Cindy
de Pascal Pascal

Je n'aime pas particulièrement la techno. Je trouve cette musique trop électronique, trop artificielle, à l'image des drogues qui l'accompagne fréquemment. Ceci dit, il y a de très bons groupes. Encore que le terme groupe me semble difficilement assimilable à de la musique faite par ordinateur, certes par des "gens", mais en aucun cas je n'y ressens la notion de groupe, comme dans le Rock, ou même le rap.

Je n'aime pas les soirées. Enfin les soirées normales, il s'entend. Quand il s'agit de grandes fêtes, dans lesquelles on croise des gens du Show-biz, là je peux apprécier. Les autres grandes fêtes ne sont que prétexte - à mes yeux - à l'abus d'alcool, de drogues et de nicotine. Repousser les limites de son corps dans un but obscur - s'éclater - chose que - je pense - on peut faire tout aussi bien en ayant un sang limpide et pur. Je n'aime pas les soirées notamment parce qu'ils aiment inonder les oreilles de l'assemblée avec cette musique dont je ne raffole pas : la techno.

En général je ne vais pas dans ces soirées, car je sais que je n'y trouverai rien de ce qui m’intéresse. Ni groupe ravageur qui assomme le public sous une performance live de qualité, ni star de cinéma ou de la chanson qu'il est bon d'approcher, ne serait ce que pour le raconter de manière déformée et amplifiée à mon avantage par la suite, et surtout ni femmes à séduire. Le problème de la techno est là. Les gens qui vont aux soirées qui diffusent ces beats ont l'esprit à la fête, la danse et la défonce. En aucun cas, ces nénettes - fort bien foutues - qui se trémoussent sur la piste ne sont pas là pour se faire draguer. Elles veulent bouger, oublier le stress de leur semaine (d'étudiante... le stress d'un étudiant, grands dieux !!! Les étudiants peuvent-ils être stressés ?), oublier leur quotidien de salariée à mi-temps dans une librairie à la con, et oublier leur mec qui finalement la tire pas aussi bien qu'elle le voudrait.

Je commence à être aigri, alors je vais m'accouder au bar et prendre un jus de fruits. Il y a foule (il doit être une heure et quart), et je vais bien en avoir pour dix minutes avant que le barman entende que je veux un jus d'ananas. Je sais déjà que des regards vont se poser sur moi... Mon dieu ! Je dois probablement être le seul ici à ne pas boire une goutte d'alcool. Il faudra tout de même que je surveille de très près le contenu de mon verre. On ne sait jamais ce qui peut y être glissé par inadvertance... Le type au bar est très occupé. Je me demande comment il fait pour retenir toutes ces commandes "un JB" "Un Gin Tonic" "deux Malibu" "Une bouteille". Il sert tout dans l'ordre et aux bonnes personnes. Un métier que je serai incapable de faire. Trop stressant, d'une part, et d'autre part, j'ai une forte tendance à oublier les choses dans les secondes qui suivent le moment ou elles me sont dites. Pour m'en souvenir des jours (des heures, dans les meilleurs cas) après. Il pose mon verre sur le zinc. Il a déjà pris mon billet de cinquante sur lequel il ne me rend - évidemment - pas de monnaie. C'est aussi une des raisons pour lesquelles je traîne rarement mon cul en soirée. D'abord je paie l'entrée (en général. Celle ci, je suis entré gratis), puis je me fais enculer sur le prix des boissons. Il me sert un verre de jus (25 centilitres dans les meilleurs cas) qu'il sort d'une bouteille (il la sort devant moi la bouteille, en plus) qui doit valoir... allez... 8 francs le litre ! Moins sûrement, puisqu'il l'achète en gros. Putain ! Il y aura toujours des baltringues - comme moi - pour se faire entuber. Et revenir.

La fête à lieu dans une énorme salle et les baffles disposés un peu partout assurent un bon rendu sonore de ce que peut mixer le DJ. Un effort tout particulier à été apporté aux éclairages, de très bonne qualité. J'ai des picotements aux yeux, dus au trop-de-fumée-de-cigarette, mais aussi à ces éclairages. Je comprends mieux les quelques personnes qui portent des lunettes de soleil. Ce n'est pas que pour la frime.

Il fait plutôt chaud, mon jus part vite. Putain. J'ai envie de balancer le verre au hasard, dans la foule massée sur la piste et qui danse, et qui danse. C'est assez désordonné, assez bordélique. Chacun ressent la musique à sa façon. Je suis toujours persuadé que tout ceci n'a aucun intérêt. Eric vient vers moi. Il m'a appelé quelques heures plus tôt, me proposant une soirée. Je l'avais pas vu depuis longtemps, et il m'offrait l'entrée (en fait, il nous a mis sur VIP listing) et j'étais peu prompt à trouver une excuse pour y échapper. Une fois passée la porte d'entrée, il fut assailli de diverses connaissances, de bises de toutes parts, je l'ai laissé aller, faisant un premier tour de piste... et maintenant, le voilà.
- "Ça va ?"
- "Hm hm"
- "Tu danses pas ?"
- "J'ai pas l'habitude !"
Je suis obligé de lui gueuler mes réponses à l'oreille. Je déteste ça. Je déteste aussi le fait qu'il me hurle lui aussi dans l'oreille. Connard.

