Gribouillages ?
de Michael Dupont

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Courants électriques qui transitent. Partout, tout le temps. Bourdonnement sourd de fond. Messages nerveux, messages chimiques. Ici, partout, là-bas. Ils sont innombrables. Réception, analyse, envoi, échanges, connexions. Mais à certains endroits, tout cela fonctionne encore plus en ce moment. Vie, mort.
Le cerveau de Benoît Jorand est en ébullition. Une idée, il lui faut une idée. Et toujours cette feuille blanche qui le nargue… Il préfère écrire sur papier. Toutes ces nouvelles technologies : ces ordinateurs, ces traitements de textes… il avait essayé mais ça ne lui avait pas plu. Rien ne vaut l'écriture à la main. Toutes les ratures, toutes les reprises, tous les ajouts visibles noir sur blanc. Sa satisfaction en était décuplée une fois le texte terminé.
Mais il n'est pas facile tous les jours d'être écrivain, surtout lorsqu'on est atteint de cette maladie grave qu'est le manque d'inspiration. D'autant plus grave que l'argent commence à se faire rare. Une idée, une idée. Et si… Non, ça ne va pas. Sa tête est aussi vide que sa feuille. Qu'est-ce qui lui arrive en ce moment ? Rien ne vient. Tant pis ! Il réessaiera plus tard, après s'être changé les idées. Il va aller faire un tour. Peut-être que…
Téléphone. Il décroche le combiné. Il est sûr que c'est…
" Allô ?
Sa voix est codée, transitée, décodée, rendue intelligible pour son correspondant.
- Monsieur Jorand ?
Il le savait. Codées, transitées, décodées, ces paroles apportent de mauvaises nouvelles.
- Oui, c'est moi.
C'est son banquier. Nerveux, Benoît prend machinalement un stylo et griffonne sans y prêter attention sur le bloc qui se trouve à côté de l'appareil.
- Oui, je sais que je suis à découvert… Combien ? Je ne pensais pas… Non, je n'ai pas retrouvé de travail… Vous savez, les ventes de mon dernier roman ne sont pas aussi importantes que prévu. Et quand bien même elles le seraient, ça ne suffirait pas pour… Dans combien de temps ? … D'accord. Dans ce cas… Je vais voir, mais… Oui ? … Oui, au revoir. "


C'est parti :

Ca s'annonce mal. Il ne sait pas comment il va pouvoir s'en sortir. Pensif, il abaisse son regard et s'aperçoit qu'avec son stylo, il a dessiné sur la feuille de papier… des lettres. Des lettres s'associant pour former deux mots. Il les lit, réfléchit un moment… et se précipite à sa table de travail. Il l'avait, son idée ! Et cela grâce à ce qu'il a gribouillé inconsciemment, grâce à ce "grande roue " salvateur. Un déclic, une idée arrivée on ne sait comment d'un recoin obscur de son cerveau qui a commandé à sa main d'écrire ce magistral "grande roue", appel destiné au conscient de Benoît Jorand. Appel entendu. Il se met à écrire. La feuille n'est plus blanche. En gros, le titre : " Un tour dans une fête foraine ". L'encre part de la cartouche, passe par la plume du stylo, vient s'étaler sur le papier pour créer de belles lettres, de beaux mots, une belle histoire.
Il écrit, il écrit, il ne s'arrête plus. Les mots lui viennent spontanément, sans qu'il ait besoin de reprendre ses phrases. Le stylo file sur le papier. Benoît écrit frénétiquement. Toute la nuit, toute la journée du lendemain, il réalise ce qu'il considère comme son chef-d'œuvre. Il prend un peu de repos bien mérité, et dort d'un sommeil profond et agréable. Lorsqu'il se réveille, la matinée du troisième jour, il se sent en pleine forme, et les idées bouillonnent dans sa tête.
" Ah ! Reprenons l'écriture de mon roman ! A ce rythme-là, il sera terminé dans quelques jours. Mes problèmes ont leur solution dans ce livre, et quand le livre sera fini, mes problèmes aussi ! Ô joie du génie créatif qui m'a frappé ! Merci, ô ma muse, de m'avoir été favorable ! Tiens, je vais aller acheter des croissants. "
Et c'est dans ce joyeux état d'esprit que Benoît prend son petit-déjeuner et se remet au travail. Une semaine plus tard, son manuscrit est envoyé chez son éditeur.


