Welcome to Poland
de Michael Claes



(nouvelle pour adultes)

Elle avait rencontré Stan en avril.

Quelques jours à peine après sa séparation – largage – de Didier, sa relation des 6 dernières années. Micheline avait fini par admettre qu’elle n’était plus aimée, ni désirée, qu’elle n’était plus que la bonne qui faisait le ménage, les courses, les bons petits plats. Qu’il ne s’intéressait plus à elle malgré le soin qu’elle mettait à paraître tous les soirs féminine et pimpante. Efforts auxquels elle se contraignait d’autant que Didier était son cadet de plusieurs années.

Stanislas lui avait trouvé un appartement en 24h, un espèce de loft, de ceux qu’il avait rénové en tant que plus ou moins marchand de biens, et qu’il lui avait provisoirement prêté moyennant un loyer excessif, mais elle n’avait guère le choix.

Ses yeux bleus, ses 45 ans, (elle en avait 55), sa chevelure blonde et argent, ses pommettes larges et hautes et bouche gourmande lui faisaient penser à un personnage quelque part entre Klaus Kinsky et Niels Arestrup, en plus jeune.

Il a avait un tic étrange, celui de se passer la langue sur les lèvres. A d’aucuns cette manie eut semblé bizarre, mais pour elle, ça lui parut terriblement sexy.

Trois soirs et trois nuits, il vint la voir dans ce petit loft, son regard délavé et sa sensualité avaient réveillé toute sa féminité, et elle avait cru que le ciel lui avait envoyé un remplaçant magnifique à son amant précédent, en mieux. Elle lui avait donc déroulé le grand jeu, au poker on appelle ça faire tapis. Chacune de ces 3 soirées elle fut au top, le premier soir en ensemble de soie fuchsia, le second en pantalon de crêpe noir taille haute surmonté d’un chemisier mousseux au décolleté profond, le troisième en robe chinoise grise à fleurs pastel mandarine, quasiment fendue jusqu’à la taille.

Elle l’avait grimpé dessus, léché partout, s’était laissé prendre de toutes les manières, elle avait 19 ans à nouveau.

Mais Stan n’était pas de son monde. Micheline se voyait et se voulait « classe » et sa démarche était toujours aérienne, grâce à la danse classique étant jeune et la gym ces dernières années. Lui appartenait au genre du bâtiment, taiseux si pas silencieux, muet sauf pour lui parler crûment de sexe, ce qui la mettait entre parenthèses dans tous ses états. Quand il chaussait ses lunettes pour lire, elle lui trouvait même l’air intelligent et se sentait craquer encore davantage pour ce bel animal slave, taciturne et qui parfois aussi se donnait des airs d’intello pervers.

Puis vint la rupture brutale. Le troisième soir, elle lui fit la remarque qu’en tant qu’invité il n’avait pas à passer pas une demi heure au téléphone au balcon, grillant cigarette sur cigarette – avec une autre femme sans doute – tandis qu’elle s’échinait à préparer le diner dans sa jolie chinoiserie orange et gris qui mettait si joliment sa coiffure cuivrée en valeur. Après cette remarque, il l’avait baisé sans ménagement, l’avait abandonné le cul en marmelade et toute seule dans son loft avec ses quatre mois de loyer payés d’avance.

Stan ne la prenait plus qu’une fois sur trois au téléphone, que pour lui expliquer qu’il n’en avait rien à battre d’une nana possessive, qu’y avait rien eu entre eux et bonne chance et salut.

Elle lui avait envoyé une douzaine d’sms, deux longs mails, pour lui expliquer qu’elle sortait d’1 histoire conflictuelle où elle avait eu le sentiment d’être toujours trompée et/ou délaissée, qu’elle avait réagi ainsi par conditionnement engendré par cette relation. Sans résultat.

Malgré l’éloignement, la distance, et quelques autres rencontres - toutes avortées - il lui restait dans la tête, ce beau slave, à la chevelure or aux fils d’argent, au front large, sauvage et têtu comme un animal.

Vers la fin août, elle se fit opérer des yeux au laser, depuis il lui fallait éviter le froid, le vent, la fumée, elle portait sans cesse des D&G enveloppantes comme des yeux d’abeille, et qui lui donnait, quand elle s’agitait dans tous les sens, l’air d’une guêpe en train de s’activer.