Eric est aussi grand que moi, châtain décoloré aux cheveux courts, il porte un pantalon en Skaï bleu ciel, des chaussures Bufallo noires et blanches, un tee shirt moulant avec un col en " v ". Un vrai pédé. Je m’étais toujours posé des questions sur ses affinités sexuelles, sans jamais les lui poser à lui... Sa tenue vestimentaire de ce soir me servira de réponse. Si je le raccompagne (j'espère que ce ne sera pas le cas), il faudra que je fasse gaffe. Il se re-penche à mon oreille pour me dire je-ne-sais-quoi... Je m’en fous. Je viens de voir Cindy.

*

Cindy, est superbe. Je lui donne 26 ans, peut-être plus. Taille normale (1m68 ou 69), des cheveux châtains mi-longs qui lui arrivent à peine en haut des épaules, des yeux marrons, un petit nez doux et bien dessiné et percé à la narine droite. Des formes parfaites, un petit cul destiné à recevoir des claques et des queues.

Le première fois que je l’ai vue, elle vendait des cassettes vidéos et des disques dans une grande surface d’amusement. J’ai d’abord été subjugué par son regard (hallucinant, j’en aurai presque eu une érection), puis ses formes parfaites, bien que dissimulées dans des vêtements bien choisis (un pantalon noir avec un pli, en lin peut-être, et un chemisier ocre avec des motifs dans ces tons). J’étais sous le charme, j’ai bien dû m’arrêter de marcher (je circulais dans les rayons) et la fixer trois bonnes minutes. Avant de trouver un prétexte pour aller lui adresser la parole. Devant son comptoir, je lui ai demandé un renseignement sur une cassette vidéo à venir, laissant mes yeux se balader vers son badge (indiquant son nom : Cindy), ses mains (pas mal. Pas mal du tout), ses seins (rapidement... je voulais pas qu’elle me voie en train de la reluquer ici), ses bijoux (colliers en perle de mer à la con, une chaînette en or, une gourmette, des bagues, l’une semble être une alliance) et ses yeux. Encore.

J’ai passé un bon moment à penser à elle. A imaginer que putain, ce serait elle la femme se ma vie, à l’imaginer à me faire des avances derrière son comptoir, l’imaginer folle de moi... Pendant tout ce temps, il n’y eut rien. Je pense même à une profonde indifférence mélangée à de l’ennui de la situation... Car je me doutais bien qu’elle eut deviné mes idées dès l’instant ou je lui ai parlé. Pendant (allez... un an.) je la voulais plus que je voulais n’importe qui. J’étais obsédé. Vraiment. Obsédé. Mais à aucun moment cette obsession ne servit de détonation à mon courage endormi : C'est bien là le problème. Une année durant, je suis resté fou de cette fille, sans JAMAIS JAMAIS JAMAIS avoir osé lui parler autrement qu'en lui demandant des renseignements sur des cassettes vidéos dont je me foutais éperdument.

Tout ceci ne s’est arrêté dans mon esprit que lorsque je ne la vis plus. Renvoyée ? Démission ? Je ne sais pas. Et puis elle m’est sortie de la tête.

*

Elle est là, ses cheveux châtains coiffés en deux petites nattes, son piercing brillant dans sa narine, un pantalon en skaï moulant et vert, un tee-shirt bleu ciel, près de son corps. Tout le bien que j’ai pu penser d’elle, toutes les envies que j’ai eue, tout ce qui me motivait quand je passais devant le magasin en me disant " si je rentre, je vais l’apercevoir ", tout me revient en tête maintenant, et je sais que je la veux, ce soir, et que c’est là une incroyable occasion.

-"Tu connais cette fille ?"
-"Hein ?"
Eric est à la masse. Je crois que je l’ai coupé dans sa phrase (que je n’écoutais pas, d’ailleurs).

-"Elle, derrière avec un tee-shirt bleu et un piercing dans le nez"
Eric se retourne. Apparemment, la voir ne le tourmente pas autant que moi. Je n’ai pas vu une seule femme qui lui arrive à la cheville, où que ce soit. Il n’est aucune femme à qui j’ai autant pensé qu’à elle... Et pourtant, elle n’éveille aucun intérêt spécial, ni de la part d’Eric (qui est pédé ?) ni d’aucun autre garçon dans l’assemblée. La salle entière devrait s’arrêter et porter son attention sur elle. La divine.

-"Jamais vue"
Aucun intérêt. Merde.
Ma présence à cette soirée est enfin justifiée. Elle est là, passe, ne me voit pas, avance vers...?, est interrompue par une jeune fille percée et à la chevelure haute en couleurs. Elles se font la bise, même si Cindy ne semble pas connaître cette donzelle. Je mettrai ma main au feu qu’elle se dirige vers les toilettes... En faisant un petit tour par la foule et un crochet, je peux me trouver sur sa route et l’aborder correctement.
-"Je reviens"
Mais de toutes façons, il s’en fout. Il va plutôt aller se trouver un beau mâle à draguer, à coincer dans les chiottes, ou je vais le retrouver dans une demie heure, le pantalon sur les chevilles, un autre garçon coincé entre ses fesses. Putain de pédé. Tant qu’il me demande pas de raccompagner son petit ami de la soirée, ça ira.

