La corde d'or
de Pascal Dufrenoy



Une attirance mystérieuse me lie aux arbres. J’admire craintivement leur rudesse et leur longévité, leurs mystères et leurs couleurs. J’ai cherché vainement à percer leurs silencieux secrets. Petits saules des étangs gardant les rives, bouleaux ou sapins surgissant de la montagne, frappés ou non des empreintes de l’histoire, se parent souvent de rides et de crevasses que les pluies et les hivers ont portées à leurs écorces. Les fards et les étoffes passées drapent ces vieux courtisans pour l’éternité.
J’aime la résonance et la pérennité du bois. J’aime à croire qu’il existe une sorte d’osmose qui me pousse vers celui qui nous aide à bâtir, à construire, à nous construire… Je le hume afin de garder en mémoire sa fragrance , je palpe sa texture vivante, toujours étonné par sa maniabilité pratique.
Beaucoup de ces arbres, la plus grande part, fournissent pendant toute notre existence les matériaux de nos actes quotidiens. Ouvrons la sombre armoire, campée au milieu de la chambre, chargée de tout ce que nous accumulons et, aussitôt, surgissent, puissantes et fortes, ces odeurs miellées, ces couleurs de forêt et ces patines de cire rousse tapies sur les rayons de nos vies, inestimable sentiment d’assurance et de plaisirs éphémères, le point d’orgue d’une calme journée… Là, sous la photo des parents, cette tête d’acajou ou de chêne, teinte d’un brou de noix, repose sur un plancher aux lattes déjà nouées. Elle navigue comme autrefois aux vents forestiers, souvenirs d’arbre et de futaies.
Ici, sur les rayons de ma cuisine, devant mes épices odorantes, ces planches blanchies, toutes frottées aux cristaux de sel marin ont une pâleur élégante. Munies de trois ou quatre couteaux d’acier nichés dans leurs gangues de bois d’olivier, elles attendent, implacables, le sacrifice des viandes rouges sur l’autel domestique, Vernis barbares, graisses des ripailles, odeurs des rôtis que découvrait le convive d’alors, mon estimable ami, le gourmet.
Arbres que le Roi Soleil a contemplés bien avant nous, les gardant de haute autorité, matériau des navires auquel le vent donne les airs du voyage. Arbre qui vit et qui vibre, éternellement voué aux transformations magiques de la mouvance et du besoin de l'homme, le bois pour voyager… Quête souveraine de nos aïeux, la difficile conquête de la connaissance du monde.
Assis dans mon profond fauteuil de tapisserie je pense à l’âpre et fructueux commerce de l’homme avec les arbres : première roue, tabernacle des cathédrales, mât des navires, planche des cercueils… Partage de la vie et de la mort…
Je regarde vers le passé, très loin dans le passé, à Saint-Louis rendant la justice sous son chêne au cours de conseils cérémonieux, à la légende du Comté de l’arbre de vie, aux Malouins partant à l’aventure sur leurs goélettes. Alors, au jour d’aujourd’hui, les hommes ne se reconnaissant plus en rien retrouvent leurs compagnons de bois et décident de les sauver.
Partout on voit des plantations affairées étendre leurs ramures et ne plus obéir au béton, mais à une essence qui est en eux, comme une vibration dans ces cœurs de bois. Un renouveau, ici, depuis que le premier arbre eût la terre pour berceau.
Elles se saisissent des banlieues farouchement, les étreignent entre leurs branches qui se fortifient et se développent au regard des immeubles, en vertu de l’instinct de conservation. La forêt se nourrit de grisaille pour nous recréer un paysage humain.
Mais, nombre d’entre les arbres ont, aujourd’hui ou auront demain, des messages à transmettre : maléfiques transmissions pour servir les druides d’une aura jamais éteinte, désignés à l’exécution de pauvres bougres, arbres de mort et de persécution. Vengeance du passé qui perdure de génération en générations… Le sortilège de la forêt.
Ces arbres là, même méticuleusement entretenus, répertoriés, ne perdent pas une once de méchanceté, ni l’éclat blême de la frayeur angoissante de l’irrationnel. De leur tronc crevassé suinte un désir corrompu qui empoisonne l’esprit d’un venin subtil et fou, selon l’intérêt que l’on prend à les admirer ou le malaise que l’on ressent en leur présence. Ils sont les réceptacles ouverts aux fantasmes et aux angoisses des hommes.
C’est alors qu’il faut se méfier, vénérer ou éliminer pour l’éternité ces arbres maléfiques, selon ce que l’on redoute ou qu’ils soient susceptibles de guetter une proie… Vous ! ou moi…
Beaucoup d’hommes sont devenus fous ou sont morts d’avoir nié les sortilèges d’arbres corrompus… Mais écoutez plutôt cette histoire…