Réussite :

" Allô ?
- Monsieur Jorand ?
- Oui, c'est moi.
- Vous êtes publié. "
L'oreille reçoit les sons, les code en message nerveux reçu par une aire du cerveau, qui l'analyse. Dans le cerveau de Benoît, certaines parties se mettent en activité, des substances chimiques sont libérées. Benoît Jorand laisse éclater sa joie.
" C'est vrai ? Merci ! C'est… C'est…génial !
- Votre manuscrit est excellent, monsieur Jorand, et les ventes devraient être conséquentes.
- Merci ! C'est…génial, il n'y a pas d'autre mot !
- Je comprends votre joie. Votre roman pourrait bien devenir un best-seller, et dans ce cas, nous serions heureux de revoir votre contrat avec nous. Au revoir, monsieur Jorand.
- Au revoir ! "
Eh bien ! Tout s'arrange ! Ils ont l'air de trouver mon roman excellent, il devrait bien se vendre. Un bonheur, comme un malheur, n'arrive jamais seul. Je me disais aussi que c'était bon signe, cet héritage de ma grand-tante. Pourtant, ça fait bien vingt ans que je l'ai vue pour la dernière fois, j'étais encore un gamin à cette époque. Et voilà que c'est à moi que revient son argent ! Je ne savais même pas qu'elle était morte, quand on me dit que je suis son légataire selon son testament ! Je ne me souvenais même pas d'elle ! En tout cas, ça a résolu mes problèmes avec la banque. Chère tante Gertrude, ton héritage n'était pas très important, mais il m'a sorti du pétrin, et, bien que tu sois morte, je te remercie ! J'ai même un peu d'argent à dépenser maintenant. Et je viens de recevoir encore de bonnes nouvelles ! Ah ! Que la vie nous réserve de surprises parfois ! Mystérieuse chance, tu t'abats sur moi à point nommé !
Il effectue quelques pas de danse, et décide de s'offrir un bon repas avec son héritage.


Ascension vers le sommet :

Ce fut rapide. Dès sa parution, le roman est applaudit par les critiques, se vend à des milliers d'exemplaires, remporte plusieurs prix. Il est présenté comme la surprise, le best-seller de l'année. Il est traduit dans plusieurs langues. Benoît voit enfin tous ses problèmes résolus : les ventes lui rapportent assez pour qu'il puisse vivre de cette seule source de revenus, il devient célèbre, on lui demande des interviews, des apparitions à la télévision, des séances de dédicaces. Et toujours on lui pose les mêmes questions :
" Monsieur Jorand, vous êtes considéré comme LA révélation de l'année dans le monde du livre. Votre roman, " Un tour dans une fête foraine ", est en tête des ventes. Alors, comment vous est venue l'idée d'écrire cela ?
- Vous savez, je ne connais pas beaucoup l'univers forain. Cela n'a été que le cadre de mon histoire, je n'ai que peu enquêté sur cet environnement. Je ne cherchais pas une description précise, mais plutôt une atmosphère, une impression spécifique. Mes deux personnages, Tina et Robert, se rencontrent lors justement d'une fête foraine. Tina tient la caisse d'une attraction alors que son mari est malade, Robert est vendeur dans un magasin de chaussures, ils vont se rencontrer et vont vivre une relation passionnée, mouvementée et forcément impossible. Alors, lorsque la fête se termine, que les forains partent pour une autre ville, une autre fête foraine, Robert et Tina doivent se quitter, ils le savent, et leur séparation, leurs adieux au milieu du bruit, de la foule, de la musique des attractions, lorsque la fête bat son plein, le dernier soir, a je trouve quelque chose de très poignant et en même temps de très vrai, et c'est ce que j'ai essayé de faire passer dans mon livre.
- Oui, bien sûr. J'ai entendu parler d'une éventuelle transposition de votre roman au cinéma, pouvez vous dire s'il ne s'agit là que d'une rumeur ou d'un fait réel ? "
Et ainsi de suite. Benoît est content, son éditeur aussi, et la banque se glorifie de posséder un tel client. Bref, tout allait pour le mieux. Quand on lui demandait s'il avait un autre roman en préparation, l'écrivain répondait : " Bien sûr, mais je ne peux rien vous en dire pour l'instant. ", mais c'était faux. Il n'a rien en préparation, et c'est un nuage noir qui assombrit le ciel immaculé d'azur de sa situation actuelle. Le genre de nuage qui apporte un orage. Et si le ciel n'était qu'une toile peinte, un décor ?


