horizon du côté de la poupe. Il regardait le soleil plongeant dans la mer, qui comme chaque fois se transformait en une coulée d'or liquide qui semlait vouloir s'étendre jusqu'à la proue du navire à la voile blanche. Celle-ci, vigoureusement gonflée par un fort vent favorable allégeait considérablement l'effort des rameurs. "Ah ! que la mer est superbe, même bouillonante d'écume ! "se dit Caïus de son point d'observation.
De deux ports de la Petite Île du Sud, de trois ports du royaume de Dum et de huit ports Doréens, les noirs vaissaux qui suivaient celui de Caïus, sortirent à l'appel des trompes qui sonnèrent l'alerte et tous se rassemblèrent à Lapusdum, port d'Argon. Des navires de Gar et de Trium les y rejoignirent. Tous étaient placés sous le haut commandement de Caïus Lucillius.
Après cinq jours de navigations entre Ratis et Oia, la flotte, nombreuse, de Sevrius attaqua.
Sous les étraves sevriusiennes la mer disparaissait. Mais la flotte de Caïus couvrait aussi les flots. Plus rapide se fit le rythme des maillets sur les tambours de cuivre et le chant des rameurs toucha le paroxysme. L'eau bouillonna sous les proues lorsque les deux rangs de vaissaux se rencontrèrent. Les gorges des hommes étaient sèches et la peur tordait leur estomac. Puis, il n'y eut que les rugissements et les craquements, le chaos le plus extrême, les ondes éclaboussées et les cris des mourants.
Dans cette bataille, la Fortune fut du côté de Caïus. Sous ses ordres, la course de leurs vaissaux coupa en biais celle de leur ennemi, comme si ils avaient délibéremment offert leur flanc à leurs coups. Puis, soudain, ils virèrent de bord, épronant les plus proches des navires ennemis. Les bâtiments s'inclinèrent vers eux, leurs hommes tombant à l'eau ou à leur bord. Ses avirons sifflottaient dans l'air. Fendant l'air et la repoussant tour à tour, ils tâchèrent de se dégager des vaissaux qui coulaient. Mais à peine étaient-ils libérés que leur proue heurtait d'autres galères, et qu'un essaim d'ennemis s'abattait sur leur pont. Les planches gémirent sous le poid du combat. Les navires doréens formaient avec ceux des ennemis un inextricable fouillis. L'arme à la main, les marins doréens bondirent sur les ponts ennemis, grâce aux palissades qui les accrochaient.
Dans la mêlée, Caïus se retrouva sur un vaisseau sevriusien, et avant même qu'il eut compris ce qui se passait, il s'en était rendus maître, avait jeté à la mer sa figure de proue, qui était un aigle d'or, et fit passer par dessus-bord, tous ceux qui n'eurent pas le courage de se battre et de mourir sur les planches souillées de sang.
Plus tard, parmi les décombres on vit des corps souillés de sang en train de flotter.
Caïus avait perdu trois navires et trois cent marins. Les Sevriusiens avaient perdus, eux, soixante cinq vaissaux de ligne.
Après cela, les navires de Malum prirent la fuite et allèrent vers le nord. Caïus fit débarquer les légionnaires contenus dans cent vaissaux sur le territoir de Sevrius, entre Vernitica et Oia. Puis, il poursuivit ses ennemis vers le nord. Les ordres de Sa Très Grâcieuse Majesté, la Regina Maturabell étaient formels ; anéantir la flotte ennemie et envahir leur territoir.

Les flottes d'Arille et d'Ornium se joignirent à celle de Sevrius. Ainsi, Malum pouvait compter sur dix mille vaissaux, et Caïus n'en comptait pas moins de huit mille huit cent quatre ving dix sept.

Caïus dut livrer bataille, cette fois contre un ennemi supérieur en nombre; et c'est ainsi qu'il montra que son esprit était supérieur. Cette seconde bataille navale se déroula entre la Grande Île du Nord et Sevrius. Par une belle journée ensoleillé, Caïus plaça sa flotte en rang devant l'ennemi.
Il fit poster à l'avant des navires les vingt archers qu'ils contenaient, et il fit déverser deux des amphores contenant le bitume dans l'onde amer des flots marins, et fit reculer la flotte d'environ cent coudées, tandis que l'ennemi avançait. Sur chacun des navires doréens il y'avait des miroirs reflecteurs très puissants, il réfléchirent les rayons du soleil vers les voiles des Sevriusiens qui brulèrent rapidement. Ainsi une bonne partie de la flotte ennemie fut anéantie.
Puis, il fit bruler le bitume, donnant l'impression à l'ennemi que la mer se consumait. Les Sevriusiens et leur alliés eurent très peur. Puis, des vaissaux doréens, ils lançèrent des flèches enflammées qui brulèrent des navires sevriusiens, orniumiens et arrilliens.
Ce n'est qu'ensuite qu'il fit cracher le Feu Lucillien sous les vaissaux ennemis les plus proches. Afin d'achever sa besogne, il fit jouer le feu et le soleil sur les vaissaux ennemis. La panique était à son comble. Ils ne pouvaient plus diriger leurs vaissaux et ils s'épronnaient entre eux. Ainsi Caïus ne perdit pas un navire car il n'y eut pas de bataille réelle.

Ensuite, il continua sa route vers le nord, et il débarqua sur la Grande Île du Nord, qu'il réussi à conquérir au nom de Sa Très Grâcieuse Majesté, avec les divisions Loup, Léopard, Faucon, Lynx, Buse et Epérvier. Et il prit possession de cette terre au nom de la Regina, la reine Maturabell de Dorée.
Ils laissèrent là deux mille navires.
Pendant ce temps, dans les Chantiers Navals de Dorée, Maturabell faisait construire trois mille vaissaux.

Caïus reprit la mer et se dirigea vers Sevrius et au bout de deux jours de navigation, il débarqua avec son armée, sur une très grande plage. Du haut des collines et des dunes, des soldats sevriusiens arrivaient en grand nombre, et là, il dut à nouveau livrer bataille.
Il fit peu de prisonniers, et quand il remporta cette victoire, il marcha vers Sevri, en laissant la flotte là où ils avaient débarqué.
Au bout de six jours de marche ils arrivèrent à Sevri; le même jour qu'Horatius.
Ils construisirent des barricades et des fortifications autours de la ville.
Ils entamèrent le siège de Sevri.



Chapitre XXV

Divesens était dans son palais de Berlos en compagnie de Maturabell, la Regina, sa femme. Il lui dit ces paroles ailées :
"- Sais-tu que demain je dois partir avec mes deux divisions conquérir ces territoirs lointains. Tu sais aussi bien que moi que les dangers seront nombreux. Si il devait m'arriver malheur qui sera mon remplaçant, qui gouvernera ?
- Je t'en prie, ne parle pas ainsi. S'il t'arrivais quelque malheur, crois-tu que je pourrai te survivre et continuer de vivre ainsi dans ce beau palais, loin de tes yeux ? Je t'en supplie, ne parle pas ainsi, ne penses pas au pire."
Ayant parlé, il la prit dans ses bras, et l'enlaçant, ils oublièrent le monde qui les entourait. Cet instant s'étira jusqu'à devenir éternel. Les quelques serviteurs qui attendaient quelques ordres étaient mal à l'aise. Mais reprenant ses esprits, Divesens les renvoya, et il passa la nuit avec celle qu'il a aimé, qu'il aime et qu'il aimera toute sa vie, d'année en année, jusqu'à son dernier souffle.
Le lendemain, le coeur de Divesens fut près d'éclater, lorsqu'il vit au détours du chemin disparaitre la large porte du palais où était celle qu'il chérissait. C'est avec le coeur gros et plein de tristesse qu'il partit avec les division Royale et Imperiale.
Ils avançèrent rapidement.
Lui-même, armé de pied-en-cape : Alédikaniké, et sur son écu, son emblême dessiné et peint.
Ils allèrent vers Marnium à marche forcé. Ils traversèrent les royaumes de Musil, de Mosul et de Rim en allant vers le nord. Il continua vers Dub, la capitale de Deubourg. Là, une grande et forte armée l'attendait. Il fit envoyer des messagers rapides à Berlos, pendant qu'il se repliait avec ses deux divisions.
Les messagers furent reçu par la Regina, Maturabell qui entendit le message de son époux, celui-ci constituant en une demande de renfort.
Elle lui fit donc parvenir les divisions Renard, Ordre, Eléphant, Chien et Chat. Elle lui envoya aussi Leoglaux, son lion ailé.