*

J’ai, dans le pays de Houtland, une famille d’amis équilibrés, les F…, lui ancien médecin militaire au Tonkin et indécrottable cartésien ; elle, conservatrice de musée, et si férue d’histoire locale, et qui à force de consulter de poussiéreux livres d’heures et de relire d’anciennes chroniques oubliées, semble vivre à une autre époque.
Avec elle, j’ai vécu les misères que vivent les serfs, ces pauvres paysans nés sous la tutelle féroce de seigneurs impitoyables et condamnés à une existence misérable et précaire, afin de satisfaire les désirs orgueilleux de leurs tortionnaires. Esclaves voués à la mort et à la famine et qui, hurlant la faim, se révoltaient parfois.
Avec lui, au cours de longues conversations passionnées ou de promenades en forêt, j’ai retrouvé la force carrée de la logique et le bon sens scientifique des hommes de métier, démontant les fantasmes et les légendes avec une méthode rigoureuse et sèche.
Une semaine de septembre dernier, je pris une nouvelle fois gîte et couvert chez eux et trouvai mon amie en état d’excitation intense. Elle avait découvert, caché par un sombre taillis, au fond d’une énorme forêt, un bosquet de chênes serrés les uns contre les autres dominé par un arbre plus haut et plus âgé, ce qui semblait là une découverte banale lors d’une promenade habituelle. Mais Geneviève F… possédait un souvenir précis des événements du passé et en connaissait la valeur. Intriguée par ce curieux végétal, elle préféra pour plus de sûreté consulter ces vieilles chroniques féodales et éliminer ainsi les interprétations douteuses. Consultant, cas par cas, les travaux des moines copistes de l’Abbaye de Gand, elle fut bientôt certaine d’avoir retrouvé là, le chêne des Jacques Pendus…
Comme bien on l’imagine, je postulais l’emploi d’aide-enquêteur. Elle s’amusa devant ma frayeur de son refus et me déclara qu’elle avait attendu mon retour pour examiner le chêne et ainsi, appuyer ses théories d’éléments tangibles.
Le bosquet se trouvait dans un sombre recoin de bois, à l’écart des sentiers, étroites pistes parsemées de brindilles mortes et sur lesquelles gambadaient de petits animaux, oiseaux multicolores piaillant comme autant de sifflets, petits rongeurs…
Les couleurs du taillis se montraient de loin en loin et semblaient rendre l’atmosphère encore plus pesante. Geneviève F… avait taillé quelques branches pour mieux accéder au grand chêne afin de ne rien omettre dans ses croquis, ne fut ce qu’une marque d’écorce ou un signe gravé de la pointe d’un pic.
Après un rude combat contre les griffes acérées d’un roncier et les charmes envahissant d’un buisson d’aubépines qui s’accrochaient à nos vêtements, la forêt défendant son secret… Nous arrivâmes au pied du grand chêne où, s’arrêtant à peine, mon amie me poussa, balançant son appareil photo à tour de bras.
Le chêne était d’une circonférence prodigieuse, s’étendait largement mais très vite se courbait et s’inclinait, sinueux comme un serpent. Cette disposition particulière nous obligeait à nous pencher et nous donnait un air déférent, obséquieux. Nous en serions quittes pour un torticolis. Le tronc avait gardé les traces de sa sinistre fonction des siècles durant, les ronces et les taillis d’arbres plus jeunes l’avaient dissimulé aux outrages du temps. Une fois contourné ce fût torturé, s’avançaient de bases branches de plusieurs mètres de long. Elles portaient à maints endroits la cicatrice, comme toute fraîche, de la corde. Les saignées semblaient être faites de la veille.
Aucun restes d’anciens squelettes de martyrs ne subsistaient, orgueilleux ou terrorisés face au supplice, il ne restait rien. Ici, les années et la voracité forestière avaient effectué leur travail de sape.
Geneviève F… développait réflexions et théories tout en tournant lentement autour du chêne. Elle s’arrêta soudain devant une stèle de pierre moussu à demi enterrée dans l’humus. Une inscription à moitié effacée y était gravée, bien que très ancienne, elle semblait tout de même postérieure à notre chêne. En se penchant, nous pouvions déchiffrer difficilement, ces quelques lettres de français moderne « Pre…. …rde à l’arb… …..fernal »
Campés près de la stèle ou présumé telle, nous nous regardâmes avec anxiété et demeurâmes silencieux, empêtrés dans un fatras de sentiments confus. Puis passée cette pause, nous continuâmes notre investigation, activité longue et opiniâtre que tous les passionnés d’histoire connaissent bien.
Je frottais l’inscription de la manche. Elle portait encore la marque du fer par endroits, elle semblait nous attendre et était rester muette jusqu’à notre arrivée.
Geneviève fouillait les environs mètre par mètre et cherchait les indices par où découvrir la sinistre vocation de l’arbre. Enfin elle parvint à une dalle de grès à quelques dizaines de mètres du taillis, en nous aidant d’une grosse branche comme levier, nous réussîmes à la basculer dans l’herbe jaunissante à l’ombre d’un fossé.