Sauvé :

La rechute s'amorce. Et notre si chanceux écrivain n'a rien pour la contrecarrer. Chaque jour se charge d'un peu plus d'inquiétude. L'éditeur, les lecteurs demandent une autre histoire à se mettre sous la dent, et Benoît n'a rien. Rien. Il attend avec anxiété le moment où il retournera au point de départ. Sonnerie de téléphone. Tout son être est tendu, s'attendant à des mauvaises nouvelles. Machinalement, il se dirige vers le téléphone, son stylo à la main, il décroche, il attend.
" Allô ?
C'est l'éditeur. Ses doutes se confirment. Sa main se met à griffonner sur le bloc voisin de l'appareil sans qu'il y prête attention.
- Oui ?
- Alors, monsieur Jorand, où en est l'écriture de votre nouveau roman ?
- Ca… ça avance. Ca avance plutôt bien.
- Bien, j'espère que vous aurez bientôt terminé, parce que ça fait plus d'un an et demi maintenant que j'en entends parler, et pourtant vous n'avez pas été capable de me dire quoi que ce soit dessus.
- Soyez sûr que mon manuscrit sera bientôt terminé, et que vous l'aurez sous peu.
- Bien, bien. Il serait temps de faire remonter un peu vos ventes, n'est-ce pas ? Plus d'un an et demi après, l'engouement commence à passer, et il serait bon de proposer autre chose. Faites-nous encore un bon livre, Benoît. Cela serait préférable.
- Oui, oui, j'ai bien compris. Je ne vous décevrai pas, vous verrez. "
Les nuages noirs s'amoncellent, étouffent le ciel bleu, menacent à tout instant de déverser la tempête. Benoît se sent bloqué, et a une désagréable impression de déjà-vu. Il prend conscience de sa main et de l'endroit où elle repose. Le bloc. Une lueur d'espoir déchire la grisaille. Il regarde le papier vierge il y a quelques instants. Des lettres. Comme la dernière fois. Et si… La lumière réfléchie par la feuille de papier pénètre dans son œil, est transformée en signal nerveux, est dirigée vers une aire du cerveau qui va reconnaître les lettres, tandis qu'une autre va interpréter le sens de ces lettres agglomérées. Un déclic se produit, et le stress s'envole.