Dès que ces renforts parvinrent à rejoindre Divesens, il firent un massacre impressionant de soldats ennemis.
Les Liegiumiens aidèrent les Deubourgiens dans cette bataille.
Divesens appliqua la stratégie et la méthode de combat doréenne, comme l'avait fait Horatius. Ce fut la débâcle pour les ennemis, car beaucoup s'enfuirent. Divesens et son armée avançait dans le froid de l'hiver naissant, et la neige avait déjà fait son apparition. Il traversa les royaumes de Liegium et de Brutwer. Il alla à Arille, capitale du royaume d'Arille. Il en fit le siège qui dura peu de temps, car les habitants affamés firent dont de leur ville, en échange de leur vie et de leur liberté.
Heureux de ne pas avoir perdu trop d'hommes, ni trop de temps, Divesens marcha vers Oï, capitale d'Oïsis, puis vers Marné, capitale de Marneus. Puis il entra dans la Terre de ses Pères : Cantor. Là, il fit le serment devant cent quatre vingt treze mille soldats, que jamais il ne rentrerait à Berlos et ne verrait sa femme, tant qu'il n'aurait pas détruit Sevri, et tué le roi Malum.
Ensuite, partis de Cantor il alla vers Ornium, puis à Anm, capitale d'Anman, et de là, il partit à Orni, capitale d'Ornium. Après son séjour là-bas, il partit pour Sevri, où Caïus Lucillius et le général Horatius l'attendaient.
Autours de Sevri, et à bonne distance de la ville, les Doréens firent dix camps retranchés, et la cité était entouré. Elle subit un siège d'un genre nouveau, inventé par Lucillius et Horatius.
Ainsi, de tous les côtés des remparts, on pouvait voir une multitude de tentes, d'étendards et d'enseignes.
Durant quinze jours, la ville fut affamé. Divesens fit creuser devant ses fortifications de bois des trous profonds et serrés les uns aux autres, dans lesquels il plaça des pics, dont la pointe regardaient le ciel.
Le seizième jour après l'arrivé du roi, les Sevriusiens tentèrent une sortie. Ces derniers étaient angoissés, et la faim tordait leurs estomacs. Sur les ordres de Malum, ils attaquèrent les fortifications qui étaient en face de la Porte Droite, la principale de la ville. Beaucoup d'entre eux moururent avant d'arriver à une coudée des fortifications. Alors, il se retirèrent à l'interieur des murs.
Durant cent vingt jours, Divesens fit subir siège et assauts à la ville réputée imprenable. Puis, le cent vingt et unième jour, il fit préparer son armée. Durant quelques jours d'attentes, il avait fait construire des catapultes, des balistes, des onagres et des tours mobiles.
Il fit sortir des camps retranchés ces machines. Lui-même à la tête de la cavalerie forte de quarante six mille cavaliers, se retira, et se plaça près des grandes portes de la ville.
Il mit sous les ordres de Caïus Lucillius les quatre vingt douze mille auxilliaires, qui ne devaient intervenir qu'en cas de besoin.
Horatius, à la tête des quatre cent soixante mille légionnaires se mit en marche contre la ville.

L'assaut final était lancé.
Les archers furent placé aux côtés des légions, ou juste à l'arrière des palissades afin d'éviter trop de morts chez les Doréens.
Les machines de guerre doréennes étaient lancés pour approcher des murailles. Beaucoup de soldats se mirent ainsi : en rang serrés, ils se protégeaient de leur boucliers, ceux du premier rang les tenaient devant eux, ceux des files lattérales les tenaient sur les côtés, vers l'exterieur. Tous les autres portaient leur bouclier à bout de bras, au dessus de la tête, en les inclinant de façon à devier et eviter les projectiles.
Les catapultes et les onagres entrèrent en action dès la première sonnerie des cors et tubas, détruisant ainsi une grande partie des murailles de la ville.
A la deuxième sonnerie, les basiltes entrèrent en action; tuant ainsi de nombreux défenseurs de la ville.
A la troisième sonnerie, les archers et les frondeurs décochèrent de nombreux traits et pierres, et massacrèrent beaucoup de soldats ennemis. Une grande partie des murailles était détruite. On avança les catapultes et les onagres vers la ville.
Divesens à la tête des cavaliers envahirent la ville et massacrèrent tous les soldats, en achevant tous les mourants. Les légionnaires entrèrent dans la cité à la quatrième sonnerie. Ils mirent le feu à la ville.
Divesens alla au palais de Malum. Il le chercha et le trouva armé et prêt à combattre un eventuel ennemi. Cet ennemi fut Divesens Coeur d'Or ! Aledikaniké à la main, il dit ces paroles ailées :
"- Ainsi, meurtrier, tu croyais échapper à la vengeance des Plouton et de la Justice immanante. Tes pères ont tués les miens, ainsi, toi, sans descendance, tu dois mourir !
- Ais pitié d'un pauvre homme ! supplia Malum.
- Tu n'as pas eu de pitié pour eux.
Puis il cria, las de combattre:
Alédikaniké, l'Epée de la Victoire, de la Justice et de la Verité, fais ton devoir."
Et l'épée brilla de mille feux, et Divesens la lâcha. Elle alla d'elle-même se ficher dans le coeur de Malum (s'il en avait un !), qui mourut en disant : "qu'ainsi périssent toux ceux qui auront fait le mal sur terre!"

Après cela, des nuages noires passèrent au dessus de la ville. Le tonnerre tonna et de nombreux éclairs zébrèrent de mille feux dans le ciel noir. Quand les nuages se retirèrent, laissant le soleil briller de nouveaux, Divesens, fidel à son serment, délivra les femmes, les enfants et les vieillards, puis, il pilla la ville de ses trésors et l'incendia.
Il disperça les habitants vers tous les horizons, et lui, Caïus Lucillius, Horatius et les vingt-trois divisions qui les accompagnaient se mirent en marche, en bon ordre.

Quand il rentra à Berlos, Maturabell aux Yeux Pers l'accueilli et lui offrit un festin à lui et tous ses officiers. Elle offrit des trésors à tous les soldats qui avaient contribué à la victoire.
Durant ce festin, elle dit à Divesens ces paroles ailées :
"Vois ! Il ne peux y avoir de doute dans mon esprit : je vais te donner un enfant que tu aura engendré."
Leur joie fut telle, qu'il offrirent à tous leurs proches et à leurs amis des lots de terre au nord d'Arille, de Brutwer, de Deubourg et dans la Grande Île du Nord.

Quand l'enfant fut né, Divesens offrit des cadeaux à tous les habitants de Berlos.
Il appela l'enfant, qui était son fils : Imperator. Ainsi Imperator, fils de Divesens Coeur d'Or, fils d'Imper le Prince, fils d'Imperator de Sergia était né.
L'enfant était bien fait de corps, et, plus tard il serait surement un grand roi !



Chapitre XXVI

Quand trois lunes eurent passées après la naissance du prince Imperator, qui était au centre de toutes choses depuis ce jour, les provinces conquises de Doré, s'allièrent de nouveau contre l'Empire Doré.
Même les anciens alliés de Doré, tels que Argon, Paru, Gar, Trium, Charien, Loïum, Marnium, Mustir, Limian, Torone et Dum s'allièrent aussi, car ils avaient peurs de subir le joug doréen, qui pourtant était bienfaisant.
Ainsi, tous ces royaumes s'allièrent contre Divesens Coeur d'Or, roi de Doré. Il croyait vivre en paix avec ses voisins.
Argon plaça cinquante mille fantassins et deux mille cavaliers. Paru plaça quarante mille fantassins et trois milles cavaliers. Gar, plaça trente mille fantassins et deux mille cinq cent cavaliers, ainsi que Trium. Charien plaça cinquante mille fantassins et trois mille cavaliers. Loïum leva une armée de dix mille fantassins et mille cavaliers. Le royaume de Mustir leva une armée de soixante mille fantassins et cinq mille cavaliers. Limian plaça dix mille fantassins et mille cavaliers. Torone plaça cent mille fantassins et huit mille cavaliers. Et Dum, enfin, plaça cinquante mille fantassins et cinq mille cavaliers.
Tous ces soldats allèrent à Oïsis, lieu de rencontre et de rassemblement pour tous.
Le royaume de Sevrius reconstitua une armée de vingt mille fantassins et mille cavaliers. Ornium plaça cinq mille fantassins et mille cavaliers, ainsi qu'Oïsis. Anman plaça six mille fantassins et mille cavaliers. Arille, SOïrutum et Marnéus placèrent dix mille fantassins et deux mille cavaliers chacun. Les royaumes de Brutwer, d'Arléonium, de Dumuret et de Liegium placèrent dix mille fantassins et trois mille cavaliers. Musil, plaça dix mille fantassins et deux mille cavaliers. Les royaumes de Mosul, de Deubourg et de Rim placèrent vingt mille fantassins et cinq mille cavaliers chacun.
Toutes ces armées, se rassemblèrent à Oïsis, près de la frontière de Cantor. Ils ne formèrent qu'une et une seule armée de deux cent cinquante et un mille fantassins et de soixante et un mille cavaliers. Ils élirent pour chef Hostilis, roi de Torone; puis ils envahirent Cantor et campèrent près de Sergia.

Dès que Divesens l'apprit, il alla à la tête de l'armée doréenne, composée pour l'occasion des divisions Lion, Tigre, Dragon, Serpent, Ruine, Aigle, Massacre, Cruelle, Oiseau, Loup, Léopard et Faucon : soient deux cent quatre mile légionnaires, vingt-quatre mille cavaliers, autant d'archers, douze mille frondeurs et quarante huit mille auxilliaires.

Au bout du vingtième jour, les deux armées campèrent face à face, près de Sergia, dans la province doréenne de Cantor.
Deux jours plus tard eut lieu la bataille de Sergia.
Hostilis plaça ses troupes ainsi :
Il divisa sa cavalerie en deux, qu'il plaça sur les ailes droite et gauche, ainsi, il nomma deux Chef de Cavalerie. Puis, lui même à la tête de ses soldats, qu'il plaça sur plusieurs rangées, en face des Doréens. Ils formaient de grandes lignes devant les Doréens et étaient plus nombreux qu'eux.

