Le secret de Tonton Y…
de Pascal Castillon



Le notaire arriva le dernier, mais à l’heure dite.
Le directeur de l’agence bancaire le salua et le présenta aux quatre personnes -deux hommes et deux femmes- qui, arrivés depuis vingt minutes, piétinaient dans le hall de la banque en ne cachant pas leur impatience.
C’étaient les héritiers. Ils n’avaient pas dit un mot depuis leur arrivée. Le banquier avait remarqué qu’ils s’étaient à peine salués entre eux.
L’huissier et le serrurier, assis sur des fauteuils bas, avaient attendu en discutant à voix basse. Ils avaient l’habitude de travailler ensemble et se connaissaient donc et avaient toujours des choses à se dire…
L’huissier regardait sa montre lorsque le notaire entra dans l’agence.

Maître X… leur serra la et vint aussi saluer ses clients.

Tout le monde étant présent, le banquier invita alors les deux couples à le suivre, et tous lui emboîtèrent le pas pour s’engager dans l’escalier qui menait aux sous-sols.

La salle des coffres était fraîche après la chaleur du hall et de la rue. Cette année là, Juillet soufflait une haleine infernale.
Les femmes frissonnèrent en arrivant devant la grille que le directeur était en train de se faire ouvrir par un de ses employés ; un petit homme chauve, sans doute proche de la retraite, qui portait ses demi-lunettes sur le bout du nez et, par dessus, il regardait les gens et les choses d’un regard toujours un peu étonné. Lorsque la grille fut ouverte, il fit demi-tour et remonta dans l’agence.
Ils entrèrent dans la salle vivement éclairée par des néons.
Les quatre murs étaient recouverts de compartiments blindés. Trois formats de portes, d’un même beige maronnasse, découpaient les parois. Le plafond était plus bas que dans une pièce normale et un sentiment d’exiguïté, voire d’écrasement prenaient parfois les clients.
Sur chaque porte, les luisantes molettes nickelées et les deux trous de serrures ponctuaient régulièrement ce quadrillage monotone.
Au centre de la salle, au pied d’un pilier en béton, il y avait une table sur laquelle trônait un stylo enchaîné à un socle de plastique noir. Deux chaises se faisaient face. Dans un coin, un escabeau sur roulettes, pour accéder aux compartiments les plus hauts, était rangé…

— « C’est le 25, dit le directeur à l’adresse du serrurier en désignant une porte du petit format.
Celui-ci posa sa caisse à outils au sol.
L’huissier sortit un bloc de sa sacoche et se tint prêt à noter.

Le notaire rappela que « nous sommes ici pour procéder par-devant Maître X…qui en attestera, à l’ouverture du coffre N°25, en la succursale de la Banque Moderne. Lequel coffre était loué par Monsieur Y…, décédé. Ouverture faite à la demande et en présence de ses héritiers naturels et désignés ; Mesdames et Messieurs Ginette, Marcelle, Paul et Jacques Y… »

Il se recula d’un pas et fit un signe au serrurier. Le petit bonhomme sortit une perceuse dans laquelle il introduisit un foret et s’approcha de la porte d’acier où le chiffre « 25 » était sérigraphié en doré rehaussé de noir.
L’huissier, le notaire et le banquier étaient alignés sur un rang et commencèrent alors de prendre leur mal en patience ; habitués de la procédure et sachant déjà le temps que cela prendrait, ils n’osaient se mettre tout de suite à bavarder par égard pour les héritiers et les convenances.

L’huissier avait commencé de prendre des notes dans le but de rédiger l’acte qui authentifierait l’opération. Maintenant, en quelque sorte désœuvré durant que le serrurier travaillait, il crayonnait sans but sur son bloc ; des lignes, des carrés, des ronds…
Le banquier se pencha vers lui et chuchota :
— « Si vous avez une minute, Maître, après, j’ai des documents à vous remettre.
L’huissier acquiesça sans répondre.

Les quatre héritiers s’étaient regroupés dans un des coins de la salle des coffres. Aucun n’était client ici, ni même dans une autre succursale de la Banque Moderne. Aucun n’habitait d’ailleurs la région. Sans doute était-ce les raisons pour lesquelles le banquier et le notaire ne s’intéressaient pas plus à eux…

La perceuse avait des stridences, des à-coups et des grincements lancinants de roulette dentaire. Une odeur d’huile et de métal chauds s’étaient répandus dans la salle. Des gouttes de sueur coulaient sur le visage du serrurier. En travaillant, il avait un tic qui lui faisait passer et repasser la langue sur sa lèvre inférieure. Depuis qu’il était enfant, à chaque fois qu’il s’appliquait, sa langue allait et venait au dessus de son menton. Avec la poussière que projetaient ses outils, elle finissait par dessiner une trace blanchâtre et humide sous sa bouche.