Je fends la foule doucement. Il est difficile de se frayer un passage, et Cindy a toujours la jambe tenue par cette fille apparemment excentrique. Quoique ici, ce serait plutôt moi l’excentrique, en ne l’étant pas. Je bouscule gentiment les gens, leur tapotant doucement l’épaule pour leur indiquer que j’aimerai passer. Je n’ai pas de problèmes. A un concert de Rap, j’aurai déjà senti des lames de cutter se poser sur mes vêtements, mais là l’ambiance est sympa. C’est la fête. Je souris, même, et certains (et certaines) me le rendent. Mais non, je suis pas comme vous. Moi, lundi je serai au travail - un travail de merde, certes - pas dans une " after ", ou une fac à la con, ou même une manif’ pour dire que les pédés ont des droits. Au lieu de penser à ces connards, je ferai mieux de me concentrer sur la phrase à dire. LA phrase magique qui va lui arracher un sourire, sinon un regard gentil qu’il sera toujours bon de creuser rapidement ensuite. Il me faut plus d’une phrase, même. Il faut que je prépare un petit truc. C’est pas aisé de parler en soirée, il faut quelque chose de simple, bref et percutant. " Pardon... Excusez-moi... (sourire) Pardon... " Tas de merdes ! Je vois toujours Cindy, mais je suis de l’autre coté. Sur sa trajectoire. Cette fille (1 mètre 56, des baskets blanches à talons compensés d’au moins 7 centimètres, un bas moulant noir et orange de chez Xuly Bet des plus excitant, elle est percée au nombril et au sourcil, et porte en haut un court tee-shirt vert en " v ". Ça doit être la mode) lui parle toujours. Si elle écoute aussi longtemps une espèce de grognasse montée sur échasses, je devrai pouvoir placer au moins quelques phrases. Mais pas de suite. Elle va passer, sortant d’une conversation qu’elle n’aura pas voulu, et qui ne semble pas la satisfaire plus que ça. Enchaîner immédiatement avec un plan " drague " serait malvenu. Je vais plutôt attendre qu’elle sorte des toilettes. C’est ça. D’abord elle passe, je lui lâche un petit sourire, on va voir ce que le fait de me voir éveillera en elle. Ensuite, je la suis dès qu’elle sort des toilettes et avant qu’elle rejoigne le dance floor, j’attaque. Gentiment.

Je n’ai toujours pas de phrase... Allons, ça va venir ! Je vais piocher dans ma réserve de phrases à la con qui, débitées avec un air de timide qui sort de sa gaucherie et qui parait assez touchant. Quoique ce ne soit pas le bon cadre. Et puis je la vois mal s’épanouir avec un pale type, timide et apparemment coincé. Il me faut un visage assuré et une réplique d’acier. Avoir l’air d’un putain de vrai homme qui va s’occuper d’elle, dans sa vie comme dans ses nuits. " Bonsoir, moi c’est Gordon " me semble être la bonne entrée en matière.

Elle reprend sa route, je la fixe... elle regarde rapidement autour d’elle, ses yeux se posent sur moi et y restent. Une seconde, une autre, encore, une autre... Un sourire. Gagné ! Elle baisse à nouveau la tête et se dirige effectivement vers les toilettes. Elle m’a souri. Elle m’a reconnu. Elle sait qui je suis. Ou alors, elle se souvient d’avoir vu mon visage sans se remémorer précisément les circonstances, et son sourire était purement amical. Je ne pense pas. C’était un sourire charmeur. Une invitation au voyage. Je ne la vois plus... Je me tourne vers la foule. Je la regarde. Il ne se passe rien. Il pourrait n’y avoir personne, ce serait pareil. Des corps debout qui se désarticulent aléatoirement sur un beat. Boum boum boum... Il parait que le cœur prend le rythme des pulsations... Les basses commencent à me transpercer la poitrine. Je me retourne vers les toilettes. Je ne veux pas rater sa sortie.

J'ai la tête qui commence à tourner. Je fais des mouvements trop brusques, et la simple idée que d'ici une à trois minutes je serai en train de parler à Cindy, qui dans ma tête fut la femme de ma vie, n'est pas sans me perturber. Je me frotte les yeux, rien n'y fait. S'il suffisait de se frotter les yeux pour faire partir les maux de crânes, il y aurait moins de généralistes. Il me faut un verre d'eau... Je me retourne (lentement) vers le bar. Trop de monde. Il me faut les toilettes. Je m'y dirige et je vois Cindy en sortir. Elle prend le même chemin, cette fois je vais la croiser, il va falloir parler. La femme de ta vie, Gordon. Pendant un an elle t'a hanté, elle était là, assise dans ta tête sur son piédestal doré, celui qui t'empêchait de réellement la draguer, derrière son pupitre de vendeuse de cassettes vidéos, dans la cage en verre ou tu l'as enfermée, pour t'empêcher d'accéder à sa perfection. Cette fois, c'est simple : "Bonsoir, moi c'est Gordon". Sourire, regard de braise... Paré ? Elle s'approche (moi aussi)... Quatre pas... Trois... (elle sourit)
-"Bonsoir. Moi, c'est Gordon."
-"Bonsoir" (Grands dieux, ce sourire... Je fonds) "Moi c'est Cindy. Mais on se connaît, je crois... Enfin, on s'est déjà vu."