Deuxième acte :

" Monsieur Jorand, votre nouveau roman suit les traces du précédent. On se l'arrache littéralement, et rien ne s'oppose à ce qu'il fasse un aussi bon, voire un meilleur score dans les ventes que son prédécesseur. Comment avez-vous réussi à retranscrire une atmosphère aussi réussie, sans toutefois l'imiter, que dans " Un tour dans une fête foraine " ?
- Ma foi, ce sont deux livres très différents, tant du point de vue de l'atmosphère que du regard porté. Cette fois, l'histoire se passe plus dans le monde de la vie de tous les jours. Anne et Jean vont se connaître d'une manière un peu spéciale : Anne compose un mauvais numéro au téléphone, et tombe sur Jean, d'où mon titre " Vous avez dû vous tromper de numéro ", et là aussi, vont vivre une relation, mais uniquement par téléphone. Ils ne se sont jamais vus, habitent loin l'un de l'autre, et pourtant une passion va naître. Après des mois, lorsqu'ils se décident à se rencontrer, ils trouvent l'autre totalement étranger à la voix qu'ils entendaient. Ils ne s'attendaient pas à ça. Déçus, ils se quittent, et rentrent chez eux, mais vont continuer à entretenir une relation avec la voix de l'autre.
- Cela ne vous fait-il pas penser aux discussions sur le web ? Là aussi, lorsque deux personnes qui conversent décident de se rencontrer, elles sont souvent déçues. Vous êtes vous inspiré de cela ?
- Non, pas du tout. Sur Internet, on peut dire ce que l'on veut, se faire passer pour n'importe qui. Ce n'est que du texte. Mais au téléphone, on entend la voix de la personne. La voix porte en elle beaucoup d'informations, elle porte une émotion, ce n'est pas du tout pareil. Anne et Jean n'auraient pas pu entretenir une relation pareille avec des messages informatiques, il y aurait toujours eu une sorte de distance entre eux. Mon livre fait réfléchir sur les passions des êtres humains, ce n'est pas une réflexion sur les dangers des télécommunications. J'explore le point de vue de chacun des deux personnages, et le fait qu'ils préfèrent une voix connue à la personne leur semblant inconnue qui la possède devrait faire réfléchir les lecteurs sue eux-mêmes. "


Les suites :

Tout va de nouveau pour le mieux. Benoît ne se fait plus de soucis, l'éditeur non plus. Ce qui était arrivé les deux fois juste au moment où il en avait besoin, ces deux fois où il avait écrit la réponse sur le bloc pendant qu'il téléphonait, ce ne pouvait être une coïncidence. La première fois ce " grande roue ", puis ce " erreur d'appel ", produisant à chaque fois un déclic chez lui, comme la boule de neige qui entraîne l'avalanche des idées… C'était peut-être son inconscient qui venait en aide au conscient en détresse. Mais alors il devrait pouvoir trouver des idées n'importe quand, sans forcément devoir attendre être en situation de crise pour être sauvé in extremis.
Il essaye plusieurs fois. Devant sa page blanche, rien ne vient. Sur le bloc, qu'il soit en train de téléphoner ou pas, n'apparaissent que des lignes entremêlées sans aucune signification. C'est énervant, quand tout va bien il ne trouve rien, mais lorsqu'il est au bord du gouffre l'inspiration surgit soudain. Pourtant, il doit bien être capable d'avoir des idées, d'avoir matière à écrire un nouveau livre. La preuve, ses deux best-sellers ont été écrits d'après ses propres idées. Pourtant, il a l'impression de ne pas pouvoir les contrôler. C'est désagréable.
Le temps passe, et rien, toujours rien, malgré plusieurs heures par jour passées à la chasse aux idées. C'est comme s'il était bloqué, que rien ne surgissait de son cerveau, comme une coque qui ne laisse rien sortir. Les jours deviennent des semaines, et les semaines, des mois. Le même manège recommence : l'argent se fait de plus en plus rare, l'éditeur le presse, la banque s'inquiète, les lecteurs l'oublient. Toujours rien. Il cherche un travail, n'arrive pas à en trouver. Il ne gagne plus assez, est obligé de vendre sa maison et de louer un petit appartement. Il gribouille toujours sur le bloc quand il téléphone, mais cette fois celui-ci ne l'a pas sauvé. Aucune lettre ne se trace.