Septembre arriva, son mois d’anniversaire, le 2 exactement. Elle passa son anniversaire seule, avec son fils le midi, avec sa fille le soir, se rendant compte en cette journée particulière comme la solitude ressemble à mordre la poussière. Elle se sentait finie, sa beauté en train de foutre le camp, les types qui lui plaisaient étaient tous en main, ou trop jeunes, l’échec d’avec Stan lui ayant bien donné la mesure de sa date de péremption.

Mais son portable lui rappela que Stan était né le 3, le lendemain d’elle, mais 10 ans plus tôt. Elle tenta donc au matin du 3 un « Happy Birthday, darling », par sms, qui ne risque rien n’a rien.

A sa surprise il répondit par un long texto en anglais, qu’elle ne savait pas qu’il maîtrisait si facilement. Cela l’attendrit, elle lui répondit par retour, évitant soigneusement toute allusion sentimentale qui eut pu l’effaroucher. Sa réponse tarda, mais à 22h, il lui proposa de le rejoindre à Cracovie. Le cœur de Micheline fit deux sauts de carpe et en 4 minutes elle fit gicler 496 euros de sa carte bleue en réservant le vol de Lufthansa de 12h45 du lendemain. Cracovie était l’ancienne capitale de Pologne, avec un centre historique de toute beauté où se pressaient des millions de visiteurs chaque année. Elle imaginait des ballades romantiques en calèche dans la vieille ville, mais surtout elle aurait 3 nuits avec lui, chez lui, elle avait déjà en tête de le re-séduire grave pour en final le faire revenir au loft en se montrant beaucoup plus tolérante. Il était plus jeune qu’elle, était-elle aveugle au point de penser qu’un bel animal de 45 ans ne serait la seule propriété que d’une femme encore belle, certes, mais plus pour très longtemps, alors que le monde regorgeait de femmes, toutes plus provocatrices et plus jeunes les unes que les autres.  Qu’elle se contente de ce que le ciel catholique de Pologne venait de bien vouloir lui envoyer et ne se pose plus de questions.

Le lendemain matin elle prit peur. Pas de sms de sa part, aucun coup de fil. Cette absence de confirmation lui montrait cruellement qu’il était bien moins empressé qu’elle. Avait elle encore été une fois trop naïve, trop précipitée, elle voulait toujours en faire trop, ça faisait fuir tous les mecs ! Elle prit son courage à deux mains et, de sa voix qu’elle espérait la plus naturelle possible, lui demanda s’il serait là pour l’accueillir, ou s’il fallait qu’elle prenne un taxi, auquel cas elle ne connaissait pas l’adresse. « Non, non, tout va bien » lui répondit-il de sa voix rocailleuse qu’elle n’avait plus entendu depuis des mois et qui lui faisait encore tant d’effet se surprenait-elle à penser.

« On a un grand diner chic ce soir, est-ce que tu peux mettre la robe bustier rouge que tu portais quand je t’ai abordée ? », demanda-t-il et ça la toucha comme un direct au plexus, comment se souvenait-il de ces choses-là, je dois avoir compté pour lui s’il se rappelait tous ces détails.

« Bien sûr », s’empressa-t-elle de le rassurer, « J’emmènerai et porterai TOUT ce que tu aimes », susurra-t-elle comme une invitation qu’elle espérait affriolante, lui faisant imaginer strings et autres dessous aériens avec des ouvertures partout, les trucs à faire tomber les bonhommes comme des mouches .

Quatre heures de vol depuis la Côte d’Azur, elle faillit manquer sa correspondance à Munich, où en théorie elle avait une heure, en réalité 5 minutes, le vol de Nice accusant 55 minutes de retard.  Elle dût parcourir des kilomètres en talons de 11 cm, manquant se tordre la cheville en déboulant la « fast lane », mais elle avait sa correspondance ! Elle ne s’était même pas souciée, la sotte, si sa tenue - un petit tailleur perle avec les escarpins assortis – serait appropriée au climat polonais

A 16h45 elle foula conquérante le petit aéroport de Cracovie.

Il était là, lui faisant un petit signe discret de la main. Il portait un jean troué deux fois au dessus des genoux, une fois sous la fesse gauche, laissant voir le tan de ses cuisses musclées. Wow, on aurait dit un Chippendale !