Il n'y a pas trois milliards de choix. Elle se souvient de mon visage, mais pas des circonstances dans lesquelles elle l'a déjà croisé... ça fait combien de temps qu'elle ne travaille plus dans ce magasin ? Deux ans ? Plus ? Je ne sais plus. Aujourd'hui, je toujours persuadé qu'à aucun moment elle n'a été intéressée par moi... Donc, autant ne pas lui rappeler ou elle a déjà croisé mon visage. D'un autre coté, elle est venue me parler, donc je suis dans sa mémoire rangé dans une partie consacrée aux gens qui mériteraient un brin de causette si on les croise en soirée. Dans le cas contraire elle m'aurait complètement snobée. Dans les deux cas, il faut que j'assure si je veux la tirer ce soir.

Je la regarde dans les yeux.
-"Absolument... Il y a cinq minutes tu allais aux toilettes et tu m'as souri... "
(elle rit)
-"Non, on a du se voir avant."
-"Je ne vois pas. En tous cas, on peut se voir après..."
Je lâche un sourire "ultrabrite" et un clin d'œil. Elle me sourit de ses grandes dents blanches (les deux devant doivent être séparées d'un millimètre, grand maximum... Ça ajoute une touche de charme incroyable.) et :
-"Je suis fatiguée, j'ai trop dansé. On va s'asseoir deux minutes ?"
Elle prend les devants. L'affaire est vendue, je l'intéresse. A moi de ne pas tout foutre en l'air, de m'adapter...

On traverse à nouveau la foule et on va vers un coin aménagé. Des petites tables rondes, des mini banquettes et des tabourets petits, ronds et laids. Rien de bien fantastique. Même la couleur (rouge sombre) est banale. Elle cherche du regard un espace libre pour poser nos fesses, je la tire doucement par la main vers le carré VIP. Eric est assis, en grande discussion avec un type en costume gris (un dealer ? Un pédé ?) et une cravate rouge. Je siffle, Eric se retourne, me voit, lève le bras, me fait signe, je viens. Cindy me suit. Je la tiens par la main, mais pas fermement. On n'est pas intimes. Je ne sens pas de résistance, mais pas de force, pas de pression... Elle ne saisit pas mon geste comme une perche, comme une occasion de me faire comprendre simplement et discrètement qu'elle me veut. Bon.
-"Eric."
Elle lui serre la main. Je serre la main au type en costume
-"Gordon"
-"Dave"
Quel nom à la con. Un prénom comme ça on le garde pour soi, on le dit pas aux autres. Il a une drôle de tête. Une tête de type qui se ferait arrêter la nuit par les flics, bien qu'étant blanc. Ça contraste avec son costume. Quoique non, les types les plus louches portent de beaux vêtements. Pour donner le change ? Ce type doit être dealer, ou au mieux mac. Je m'assois entre Cindy et Eric. Dave est à la gauche d'Eric.
-"Ça va Gordon , Tu passes une bonne soirée ?"
-"Ça va, merci Eric." A Cindy "Tu viens souvent dans ce genre de soirées ?"
-"Ouais... J'adore."
Bon. Elle doit bien avoir quelque chose à me dire, après tout c'est elle qui nous a fait asseoir. Ça va vite. Elle débite tout un tas de trucs, des petites questions, mon âge, etc... Je réponds tout en me renseignant sur ce que je veux savoir. Je parle assez peu, en fait. Je suis assez choqué de me retrouver là, à parler à celle que j'aurai aimé avoir comme Femme De Ma Vie. Ce n'est pas un rêve. Elle sort une cigarette, m'en propose une.
-"Non merci."
Petit sourire poli, J'ai les dents bien brossées, je peux les montrer. Certaines femmes m'ont souvent dit que j'avais un beau sourire. On va voir. Elle me dévore des yeux. Jamais je ne me suis senti autant désiré par une femme. Ça doit tenir au fait que je donne pas trop l'impression de la vouloir, pile là. Je l'écoute à peine. Je la regarde mais mes yeux sont vides. Je pense à tout ce que je n'ai pas eu en la draguant auparavant. Là, il va se passer quoi ? Je vais au mieux la sauter chez moi, au pire obtenir une pipe dans ma voiture ou dans une contre allée sombre avoisinante. Et puis c'est tout. Qui sait si j'avais eu le courage de la draguer ? Je me réveillerai chaque matin à ses cotés. Je pourrai disposer de son corps à chaque instant de nos vies alors devenues une seule et unique. Je pourrai presser ses seins - que j'imagine fantastiques - toutes les nuits. Je pourrais les sentir se poser sur ma poitrine, sur mon dos, je pourrai sentir ses tétons durcir entre mes dents qui les mordilleraient tendrement. Je pourrai la lécher des oreilles aux genoux. Je pourrai enduire son cou de bave, lui mordiller la peau, la sentir gémir sous moi, la sentir... Elle se lève. Je lui souris et la suis. Elle salue de la main Eric et son copain dealer, je me penche à son oreille (à elle).
-"On fait quoi, alors ?"
-"On va chez toi ? T'es en voiture, c'est ça ?"
Je ne sais même plus ce que je lui ai dit. Trop occupé à l'imaginer nue devant moi, trop occupé à l'imaginer mienne. (à Eric)
-"C'est bon ? T'as une voiture pour rentrer ?"
-"Oui... Je vais aller à une autre soirée... On se rappelle ?"
-"Ouais. Encore merci !"
Large sourire. J'aime avoir l'impression que les autres me perçoivent comme gentil. Je suis gentil. Mais pas trop et pas avec tout le monde.