Divesens, quant à lui, plaça ses troupes ainsi :
En retrait, à l'arrière, il mit les phalangistes auxilliaires. Devant eux, mélangés aux archers et aux frondeurs, il plaça les légionnaires. Et dans le centre, il mit la cavalerie.
Il plaça deux cent archers sur les collines et derrière les rochers, avec l'ordre de décocher leur traits le plus longtemps possible.
Hostilis fit marcher son armée sur les Doréens qui attendaient sur place, mais qui décochaient des flèches et des pierres de frondes meurtrières de tous côtés. C'est ainsi que parmi les ennemis tombèrent des dizaines et des dizaines de combattants.

Quand cette première action fut terminée, Hostilis recula avec son armée. Divesens à la tête de la cavalerie se lança à travers les rangs ennemis, où ils semèrent la panique. Puis, se retirant, il laissèrent la place à Horatius, qui à la tête des légionnaires, massacra des centaines d'ennemis. En Même temps, Valerius Messala, à la tête des auxilliaires attaqua la cavalerie ennemie. Cette bataille devant la ville de Sergia, fut une grande victoire pour les Doréens.
On dénombra deux cent mille fantassins morts chez les ennemis, et cinquante mille cavaliers mordirent la poussière.

A son retour à Berlos, Divesens envoya les divisions Sevrius I et Sevrius II dans la province de Sevrius, la division Ornium dans la province d'Ornium et la division Oïsis dans la province d'Oïsis.

Ainsi, la Regina, Sa Très Grâcieuse Majesté, la Reine des Quatre Points Cardinaux, Maturabell aux Yeux Pers possedait un empire aggrandit, comptant jusqu'à trente provinces.
Ainsi, un commerce florissant s'étendit, par mer et par terre dans les royaumes à l'orient de l'Empire Dorée.
La Paix regnait dans tout l'Empire, Divesens décida de voyager, afin de connaître les contrées lointaines et inconnues.
Il plaça Caïus Lucillius et l'Assemblée Dorée à la régence de l'Empire.
Maturabell laissa son fils à sa nourrice, et Magister, fils de Magister prit son éducation en main.

Ils prirent une compagnie de la Garde Dorée et allèrent à Reï, où ils furent reçu par Matellus Rex, gouverneur de Reï.
Ils embarquèrent sur cinquante vaissaux de guerre, et le couple royale prit le Navire Royal. Ils prirent la direction de l'Orient, vers les terres inconnues et riches.
Quand il partit, le Palais des Pauvres était achevé, ainsi que quelques autres monuments.
Il décida d'attendre son retour pour la construction du Palais de Dunamiplousi.

Dix jours avant la naissance d'Imperator, Caïus Lucillius, avait eu une fille qu'il nomma Ourana.



Chapitre XXVII

Imperator grandit chez Caïus Lucillius, avec Ourana.

Quand ils eurent tous les deux eurent cinq années de vie, ils mirent le feu par inadvertance dans les magasins du palais. Caïus, le père d'Ourana, pour les punir, les envoya faire paître les troupeaux de celui-ci, comme de simples petits bergers.
Durant cette action, une brebis se perdit dans les bois, alors ils allèrent à sa recherche, et à leur grand émerveillement, ils virent devant eux un Grand Cerf Blanc, qui s'approcha d'eux et leur dit ces paroles ailées:
"Plus tard, vous vous marierez, et vous unirez les deux amis par votre Amour. Ainsi, de vous naîtrons des Rois Puissants et Sages sur cette Terre".
Et à leur grande surprise, le Cerf Blanc s'envola et disparu.
A sa place se trouvait la brebis perdue. Ils rentrèrent chez eux, et racontèrent ce qui était arrivé à Caïus Lucillius, qui dit ces paroles forts sages: "Le temps fait les choses ! Qui vivra verra!"



Chapitre XXVIII

Long de soixante coudées, escorté de cinquante navires de guerre, mince, éffilé, sa proue finement relevée portant l'insigne des Souverains, un lion de mer en or incrusté de pierres précieuses et de lapis-lazulli. Sa poupe haute et arrondie, où le timonier maniait les lourdes godilles faisant office de gouvernail était dominé par un gaillard où se trouvait la chambre des souverains, la seule du navire. Taillé pour la course, fort de ses cinquante rameurs et gardé par vingt archers, le noir vaisseau de Reï la Doréenne commençait un long voyage. L'or resplendissait dans tout le navire. Tel était le navire de Divesens et de Maturabell.
La Regina et son époux regardaient l'horizon, le soleil sortait de la mer, et comme chaque fois se transformait en une coulée d'or liquide qui semblait vouloir s'étendre jusqu'à la proue du navire à voile blanche.
Après vingt jours de navigation, vers le Levant, une forte tempête se leva, et, leur cinquante vaissaux d'escorte sombrèrent corps et bien au fond des plaines infertiles. Un nuage enveloppa le noir navire royal, et les deux souverains s'évanouirent de peur.

Quand ils revinrent à eux, ils étaient seuls et naufragés sur une terre inconnue. Le noir vaisseau doréen n'avait subi aucun dommage. Ils étaient les seuls survivants. Maturabell eu peur, car elle ne savait pas où elle était, mais elle eut la présence d'esprit d'aller explorer la terre où ils avaient échoués. Ils étaient sur une terre inconnue, mais non hostile.

Ils marchèrent longtemps avant d'arriver dans un petit village. Ils se renseignèrent auprès des habitants. On leur répondit qu'ils étaient dans l'île de Crété, et que leur seigneur était le prince Rhadamanthe, frère du roi Minoos, qui règnait sur l'île à quinze jours de marche du village. Ils passèrent la nuit chez ces paysans, qui étaient très hospitaliers. Le lendemain, ils allèrent voir le prince Rhadamanthe, qui vivait ce jour à Kydonia.
Là ils furent très bien reçu par le Prince. Il leur offrit un festin, et il prit la parole en ces termes :
"- Qui êtes-vous, étrangers, et pourquoi marchez vous sur mes terres ?
- Nous avons été pris dans une tempête, et nous nous sommes échoués non loin d'ici.
- Je dois partir aujourd'hui pour Cnossos, où règne mon frère Minoos. Viendrez-vous avec moi ?
- Oui, car nous avons besoin d'aide, répondit Divesens. Je ne t'ai pas dit qui nous étions, continua-t-il. Nous sommes le roi et la reine de Royaume de Doré. Voici la Regina, Sa Grâcieuse Majesté, la Reine des Quatre Régions, Maturabell, ma femme adorée, et je suis le roi Divesens.
- Je vous connais de réputation. On dit que tu es un roi emplis de noblesse, genereux, loyal, juste et courageux. Nous faisons du commerce avec Reï, qui est un très grand port. Venez maintenant, partons pour Cnossos."

Ils suivirent le prince, et ils embarquèrent sur un vaisseau, très beau, qui en quelques temps, avec un vent favorable, arriva au port de Cnossos.
Ils allèrent directement au palais du roi Minoos, et y entrèrent par la Porte Nord. Il traversèrent la Salle Hypostyle Nord, puis le Passage de l'Entrée Nord. Ils se retrouvèrent ainsi dans la grande Cour Centrale du palais. Ils pénètrèrent dans vestibule de la Salle du Trône, et enfin dans la Salle du Trône elle-même. Les trois murs étaient flanqués de banquettes, en pierres, qui s'interrompaient au centre du mur nord où était la place du Siège Royal de Minoos. On voyait une fresque où deux griffons se regardaient. Les couleurs rouge, blanche, noire et bleu y étaient representées à profusion; et Maturabell fut émerveillé devant la beauté de cette fresque.
Sur les banquettes étaient assis les dignitaires et les courtisans. Ils virent les étrangers et se mirent à rire. Minoos desapointé envers leur attitude les renvoya et accueillis son frère et ses amis.
"- Enfin Rhadamanthe, mon cher frère, j'attendais ton retour à Cnossos. Les nouvelles que j'ai reçu de Mallia sont bonnes.
- Permets-moi, mon frère, de te présenter Divesens Coeur d'Or et sa femme Maturabell aux Yeux Pers et aux Bras Blancs. Ils se sont échoué sur notre île.
- Soyez les bienvenus au Labyrinthe; mais venez avec moi. Je n'aime pas beaucoup cette salle du trône. Venez !"
Ils le suivirent tous les trois et allèrent dans la salle qui suit celle du Trône. C'était le Sanctuaire Interieur. C'était une petite pièce sombre qu'une lampe à huile éclairait. Là, Minoos s'assit à même le sol, et les invitant à faire de même, il leur dit :
"- Divesens, j'ai confiance en toi. Dans deux jours, Rhadamanthe doit affronter le Taureau Puissant. Mais nous savons tous que quelqu'un éssaira de le tuer, car il a des ennemis ici, au Labyrinthe. J'ai beau être le roi, je n'arrive pas forcément à réprimer certaines choses...
- Je n'ai peur de rien, coupa Rhadamanthe, tu le sais bien mon frère. Mais ta femme Pasiphaé, est-elle toujours aussi folle ?
- Je t'en prie, ne m'en parle pas maintenant.
- Comment va ta fille Ariana ?
- Elle va bien. Elle participera au Jeu du Taureau, comme toi. Savez-vous, dit-il en s'adressant à Divesens et Maturabell, que si une personne est tuée durant ce jeu, cela voudra dire, que dans l'année qui suivra, un ou des malheurs surviendront dans l'île ?
- Comment vont tes filles Acacalis, Phèdre et Xenodicé, tes fils Catré, Deucalion, Glaucos et Androgé ? Tu crois qu'on voudra me tuer ?
- Oui, tu ne dois pas participer au Jeu Sacré.
- Que vont dire les autres participants, si je manque à l'appel? Je suis un vétérant de ces jeux, et je ne crois pas qu'il m'arrivera quelque chose.
- Fais ce qu'il te semble bon. Mais je t'aurais prévenu. Maintenant, toi et tes hôtes, allez dans ta maison de Cnossos. N'oubliez pas de revenir ce soir, pour la Fête Sacrée."