La dalle cachait une excavation sombre et puante. Le halo de nos lampes de poche dirigé vers l’intérieur nous révéla un singulier spectacle. Spectacle que nous étions les seuls à contempler après des siècles et des dizaines de générations.
Une telle exaltation, une si forte émotion s’empara de nous. Pour ma part, je vacillais comme si le trou béant dans la clairière m’attirait en son sein maléfique…
C’était une tombe restait inviolée jusqu’au jour d’aujourd‘hui, d’environ quatre mètres sur deux, tapissée de granit Elle contenait les restes d’un géant de deux mètres, deux mètres vingt, peut-être… Cuirassé de métal rouillé. Nous pensâmes être tombé sur un seigneur de guerre.
Les os des mains étaient croisés sur une formidable épée, tandis que le crâne avait été coiffé d’un heaume à cimier, orné de deux gueules de dragons d’un aspect terrifiant. La réflexion de Geneviève fut prompte et sans appel :
— Gilles le Noir, Seigneur de Watten, le bourreau des Moeres !
Mort naturelle ou fin violente ?
Mon amie regarda de plus près, cherchant à recouper le souvenir de ses vieilles
Chroniques, s’affairant, dégageant l’énorme bouclier orné d’une feuille de chêne.

Elle parvint ainsi à récupérer plusieurs objets. J’étais ému par la fragilité du temps qui m’enivrait, me donnant le ton exact de l’infime durée de la vie ainsi que de la fugacité des instants, démesure insensée de nos orgueils disproportionnés… J’écoutais ses remarques passionnées : là, une grande hache gravée de signes magiques, ici des pièces de monnaie étranges, là encore… Le bois d’un arc et son carquois.. Je perçus enfin le bruit d’un couvercle que l’on ouvre ; puis, le silence…
Geneviève commentait-elle encore ? Ne m’étais-je pas assoupi, un court moment ?
Non, elle ne parlait plus, mais je ne dormais pas. Elle se releva brusquement, tenant dans ses mains une espèce de lasso de fibres souples tressé de fils d’or. Elle me tendit l’objet qu’elle me donna à contempler, je fixai la corde anxieusement…
« - Vois, mais vois donc ! Inouïe… Après toutes ces années et malgré toutes les élucubrations… Contemple ! La corde d’or, peut-être la seule et unique existant en ce bas monde…
Je la saisis enfin, un peu anxieux de la détériorer et, sous la clarté douce du soleil d’automne, posée entre mes doigts, je contemplais la corde maudite, tournant et retournant cette curieuse matière.
Elle semblait faite de cuir blond mêlée de fils d’or entrelacés, assouplie par un long usage, encore forte et puissante. Se tendant rapidement, elle laissait à mes mains une raideur inquiète. Si elle était esthétiquement superbe, au point d’avoir envie de la posséder pour soi seul. Elle représentait l’horreur du supplice et l’angoisse et, paradoxalement, j’avais envie de la rejeter au loin.