L’une des femmes ; grande et sèche, l’air d’une vieille fille, regarda sa montre avec agacement. Elle portait une montre d’homme au bracelet de cuir.
— « On ne peut pas fumer ? demanda-t-elle tout haut, énervée.
Le directeur de l’agence s’excusa.
— « Non Madame. C’est interdit dans les lieux publics.
La femme haussa les épaules.
— « Pauvre France ! maugréa-t-elle.

Un des hommes -un chauve dont le crâne luisait sous l’éclairage crû- s’adressa aux autres et s’enquit à voix basse ;
— « Vous pensez qu’il y a quoi dedans ?
L’autre homme -un gros qui s’épongeait sans cesse- eut une moue qui signifiait qu’il n’en savait rien ou qu’il s’en moquait ; on ne savait pas bien ; mais il ne répondit pas.

La grande femme sèche dit, à voix basse également, mais un plus haut car elle était énervée :
— « Aucune idée. Je ne l’avais pas revu depuis vingt ans. Je ne savais d’ailleurs même pas qu’il avait un coffre…J’espère seulement que ça ne va pas encore trop durer ; j’ai un train à prendre, moi ! Pour un professionnel, ça devrait aller plus vite, non ! rajouta-t-elle en toisant le serrurier tout près.
Celui-ci l’ignora : il avait l’habitude de ce genre de récriminations dans de telles circonstances. Il mettait cela sur le compte de l’émotion….

La dernière femme -une rousse très maquillée- répondit tout bas à la première femme avec un sourire moqueur :
— « Tu peux repartir maintenant Ginette, si tu veux !
Ginette leva les yeux au ciel en soufflant.
— « Toujours aussi pleine d’humour ! répondit-elle. C’est vrai que toi, ton métier te laisse ton temps. Tu portes ton fonds de commerce avec toi…
Le chauve coupa la dispute qui naissait et chuchota :
— « C’est vrai que nous faire venir pour ouvrir un testament qui ne parle que d’un coffre, c’est un peu cavalier je trouve ! Mais ce n’est pas le lieu pour nous disputer.
La rousse reprit à voix basse :
— « Il y a quand même la maison qu’il nous laisse...
— « Tu parles, s’exclama le gros en baissant le ton et en passant son mouchoir entre son col et son cou. Cinquante mètres carrés ! Pour nous quatre, ça paiera à peine les frais ! C’est juste le fisc qui va se goinfrer !
— « Et en plus, elle est vide cette baraque ! On se demande ce qu’il faisait de son argent ! glapit la grande maigre qui se retenait de ne pas parler plus fort.
— « Et le fisc est le principal héritier dans ce pays ! conclut-elle avec amertume.

Le silence retomba entre eux. Le serrurier tapait maintenant sur un burin.
Le banquier, le notaire et l’huissier étaient rapprochés les uns des autres et, puisque les héritiers ne se gênaient pas, ils papotaient maintenant eux aussi à voix basse.
Il y avait un match de rugby important le lendemain. Une victoire de l’équipe locale dans ce championnat mènerait peut-être la ville vers une notoriété télévisuelle dont les notables brûlaient d’arracher des morceaux. C’était d’ailleurs le sujet de conversation de toute l’agglomération et tous, connaisseurs ou pas, avaient un avis, un conseil, la solution et la bonne méthode pour gagner…