Ils quittèrent Minoos et passèrent par la Voie royale, et quand ils firent quelques pas, ils tournèrent vers le midi, où il y avait la maison Rhadamanthe, une très belle maison décoré de fresques. Quand, il y entrèrent, Maturabell et Divesens furent émerveillé de voir des dessins peints sur la mer : il y'avait un singe bleu, un homme conduisant d'autres hommes à la peau noire, le plus merveilleux, c'était un oiseau bleu, chantant parmi les roches multicolores, les iris et les églantiers.
Quand ils eurent fini de les admirer, Rhadamanthe leur proposa une petite collation, qu'ils acceptèrent sans se faire prier. Puis, il leur fit don de quelques vêtements. La robe qu'il donna à Maturabell l'étonna, car elle était brodée d'or et d'argent. Elle lui couvrait tout le corps à l'exception des bras et de la poitrine qui restaient nus. Quand elle la passa , sous les yeux émerveillés de Divesens, ses belles joues s'empourprèrent, et bien vite, elle comprit que c'était se donner beaucoup de peine pour rien que d'essayer de se révolter contre cette audace.En effet, toutes les femmes de l'île portaient ce type de vêtement. Elle croisa ses bras machinalement sur ses seins, mais bien vite elle se ravisa sur son geste pudique : son mari les avait déjà vu.
Rhadamanthe, fit faire pour Maturabell par un artisan-coiffeur, une coiffure artistement faite, et lui posant des diadèmes et des perles en retrait. Ainsi, Maturabell était la plus belle ! Divesens en la voyant senti ses tempes et son coeur battrent très fort, et ses membres se liquéfier.
Divesens, lui reçu un pagne de lin bleu azur, orné d'un galon vert et étroitement serré à la taille. Un bandeau blanc entourait sa tête, et un poignard triangulaire au manche d'or ouvragé et incrusté d'argent était passé à sa ceinture de cuire; ce poignard, que lui avait offert Rhadamanthe, en gage d'amitié.
Quand le soleil se coucha, il retournèrent au palais. Il comprenait d'innombrables pièces et chambres autours de la Cour Centrale. Sur les murs de la Salle de Récéption ondulaient des algues et des pieuvres nageaient dans une eau transparante.
La Grande Salle était pleine de gens habillés plus étrangement et luxueusement les uns que les autres. Ils circulaient et s'entretenaient entre eux avec vivacité, ils riaient, et buvaient dans des petites coupes d'or ou d'argent des boissons fraiches, des vins ou des jus de fruits; et les femmes comparaient entre elles leurs toilettes.
Divesens et Maturabell, à peine honteuse de sa tenue, furent étonné de voir autant de gens discuter entre eux. Rhadamanthe les présenta à quelques uns de ses amis, puis ils allèrent voir Ariana, qui parlait avec sa mère Pasiphaé et sa cousine Britommartis. Quand elles virent leurs hôtes et oncle arriver, elles allèrent à leur rencontre et les saluèrent bien bas. Elles avaient le même âge, soit près de vingt printemps, et elles étaient toutes les deux des Participantes comme le prince Rhadamanthe, qui devaient se mesurer au taureau.
Après les présentations, elles allèrent avec leurs hôtes dans la Salle du Sanctuaire, où se trouvait le Trésor Sacré. Là, ils se couvrirent le visage d'un voile léger, car aucun être humain ne peut voir la Déesse-Mère. Il y avait plusieurs idoles en faïence représentant la déesse. Sur le mur, de magnifiques fresques, que Maturabell et Divesens admiraient étaient peintes. L'un des personnages de ces peintures murales était une prêtresse, très belle vue de profil, au grand oeil calme et profond, de longs cheveux noirs et une bouche rouge. Elle était représenté assise sur un siège, et recevait avec des prêtresses et des prêtres les coupes sacrées qu'on leur offrait. Maturabell rêvait d'un palais semblalble à celui-ci. Quand Ariane, Britommartis et Rhadamanthe eurent finis de prier, il était déjà tard et alors, ils allèrent se coucher dans la maison du prince.
Le lendemain, la ville était en liesse et une grande agitation règnait, car le lendemain, c'était le Jour de la Fête Sacrée.
Ce jour là, tant attendu, arriva enfin. Divesens et Maturabell furent amenés au Palais-Temple, et tous les membres de la Famille Royale étaient installés sur des terrasses aux étages supérieurs qui entouraient la Coure Centrale. Tous étaient là. Minoos présidait la cérémonie, avec la Grande-Prêtresse Mère, sa femme : Pasiphaé. Divesens et Maturabell furent introduits auprès d'eux.
Quand il y eut le silence, cinq Participants sortirent de la Salle du Sanctuaire. Il y avait Ariana, Britommartis, Rhadamanthe et deux inconnus. Puis, on fit sortir un taureau furieux. Dès qu'il vit Rhadamanthe, il fonça en avant dans sa direction. Divesens et Maturabell eurent très peur pour leur hôte et ses compagnons. A leur grande surprise, ils virent Britommartis saisir les cornes de l'animal, suivit d'Ariana et des deux inconnus, executant un saut périlleux par dessus le dos de l'animal, pour se retrouver debout sur le sol. Puis ce fut Rhadamanthe qui saisit les cornes du taureau, et Britommartis executa elle aussi le saut périlleux; et en un tour de rein, elle se retrouva debout sur le sol.
Pendant que l'on ramenait le fauve fatigué, des hommes sortirent du vestibule de la Salle du Trône, et armés d'arcs et de flèches, ils menacèrent le prince desarmé. Divesens, alors, sauta de l'étage dans la Coure Centrale, et armé de son poignard, il réussit à tuer deux hommes, tandis que les autres furent maîtrisés et arrêtés.
Rhadamanthe, pour les remercier, lui et Maturabell, leur offrit une belle maison à Mallia, qui est à environ une journée de marche de Cnossos, et à trois hures à cheval. A l'orient du palais, une joilie maison lui appartenant, il leur donna.
Ceux qui furent mis en prison avouèrent que Sarpédon, le propre frère de Minoos et de Rhadamanthe, jaloux de la popularité de ce frère, voulut le tuer. On les mit à mort sur ordre de Minoos, et, Sarpedon fut exilé dans un pays du nord.
Minoos appela Rhadamanthe, Divesens et Maturabell dans la Salle du Trône.
Voici les paroles ailés qu'il leur adressa à tout les trois :
"- Vous avez bien vu se qu'on a essayé de faire à toi mon frère. Or, voici, je vais te donner une mission. Tu devras aller dans les pays que voici : au Royaume des Deux Couronnes voir le Roi des Deux Pays, le Pir'ho, puis tu iras voir le Lugal au pays de Chaldénie, puis sur les côtes de Grande Mer, et enfin tu iras au nord de l'Île Heureuse, et ensuite dans le pays de Divesens, soit le Royaume Doré.
- Pourrais-je me faire accompagner de Divesens et Maturabell, s'ils veulent bien me suivre?
- Oui ! Et tu reviendras avec des trésors de ses contrées lointaines.
- Nous acceptons de l'accompagner, dit Maturabell, car nous voulions justement connaître des contrées lointaines et riches."

Le soir même, Rhadamanthe, Divesens et Maturabell préparèrent leur voyage vers le Royaume des Deux Couronnes. Huit jours plus tard, ils embarquèrent sur un beau et fort navire, long de plus de cinquante coudées.
Il y avait deux cabines, une pour le couple royal et l'autre pour Rhadamanthe. Ils embarquèrent dans le port de Cnossos, ils longèrent la côte jusqu'à Zacro; et de là, ils partirent avec leur dix vaissaux d'escorte et de transport vers le Double Royaume. C'est durant ce voyage que Rhadamanthe expliqua au Couple Royal les usages de l'Île Heureuse :
"Le Roi est aussi le Grand-Prêtre. Sa femme est la Grande-Prêtresse Mère. Toutes les quatre-vingt quatre lunaisons environ, le Roi, va voir le dieu suprême, qui lui donne des lois justes. Le Roi est aussi l'Administrateur, le Juge Suprême, le Chef des Armées et le Thalassocrate.
Il doit recevoir les nobles étrangers tels que vous, et échanger des présents. Chez nous la Première Partie, c'est le Clergé, puis ce sont les Soldats. Ensuite, viennent les Agriculteurs et les Eleveurs, qui doivent donner une partie de leur récolte et de leur bétail à la Famille Royale, au Clergé et aux Soldats. Enfin, il y a les Artisans.
Les mines de métal appartiennent au Roi.
La femme mariée reste chez ses parents, jusqu'à ce qu'elle peut régler les problèmes domestiques avec son mari. Elle garde le contrôle de ses biens propres après le mariage. Epoux et femmes peuvent divorcerà leur gré; mais en ce cas, la femme reprend la dot, la moitié des acquits du couple et tous les vêtements tissé par elle. Si le mari a provoqué le divorce, elle a droit à cinq statères d'argent.
La femme reçoit sa part d'héritage comme un homme.
La trahison est punit de la peine de mort.
Nous adorons et rendons hommage à plusieurs dieux et déesses. Ma déesse préférée est Dictynna, qui me protège, et peut-être que grâce à elle, je vais trouver la femme que j'épouserai. Il y a aussi la Grande Mère, que l'on représente souvent avec des serpents; mais je crois qu'elles sont les mêmes.
L'une de nos lois les plus sacrées est l'hospitalité. C'est au nom de cette loi que je veux vous emmener avec moi, dans les terres étrangères lointaines et riches."