Je roule en Fiat Punto de location. Un problème de transmission sur ma voiture régulière, une Peugeot 205. Je déteste ces voitures. Sacré numéro mon cul ! Je l'aimais bien avant d'en avoir une, mais maintenant sa forme ne vaut plus rien à mes yeux. J'aime assez le design des dernières Fiat, les Brava & Bravi (ou Bravo)... Sauf leur avant, trop animal à petit gueule. Les arrières sont intéressants, même si celui de la Bravo (enfin... Le modèle 5 portes) est emprunté à un modèle de Ford Mustang US. L'intérieur est vraiment bien, sympa et agréable et la conduite est très agréable. Sauf la Punto, plus vieille. Moins intéressant. Mais bon. Je récupère la mienne dans deux jours et je sais que je vais pas la garder longtemps. Je vais sérieusement penser à l'achat d'un nouveau modèle et mon choix risque de se faire du coté des américaines. Ford, peut-être (pas la Focus, trop européenne) ou Chrysler (la Néon se vend mal et les options sont faciles à discuter). Je ne sais pas. Je n'ai pas encore embrassé Cindy. A peine sortis du vestiaire ou elle à récupéré son sac et veston, je l'attrape par le bras et lui roule une bonne grosse pelle des familles. Elle aime ça, le baiser est long et mouvementé. Nos langues se tordent, se mêlent et s'emmêlent, nos salives se mélangent, ça tourne comme un tambour de machine à laver. Ma main gauche se glisse sur sa nuque, la droite se pose sur le bas de son ventre et remonte lentement vers le sein droit. No problémo. Elle embrasse terriblement bien, enfonce sa langue dans ma bouche et tourne lentement et doucement. C'est très soyeux. Le même confort pour ma bouche que celui d'une chemise en soie, pour mon torse. Nos langues restent collées l'une à l'autre trois bonnes minutes, c'est un baiser TRES profond qui fait naître en moi un début d'érection. Nous nous décollons, nos yeux s'ouvrent (tiens, j'ai fermé les yeux ce coup ci... Les temps changent.) et les regards sont de braise. Elle fixe mes yeux, une lueur de surprise au fond du regard. Un sourire charmeur (et d'ailleurs très excitant) s'esquisse au coin de ses lèvres. Comme une enfant ravie de la découverte qu'elle vient de faire. Comme une cochonne qui se dit après le bisou : "Putain ça va être bien avec lui". J'ai envie de la sauter illico presto, de la coller sur le capot de la Punto, lui arracher son pantalon de merde et lui bouffer la moule avant de lui coller mon braquemart entre les cuisses. Mais je l'emmène gentiment à la voiture. Une pression sur le porte clé, les portières s'ouvrent. Vive la technologie. Je ne sais pas encore comment je vais conduire. Lui faire peur ne serait pas une bonne idée. Il vaut mieux adopter une conduite prudente. Mais si elle aime les sensations fortes, des petits coups d'accélérateur, deux/trois déboîtements sauvages et une queue de poisson et elle sera en train de me sucer tandis que je ferai filer le quatre roues sur les routes qui mènent chez moi. Salope. Je monte dans la voiture, l'horloge indique deux heures et quart.
-"Il est tôt, quand même..."
-"Hm hm... C'est pas grave, on va s'amuser autrement."
Elle se penche et m'embrasse. Sa main passe sur ma nuque et me caresse un peu les cheveux. Nos lèvres se séparent, elle mordille la sienne. Je me contiens. J'ai envie de sortir ma queue et de lui fourrer dans la bouche. Je mets mes deux mains sur le volant, souffle. Puis je tourne la clé de contact. Moteur.
-"Ceinture."
Elle me regarde avec un air de salope finie. Elle a des yeux qui sentent le cul. Elle me veut. Je l'ai voulue pendant toute une année, maintenant, c'est elle qui me veut. C'est elle qui me dévore des yeux. C'est moi qui l'excite. MOI. Je me penche pour l'embrasser. Sa langue sort toute seule de ses lèvres entrouvertes. Nos langues se rencontrent, mais pas nos bouches. Je passe ma main sur sa joue. J'appuie. J'ai envie de la croquer, de la bouffer toute crue. Ma main descend dans son cou, je sens l'air qu'elle respire sortir de ses narines et y entrer à nouveau. Ma main est maintenant sur un sein. SUR le tee-shirt. Je descend encore, nos nez se croisent, ma main arrive sur le haut des cuisses et s'immisce entre ses jambes. C'est chaud. Je m'enlève aussitôt, langue et main. Je passe la marche arrière, accélère et débraye...
-"Tu préfères une conduite sport ou calme ?"
-"Calme. J'ai pas envie de mourir. T'habites ou ?"
-"Puteaux. On en a pour... 15 minutes. A tout casser."