C’était là, l’œuvre en tannerie d’un maître infernal, un instrument sinistre mais embellie par le patient travail de l’artisan. Les liens, doux et serrés, montraient une perfection manuelle mais non humaine. Cette corde avait dû servir à de longs et nombreux supplices qui ne pouvaient avoir été perpétrés que par Gilles Le Noir, ou Gilles de Watten, seigneur et bourreau… Je me sentis gagné par une mauvaise sensation de haine et de rage, ma gorge se serrait inexorablement, de chaud, je devenais glacé, restant insensible aux stimuli extérieurs.
Je rendis l’horrible instrument de torture à Geneviève F… en lui déclarant qu’après l’enthousiasme donné par cette découverte, j’éprouvais maintenant une horreur larvée, comme si la corde d’or détenait et irradiait une active aura malfaisante…
Elle resta sourde à ma remarque, mais l’observa sous toutes les coutures et, particulièrement le pommeau du manche de cuir, tête de démon cornu aux yeux de rubis profond.
— « C’est bien là, le châtiment des serfs révoltés, la corde d’or de Gilles Le bourreau… répliqua-t-elle.
— « Un horrible objet de mort, le symbole de la cruauté d’un homme.
Cette corde fut longtemps crainte par les serfs. Elle était le garant de la supériorité seigneurial, elle a branché des hommes par brassées…
Après un instant d’hésitation, elle conclut sur un ton un peu sourd :
— « Les hommes ne furent pas les seules victimes, Gilles Le Noir avait une
conception particulière de la famille, il ne séparait jamais les membres d’une communauté, même dans la mort… Nous venons de découvrir là un secret terrible, terrible et destructeur...

*

Jean F… fût aussitôt de notre avis lorsque nous lui montrâmes notre découverte, de même qu’il se montra sceptique sur la véritable utilisation de la corde d’or. En scientifique avisé, il décida, en toute logique que ces objets, en particulier, la corde devaient être enfermés avant leur éventuelle installation dans un musée.
Et, la manipulant entre ses mains, telle une pièce anatomique, il alla la déposer dans son bureau où il l’enferma dans une armoire.
— « Nous contacterons Gand demain ! », trancha-t-il en revenant, et, reprenant sa détermination coutumière :
« A cette heure de la journée, vous avez bien mérité de prendre un verre ! »
Nous tombâmes tous d’accord avec sa proposition et, ma foi, ayant passé une excellente soirée à boire et à manger, je me couchai de fort bonne humeur et je dois le dire, un peu gris.