Bien des jours, la mer ondoya devant eux, immense et sans rivage. Mais ils n'avaient pas peur, car Maturabell était avec lui, et en respirant l'air marin, l'éclat du soleil illuminait ses beaux yeux qui sont verts parfois bleus, parfois bruns, mais aussi gris ou noirs.



Chapitre XXIX

Ils arrivèrent au Royaume des Deux Couronnes. Là, Rhadamanthe laissa les dix vaisseaux qui l'avaient éscortés, et leur ordonna d'aller à Bybla le Port, où il les rjoindrai par voie de terre.
Sur ce, le vaisseau de Rhadamanthe remonta le fleuve Hapy jusqu'à Saou, où ils passèrent deux journées. Puis ils decendirent le fleuve jusqu'à Menefer, puis jusqu'àTibhé, la capitale du Royaume des Deux Couronnes; où ils furent reçu par l'Horas, la reine Hatchepsou. Rhadamanthe lui offrit les cadeaux de Minoos et quelques cadeaux personnels.
Ils vécurent durant deux années dans le Royaume des Deux Couronnes.
Maturabell et Divesens y eurent une fille qu'ils appelèrent Bossem.
La Reine Hatchepsou fit construire le Sublime des Sublimes, un temple près de Tibhé, puis elle envoya une expédition au pays de l'encens, le pays de Pou.
Quand deux solstices eurent passés, elle fit mander Maturabell, Divesens et Rhadamanthe en son Palais. Elle leur dit ces paroles ailées :
"Voici : Kemi a des centaines de dieux dont voici quelques noms: Amon-Râ le roi mon père, Anoubis, Bastit, Chou, Haroeus, Isis, Osiris, Khnoum, Khousou, Mout, Moutou, Nephtoum, Neith, Nekhbit, Nephtys, ounouris, Outo, Ptah, Satis, Haraklitès, hasaphes, Hator la Dorée, Sobek, Sakhmet, Salkis, Horas, Men, Thot, Hapy, Toueris, Meskhenet et Bès. Tous, ils sont je pense impuissants, c'est pourquoi je voudrai, si cela vous est possible vingt talents d'or."
Ils furent étonné de cette demande, mais Maturabell, la Reine des Quatre Régions, fertile en idées demanda simplement à l'Etoile du Nord de lui donner vingt talents d'or, qu'elle eu sur le moment.
Hatchepsou fut heureuse, et le lendemain, elle les fit rappeler en sa présence auguste, devant son trône, et elle dit :
"- Voici une légende de Kemi. Au temps du roi Snefrou le Justifié, qui se tient aujourd'hui devant Osiris, il y avait un savant nommé Djadjaemoukh qui était Chef lecteur de Sa Majesté, mais aussi son homme de confiance. Un jour Sa Majesté parcourait les couloirs et les chambres de son palais à la recherche de distractions, mais il n'en trouva aucune. Il fit venir son chef lecteur et lui dit :
"- Mon ami, ton roi s'ennui. J'ai fais le tour de mon palais, et je n'ai rien trouvé aucun divertissement. Donnes-moi une idée.
- C'est facile, dit Djadjaemoukh. Regarde comme le ciel est bleu et le soleil brille. C'est le moment rêvé pour organiser une promenade sur l'eau. Prends une barque avec les plus belles jeunes filles de ton palais et assieds-toi parmi elles. Le spectacles des rameuses se déployant toutes ensembles charmera ton regard.
- Parfait ! s'écria le roi. Que l'on tire sur la rivière une barque à vingt rames et que l'on m'amène vingt rameuses. Je veux qu'elles aient de beaux cheveux, une poitrine ferme, et que le ventre n'ait pas été ouvert par l'enfantement."
Il fut fait conformément aux ordres de Sa Majesté. Il s'assit au milieu d'elles et la barque s'éloigna du rivage. Le roi éprouvait la plus grande joie à les voir de leur mouvements souples et les entendre chanter une mélodie joyeuse et douce. De ses yeux, il cherchait laquelle il allait récompenser et il fit interrompu dans le fil de ses pensées par l'une d'elles qui poussa un cri et lâcha sa rame. Un grand désordre s'en suivit, et la barque commença à tourner sur place.
Le roi Snefrou se leva et demanda en fronçant les sourcils :
"- Eh bien, que se passe-t-il ?
- C'est , répondit la rameuse, un bijou qui a glissé de ma tête et qui est tombé dans l'eau, et j'y tenais beaucoup, et cela me fait un immense chagrin. Et je ne ramerai plus tant que je ne l'aurai pas retrouvé !
- Quel bijou ?
- Une barette de turquoise en forme de poisson.
- Si c'est un poisson, il n'est pas étonnant qu'il soit tombé dans l'eau, dit le roi en riant.
Mais la jeune fille continua de bouder.
- Console toi, ajouta-t-il, et reprend ta rame : je te donnerai une autre barette, encore plus belle que celle que tu as perdue.
- C'est celle-là que je veux, insista-t-elle.
- Eh bien, dit le souverain, que l'on aille me chercher Djadjaemoukh. C'est le seul qui puisse résoudre un problème aussi difficile !"
La barque se rapprocha du rivage, et plus tard, le Chef Lecteur apparut au bord de la rivière.
"- Dajdjaemoukh, mon ami, dit le roi, nous voici confronté avec un serieux problème : la jeune femme que tu vois là, au fond du bateau et à droite, vient de perdre un bijou qui retenait ses cheveux. Il s'agit d'un poisson de turquoise. Voilà sans doute pourquoi elle est tombé dans l'eau, dit-il en souriant. Cette jeune femme a cessé immediatement de ramer, jetant le trouble et la perturbation parmi ses compagnes, si bien que cet esquif, livré aux seuls fureurs des flots, a failli se trouver en perdition ! Je lui en ai promis un autre, mais elle a refusé : c'est celui-là qu'elle veut ! Malgré toutes leur bontés à mon égard, les dieux ne m'ont pas accordé le pouvoir de retrouver les objets perdus dans de telles conditions. Mais ce miracle relève peut-être de tes capacités ? Quoi qu'il en soit, notre sort est entre tes mains : ou tu rends sa barette à cette jeune fille, ou l'esprit des eaux nous entrainera tous, équipage et passagers. Je sens déjà en moi son souffle cruel et visqueux."
Alors les jeunes femmes prirent peur. Donc Djadjaemoukh dit simplement : " Nous allons voir ce que nous pouvons faire" !
Il réfléchit, puis prononçant des paroles magiques, il étendit les bras, et ce fut comme s'il découpait un grand morceau de rivière. Il posa ce morceau d'élément liquide sur la partie qui demeurait entière. Djadjaemoukh descendit alors dans le lit de la rivière, ramassa le poisson de turquoise et remonta sur le bord.
Le roi éclata de rire.
"- Je savais bien, s'écria-t-il, que rien ne t'arrête ! On peut te demander n'importe quoi; si c'est trop difficile tu fais simplement un miracle !"

C'était une légende de mon pays de Kemi. Il y a une dizaine de solstices, quand j'étais une jeune femme, j'ai perdu un talent d'or dans le fleuve. Reine Maturabell, mon amie, peux-tu me le rendre ?"
Les deux reines, suivit de Divesens et de Rhadamanthe allèrent au fleuve, et là, Maturabell demanda à l'Etoile du Nord :
"Etoile du Nord, je suis ta Maîtresse. Rends-moi le talent d'or qui est au fond du fleuve et qui appartient à la reine Hatchepsou. Rends le nous !"
L'Etoile du Nord brilla de mille feux, et un tourbillon se forma dans le fleuve; et, un talent d'or en sortit effectivement. Puis, le fleuve reprit son cour normal. Alors le talent d'or arriva dans le coffre que la reine avait fait venir, et heureuse, elle donna à Maturabell un vaisseau royal, et c'est celui avec lequel ils partirent du Royaume des Deux Couronnes.
Ils naviguèrent avec des trésors de Kemi, dans la mer Très Verte, en direction du midi. Durant de nombreux jours, ils voguèrent et ils arrivèrent ainsi dans le pays de Chaldennie. Ils laissèrent là le navire qui reparti dans la Très Verte, dans la direction du nord, où des hommes l'ammenèrent dans la Grande Mer, d'où il alla à Bybla, pour attendre le retour de Maturabell.