Une lueur d'espoir au fond :

L'orage se déchaîne. Des éclairs zèbrent le ciel. Factures diverses, loyer, les dettes qui reparaissent, toujours pas de travail, l'éditeur qui résilie son contrat avec lui, assurances à payer sont autant de grêlons qui s'abattent sur lui. Il ne peut pas s'en protéger, il doit vendre sa voiture, accepter le travail mal payé et mal considéré d'éboueur. Il était Benoît Jorand le célèbre écrivain, il est devenu Benoît Jorand l'éboueur, un anonyme parmi la foule. Il sombre dans une profonde dépression, et commence à entrevoir le suicide comme la meilleure solution. Sonnerie de téléphone.
" Allô ? "
Une voix triste et abattue sort de sa gorge. Par habitude, il griffonne sur l'éternel bloc, gardien de tant de souvenirs.
" Non, je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler ! … Non, je n'ai besoin de rien. … Rassure-toi, je vais très bien… Oui… Non, je n'ai pas besoin d'argent ! Je peux m'en sortir tout seul ! … Comment ? … Je… Non ! … Ecoute, maman, je t'assure que tout va bien… Oui ! J'ai trouvé un bon travail, et la situation s'améliore… Non, non... On en reparlera plus tard… C'est ça, au revoir maman. "
Il va se tuer. Ses yeux s'abaissent sur le bloc.


La toile tombe :

C'est bon, tout est prêt. Les pinceaux, la couleur, la toile, le chevalet, il a acheté tout l'attirail du peintre, en s'étant endetté un peu plus encore, mais il est sûr qu'avec ça il va s'en sortir. Le bloc l'a dit. Sur la feuille était écrit un simple mot, un simple ordre : " Peins ". Il n'avait pas compris tout de suite, cherchant quel roman il pourrait tirer de cela, puis il avait compris que ce n'était pas une idée, mais un impératif : mets-toi à la peinture si tu veux t'en sortir. Alors il s'y était mis.
Cette feuille blanche géante qu'est la toile vierge se présente devant lui. Comme guidé, il mélange les couleurs, et applique la couleur par petites touches, sans aucune esquisse préalable. Plusieurs heures durant, il peint. Un image se concrétise petit à petit, sans qu'il sache lui-même de quoi il s'agit. Avec ça, il redeviendra célèbre. Le ton du tableau est très sombre, avec des couleurs dans le gris bleu argent teinté de noir, d'ocre et de vert foncé. Il applique les derniers coups de pinceaux qui parachèveront son œuvre. Son visage se crispe, prend une expression de frayeur tandis que son bras finit de peindre le tableau.
Devant Benoît se dresse une créature effrayante, avec un regard fou et diabolique qui le fixe, un énorme bec de corbeau, un tête de forme quasi humaine, avec des ailes griffues et un corps sombre aux reflets argentés, perché sur la branche d'un arbre mort avec en fond un ciel de cauchemar. Elle paraît presque vivante, tant le tableau ressemble à une photographie ou une fenêtre sur un autre monde, et semble lui ricaner au nez, se moquer de lui en lui lançant des éclairs de folie avec ses petits yeux sombres. C'est la créature qui a écrit sur le papier, c'est elle qui lui a donné ses idées, c'est elle qui le manipule comme un pantin, c'est elle qui est dans sa tête. Benoît est pris d'une terreur absolue.


Epilogue :

" Allô ?
- Vous êtes la mère de monsieur Benoît Jorand ?
- Oui, qu'y a-t-il ?
- Je dois malheureusement vous apprendre que votre fils a été retrouvé mort ce matin dans son appartement. Il semble qu'il se soit suicidé. Il s'est tiré une balle dans la tête avec un pistolet qu'il gardait sûrement chez lui. On l'a retrouvé devant les vestiges d'un tableau qu'il venait de peindre. Je suis désolé madame de vous apporter d'aussi tristes nouvelles.
- Mais, ce n'est pas possible, mon fils ne peint pas ! Il n'a jamais su ! " s'écrie la mère éperdue.


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