Le serrurier avait repris sa perceuse et les effluves chaudes de métal huilé, tenaces, revinrent instantanément.
La grande femme sèche regarda encore sa montre et souffla ostensiblement. Le chauve lui dit tout bas :
— « Ca ne sert à rien de s’énerver.
Et il ajouta avec un sourire pour détendre l’atmosphère :
— « C’est même rassurant, car si on ouvrait les coffres forts aussi facilement, ce serait inquiétant.
— « Si tu savais comme je m’en fous ! Moi, je n’ai pas de coffre ! rétorqua-t-elle.
La femme rousse demanda doucement à l’homme chauve :
— « On va partager tout de suite ce qu’il y a dedans ?
Tous se regardèrent alors, soudain intéressés.
— « Je ne sais pas, chuchota l’homme . Cela doit dépendre de ce qu’on va y trouver.
— « Comment ça ? demanda une des femmes.
— « Eh bien ! Si ce sont des billets, peut-être le notaire peut-il partager immédiatement car c’est simple. Si ce sont des actions par exemple, ou de l’or, il faudra alors les évaluer et ce sera plus long sans doute…Je ne sais pas bien. Et puis, il y a les frais, les taxes, les impôts…
— « Ah ! Ca, ils ne sont pas les derniers ni les plus mals servis ceux-là ! recommença de vociférer Ginette.
— « Moi, ça me fait un peu peine murmura la rousse ;
Ginette la toisa avec un air de mépris.
— « Qu’est-ce qui te fait peine ? Les impôts ? demanda le gros qui pliait son mouchoir.
— « Ben, tout ça…Non, pas les impôts !… Ca me fait juste penser au Tonton.
La grande sèche s’esclaffa :
— « Mais tu ne l’avais pas revu depuis des années le tonton !
Elle baissa le ton ;
— « Tu ne lui écrivais même pas !
— « N’empêche. Je l’aimais bien…Quand j’étais petite, je suis venue passer des vacances chez lui…Il était gentil, avait repris rêveusement la rousse, les yeux dans le vague de ses souvenirs qui étaient remontés à la surface.
— « On y est tous venus en vacances, répondit le gros en riant. Moi, je me souviens surtout qu’il m’a botté le cul plus d’une fois ! Je ne me rappelle pas de lui comme d’un gentil !
Ginette pouffa et l’interrompit en grinçant :
— « Tu devais les mériter les coups de pied au cul ! Tu lui bouffais ses œufs à peine pondus... entre autres !
— « Comment tu le sais ? s’étonna l’homme à voix basse.
Elle eut alors son premier sourire de cette après midi là.
— « Parce que je t’ai vu, pardi ! …Et elle ajouta perfidement en regardant les autres par en dessous ; ils durent faire un effort pour entendre :
— « Comme j’en ai vu d’autres !
— « Et qu’est-ce que tu as vu d’autres ? demanda le Gros, les sourcils froncés.
— « Ah ! Si on te le demande, tu diras que tu n’en sais rien !..murmura la femme. Il y a CE que j’ai vu et il y a…QUI j’ai vu !…Et des fois…ce n’était pas beau !
— « Et qui as-tu vu ? souffla quelqu’un.
La Rousse et le Gros s’étaient rapprochés, les sourcils froncés aussi.

Le banquier, de là où il était, observait du coin de l’œil et cherchait à entendre par-dessus les bruits que faisait le serrurier et les chuchotis du notaire. Il sentait bien planer une dispute, une mésentente qui pouvait mettre un peu d’animation dans cette après-midi morne et banale.
Mais la discussion semblait maintenant se tarir soudain ; la grand Sèche, qu’il avait repérée comme plutôt virulente, se contentait de sourire. — « elle a le sourire qui hait » se dit le banquier- et les autres, après s’être écartés avec un bel ensemble, gardaient maintenant leur visage renfrogné…

A ce moment, le serrurier se redressa en se massant les reins. Du bout du pied il repoussa ses outils encore au sol vers la caisse en métal pour dégager les abords et prévint :
— « J’y suis Messieurs-dames !
Et s’adressant au notaire, il ajouta :
— « Maître, le coffre est ouvert. Vous n’avez qu’à tirer.

L’huissier avait repris le bloc-sténo qu’il avait posé sur sa sacoche par terre et s’était avancé. Le directeur de l’agence ne bougea pas. Maintenant qu’on arrivait au terme de l’opération, il était pressé d’en finir ; trois dossiers urgents l’attendaient…et aussi la petite secrétaire à laquelle il faisait miroiter un avenir professionnel brillant…en échange de quelques câlineries le soir entre les étagères métalliques des archives.
Les quatre héritiers s’étaient soudain rués.
Le notaire, la main sur le battant encore fermé se tourna vers l’assistance pour vérifier que tous étaient prêts et attentifs.

Chacun, à différents titres, retenait son souffle ; tout était encore possible…
L’huissier aimait ces instants ; la nature humaine se révélait. Il avait vu des héritiers, âpres au gain, qui se montraient hagards et frénétiques lorsque d’autres continuaient de pleurer comme au cimetière…
Ce jour-là, ils étaient plutôt dans la catégorie qui se demandait «combien ? ».

Le notaire aussi aimait ces moments. Mais, lui, les vivait comme un cabotin.
La main sur la porte du coffre, il faisait durer le plaisir et ménageait ses effets. Comme s’il entrait en scène. Il jaugeait alors son auditoire…Et il était en représentation.

Le banquier, quant à lui, à ce moment, avait même oublié les trois crédits à monter et les jolis seins de Noémie. Pour l’instant !

C’est comme une vie un coffre-fort ! Peut-être parce que c’est un être humain qui se cache dedans...
Les professionnels présents savaient que l’on trouve toujours dans un coffre les faiblesses, les vices, les marottes, les passions, les goûts, les amours et les envies de son propriétaire…
Tout le monde imagine dans les coffres, les timbres et l’or. Les papiers de famille et les titres, les tableaux de maîtres que la famille ne soupçonnait même pas !…
Mais, l’huissier, le serrurier et le banquier avaient tous leurs anecdotes vécues sur le sujet : Parfois, c’est une collection de bouquins de cul que l’on trouve... Ou des petites culottes usagées…avec, quelquefois, les capotes adéquates !!
D’autres fois, ce sont des manuscrits originaux d’écrivains ou de musiciens… Ou bien, encore du papier ; mais de vieux journaux inutiles ! Des billets de banque quelquefois, oui…mais périmés !… ou non, c’est selon !
Et puis aussi, au hasard, des trains électriques, l’intégrale d’Elvis en trente-trois et quarante-cinq tours, des vieux bocaux de pâté, des pots de yaourts vides, des pièces de un et deux centimes de francs… Tout ! Même l’inimaginable, on peut trouver de tout !
Et, des fois, plus souvent que l’on croit d’ailleurs, tout simplement, rien !

