L'ours noir et l'ours blanc
de Maxime Germain

J’ai sur mon lit deux ours en peluche, un blanc et un noir plus petit. Comment ils sont arrivés là est une bien longue aventure, et pas du tout le point de cette histoire. Un matin, mon sommeil fût troublé par un chuchotement de voix. Plutôt que d’ouvrir les yeux et de tourner la tête vers la source du bruit comme nous le faisons généralement quand notre repos est interrompu, je restai immobile et les yeux clos. Mon état de demi-sommeil a comme atténué l’étrangeté de cette situation, et quoiqu’encore hésitant à m’arracher des mes rêves, je prêtai attention. C’est ainsi que j’ai pu surprendre une conversation entre mes deux petits ours que j’avais toujours considérés muets et sans vie. L’une des voix était menue et rapide, l’autre plus grave et plus calme.
- … attends, attends (c’était la petite voix), raconte-moi encore une histoire
- Ta curiosité semble insatiable, mais tu sais qu’il faut arrêter avant qu’il ne se réveille.
- Tu me l’as déjà dit, pourtant tu vois bien qu’il dort encore.
- Son souffle s’est calmé, signe de son réveil prochain. Et puis nous pouvons aussi bien reprendre quand il sera parti pour la journée
- Juste une petite histoire.
- OK, je sais bien que tu ne vas pas renoncer.

Je restai toujours sans bouger, flottant encore dans mon état de demi-conscience. J’appris ainsi cette histoire que l’ours blanc a racontée à son jeune ami, l’ours noir. Je la retranscris ici avec autant de fidélité que me permet le demi sommeil dans lequel je l’ai entendue.

“Les hommes sont vraiment des êtres bizarres. Ils prêtent plus d’attention à leurs petites différences qu’à leurs grandes ressemblances. Regarde-les tous; des pieds à la tête leur physionomie est la même, ils ont tous besoin de mots pour communiquer et reconnaissent une puissance supérieure quel que soit le nom qu’ils lui donnent dans leur propre culture ou croyance. Cependant, ils trouvent le moyen de créer mille barrières à leur unité. Ils organisent des guerres où ils se massacrent les uns les autres, créent et utilisent des armes qui menacent l’existence même de la terre qui les nourrit. Avec tout cela, ils s’estiment les plus intelligents de la création. Quelle présomption et quelle vanité! L’histoire que je vais te raconter s’appuie sur l’une des ces petites différences qui maintiennent les hommes si loin les uns des autres, et finissent toujours par provoquer leur malheur.

Kama était un bel homme, aimable, intelligent, élégant. Il était doté d’un exquis sens de l’humour, pas de celui trivial où le locuteur rit pour entrainer la compagnie. Non, il avait le goût juste pour trouver le mot portant à la fois la bonne humeur et une philosophie profonde. Il passait agréablement du temps avec ses semblables, mais appréciait aussi la solitude de son appartement où il restait des heures entières à lire ou à explorer son ordinateur.

Un soir qu’il buvait une bière à la fête d’anniversaire d’un de ses amis, son attention fût attirée par une jeune fille aux traits asiatiques. Son regard sur elle en fût comme hypnotisé. Il ne pouvait s’empêcher d’admirer ce visage oval, ces yeux sombres d’amande répondant au noir épais d’une chevelure coulant telle de la soie sur ses épaules. Il la regardait avec tant d’insistance qu’elle dût le sentir, comme un poids doux sur son être. Elle tourna la tête dans sa direction et leurs yeux se croisèrent. L’espace d’une seconde, il lût dans son regard le même émoi qu’il sentait dans son coeur. Parfois, deux êtres se voient pour la première fois et semblent trouver dans un simple contact des yeux ce qu’ils avaient toujours cherché. C’est comme s’ils se reconnaissaient pour s’être attendus et avoir rêvé l’un de l’autre sans le savoir. La jeune fille détourna le regard la première, et bût une gorgée de la coupe de vin blanc qu’elle tenait à la main. Kama se souvînt alors de la bière à mi-chemin vers ses lèvres. Ce petit jeu des regards qui se cherchaient pour se fuir aussitôt dura encore un long un moment comme s’ils faisaient connaissance en échangeant la lumière de leur âme. Avant la fin de la soirée, il s’enquît auprès de son ami et apprît que la jeune fille avait accompagné une cousine à la petite fête. Kama se dirigea alors vers elle, se présenta et noua la conversation. Ils trouvèrent le contact facile, avec l’impression de se connaître déjà, et de simplement se retrouver après une longue séparation. Certaines personnes nomment cette impression le coup de foudre, d’autres croient plutôt que deux âmes peuvent avoir été créées l’une pour l’autre et continuer ainsi à se réunir à travers différentes vies temporelles. Toujours était-il que Kama et Chiyoe avaient beaucoup de choses en commun. Malgré leurs différences culturelles, ils aimaient presque les mêmes choses. Ce soir-là, ils allèrent continuer la soirée dans un bar et lorsqu’ils se quittèrent, ils n’avaient aucun doute qu’ils se reverraient. Chacun rentra chez soi avec un petit bonheur au fond des yeux et du coeur, se disant comme Ariel dans la “Petite Sirène” que quelque chose commençait ce soir.