Chapitre XXX

Divesens, Maturabell, leur fille Bossem, et le prince Rhadamanthe avancèrent vers le nord. Ils suivirent le fleuve Malatya jusqu'à la ville d'Hir, où ils passèrent trois jours.
De là, ils partirent à Babiil, où ils furent reçu par le roi Babinu, qui leur offrit l'hospitalité en son palais, et il leur fit visiter sa ville avec sa Tour, et il leur expliqua que c'était le Temple du dieu Mard, qui est aussi son tombeau terrestre. Il leur dit aussi que des savants au sommet en son sommet observent et étudient les mouvements des astres. " Cette Tour est le symbole du Ciel et de la Terre. Il y a aussi les grands dieux Anu, Enlil, Ea, Sin la lune, Shamash le soleil, Adad seigneur de l'abondance, Ninurta, Gula la guérisseuse, Dumuzi-Tamouz le Renaissant, Minizu l'Amazone, Ninusa le scribe, Nusku le lumineux, Ningirsu le violent, et Ishtar... Ah Ishtar la régente du Ciel et de la Terre, la Vaillante, la Dame des Batailles, la reine du Plaisir, la Dame de l'Amour et la Reine des Cieux, et enfin Ereshkigal, Reine des Enfers. Je vais vouconter une légende divine :
Un jour, il y a très longtemps, Ishtar décida d'aller visiter sa soeur Ereshkigal. Avant de partir elle recommanda à son messager Ninsubur d'alerter les dieux si elle ne revenait pas au bout de sept jours. Parvenue à la Porte des Enfers, elle demanda au portier de lui ouvrir. Celui-ci consulta Ereshkigal, qui mécontente qu'Ishtar viole ainsi ses privilèges, ordonna cependant de lui ouvrir. Mais elle exigea qu'en franchissant les sept portes des sept enceintes du monde des Enfers, elle abandonne un de ses vêtement ou bijou de sorte qu'elle entre nue, comme une simple mortelle. Désarmée et impuissante, Ishtar ne put resister à sa soeur, et sept farouches juges la condamnèrent à mort !
Pendant ce temps, la Terre privé de la déesse se déssecha, tout dépérit; les animaux et les hommes cessèrent de se multiplier.
Les supplications du Ninsubur émurent les dieux et Ea vint au secours de d'Ishtar. Il la délivra, l'aspergea des eaux de vie et lorsqu'elle repassa les sept portes, elle retrouva ses bijoux et ses vêtements. Ainsi, la Terre redevint fertile, et les animaux et les hommes se multiplièrent."

Durant deux années ils vécurent à Babiil. Divesens engendra une seconde fille, qu'ils appelèrent avec Maturabell qui la lui enfanta, Yamavrik.

Babinu leur raconta comment Mard est devenu le roi des dieux, et comment il prit le pouvoir. Il leur dit aussi :
" Un jour Ea, decida de faire un être humain avec le science des dieux. Il le nomma Adapa. Un jour Adapa, serviteur d'Ea, alla pêcher du poisson pour le repas de son maître; mais il n'avait pas plutôt quitter le rivage qu'un nuage voila le ciel qui noirci, et au dessus de sa tête, un oiseau monstrueux planait; l'Esprit de la Tempête, qui vient affleurer les eaux de ses ailes gigantesques et les agitaient en remous furieux. Le frêle esquif qui portait Adapa s'élève et retombe à chaque vague, balloté d'un côté et de l'autre. A la fin, un violent coup de vent le retourne et Adapa se retrouve au milieu d'un ban de poissons se débattant désespérement.
Furieux, il montre le poing à l'Oiseau des Tempêtes, et il pousse contre lui une malédiction solennelle : "Oiseau des Tempêtes, cria-t-il, pour te punir, je ferai en sorte que tu ais les ailes brisées !" Et cette malédiction avait tant de puissance que les ailes de l'Oiseau se brisèrent dès que ces paroles furent prononcées.
Durant sept jours, nul vent souffla.
Lorsque Mard vit que le vent avait cessé de souffler, il appela son messager, le messager céléste aux ailes d'oiseaux.
"- Pourquoi, demanda-t-il, le vent a-t-il soufflé de souffler ?
- Seigneur, répondit le messager, cette créature qui fut formée par Ea a brisé les ailes du vent."
A ces mots, Mard fut très courroucé et de levant de son trône, il ordonna qu'on lui amène le coupable.
Mais Ea le prévint à temps d'aller justement se plaindre des dieux Tamouz et Gizida, et de n'accpter aucune nourriture ou breuvage.
Alors Adapa partis pour le Royaume Céléste, et il fut arrêté par Tamouz et Gizida qui lui demandèrent :
"- Que veux-tu ?
- Je viens pleurer deux dieux puissants qui ont disparus de la Terre; je viens implorer la misericorde de Mard.
- Qui peuvent-ils être ? lui demandèrent-ils.
- Tamouz et Gizida," répondit-il.
Alors, ils décidèrent de l'aider.
Mard le reçu et cria d'une voix forte et terrible.
"Adapa, avance et répond : Pourquoi as-tu brisé les ailes de l'Oiseau des Tempêtes?"
Mais Adapa qui gardait son calme répondit :
"Seigneur, voici comment c'est arrivé. Ea qui possède une intelligence dépassant celle des hommes a fait de moi un surhomme. J'ai alors, pour le remercier, résolut de subvenir à sa nourriture quotidienne. Un jour j'allais pêcher afin de pourvoir à son repas, quand l'Oiseau des Tempêtes fondit sur les eaux y provoquant des remous furieux. Bientôt, mon embarquation se retourna, et il devint évident que mon maître resterait sans manger. Devant cela, je fus si irrité que je maudis l'oiseau et fut cause de se que ses ailes se brisent."
Pendant qu'Adapa parlait, Mard le regardait attentivement, le menton appuyé sur les mains, incapable de savoir s'il fallait ou s'il ne fallait pas le croire. Mais dès qu'Adapa eut terminé, Tamouz et Gizida se précipitèrent en avant et se prostèrnèrent devant le Trône Céléste.
"Seigneur, crièrent-ils, Adapa dit la verité. Il n'est pas un impie, au contraire, il respecte et aime les dieux. Vois donc, en ce moment même, alors que sa vie est en danger, il se présente devant toi en deuil et les cheveux défaits pour pleurer sur nous et implorer ta grâce. Nous t'en supplions, ô Seigneur, ne lui impute pas son action et ne le condamne pas !"
A ces mots Mard cria :
"Adapa est innocent de toute faute et n'encoure aucun châtiment. Bien mieux encore, puisque Ea l'a fait à l'égal des dieux, puisqu'il ne semble n'être qu'un simple mortel, qu'il ait dorénavant le rang d'un dieu. Qu'on lui serve à manger et à boire, afin qu'ayant pris de notre nourriture et de notre boisson, il soit l'un d'entre nous !"
Mais lorsqu'on lui servit à boire et à manger, Adapa se servit des conseils d'Ea et refusa tout. Bien qu'il eut refusé le tout, Mard lui donna la royauté dans la ville sacrée d'Eridu, et son gouverneur actuel est l'un de ses dscendants."

Divesens, Maturabell, leurs filles Bossem et Yamavrik et leur ami Rhadamanthe quittèrent Babiil et son roi Babinu au bout de huit solstices.
De Babiil ils allèrent à Gebel qui est Bybla, avec des trésors du pays de Chaldénnie, qui s'ajoutaient à ceux du Royaume des Deux Couronnes.

Durant des semaines, ils marchèrent dans le Pays du Levant, dormant à le belle étoile et marchant vers le soleil couchant. Mais grâce à l'Etoile du Nord de Maturabell, les effets de la chaleur du jour et les rigueurs du froid de la nuit furent atténués. Quand ils arrivèrent à Gebel, ils allèrent dans une auberge, où ils purent se désaltérer, prendre un bain et changer de vêtements.
Ils passèrent la nuità se reposer, et dès le lendemain, ils allèrent au port, en se levant avec le soleil. Là, les vaisseaux de Rhadamanthe et celui de Maturabell les attendaient. Ils reprirent la mer le jour même, et ils naviguèrent vers l'Hellas, où ils arrivèrent au bout de quinze jours de navigation.
Quand ils y arrivèrent ils visitèrent Pylas, Amyclès, Bréssées, Dorion, Laas, Messe, Thyron, Authadon, Argos, Mycène, Thyrinthe, Aulis, Carysté, Copes, Coronée, Dion, Egines, Eïones, Eleon, Eutresis, Glises, Helicée, Hermione, Hylé, Medeon, Orchomène, Sicyone, Symphale, Thespie, Thiobé et Trézène.Ils voyagèrent dans l'Hellas durant huit lunaisons, puis ils retournèrent à Cnossos, où ils furent reçu par Minoos, frère de Rhadamanthe, et roi de Crété et de l'Hellas.
Minoos reçu les cadeaux d'Hatchepsou et de Babinu. Il reçu aussi les trbuts de l'Hellas.
Il donna à Maturabell et à Divesens une maison à Cnossos, près de son palais, et où ils vécurent très heureux durans près de dix solstices. Là, ils leur naquit un second fils, à qui ols donnèrent le nom de Eudaïné.
Ils visitèrent l'Île Heureuse. Ils allèrent à Zacro, Plaïkastro, Itamos, Praisssos, Vassikili, gournia, Vrohastro, Myrtos, Karphi, Mallia où ils avaient déjà une maison, Plati, Choudros, Archanes, Kommos, Tylissos, Rhythymna, Kydonia, Phaestos et Hagia Triada.
Ainsi, quand ils eurent visité ces villes, Maturabell décida que le Palais Doré de Dunamiplousi ressemblerai à celui de Cnossos, et après ces dix solstices, Maturabell eut la nostalgie du Pays, le Royaume Doré.
Ils firent leur adieux à Minoos et à Rhadamanthe en l'invitant dans leur palais.
Minoos leur donna des trésors somptueux, et une escorte de dix navires de guerre. Ils quittèrent Cnossos avec trois enfants, deux filles et un fils.
Ils naviguèrent durant de longues journées, jusqu'au jour où Reï fut en vue. Là, ils furent reçu par Caïus Lucillius, et leur fils Imperator, qui avait bien grandit.
Là, ils offrirent le trésor de Minoos et de Rhadamanthe, puis ils entrèrent à Berlos, où ils firent appeler les architectes qui dessinèrent et construisirent un palais un peu à la façon de Cnossos, un palais : le Palais Doré de Dunamiplousi.
Ce palais a neuf cent coudées de long sur six cent coudées de large. Deux étages sont dans ce palais, entourant une grande Cour Centrale de soixante coudées sur quatre vingt coudées, et deux cent soixante neuf salles.
C'est là que Maturabell aux Yeux Pers, Divesens Coeur d'Or, leurs fils Imperator et Eudaïné, leurs filles Bossem et Yamavrik vécurent heureux.