Ce jour là, dans le coffre N°25, les témoins aperçurent un document.
Un document tout seul.
Dans l’espèce de grotte qui exhalait encore des senteurs d’huile tiède où le notaire était en train de braquer le rayon d’une lampe de poche, il n’y avait qu’un seul document !
Le coffre en paraissait presque plus grand.
C’était un plan qui occupait le compartiment N° 25. Un vulgaire plan d’architecte. Un bleu, comme on dit dans ce métier !

Tandis que le notaire dépliait le document de papier épais qui craquait, la grande femme sèche s’exclama :
— « Mais c’est le plan de la maison qu’il nous laisse !
Tous entouraient le notaire qui avait déployé le plan et ils regardaient avec des sentiments divers les lignes et les côtes inscrites sur le papier bleuté.

La femme rousse éclata de rire en ramassant son sac et son foulard :
— « Le Tonton a toujours eut le sens de l’humour ! Allez ! Je me casse ! La représentation est finie ! A jamais tous !

Et elle quitta la salle.
Ses pas dans l’escalier et son rire retentirent encore.

Tout le monde se détourna alors du coffre vide pour se préparer à quitter les lieux.
L’huissier avait tout noté. Il rangeait maintenant ses affaires.
Le banquier et le notaire avaient dorénavant d’autres choses bien plus urgentes et importantes à faire.
— « Je passe par votre bureau, disait l’huissier.
— « Il n’y en a pas pour longtemps, Maître. J’ai d’ailleurs un rendez-vous dans cinq minutes…
Et ils poussaient en même temps, mine de rien, les héritiers vers la sortie.
Quant à ces derniers, qui n’héritaient de rien de plus, ils se souvenaient soudain qu’ils avaient une famille quelque part ou un patron qui n’avait donné « qu’ un jour pour affaires familiales». Il leur revenait alors, d’un coup, qu’ils devaient reprendre la route ou un train pour partir avant la nuit et rentrer chez eux…
Tout le monde était désormais pressé et s’affairait pour remonter vers le jour et la touffeur de l’été.

Le serrurier, lui, devait encore remettre le coffre en état car celui-ci serait reloué au plus vite. Il resta donc seul dans la salle des coffres pour entreprendre les réparations.

Quelques temps plus tard, à quelques centaines de kilomètres de là, le serrurier acheta le château qui dominait le village où il était né, au fin fond d’une magnifique vallée du centre de la France.
Il déménagea alors et quitta sans éclat la ville où il travaillait depuis des années. Il y avait fait courir le bruit qu’il partait en retraite. Il organisa d’ailleurs un simple repas d’adieu avec ses meilleurs clients, dont l’huissier. Ceux-ci lui offrirent un nécessaire pour la pêche en mer car il avait raconté à tous qu’il se retirait au bout de la Bretagne pour pêcher le bar et les dorades…

Mais il avait gardé son métier qu’il pratiquait maintenant en dilettante.
Il se rendait chaque matin à son atelier en Rolls et cela lui procurait tous les jours un plaisir proche d’une jouissance…
Mais c’était tous les matins qu’il goûtait le plus grand plaisir : En se réveillant et en repensant à cette après-midi dans la salle des coffres de la Banque Moderne…

Après avoir, comme les autres, regardé par-dessus l’épaule du notaire le plan trouvé dans le coffre, une fois tout le monde parti, il avait remis le coffre en état.
Puis, deux jours plus tard, il était allé trouver le notaire et lui avait expliqué que, pour implanter son atelier…pour ne plus être en pleine ville…pour investir…Bref ! Il avait racheté la fameuse maisonnette aux quatre héritiers !
Ceux-ci avaient été trop heureux de trouver un gogo qui leur rachetât une telle masure.
Alors, à chaques endroits marqués sur le plan, il avait trouvé les lingots, puis les titres au porteur, puis les tableaux et, enfin, les monnaies anciennes qui avaient fait désormais de lui un homme immensément riche ! Il n’avait gardé que les très grands crus pour arroser ça chaque dimanche…

Mais il se demanda toujours comment, ce jour là, personne n’avait aussi remarqué, comme lui, sur le plan, les annotations, certes très discrètes, qui indiquaient les cachettes du Tonton Y…


FIN


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