Le bitume défile sous mes roues. J'aime conduire. Je mets la musique assez fort d'habitude. Souvent une cassette. Elle cherche une radio, tourne le bouton de l’auto radio Blaupunkt. Je suis concentré sur la route. La fatigue ne me gagne pas, je sens que je déborde d'énergie et que je vais lui démonter les fesses. Elle fout du classique. N'importe quoi.
-"Tu veux vraiment écouter ça ?"
-"Ça me détend. Je peux fumer dans ta voiture ?"
-"Ouais, vas-y."
Elle sort une cigarette (Marlboro) et appuie sur l'allume cigare.
-"Tu fumes pas ?"
-"Non."
-"Rien du tout ?"
-"Rien du tout."
-"Tu prends aucune drogue ?"
-"Non..." Un sourire gêné m'échappe. "Je vois pas trop l'intérêt."
-"Tu bois, quand même ?"
-"Ça dépend... Ouais..."
Je n'aime pas ce terrain. Elle prend l'allume cigare, allume sa cigarette et ouvre la fenêtre. Elle enlève ses chaussures, se met un peu à l'aise, le pied droit sur la planche de bord.
-"Tu l'as trouvée comment la soirée ?"
-"Sympa. J'ai pas trop l'habitude des grosses grosses fêtes techno comme ça."
Elle tire sur sa cigarette. Elle envoie la fumée dehors.
-"T'as la télé chez toi ?"
-"Tu comptes regarder la télé ?"
-"Non... Enfin j'aime bien m'endormir avec le son de la télé en fond... La mienne, je la programme et elle s'éteint toute seule quand je veux. Je choisis, une demi-heure, une heure ou deux. La tienne est programmable ?"
-"Je sais pas. J'ai plutôt l'habitude de m'endormir avec la musique. On aura qu’a mettre une chaîne musicale…"
Elle tire à nouveau sur sa cigarette. Tabac et papier se consument avec nos santés. Je ne suis pas sur, mais je pense que le fait qu'elle fume dans ma voiture me nuit à moi aussi. Je dois recevoir des effluves de tabac contre mon gré. Mes cheveux vont sentir la clope, mon veston aussi (je ne pourrai pas le mettre demain) et la peau de mes mains aussi.
-"Alors comme ça t'as pas de copine ? Un beau mec comme toi..."
-"Je fais un break."
Elle sourit.
-"Moi j'ai plaqué mon mari. Il me faisait cocue. Je me suis barrée. Quatre ans pour rien."
-"Il y a combien de temps ?"
-"Trois mois..."
-"Tu le revois plus du tout ?"
-"Du tout. Il vaut mieux. Si je le croise un jour je lui explose la gueule." Elle tire sur sa cigarette. Elle se finit donc jamais ? Putain ! Elle jette ses cendres dehors. Souffle sa fumée. Elle tourne la tête vers moi, me regarde et me souris. Elle était mariée. Exactement ce que je pensais.

Je sors de l'autoroute... Je longe la papeterie de Nanterre. "Ferme ta fenêtre, ça pue par ici". Je continue tout droit sur quatre ou cinq cent mètres et virage à gauche assez serré. Je suis à 80. J'ai été vite, quand même. J'ai du faire le trajet à 170, pas loin. Le virage est bien négocié, j'entre dans un tunnel désert... Il fait trois kilomètres d'ici à la Porte Maillot. Je dois le parcourir sur un peu plus de la moitié, et sortir à droite, vers la Défense ou je prends le Boulevard circulaire sur quelques centaines de mètres. Je serre à droite et sors vers Puteaux centre. Virage à gauche assez serré, je suis à 60. J'ai failli me planter une fois dans ce virage à la con. Je longe la route, feu à droite, j'ai la priorité... je continue, prends la seconde à gauche, une trentaine de mètres et je me gare.
-"On y est."
Elle me regarde avec deux grands yeux qui sentent la fesse. Elle en veut, ce soir. Ça fait combien de temps qu'elle s'est pas faite troncher, pour me regarder comme ça ? Un mois ? Deux ? TROIS ??? Je l'embrasse sur sa bouche et sors de la voiture. Elle sort aussi, les portières claquent, une pression sur le porte clés, la voiture est fermée.

Douze minutes plus tard (un verre chacun) on s'emballe à pleins tubes sur mon canapé en cuir. Ma main à déjà dézippé sa braguette et fouille sa culotte. La sienne est passée sous ma chemise partiellement déboutonnée. Elle sait y faire et ses caresses sont du meilleur effet sur moi. J'ai déjà une trique en béton. Nos langues se quittent, la sienne va se balader sur mon torse. Elle déboutonne complètement ma chemise et je l'enlève. J'ai toujours la main dans son slip, le majeur qui titille son clitoris. Elle me lèche le téton droit, je le sens qui durcit. Mon autre main passe sur ses fesses, remonte et va sous le tee-shirt. Je rencontre l'armature de son soutien gorge, et avec deux doigts, je le fais sauter. Comme un chef. Je souris. Elle descend sa langue sur mon ventre et ouvre mon pantalon. Je porte un boxer Calvin Klein qu'une ex-petite amie m'a ramené de New York. L'Amérique ! Elle extrait de sa prison de tissu ma verge turgescente et la lèche aussitôt. Mes mains s'arrêtent. Je me concentre et apprécie pleinement ce moment de joie intense. Puis je ferme les yeux et sens sa bouche gober mon sexe rigide. C'est chaud et humide et bon et putain que c'est bon !