*

En province, les événements mystérieux et les découvertes se connaissent rapidement. Dès le matin, ce fut d’abord la venue du prêtre de la paroisse, un abbé jeune et ouvert au monde moderne, féru de légendes locales. Cette visite avait été provoquée par la fille des F…, une jeune étudiante en histoire de l’art qui n’avait pu tenir sa langue davantage, face à la découverte prodigieuse de sa mère. Elle était tout à la fois fière et effrayée par cet objet d’une autre ère et d’un autre monde.
L’abbé s’enthousiasma devant la corde, mais ne put fournir d’autres renseignements que ceux fournis par Geneviève. Il éprouva, également, un trouble certain devant le « malaise » qu’il ressentait à la vue de l’objet. Il osa déclarer ressentir la présence d’une aura diabolique, sans pour cela accréditer la puissance et l’intervention des forces du Malin.
Tout comme Geneviève et moi-même, Jean F… avoua que depuis la veille, il se sentait mal dans le bureau. Il essuya, un court moment, la transpiration qui lui coulait dans le cou, un peu gêné…
D’autres notables et personnalités locales se succédèrent toute la journée. Tous furent unanimes, c’était là une découverte prodigieuse et unique, mais également un objet de répulsion qui renvoyait aux époques troubles et sombres de la barbarie… De l’opinion même de monsieur l’abbé, la garder plus longtemps serait dangereux et provoquerait peut-être des incidents funestes. Sa place était dans la vitrine close d’un musée, à Gand. Voilà qui était dit !
Dans la soirée, nous retournâmes dans la forêt, examiner le chêne du Sire de Watten, qui dépouillé de sa guirlande d’or semblait hurler des malédictions…
Anne F…, la fille de la maison insista pour rentrer au plus vite. C’était une fille blonde et gaie comme sa mère, le regard intelligent et la musculature développée en accord avec sa passion pour le sport. Au retour, la corde d’or fut inévitablement le centre de la conversation et aiguillonna si bien la curiosité d’Anne, qu’à peine assise, elle l’a prit en main et se mit à la contempler, fascinée.
Elle la manipula, la tendit, la palpa et finalement, la trouva amusante » ne lui découvrant que le picotement agréable des films fantastiques. Aussi nous fit-elle grief de nous être par trop laisser impressionner par la légende du Seigneur bourreau.
Et, sans lui accorder plus de crainte, elle rejeta la corde d’or dans l’armoire tout en nous parlant de ses études à Bruges et de ses dispositions pour la journée du lendemain. Une ballade à cheval avec quelques amis sur les pistes balisées de la forêt flamande.

*

Des gardes forestiers consternés nous la ramenèrent vers les dix heures le lendemain, nous trouvant sur la terrasse pour le petit déjeuner.
Elle était inconsciente, allongée sur la plate-forme arrière du véhicule tout-terrain ; Bleue, la langue pendante…
Partie à l’aube, chevauchant à la rencontre de ses amies, elle avait, comme à son habitude, coupée au plus court par la clairière des Dombes parsemées de fondrières. L’une d’elles, plus qu’éboulée, s’était effondrée sous elle avec la lenteur calculée de la boue et des marais.
L’infortunée venait d’être découverte à moitié ensevelie. Les vêtements maculés de fange, la nuque tendue comme un appel au secours. Grâce au ciel, elle vivait encore.
Les F… prirent les dispositions imposées. Moins de vingt minutes plus tard, Anne était dans une des salles de soins de l’hôpital provincial où elle était examinée par médecin, ami de Jean.
Le docteur, prompt et sûr, l’ausculta sous toutes les coutures, lui découvrant une large marque noirâtre à la base du cou. Il ne put que rester perplexe devant le traumatisme des vertèbres cervicales.
Anne ne devait la vie qu’à sa robuste constitution, ses vertèbres n’étaient pas brisées, mais elle porterait une minerve pendant de long mois. Le docteur ne s’expliquait pas du tout les marques de strangulation de la pauvre fille. Elle avait été victime d’une chute par effondrement, ce qui aurait pu expliquer l’étouffement mais non les marques sur le cou…

*

Si vous faites un détour par Gand, en Flandre, et si par hasard, vous faîtes connaissance avec les amis les F…, Ne leur demandez jamais des nouvelles de leur trouvaille qui, il faut bien l’avouer, après toutes ces péripéties et une fois ses nuisances accomplies, a complètement disparue de la circulation.
Le grand chêne fût foudroyé par un épouvantable et bref orage, le soir même de cette funeste journée et de la tombe de Gilles Le Noir, il ne reste que cendres…
Toutefois, si les F… n’en discutent jamais, l’Abbé Leemans, par contre, vous invitera quelques instants au presbytère, afin de vous donner la conclusion de cette étrange affaire. Il fut tout surpris de retrouver la monture d’Anne dans le pré jouxtant la cure, le matin du drame, le cheval fourbu et crotté jusqu’au ventre.
Dans les fontes de la selle, la jeune fille, par jeu, avait emporté, sans être dérangée par quiconque, l’étrange corde d’or…
L’abbé Leemans a toujours refusé de dire ce qu’il en avait fait… Mais les caves du Vatican recèlent bien d’autres secrets…

Loos, le 23 novembre 2004

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