Dans la dix-septième année de leur règne, il leur naquit une fille qu'ils nommèrent Milia.

Voici les noms des ancêtres de Divesens :
Emachal, Archéloüs, fils d'Emachal; Herous, fils d'Archeloüs, Leomotenus, fils d4herous, roi de Magmirus, époux de Bellacapor. Emachal roi de Magmirus, fils de Leomotenus et de Bellacapor. Leomotenus II roi de Magmirus, fils d'Emachal et de Phydalia; Pilos, fils de Leomotenus et de Bellacapor. Pilos fut chassé de Magmirus et s'installa à Cantor, où il eu pour fils le général Palaïos. Micius fils de Palaïos; Mucius, fils de Micius. Malius fils de Mucius; Imperator fils de Malius roi de Cantor. Imper le Prince fils d'Imperator, qui épousa Mirabilia Princesse de Yonium, et Divesens fils d'Imper et de Mirabilia, et qui épousa Maturabell, fille de Bella, reine de Bertusiloris, fille de Rusine, fille d'Alis, fille de Sidya, fille de Zoda, fille de Sidya, fille de Tinia, fille de Mutis, fille de Milius, fille d'Ailis.



Chapitre XXXI

Dans la vingtième année de leur règne, Divesens et Maturabell, reçurent Rhadamanthe en leur palais de Dunamiplousi.
Celui-ci était accompagné de sa femme. Ils la reçurent à Dunamiplousi.
Dunamiplousi, Ville aux mille Merveilles, Ville de la vertue, Ville aux Dix-Mille Splendeurs.
On le fit venir dans la Salle du Trône du palais Doré, où trônaient Maturabell et Divesens, entourés de leurs enfants : Imperator agé de seize années, Bossem agée de quinze ans, Yamarvik agée de neuf ans, Eudaïné agé de cinq ans et Milia agé de trois ans. Près d'eux se tenaient Caïus Lucillius et sa fille Ourana qui avait grandit avec Imperator fils de Divesens et auquel elle était fiancée.
Ils le reçurent en ami, lui et sa femme Stella et leur fils Ilos, agé de trois ans.

Divesens l'appela et le fit assoir à sa droite, et lui demanda :
"- Tu n'étais pas marié lorsque nous t'avons quitté à Reï ? Comment se fait-il que tu viens à nous avec une femme très belle, en vérité, et un fils déjà grand ?
- Je vais, si tu me le permet, te raconter mon histoire depuis que nous nous sommes quittés.
- Bien sûr, répondit Maturabell aimablement, et j'espère que cette histoire se terminera bien !
- Ô oui, elle se finit bien, mais pour mon frère Minoos, que vous avez bien connu, ce ne fut pas le cas.
- Comme cela est terrible, dit Divesens.
- Je vais donc commencer, repris Rhadamanthe. Quand je vous ai quitté, j'ai abordé dans la Petite Île du Sud, où j'ai ravitaillé mes vaissaux. Puis, nous avons repris lamer, et je decidais alors de retourner à Gebel, afin d'y faire quelques achats.
J'y ai acheté quelques esclaves. L'un d'entre eux venait du pays de Magmirus, qui depuis sept générations vit dans une décadence déplorable. Il se plaignait d'être esclave, ainsi que son père et ainsi de suite, et il est remonté jusqu'au roi Pilos, qui en s'échappant de son royaume était devenu général au pays de Cantor. Il m'a aussi dit que l'Homme au Coeur d'Or était un descendant de Pilos, seul héritier légitime du Trône de l'Empire des Dix, que l'arrière-grand-père de Pilos a fondé. Ainsi, Divesens, tu serai le roi de cet Empire, que nous avons traversé lors de notre voyage, et cela, sans le savoir.
Quand je retournais, du marché au port, il y avait un marchand d'esclaves, qui se vantait de vendre le plus beau des bijoux féminins. Surement par curiosité, je voulais à tout prix voir ce joyau. Alors dans la foule, qui était très dense, un homme cria "on veut voir", et la foule cria à son tour. Mais moi, je restais calme. Alors, le marchand vantant sa marchandise, enleva la tunique qu'elle portait, et je fus ému en la voyant. Elle jetait sur la foule ammassée près d'elle un regard éffarouché et timide. Mes membres se liquéfièrent, mes jambes se dérobèrent sous moi, mon coeur et mes tempes battaient vite et fort; mais je ne croyais pas que l'amour m'avait surpris. Pourtant, le marchand en demanda cinq sicles d'or, et rapidement, les enchères montèrent jusqu'à quarante sicles. Alors, ne regardant que l'objet de la vente et sans y faire attention, je criai à mon tour "deux mines d'argent" ! Tous les regards convergèrent vers moi, et le marchand me fit signe d'approcher en me demandant si j'avais une telle somme. Je lui ai dit que je l'avais sur mon navire. Alors il prit le bijou tant convoité et me suivit jusqu'au bateau, où je lui ai donné ces deux mines d'argent, que j'avais en lingot. Il me laissa cette femme qui me détestait et que j'avais acheté. Ce n'est qu'alors que je suis rentré à Cnossos.
Là, j'ai donné à Minoos les esclaves que j'avais acheté.
Un soir, alors que j'étais dans mon jardin et que je réfléchissais à la personne que choisirai Minoos pour lui succeder sur l'Empire de la Mer, Stella vint aussi dans le jardin, pour y pleurer sur son sort. J'étais plongé dans mes pensées et je ne fis pas attention à sa présence, jusqu'à ce que ses larmes et ses sanglots furent entendus par mes oreilles, et j'en fus ému. Je me retournai et je vis Stella qui me regardait en pleurant. Je vins près d'elle en lui disant :
"- Pourquoi pleure-tu ? Pourquoi n'es-tu pas couchée?
- J'y vais Seigneur, répondit-elle timidement.
Quand elle fit trois pas, elle se retourna vers moi et cria, toute timidité ayant disparue :
"Seigneur ! Seigneur ! Couche toi vite !"
Puis elle courut et s'éffondra en me faisant basculer et en poussaant un gémissement terrible. Alors, et ce n'est qu'alors que je vis qu'elle avait une flèche plantée dans l'épaule. Je la laissais là, et je courru et rattrapais le tueur. Je lui ai demandé :
"- Qui t'a ordonné de me tuer ? Car il était évident que ce n'était pas un geste spontané.
- C'est Deucalion !" fut sa réponse.
Je vous rappelle que Deucalion est l'un des fils de Minoos, et avec mon poignard, je le tuais et je courru éssayer de sauver Stella, l'esclave que j'avais acheté à Gebel et qui était Magmirusienne. Je la dit soigner, et pour la remercier de m'avoir sauver la vie, je decidais de l'affranchir et de la doter d'une maison et de terres.
Quelques jours plus tard, je lui ai dit : "Tu peux partir, tu es libre !" Mais je sentais que jamais je ne voudrai qu'elle me quitte, et malgré tout, elle décida de rester près de moi, car en me sauvant la vie, en se jetant sur moi, elle avait compris qu'elle m'aimait. Ainsi, nous avons vu que nous nous aimions. Alors, dès qu'elle fut rétablie, nous nous mariâmes, et nous avons eu ce fils, qui a le même âge que la petite princesse Milia.
- Oui, répondit Divesens, et je crois qu'ils s'aiment bien.
- Oui, peut-être ! Après la naissance de mon fils, Deucalion réussit à tuer son père, mais il fut prit sur le fait, et il fut executé sans pitié, car accusé de régicide et de paricide. Et tout le peuple vint chez moi afin que je monte sur le trône. Stella me convaiquit d'accepter, et c'est ainsi que je suis devenu le roi de l'Île Heureuse. J'aimais beaucoup mon frère Minoos, et en son honneur, j'ai fais construire un mausolé, dont nous avons le secret dans l'île."
Divesens se leva et dit :
"- Nous sommes désolé, mais il ne faut pas regretter le passé, ni ce qui s'est passé. Ainsi, te voila Roi et notre ami. Peut-être que ton fils Ilos épousera ma fille Milia, car je pense qu'ils s'aiment bien. Regardez-les jouer !
- Peut-être, et j'aimerai te dire que je l'espère aussi, répondit rhadamanthe.
- Nous aussi", dirent Stella et Maturabell.