Les premières notes de "Fireal" dixième morceau du premier album des "deftones", groupe de Sacramento, me viennent à l'esprit. La guitare (Fender Telecaster) qui joue quelques notes, ce son dégueulasse cette mélodie lancinante. Une douceur en introduction (le reste du morceau est contrasté entre crises de rages et apaisements malsains mais terriblement beaux pour les oreilles) qui colle bien dans ma tête à ce qu'elle offre à mon sexe. Sa bouche et sa langue qui étaient une véritable douceur pour mon visage le sont aussi pour mon pénis. Elle s'arrête et son visage remonte vers le mien. Elle va m'embrasser. Mes mains sont toujours sur son dos, je lui enlève le tee-shirt... Le soutif dégrafé gène la manœuvre, elle enlève mes mains et ôte son tee-shirt elle-même. Je me retire du canapé.
-"On va dans ma chambre."
Elle jette ses hauts au pied du canapé et se lève. Ma queue est toujours dehors, tendue et elle la prend dans sa main en m'embrassant. Ses seins s'appuient et se compressent contre ma poitrine. Je suis en flammes. Je plonge ma main dans ma poche avant droit et en sors un préservatif. Elle sourit, je déchire l'emballage, pousse un peu la donzelle et enfile la pièce de latex sur mon pénis. Je lui fais me tourner le dos et pousse un peu sur ses épaules. Elle se courbe, s'appuie sur le canapé. Je baisse son pantalon sur ses chevilles (le mien tombe tout seul) et sa culotte itou. Je la pénètre doucement. Mais sûrement. Ma queue s'enfonce en elle. C'est pas super super (la capote !!!) mais ça va le faire. Je vais tout doucement, prenant soin de ne pas aller tout au fond d'elle tout de suite. Je l'entends soupirer lorsque mon dard s'enfonce. Je l'imagine fermant les yeux. Ma main droite se pose automatiquement sur ses fesses, belles, fermes et tendre en même temps. J'ai l'impression que je vais jouir quinze fois... Je suis surexcité. Ce sont maintenant mes deux mains qui sont sur ses fesses. Je les descends sur ses hanches et commence le travail de bûcheron. Je la martèle de coups de hanche, enfonçant mon pénis en elle au plus profond. Je vais à une vitesse pas trop rapide mais suffisamment soutenue. Sa respiration se fait plus bruyante, je lui arrache quelques gémissements. Elle semble aimer ça (si ça se trouve, elle simule, cette pute !) alors je continue. Je lui écarte les fesses maintenant, je veux voir la rondelle de son trou du cul. Il apparaît comme un mont, une petite colline, elle est fort bien épilée... Je continue à limer, et je regarde le travail que j'effectue. Je m'enfonce en elle facilement, elle est extrêmement mouillée. Elle gémit de plus en plus fort. Je suis moi plutôt silencieux et observateur. Je donne des coups de butoir de plus en plus violents. Je sens des gouttes de sueur perler sur mon front. Je donne et je donne. Puis je me retire doucement, elle reste appuyée sur le canapé quelques secondes, elle semble reprendre sa respiration, inspire un grand coup et se retourne. Elle me regarde et souriant, les yeux brillants et la mine ravie. Elle se mordille la lèvre inférieure et elle vient se coller à moi, m'embrasser et reprendre mon pénis dans sa main. Elle appuie sur ma poitrine et me fait m'allonger sur mon parquet (froid) tandis qu'elle enlève complètement son pantalon jusque là resté sur ses chevilles. Elle enlève ses petites socquettes blanches, me regarde chaudement avant de se pencher sur moi, de m'embrasser à nouveau les tétons. Elle remonte, m'embrasse dans le cou, sur le menton, sur la bouche... Elle se recule alors et s'assoit sur moi. Mon phallus s'enfonce en elle sans aucune difficulté et je sens à nouveau une vague de chaleur m'envahir. Ses yeux ne quittent pas les miens. Et je la vois monter et descendre très lentement. Elle veut prendre son plaisir, elle sent que je peux lui en donner... Elle se bouge doucement, comme si elle se masturbait. Elle ferme ses yeux, elle se mord la lèvre (encore !), elle remue ses fesses plus vite, elle s'assoit de manière à ce que mon pénis aille au plus profond d'elle et quand je la sens à fond je donne un tout petit coup de rein. Je la vois alors sursauter, comme si je lui donnais une décharge électrique. Je répète l'opération. Je la sens fébrile, je sens le haut de ses cuisses trembler. Elle bouge encore un peu puis explose. Pas de cris, mais un énorme soupir. Je sens son vagin se contracter. Elle vient de jouir. Elle s'arrête quasiment, mon pénis au fond de ses entrailles. Ses mains caressent ma poitrine. Les miennes sont sur ses seins, que je malaxe tendrement. Elle a les tétons qui pointent, durs, et je joue avec. Elle s'enlève. Elle se lève. Elle est nue, belle et splendide et se dirige vers ma chambre. Elle s'allonge sur le lit, sur le ventre. Je me lève à mon tour et vais la rejoindre. Elle est allongée les jambes écartées, je vois sa chatte dégoulinante sur mon duvet.