Dans la voiture, elle réfréna toute envie de le toucher, voulant qu’il en prît l’initiative. Il la détaillait du coin de l’œil, tout en conduisant. « Ai-je vieilli ? » s’angoissait-elle, en s’efforçant de rester la plus détachée possible. Au détour d’une zone industrielle et de grandes surfaces, il lui montra l’immeuble que son entreprise était en train de rénover. En descendant du 4 x 4, elle déploya avec expérience ses longues jambes, espérant qu’il aperçût, sous la robe, le string rouge.

Au magasin Alma il fit ample provision d’alcool, lui demandant ce qu’elle préférait, Champagne ou Chardonnay disait-elle, il acheta outre 3 bouteilles de Chardonnay, 1 Ballantines et 1 Finlandia.

Elle fit observer qu’il était très soûl l’autre soir, quand il lui avait demandé de venir, se demandant s’il était heureux de sa visite ou pas. Sans lui répondre directement, il lui expliqua que la notion d’être soûl n’existe ni en Russie, ni en Pologne, aucune norme de soulographie connue ailleurs ne s’appliquant aux peuples polonais ou russes.

17h55 Arrivée à son 50 m2, en rez de jardin d’un petit immeuble en cours de finition. Elle demanda à se rafraîchir, traduisant « je veux être nickel et prête, pour te retrouver ». Sa réponse fut « on va d’abord boire un verre », suggestion à laquelle elle opposa un refus poli, mais il n’en n’eut cure disant « le Chardonnay je l’ai acheté pour toi » et elle, ne voulant pas le contrarier trempa ses lèvres dans le verre de vin huileux tiède au goût à la fois acide et résineux. Elle prit aussitôt après une douche glacée (elle chercha en vain à faire fonctionner l’eau chaude, mais n’osa pas se plaindre) finalement contente que le jet froid lui érige les mamelons et les contracta si durement que lorsqu’elle en sortit entourée d’une serviette trop courte pour la couvrir entièrement, elle ne put résister – faisant fi de ses résolutions – à quémander quelques  baisers et caresses. Il les lui accorda avec d’autant plus de brièveté qu’il ne mit d’empressement à lui découvrir les pointes des seins sous la petite serviette, pour jouer avec ceux-ci et très rapidement les pincer et les tordre.  Ses mamelons qu’il avait regroupés et serrés entre les doigts d’une seule main (elle avait les seins naturels mais flasques suite à ses grossesses) il lui fut facile de dégrafer son jean de l’autre pour arborer son sexe au calibre imposant, surtout en diamètre, quoiqu’en longueur il l’impressionnait aussi. D’un geste ferme et sûr de lui tira les seins vers le bas comme des mamelles, la fit se mettre à genoux, reins bien cambres, et lui enfourna son viril organe avec autorité entre les lèvres. Les larmes lui montèrent aux yeux qu’elle avait encore plus sensibles depuis sa récente chirurgie, lorsqu’il poussa son avantage au plus profond, provoquant outre les pleurs, le haut le cœur et le vertige. Tandis qu’il tenait sa chevelure épaisse entre ses doigts calleux,  il essayait - et y parvenait – à insérer simultanément l’index de l’autre main dans sa bouche, frottant ses gencives, allant chercher le palais, s’insinuant comme un propriétaire sous la langue, affirmant  d’entrée de jeu qu’étant donné sa venue volontaire, elle était son objet le temps qu’elle serait là.

Au plus fort de ces saccades qui lui perforaient le gosier, un bruit de percussion strident en provenance du studio voisin de l’appartement que louait Stan lui déchira les tympans. Vvrrrr vvrrrr faisait la perceuse si proche qu’elle croyait qu’elle allait jaillir d’une cloison, prolongeant le bras d’un maniaque comme dans « Bow Out » de De Palma. Chlouk chlouk faisait le sexe de Stan percutant les amygdales de Micheline. Elle avait lu comment les mafieux albanais ou siciliens, elle ne sait plus, mataient les innocentes recrues de l’est en quête de travail et/ou du grand amour et se voyait vivre en direct une de ces techniques d’asservissement et de soumission.

Pas long à jouir, il maintint la prise pour s’assurer qu’elle déglutit bien toute sa noble et polonaise semence, puis en se retirant lui retendit le verre de vin jaune et gras, « Santé !» lui dit-il an riant . Assourdissante mise en bouche s’il en était !

