Un Matelot, une Princesse
de Michele Levy



Il était une fois une jeune femme dont les pensées étaient restées dans un désert lointain, qui, de passage sur une terre inconnue, un tôt matin, fit rencontre avec un matelot, dont le navire s’était échoué prés du rivage de cette île nouvelle.
Lui, fatigué de voyager d’île en île, échoué et un peu perdu, blessé. La femme qui loin de ses terres se promenait sur le rivage, rencontra cet homme assoupi, et le croyant mort, s’approcha de lui.
Et surprise, elle l’entendit respirer doucement. Elle resta à ses cotés, petit à petit il se réveilla. Levant les yeux vers cette femme, encore jeune, il se crut être dans un rêve. Reprenant conscience, à la voix de femme qui lui parlait, qui lui demandait comment il se sentait, il entendit une langue qu’il connaissait. Mais ils se comprenaient uniquement du regard.
La jeune femme apposant ses mains sur le front brûlant du marin, lui apportant une fraîcheur apaisante. Le matelot étant blessé à la jambe, elle décida de récupérer des vêtements et des équipements dans le bateau pour faire un abri de fortune.
Elle installa du mieux qu’elle put l’homme blessé, il s’endormit. Elle en profita pour aller chercher de la nourriture et des couvertures. Il faisait un temps doux.
Le lendemain le matelot, il s’appelait steven, se leva l’air dispos et reposé. Il déjeuna de fruit de pain et d’eau, se souvenant à peine de la veille. Il entreprit de soigner à l’eau de mer sa blessure et partit en clopinant faire la visite des lieux. Il s’assoupit dans l’après midi, sieste réparatrice. Il rêva qu’une jeune femme était à ses coté, lui rafraîchissant le visage d’eau douce. Il se sentait si bien, elle chantonnait une mélodie douce à ses oreilles. Il se dit qu’il était bon de rêver, au soleil à l’abri d’un palmier. Mais quelle ne fut sa surprise quand il ouvrit les yeux, son rêve était là, vivante et souriante. Devant son air ébahi la jeune femme, de son nom clémentine, éclata d’un rire gai.
Elle lui raconta comment elle l’avait trouvé échoué sur le rivage. Etant handicapé Steven lui demanda d’aller au bateau et suivant ses indications, elle lui ramena des documents et instruments pris sur le bateau. Il trouva son téléphone portable mais déchargé ! il dit qu’il devait donner signe de vie à ses proches, n’ayant aucun repère pour dire combien de temps il s’était perdu en mer. La princesse, car il pensait qu'elle en était une, avec ses cheveux long nattés et ses colliers de perles sur sa longue robe bleue, lui dit qu’au village à 2km il y avait un poste de secours et une connexion internet. Comme quoi le progrès pouvait être même dans une île !!
De longs jours alors commencèrent pour le matelot et la princesse, ils passèrent du temps à découvrir l’île, à cueillir des fruits, à se baigner, à dormir sous les arbres. Ils se racontèrent leurs vies, leur rêves. Lui, elle, un peu perdus, loin de leur maison, se construisirent une petite vie, comme dans une bulle. Ils ne vivaient que pour eux, pour le bonheur de se réveiller sous le même ciel, partager ces moments de plénitude que l’on ressent quand on est heureux. Ils passaient de longues nuit à parler, parler et aller se coucher chacun de leur côté. Steven profitait de ses journées pour préparer ses cartes marines, car il fallait bien penser à repartir. Il ne voyait pas quand il travaillait, calculait sa route, le regard voilé de clémentine. Quand il la regardait, elle, elle souriait à nouveau, le faisant rire avec ses grimaces. A les voir de loin on les aurait pris pour deux grands enfants, riant, se chamaillant gentiment.
Un jour, le matelot fit une grande promenade, sa jambe était guérie.
La princesse lui fit savoir qu’elle faisait partie d’une association, qui dans les terres construisait des maisons dans les arbres pour les enfants orphelins du monde entier. Il lui dit qu’en repartant, il pourrait contacter des organismes et des personnes pouvant apporter leur appui à ce projet, il pourrait en bateau transporter du matériel, des vêtements etc.. Elle en fut heureuse, mais pensa, il va partir bientôt, et ne pouvait d'empêcher d'avoir, au cœur une légère piqûre.
Une nuit elle apporta des fruits, ils regardèrent le coucher de soleil, en silence, l'un près de l'autre, tête contre tête, épaule contre épaule.
Ils se regardèrent, approchant leurs visages, ils s’embrassèrent doucement, et s’endormirent ensemble.
Le matin, le matelot se réveilla, seul, à ses doigts un collier de coquillage. Il attendit toute la matinée, sa princesse, mais personne ne vint. A la nuit tombée il s'endormit le cœur lourd. Il décida de partir à sa recherche le lendemain.
Sa recherche dura 5 jours et 5 nuits, personne n’avait revu la princesse. Il se renseigna sur le chantier où il s'était fait des amis. Il apprit qu’elle peignait parfois dans une cabane, la nuit à la lueur de bougies.. Il trouva la cabane, des vestiges de tableaux, de peinture mais pas trace de princesse.
Les jours suivants, le ciel était bleu, le soleil chaud mais quelque chose manquait à sa vie.
Devant ses yeux, à l’intérieur de lui tout rappelait sa clémentine, jeune femme souriante et si présente dans son cœur.
Las et déçu, il prépara son bateau. Au moment de partir, il découvrit dans sa cabine, à la tête de sa couchette, un tableau représentant un visage avec de longs cheveux nattés, visage sans regard. Il prit le tableau entre ses mains, les larmes aux yeux, il trouva au dos une inscription,
« pour mon matelot dont le souvenir est au fond de mon cœur »Il resta longtemps assis, à fixer le tableau.
Il découvrit au bas du tableau, un numéro de tel et une adresse dans le midi de la France.
Mais pas moyen d’appeler avant longtemps !
et la France, mon dieu, lui paraissait si lointaine !! Il prit un crayon et dessina un sourire dans ce visage vide, car c’est ainsi qu’il gardait le souvenir de sa princesse. Et prenant la mer, le cœur plus léger, il se dit que s'il y avait un dieu pour les personnes dont l’âme de ressemble comme la sienne et celle de sa princesse, ils se retrouveraient, sûrement sur une autre terre, car pensait ce marin, il faut vivre ses rêves, ici bas sur terre (ou sur mer !) car les rêves ont fait pour être réalisés et pour avancer dans la vie. et l’amour est fait pour être vécu, partagé ne serait ce que le temps d’un moment, sous des arbres, endormis.
Le matelot pris la route, la tête remplie de souvenirs de ces jours passés sur cette terre inconnue, à ces regards échangés dont il gardait un souvenir inoubliable, avec l’espoir de retrouver celle qu’il nommait Pompon dans ses rêves.
A vous lecteur, d’imaginer quelle suite à donner à cette rencontre, histoire d’amour, d’amitié, de respect de l’autre.
Car si on en croit les contes, les histoires d’amour finissent toujours bien, non ?


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