Ils se revirent de plus en plus souvent puis devinrent inséparables. Ils redécouvrirent ensemble la ville aux mille couleurs et aux mille lumières, trouvant différents les endroits qu’ils croyaient chacun pourtant bien connaître. La vérité était que leurs yeux scintillaient de cette lumière qui venait de leur coeur et éclairaient le monde d’une aura nouvelle. Ils visitèrent les musées qu’ils aimaient. Ils s’émerveillèrent ensemble devant les sculptures de Ronin, les tableaux de Monet. Ils visitèrent avec extase le Withney Museum, allèrent se percher au sommet du Empire State Building, partirent pour des croisières d’une heure autour de l’île sur le Circle Line. Ils refirent ensemble le tour des petits bistrots charmants et des petits cafés délicieux de New York. Elle le fît goûter aux délices des meilleurs restaurants asiatiques de la ville. Il l’introduisît à la culture caraibéenne et africaine. Elle s’en enchanta, mais que n’aimerait elle pas venant de lui! Elle lui montra et lui expliqua les richesses de la culture orientale, et lui parla de la sagesse millénaire de son peuple. Il lui fît découvrir les rythmes africains, le sens et l’histoire des roulements de tambour. Chacun s’enrichissait de chaque rencontre et y apportait son originalité, sa différence, son unicité.

Ils ne se lassaient pas de se parler de se partager et de se découvrir. Ils admirèrent d’un même regard le retour du printemps, de la vie et des fleurs qui revenaient sur les arbres. Dans les parcs, ils restaient longtemps ensemble à s’émerveiller des têtes frêles des bourgeons naissants qui humaient un instant l’air frais, comme pour s’assurer que le printemps était bien là, et qu’il était l’heure du réveil et des bains de soleil. Ils les virent au fil des jours s’étirer d’abord paresseusement, s’étendre et s’ouvrir à la caresse de la vie nouvelle. Ils les regardèrent se gorger de soleil, accéléler leur croissance et couvrir l’arbre entier d’une parure brillante où les petits oiseaux étaient vite venus chercher repas et refuge faisant, avec le retour des nids sur les branches et de la vie dans les nids, une grande célébration de toute la nature. Ils pensèrent avec nostalgie que les habitants des contrées tropicales rataient ce moment magique où la vie reprend ses pouvoirs. La splendeur des arbres verdoyants et des chants des oiseaux finit par s’intégrer à leur vie quotidienne, et par ce fait même, à perdre leur grandeur. Car la beauté enfin acquiert en sens par son éphémérité: une fleur est splendide parce qu’elle va mourir bientôt et la vie gagne en signification par le rappel constant qu’elle nous fait de la mort.

Kama et Chiyoe jouirent aussi ensemble du ciel se vidant lentement après l’orage de l’été pour offrir ses plus belles constellations. Chacun enseigna à l’autre les astres et les étoiles qu’il ne connaissait pas. Le majestueux Mars dont la rougeur avait si longtemps excité l’imagination des hommes et fait penser au dieu de la guerre. La constellation de l’Orion semblable à un papillon cachant dans son aile la nébuleuse, porte du ciel. Les Pleïades groupant ses étoiles et le Taureau s’étendant en un grand V renversé, avaient leurs faveurs, mais ils aimaient encore le Cocher, la Croix du Nord, Vega et le Capricorne. Le ciel leur réservait un émerveilement sans fin. Puis ils avaient commencé à dessiner leur propres constellations dans la voûte étoilée, choisissant des astres comme repères et formant à partir d’eux des figures qui marqueraient leur amour. Ils regardaient alors l’infini espace en souriant, heureux de retrouver des dessins connus d’eux seuls, signes et témoins de leur tendresse.

Durant le premier mois, ils se séparaient tous les soirs au pas de la porte de Chiyoe, mais se retrouvaient une heure plus tard au téléphone pour des “bonne nuit” qui duraient près d’une heure entière. On dirait que leur parole ne tarissait jamais. Puis un jour, ils franchirent ensemble la porte de Kama pour se donner l’un à l’autre. Deux cultures, deux mondes se rencontraient, mais ils partagèrent le même élan d’un corps vers un autre quand il avait compris son âme . C’était la première fois qu’elle touchait des cheveux crépus; elle les trouva bouclés. Elle mordît de sa peau qu’elle nomma de chocolat. Il admira l’elasticité de son corps, la finesse de sa chevelure soyeuse. Ils comprirent ensemble que l’amour était plus une manifestation de l’âme que du corps, simple instrument et que celui-là n’avait pas de couleur, de préjugés ni de restrictions culturelles. La passion de leur coeur les tendait ensemble vers la rencontre de l’infini, de l’éternel au delà des différences ou des antagonistes. Ils étaient amis, ils étaient amants et se promettaient de s’aimer pour la vie.