19h30 Elle ajuste sa robe bustier rouge. Lui a toujours son jean troué. Elle s’en étonne, il lui réplique que les filles sont toutes bien habillées dans ces soirées et que lui porte un Diesel, c’est très bien comme ça.

19h50 Le taxi ne trouve pas, le GPS donne deux destinations, aux extrémités opposées de la banlieue. En interrogeant quelques locaux il déniche finalement un lotissement dit « chic » face à d’interminables champs. La maison est de taille moyenne, sombre et égale à toutes ses voisines, avec un étroit jardin tout autour, et un puissant 4 x 4 dans le garage ouvert.

Bogdan, le maitre de maison leur ouvre les bras, en et tongs, bermuda jeans et T-shirt noir bariolé, et embrasse Stan. Gros industriel du poisson. S’incline gauchement devant Micheline et les fait entrer dans une cuisine longue et étroite où était dressée une table en proportion avec la pièce.  Quatre filles s’activaient ou étaient attablées. Toutes fumaient de longues cigarettes minces. On se trouvait dans une pub Virginia Slims d’il y a 50 ans « Not like the fat cigarettes men smoke ! Baseline : You’ve come a long way Baby ! ».

Alisja, la blonde épouse de Bogdan,  attablée devant un whisky cola, jean moulant, chemise rayée bleu largement échancrée par-dessus, avec un col blanc et d’invraisemblables poignets à quatre boutons qu’elle laissait ouverts et qui l’empêchait de faire quoi que ce soit dans la cuisine, sous peine d’être maculés de la sauce ou du plat qu’elle eût été tentée d’approcher (« C’est la sauce qui fait le plat » Curnonsky  1872 - 1956).

A ses côtés en bout de table, Agnieska, toute aussi blonde, dans un ensemble gris terne mais décolleté avait l’air d’une maîtresse d’école.

A l’opposé d’ Alisja, Ivanka, courte veste en jean délavé sur une robe charleston vert bouteille à franges et des bottes, jouait avec un gros chien qui lui léchait le visage en le maculant de son rouge à lèvres, ce qui lui donnait un air de clown triste.

A sa gauche, Anja, également bottée, short et chemisier noir, le visage parsemé de verrues, la bouche en canard gonflée au Botox, les seins proéminents et le cul extraordinairement bombé en arrière, le cou ceint d’une écharpe complètement mystérieuse vu qu’on était en été. Un porte-avions !

Dix personnes. 9 fumeurs. Dur dur. Elle se dit dans deux heures « Tout le monde sera bourré. Et moi enfumée ! »

Les filles, toutes entre 25 et 40 ans, s’interrompirent quelques secondes pour regarder Micheline, lui offrir un siège en posant un verre de vin blanc devant elle, pour aussitôt poursuivre leur discussion animée en polonais.

Dans le salon contigu, cinq mecs se pressaient dans deux canapés devant une télé, qui retransmettait Pologne-Irlande, un match de foot capital apprit-elle, car de son issue dépendait le maintient en coupe de l’une des deux nations.  Aucun ne se retourna sur le couple d’arrivants, mais se poussèrent pour faire place à Stan qui, comme eux, ne voulût rien perdre de la partie.

 Devant  tous les mecs en jeans, l’accoutrement des filles  etc Micheline repensa au « grand diner chic », puis se dit qu’il fallait faire des concessions dans la vie sous peine de rester seule, et qu’après le diner il aura le studio de Stan qui la baisera comme il savait le faire au retour de la soirée.

21h à la montre de la cuisine qui n’avance pas. Ivanka s’active à mettre au four des dorades en croûte de sel mais, déjà bien allumée, fait régulièrement tomber l’un ou l’autre objet ou article de vaisselle, qui éventuellement se casse. Aussitôt Anja se précipite à quatre pattes pour nettoyer et ramasser, présentant son cul comme pour une saillie. Alisja fume et boit imperturbablement, laissant, en parfaite maîtresse de maison, à son petit monde le soin de préparer, servir, casser, ramasser, nettoyer.

Le chien continue à lui baver sur les genoux nus et la robe rouge, de temps en distrait par Ivanka qui continue à l’embrasser, tout son rouge à lèvres à présent dissous sous les coups de langue du clébard. « Tu n’aime pas les chiens, constate Stan. Qui n’aime pas les chiens n’aime pas les hommes ».

