Bleu comme la mort
de Olivier Devos



Il était une fois dans un hôpital, un homme qui n’avait que ses rêves pour survivre.
Il s’appelait Pierre, il avait 25 ans et il était tétraplégique.
Il y a 5 ans, la vie s’ouvrait devant lui, l’avenir lui appartenait et puis brusquement une auto qui dérape, s’écrase contre un arbre et tout s’arrête.
Pierre s’était réveillé dans un lit à l’hôpital.
Il avait perdu l’usage de ses membres, seule sa tête, lui obéissait encore.
Souvent, il faisait des cauchemars, il revivait son accident et chaque réveil lui était une torture.
Depuis qu’il était paralysé, il regrettait par-dessus tout de n’avoir pas su réaliser son rêve.
Ce rêve était pourtant simple, ce rêve s’appelait la mer, voir la mer, s’y plonger.
Mais pour lui, c’était irréalisable.
Un jour, après avoir passé de nombreuses heures à faire des exercices pénibles avec les kinésithérapeutes, il se coucha très démoralisé.
Mais le lendemain, à son réveil, il se sentit tout autre, quelle ne fut pas sa surprise de voir qu’il pouvait s’asseoir sur son lit.
Un miracle s’était accompli pendant la nuit ; il marchait !
Sans vouloir réfléchir, Pierre décida de partir directement en Espagne pour enfin pouvoir réaliser son rêve.
Deux jours plus tard, il marchait sur une plage de paradis, les pieds dans le sable doré et à perte de vue, la mer, si bleue, scintillait au soleil.
Qu’elle était belle. Pierre ne pus résister, il courut vers l’eau et s’y jeta.
Quel délice, il se laissa flotter au gré des vagues, les yeux fermés, il sentait la chaleur du soleil et la fraîcheur de l’eau, qu’il était bien !
Doucement, son corps s’enfonçait…
Au même moment, trois docteurs se penchaient sur le lit de Pierre, mais il n’y avait plus rien à faire, Pierre était mort.
Seule une infirmière qui le soignait habituellement, vit le léger sourire sur les lèvres de Pierre et comprit que son rêve bleu l’avait emmené dans ses profondeurs.

Cette nouvelle est basé sur des faits réels et est dédiée à Janssens Christian.

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