-"Fais moi jouir encore." Murmure-t-elle de manière à peine audible. Je m'enfonce alors à nouveau en elle, refermant ses jambes une fois que je suis en elle. Je la chevauche. Mon bassin tape ses fesses et j'adore le bruit que ça fait. Pas que le bruit. Je me sens bien, confiné dans cet endroit intime. Je sens quelques poils frotter la base de mon pénis. Je sens mes couilles taper contre son clitoris.
-"Doucement."
Je vais lentement. A la fraîche. Je m'enfonce au plus profond d'elle et accélère le rythme petit à petit. Je la vois attraper mon oreiller et le serrer très fort. Je vois ses articulations blanchir, je la sens venir. Je me sens venir aussi. Ma respiration s'accélère, mon rythme aussi. Je tape, je me défonce. Je sors ma queue au maximum pour la rentrer au fond... Je donne... Je ralentis à peine, l'orgasme est là, je vais éjaculer d'un instant à l'autre, je ralentis et donne de l'ampleur à mes coups de reins. Je vais plus au fond, encore, encore, encore... Je lâche. Dans un râle étouffé en soupir je remplis la capote de foutre blanc et visqueux. Ma tête tourne, je sens Cindy me compresser contre elle et puis je ferme les yeux. Deux secondes, trois, quatre.. Je me retire, enlève le préservatif et le jette au pied du lit. Je me recolle à la belle et m'assoupis à ses cotés. Elle ballade ses mains sur mon dos, elle me serre contre elle. J'aimerai que ça dure longtemps. Ce n'est qu'une fille d'une soirée.
CE N'EST QU'UNE FILLE D'UNE SOIREE.
D'une nuit.
Qu'est ce qu'il advient des filles d'une nuit ? Rien. Le lendemain elles ne sont plus qu'un souvenir. Une odeur, un murmure... Des sensations que l'on ne retrouvera que dans les bras d'une autre, et donc différemment. Cindy, ma beauté, celle dont j'ai si longtemps rêvé, celle pour qui mon cœur à battu, celle pour qui mon âme à vécu, va s'en aller... Pas maintenant, non... Demain sûrement. Elle va prendre une douche me faire une bise sur le front et me laisser dans mon lit, seul comme un con qui aura passé une nuit en compagnie de celle avec qui il aurait aimé passé une vie. Je la serre un peu plus contre moi. Elle a la tête au creux de mon épaule, elle respire toujours fort.
-"C'était très bon."
Tu parles. Demain tu seras en train de te faire troncher par un autre type. Salope. SALOPE ! J'ai envie de lui hurler à la gueule. J'ai envie de lui foutre une gifle pour la punir de tous ceux qui VONT lui passer dessus. J'ai envie qu'elle soit mienne pour plus d'une nuit.
-"Je vais aux toilettes."
Nos corps se séparent, elle était humide, en sueur. Elle va pisser... Elle va revenir et me dire qu'elle s'en va. Elle va appeler un taxi et s'en aller ; elle ne va pas me laisser son numéro de téléphone, elle va rentrer et penser à son enculé de mari. Et demain elle ira à nouveau dans une grande fête et elle se fera attraper par un autre type. Un autre qui la fera peut-être jouir aussi, je n'ai pas le monopole de l'orgasme féminin. Et elle va en faire jouir un autre. Ses jambes que j'aurai voulues miennes, je les ai eues. Et je veux les garder. Ses seins que j'ai touché, embrassé, je les veux encore. Je la veux entière et pas pour une nuit seulement. Je la veux longtemps. Je la veux. Elle tire la chasse d'eau et revient, la culotte passée. Elle à ses vêtements dans les mains et se tient sur le montant de la porte de ma chambre.
-"J'appelle un taxi ?"
Mon sang ne fait qu'un tour. Je me sens brûlant dedans. Elle va partir ? Elle ne peut pas. J'ai toujours voulu qu'elle soit là et maintenant. Non !!! Il faut que je trouve quelque chose à dire. Putain, Gordon, vite.
-"Tu peux dormir là, si tu veux."
Elle a l'air surprise. Si ça se trouve je me plante, c'est une adorable fille qui cherche à nouveau de l'amour. Celle dont j'ai rêvée... Mais une adorable fille ne s'envoie pas en, l'air avec un type qu'elle à rencontré deux heures auparavant dans une soirée Techno... Elle enlève son slip et vient se glisser dans les draps. A peine je m'y engouffre moi aussi, elle me colle, s'accroche à moi comme un Koala à un arbre... Je sens ses reins s'aplatir sur ma poitrine et je me dis que demain matin, au réveil, je vais tenter de remettre le bordel dans ses entrailles. Et l'enculer aussi, pourquoi pas... Je sens son souffle dans mon cou. Je vois ses yeux merveilleux se fermer et ses lèvres sourire. Et puis je m'endors.
Fin. <04.10.98>

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