La montre continue d’avancer lentement, le chien de roder et de baver partout, Anja de vivre à quatre pattes et de nettoyer le sol en tenant compagnie au chien. La montre, les poissons, les couleurs des murs ou les verres de Chardonnay, elle ne sait pas, commencent à donner le tournis à Micheline qui n’a rien mangé depuis ce matin, ayant refusé les sandwiches Lufthansa pour raisons de ligne, c’est le cas de le dire.

L’atmosphère est bleutée, entre la table de la cuisine, la télé et le foot, 10 personnes fument tour à tour ou simultanément, et malgré une porte ouverte côté télé et jardin, ses yeux commencent à lui piquer et personne ne lui parle, sauf Alisja, toujours zen, resservant avec zèle, à chacune des attablées sa boisson.

Alisja qui lui confie que les texto en anglais c’était elle, qu’est-ce qu’ils se sont marrés à l’idée qu’une petite française de Cannes fasse tout ce trajet pour Stan, qui faisait figure de héro local du fait de ses allers-retours entre la Côte d’Azur et la Pologne (et de ses succès féminins).

21h30 Des salades de poisson sont disposées à table, Micheline se sert et sert Stan qui est revenu s’assoir à sa gauche, la cigarette à la main droite, juste sous ses yeux irrités, ne la lâchant même pas pour manger. Elle essaye de lui demander de ne pas fumer tandis qu’elle mange, il lui rétorque « Chacun a le droit de fumer, c’est pas notre faute si t’es la seule à pas fumer ! Quand tu sors, faut savoir vivre avec les autres ». Elle réalise la fragilité de sa position, se nourrit de salades de poisson, découpe la dorade qu’on leur sert, à Stan et elle. De cette soirée, seul le poisson est comestible. Mais elle a décidé de tenir bon. Et se tient coite.

22h30 Bogdan, Jaroslaw, le mari de Anja à quatre pattes, Krzystof, celui de Agnieska maîtresse d’école , et Jan celui de Ivanka charleston, poussent un hurlement qui fait sursauter Micheline, que le Chardonnay et les émotions faisaient doucement s’assoupir. La Pologne est qualifiée !

Aussitôt Krzystof, vaguement producteur de disques, coupe la coupe à la télé et se transforme en DJ. Pianotant avec talent sur un PC portable, il envoie les Pointer Sisters « I’m so excited » et Lady Marmelade «  Voulez-vous coucher avec moi – ce soir ». C’est parti !

Ivanka et Agnieska qui n’attendaient que ça se mettent en piste dans le salon. Au disco succède le funk. Stan danse avec tout le monde, surtout avec Alisja, ils sont très complices (les texto).  Micheline, qui voit une occasion de sortir de table et de l’ennui se précipite à son tour. Très désinhibée après une bouteille de Chardonnay ou plus - elle entraîne les autres filles dans des danses en solo ou enlacées. Sa tenue rouge la met en avant, ses qualités de danseuse aussi, elle a l’impression de devenir le centre de l’attention, elle la doyenne à 55 ans, dame le pion à toute cette bande de ploucs où elle se disait qu’elle n’avait pas sa place. Elle qui adore la musique et danser se dit que ca rachète un désastreux prologue, et que la soirée peut enfin se révéler riche en fun, surprises etc

23h La voilà qui ondule face à Anja, qui frotte son bassin contre celui d’ Agnieska, qui se tourne les fesses contre le sexe de Stan en une souple rotation qui fait bander celui-ci. Les hommes sont tétanisés. Jan surtout, 30 ans, grand, massif et blond, ne rate aucune occasion de la serrer, lui tirant l’élastique du string sous la robe, essayant de le faire glisser à terre, lui pelotant les fesses sous l’œil vaguement intéressé de Stan, tandis que Bogdan filme la scène avec son portable. Elle a le fou rire, ne rate pas l’occasion de faire jeu égal avec Bogdan qui se fait enlever le bermuda par deux filles qui hurlent qu’il ne porte rien dessous, elle relève son fourreau rouge pour mieux monter et descendre sur ses hauts talons dos à dos le long d’ Ivanka qui s’était troussée pareil.