Quand ils eurent terminé de parler, les deux rois sortirent, laissant Milia et Ilos jouer ensemble, comme deux enfants de leur âge.
Rhadamanthe et Divesens, sortirent du palais et de là, ils allèrent sur la gauche, dans la Tour de la Reine, dépendance du Palais, ainsi que la Maison du Roi. Ayant dépassé la Tour de la Reine, ils allèrent à la Maison d'Argent, lieu de résidence de Caïus Lucillius, ensuite, ils allèrent au Palais des Pauvres, premier monument construit dans la cité.
Là, Divesens distribua de la nourriture et un talent d'or à ces gens.
Ensuite, ils allèrent dans un niveau inférieur de la ville. Ils entrèrent au Palais du conseil et à la Maison du Roi. Et cen'est qu'ensuite, qu'ils rentrèrent au palais, où ils allèrent dans ses jardins fleuris, comme par enchantement, en toute saison de l'année.
Rhadamanthe fut émerveillé par les formes de ce jardin, avec ses multiples bassins et massifs de fleurs. Et pour bien le visiter, il faut au moins trois jours sans dormir nullement.

Rhadamathe et Divesens y passèrent deux journées, puis il y eut un orage, et ils furent obligé de rentrer au palais.
Quand l'orage s'éloigna, ils quittèrent la ville, afin de visiter le Domaine Doré de Dunamiplousi, fief appartenant à Maturabell.
Pendant sept jours Rhadamanthe et Divesens, visitèrent ce domaine. C'est alors que Rhadamanthe quitta le Royaume Doré pour rentrer chez lui, dans le Royaume de la Mer, l'Île Heureuse.


Ce fut dans la vingt quatrième année de leur règne. Divesens et Maturabell marièrent leur fils ainé Imperator à Ourana fille de Caïus Lucillius, fils d'Honorius, fils de Marcus Lucillius Vinctus frère du roi de Yonium Vinctus, fils d'Aurelius Lucillius, fils de Marcellus Lucillius.
Pour cette occasion, ils firent construire le Pavillon d'Argent, où ils habitèrent et où ils vécurent.
La cérémonie se déroula selon les rites; et le nouveau couple fut heureux, car dès la seconde année après leur union, il leur naquit un fils qu'ils appelèrent Kallus.
Imperator et Ourana comptaient leur vingt-deuxième printemps.

Quand six solstices passèrent, divesens fit construire la Tombe Dorée, là où il fut enterré avec sa femme Maturabell, la Reine des Quatre Régions et toute leur descendance. Mais il savait bien que ce n'était pas encore le moment.



Chapitre XXXII

Ce fut dans la trentième année de leur règne, Divesens et Maturabell partirent de Reï en voyage vers l'orient, à la recherche du Pays de Magmirus, où avaient règnés quelques ancêtres de Divesens.
Ils arrivèrent dans l'Île des Bienheureux, où ils firent provision d'eau potable et de vivres.
De Zacro, ils partirent vers l'orient, où ils accostèrent à Gebel. De là, ils marchèrent vers le midi, et au bout de huit jours de marche, ils arrivèrent dans une ville appelée Pymur.
Là, Divesens y reconnu les tombes des Rois, ses ancêtres, qui règnèrent sur ce royaume.

Quand ce voyage se termina, ils allèrent rendre visite au Thalassocrate, le Roi des Mers, Rhadamanthe, en son palais de Cnossos. Ils y furent reçu en ami, et Rhadamanthe leur fit visiter ses palais nouveaux, et leur offrit un festin qui dura trois jours.


Dans la trente-et-unième année de leur règne, à Dunamiplousi, Ourana donna naissance à une fille, qu'Imperator et elle-même nommèrent Fidelia. Maturabell et Divesens furent très heureux de voir que leur fils Imperator était un bon prince.
Divesens et Maturabell vécurent heureux dans la bonne ville de Dunamiplousi. Dans le Royaume Doré régnaient la Justice, la Vertue, la Verité et l'Amour. Tout le peuple était heureux, car Divesens et Maturabell avaient planté dans le jardin du palais la Fleur de la Paix.

Plus tard, Bossem se maria avec un prince du Royaume des Deux Couronnes : Traamon, et plus tard elle devint reine en ce royaume.
Yamarvik épousa le Prince Caïus Magnus, et ils habitèrent et règnèrent sur la Grande Île du Nord.
Eudaïné épousa la fille de Metellus Rex, la princesse Karitia.

Deux années passèrent, Maturabell et Divesens unirent leur famille à celle de Rhadamanthe et Stella, en mariant leurs enfants, la Princesse Milia de Doré et le prince Ilos de Crété.

Alors agée de soixante printemps, Maturabell dont la beauté n'était pas fanée, comme si elle avait vingt ans; et Divesens agé de soixante trois printemps, six lunes et deux jours, eurent à souffrir d'un grand malheur ! Le prince héritier, Imperator, alors agé de trente-trois ans fut tué par une bête féroce, qu'il chassait sur son domaine de Berlos. Son compagnon Filius, le vengea immédiatement, mais tous les soins qui lui furent prodigués ne servirent à rien. Son âme était déjà loin.
Le peuple le pleura durant trente jours, car il était un prince bon et généreux, toujours à l'écoute, défendant les plus faibles, les veuves et les orphelins.
Divesens et Maturabell inhumèrent leur fils dans la Tombe Doré.
C'est le fils d'Imperator, le prince Kallus, qui fut choisi pour regner sur le Royaume Doré, à la mort de Divesens et de Maturabell.
Dans la même année, Bossem donna naissance à un fils : Artius; et Yamarvik, elle aussi, donna naissance à un fils : Yamus.

Quand deux années eurent passées, Eudaïné engendra un fils à son tour, qu'il nomma, Eudaïnus. Puis, une autre année passa, et ce fut le tour de Milia et d'Ilos d'avoir un fils, qu'ils nommèrent Minoos.

Quand trois autres années passèrent, Bossem eut une fille qu'elle nomma Bossilla. Yamarvik, elle aussi eut une fille qu'elle nomma Yamilia. Eudaïné eu aussi une fille qu'il nomma Eudaïlia.
Milia et Ilos qui régnaient sur l'île de Crété depuis la mort du juste Rhadamanthe, agé de soixante printemps eurent une fille qu'ils nommèrent Stella.



Chapitre XXXIII

Voici les noms de la Descendance de Divesens Coeur d'Or et Maturabell aux Yeux Pers, la Regina, la Reine des Quatre Régions, Kallus, fils du Prince Imperator fils de Divesens et de Maturabell. Celui-ci fut marié du vivant de ses grands-parents avec la princesse Furia, fille du fils de Norbemus Furia, prince d'Ilberis. Fidelia, fille d'Imperator le Prince fils de Divesens.
Bossem, fille de Divesens et de Maturabell qui enfanta Artius et Bossilla.
Yamarvik, fille de Divesens et de Maturabell, enfanta Yamus et Yamilia.
Eudaïné, fils de Divesens et de Maturabell, qui engendra Eudaïnus et Eudaïlia.
Milia, fille de Divesens et de Maturabell, qui régnait sur l'île de Crété et le Royaume de la Mer, enfanta un fils Minoos, et une fille Stella.

Artius engendra trois fils et une fille : Palaïos, Archeloüs, Emachal et Tinia.
Bossilla enfanta un fils : Emachal.
Yamus engendra un fils : Archeloüs et Yamilia enfanta une fille : partia.
Eudaïnus engendra deux fils et trois filles : Franium, Xax, Diachrina, Nalia et Pyhria.
Eudalia enfanta une fille et quatre garçons : Karina, Risius, Gus, Davicus et Facius.
Minoos engandra quatre fils et quatre filles : Katé, Deucalios, Glocos, et Androgé, Ariane, Acacalis, Xenodicé et Phédra.
Stella enfanta trois fils et trois filles, dans l'ordre des naissances : Epithède le fils ainé, Lété,Arcona, Venesia, Osia et Neos, le dernier des fils.
Tous, naquirent du vivant de Divesens et de Maturabell.

Maturabell et Divesens régnaient sur le Royaume Doré. Tout le monde était heureux. L'Amour, la Verité, la Justice, la Vertue, la Richesse, et la Vie se liaient harmonieusement pour regner avec Maturabell aux Yeux Pers et Divesens Coeur d'Or.

C'est moi, le Chevalier-Paladin de Doré, moi, Richard de Sergia, ancienne capitale de Cantor, qui, sous la dicté de Sa Majesté, la Regina, la Reine des Quatre Points Cardinaux, la douce Reine, ma Dame, Suzeraine et Souveraine, Maturabell aux Yeux Pers, je mis cette histoire véridique par écrit, en la quarante-deuxième année de Son Règne glorieux.


Cergy, le Jeudi 27 janvier 1983.


Richard 'Haï Tuil de Cergy

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