23h40 Elle danse seule son verre à la main, toujours quelqu’un pour la resservir.  Ces filles de 25 à 40 ans sont tellement défoncées à l’alcool et aux 15 ou 20 cigarette qu’elles ont grillées, qu’elle ont l’air d’avoir 80 ans.  Pales, joues creusées, à peine lucides. Elles se pelotent en titubant, aucune ne va baiser ce soir, toutes vont renter cette nuit dès leur limite dépassée, ce qui ne saurait tarder. Femmes bourrées, copiant les hommes dans leurs comportements les plus stupides. Elle danse seule, ivre, filiforme, classe et hautaine comme un oiseau

Minuit Elle formule pour la première fois « J’aimerais rentrer, j’ai  les yeux qui brûlent avec les cigarettes». « Pas encore, tout à l’heure », lui jeta Stan en réponse, poursuivant sa discussion sans fin avec Bogdan.

00h45 Micheline se fait chatte, puis implore, « Rentrons mon chéri, j’ai très envie d’être seule avec toi ». Lui, qui a dégorgé le bigorneau quelques heures avant n’en n’a cure « Plus tard, tu nous casses pas les pieds, tout le monde s’amuse ».

01h35 Sa dose de patience est dépassée. Elle ne tolère pas que personne ne fasse plus attention à elle. Elle calcule qu’ils ont bien dû fumer plus de 200 cigarettes (12 fois un paquet). Elle exige qu’il appelle un taxi. Stan après 10 minutes d’attente sur son portable, lui lâche « Une heure d’attente ! » Elle éclate, en soudain en furie « Tu n’as pas le droit de me retenir ici, de me mettre devant le fait accompli. Je me suis levé e tôt, j’ai fait 4 heures d’avion, je veux rentrer ! »

« Tu ne vas pas m’emmerder » lui jette-t-il « Déjà à Cannes tu m’emmerdais ». Ponctuant le « Je suis ici avec mes amis et je n’ai pas l’intention de rentrer, je m’amuse » d’un rot sec et sonore. Elle répète qu’elle ne veut pas être prise en otage, qu’elle s’est fait opérer des yeux il y a 1 semaine, qui maintenant lui font mal à cause de la fumée, elle ne veut plus, elle ne peut plus supporter ce calvaire plus longtemps.

Elle cherche son sac, elle a perdu une boucle d’oreille qu’elle ne trouve pas, la sortie qu’elle ne trouve pas, se fourvoie dans un placard à balais, échoue au garage, la Touareg est là, et devant, la porte est ouverte. Tout de suite, le froid la saisit, il n’y a qu’une route solitaire, à gauche et à droite des maisons fermées (et d’ailleurs, que pourrait-elle dire, ne parlant pas la langue), et devant, des champs à perte de vue. Elle sursaute à des bruits dans les fourrés, elle croit qu’il y a quelqu’un de tapi là, qui va bondir sur elle. Tout à coup un lapin déboule du champ, en un éclair beige et blanc il est à quelques pas d’elle au milieu de la route, tourne la tête et la regarder comme pour lui demander ce qu’elle fait là, puis bondit dans un jardin avoisinant, poursuivi par un gros chat roux. Elle ne sait ni l’adresse où elle est, ni l’adresse d’où elle vient, et où elle a ses affaires, même pas l’orthographe du patronyme de son compagnon de soirée.

01h45 frissonnante elle se résigne à rentrer, cherche le canapé pour s’y blottir, découvre le spectacle d’Ivanka les 4 fers en l’air dans le canapé, l’un qui écarte sa culotte, tandis que cul bombé lui lèche la bouche

Elle est bousculée par Ivanka qui danse en titubant, et perd l’équilibre se retrouvant plutôt affalée qu’assise aux côtés d’Ivanka, sa robe rouge retroussée par la chute. Ivanka lui dit « my darling Francuski» et l’embrasse. Dans la foulée, la voilà qui rabat vers le bas les bonnets de son bustier découvrant ses seins pour les attaquer et les embrasser à leur tour à pleine bouche. Micheline sent la chaleur lui revenir comme Ivanka lui dévore la poitrine, une autre lui donne des coups de langue sur les lèvres, et les lui desserre pour y verser un peu de vodka entre les dents au moyen d’un petit verre.

Jan, le mari d’Ivanka qui lui écarte la culotte de sa femme pour exhiber sa chatte rasée à l’assistance, fait pareil avec le string rouge de Micheline, histoire de pratiquer un examen comparatif. Ses doigts ouvrent les lèvres de l’une et l’autre,  pincent les clitos pour en comparer leur volume, Stan et Jaroslaw, qui pelote sa femme Anja, se pressent autour du canapé, rient et s’exclament en polonais. Les mots de Stan,  l’autre qui répète, « putain Francuski».

Elle a les yeux en feu, Jan s’est relevé pour lui reverser un peu de vodka qui lui coule aux commissures des lèvres, sa résistance faiblit, elles a des ronds noirs dans la rétine.                 

Son string est par terre.

Elle dit non.

02h00 Ivanka la branle à présent, frénétiquement. Et tout d’un coup, elle jouit en hurlant son désespoir, comme une folle elle jouit tandis que Bogdan filme avec son portable.

Les mains d’Ivanka quittent sa chatte, celles de Stan empoignent ses chevilles pour faire faire à son corps un tour à 180°. Elle se retrouve les jambes ouvertes repliées par-dessus le dossier du canapé, et la tête sur l’assise. Stan refait le tour du canapé et s’accroupit près d’elle pour lui fermer la bouche. A l’oreille elle entend, « montre comment tu m’as sucé petite pute française, tu faisais pas tant d’histoires tout à l’heure, et pas tant d’histoires quand tu frottais ton cul de salope contre Ivanka ou moi,  donc tu vas reprendre de la bite dans ta bouche de pute, et  faire voir à mes amis comment une française aime le foutre polonais »

Elle dit non.

Mais ses forces l’abandonnent.

Il appelle ses 3 amis qui se posent à côté de lui. Leur dit de sortir l’artillerie.

Lui reparle à l’oreille. Lui dit qu’ils vont lui pisser sur le visage et les yeux, qu’après ça elle n’y verra plus, elle est Micheline Strogoff, ahahaha , lui, il est Ivan Ogareff, (tu vois, ton maçon polonais a de la culture !) il va l’aveugler avec la pisse de ses potes

Alors elle ferme ses yeux brûlants et cède


(Fin soft)

« Rangez ces objets les garçons. De toute façon, ils ne doivent plus servir souvent, si j’en crois mes copines. » C’est Alisja qui parle. « Et toi Chéri, arrête de filmer!”

Puis, à Micheline : « Come on Darling, you sleep in my room tonight »

“Stan and all the rest will soon be dead drunk as usual, and nobody will remember anything tomorrow.  In the morning you and I will see what to do.”

Micheline se laissa prendre la main, l’autre serrant sa petite culotte rouge qu’elle avait ramassée. Elle a des flashes confus : ses pas mal assurés dans  l’escalier raide, un couloir obscur, le bruit d’un jeu vidéo dans une chambre voisine, et un grand lit frais. Les doigts fins d’Alisja qui lui dégrafent ses sandales et sa robe. Et sa voix tandis qu’elle lui arrange les cheveux et lui passe une serviette démaquillante sur le visage:

« There’s a bottle water near you, and the toilets are in the bathroom on your right »

Et enfin de son baiser sur le coin de sa bouche : « Sleep well, darling. To-morrow is another day!»

Welcome to Poland pense-t-elle en cherchant à tâtons, avec si peu de force, la bouteille d’eau sur le chevet.


(Fin hard)

02h40 Ivan Ogareff, qui lui a joui dedans a l’apéro, et est soûl au-delà de toute notion et n’y arrive pas.

Mais les autres se branlent attendant leur tour. L’un après l’autre ils lui forcent la bouche, malmènent les mâchoires, lui arrachant des convulsions et des larmes lorsqu’ils percutent son palais et sa gorge.  Ivanka se branle en lui tenant la nuque. Au bout d’un temps qui lui parut infini, toujours les yeux clos, elle a compris qu’ils avaient soit fini de jouir en elle, soit n’y étaient pas arrivés.

Comme elle saisit un verre a sa portée, se rince la bouche et recrache, elle entend Alicia « The taxi is there », en lui prenant l’épaule avec la pitié et la solidarité d’une mère maquerelle pour une nouvelle fraichement débarquée et mise à l’épreuve.

Elle rassemble son sac, ses 3 portables  aussi inutiles que les extincteurs d’un incendie qu’elle a du fuir dans une vie antérieure, son châle Louis Vuitton, et vacillant sur ses talons retourne dans la nuit froide.

Welcome to Poland pense-t-elle en refermant, avec si peu de force, la portière du combi Datsun aussi fatigué qu’elle, tandis que l’homme donne l’adresse en s’affalant à ses flancs …

                                                                                 

Retour au sommaire