Malheureusement, poursuivit l’ours blanc, la société dans laquelle ils vivaient ne le voyait pas tout à fait comme cela. C’est vrai que New York est l’une des villes les plus cosmopolites du monde, avec les mosaïques culturelles les plus variées. Mais vois-tu, les mosaïques sont faites pour demeurer les unes à côté des autres, mais non pour se mêler. Bien sûr, ils avaient remarqué le regard souvent étonné, parfois désaprobateur des gens sur eux quand ils se promenaient main dans la main à travers les rues, ou s’arrêtaient à un carrefour pour échanger un baiser. Mais ils ne s’en souciaient pas, trop plongés dans leur bonheur pour vraiment y prêter attention. D’ailleurs, avaient-ils des comptes à rendre? Non, ils n’avaient pas de compte à rendre, pas aux individus obscurs qu’ils croisaient le long des rues. Le problème se posa autrement lorsque la réprobation commença à venir de leurs proches. Leur relation avait grandi et on les voyait si souvent ensemble que l’aboutissement n’en laissait plus aucun doute. Au tout début, leurs parents et amis en avaient souri, croyant que chacun n’était attiré que par l’exotisme que l’autre représentait. Mais plus la perénité de cette relation s’imposait dans la certitude, plus chaque groupe se sentait menacé dans son intégrité.

Certains des amis de Kama pensèrent qu’il aurait pu se trouver une femme de sa propre race et avec qui il partagerait sa culture. Les noirs pensaient-ils, ont eu une histoire d’esclavage et de misère qui les rendait particuliers et que nulle autre culture ne pouvait comprendre et encore moins partager. Ils craignaient qu’à la longue, lorsque seraient passés les moments de passion qui gomaient les différences, la réalité ne revînt dans sa cruauté. Le multiculturalisme de New York n’est en fait qu’une apparence et les unions interraciales se trouvent encore confrontées à d’énormes difficultés. Il fallait aussi penser aux enfants qui naîtraient de ce couple et qui auraient bien des problèmes d’intégration. Et puis aussi, même si certains d’entre eux étaient sortis avec des asiatiques, ils les trouvaient vraiment une race à part aux yeux étranges et aux moeurs bizarres. Ils auraient sans doute été plus à l’aise avec une blanche. Ils ne l’auraient certes pas intégrée à leur groupe intime, mais ils auraient accepté cette union. En plus, pour beaucoup de noirs, une femme blanche représente toujours un trophée. La trahison aurait été moindre à leurs yeux. Mais une asiatique allait au-delà des limites. Ils se rendaient bien compte que leurs préjugés ne reposaient sur aucune base logique, ni même sur leur expérience. Les préjugés n’ont d’ailleurs ni logique ni bon sens; ils dérivent simplement d’une peur de la différence et de l’inconnu et du désir aussi de se valoriser en dévalorisant l’autre: “tu n’es pas comme moi, si j’admets que tu es bon, peut-être suis-je mauvais”. Le blanc rejette le noir, le chrétien le bouddhiste, le pentecôtiste le catholique, le français l’arabe et ainsi se forme une chaine d’incomprehension, de haine et de mort.

Les amis de Chiyoe se trouvaient encore plus choqués des allures de cette relation. Les chinois n’avaient-ils pas toujours donné l’exemple de leur indépendance? Au milieu de Manhattan, et d’autres grandes régions du pays, ils avaient gagné leur espace et bâti leur petite ville: Chinatown. Leurs enfants allaient à leur propre école et parlaient leur langue. Depuis les temps de l’immigration aux Etats-Unis, au moment de la construction des chemins de fer, ils étaient toujours restés entre eux, perpétuant leur homogénéïté et se gardant dans la différence. Bien sûr ils se mélangeaient aux autres peuples de la ville, travaillaient avec eux, fréquentaient les mêmes universités, mais les unions restaient sacrées, bien entre peuples de l’Asie. Chiyoe avait donc ressenti le ton et le regard réprobateurs de certains amis quand elle leur avait parlé de l’élan de son coeur envers cet homme aux traits bien dessinés et à la peau si sombre. Elle avait beau tenté d’expliquer à ses plus proches qu’elle s’était trouvée bien plus de ressemblances que de différences avec Kama, que leurs âmes s’étaient rencontrées et qu’elle se sentait plus proche de lui que des hommes qu’elle avait connus dans sa propre culture. Elle aurait voulu leur transmettre sa nouvelle compréhension de l’unité des hommes au-delà des différences insignifiantes. Mais rien n’y fît. La douce Megumi seule semblait sensible à son amour pour le jeune homme. Elle la supportait, revendiquait avec elle le droit de donner son coeur et de recevoir l’amour de qui lui plaisait. Megumi aussi était spéciale et croyait dans la fraternité universelle, dans les ressemblances plus que dans les différences. Elle disait à Chiyoe: “tant pis s’ils ne comprennent pas, pourvu que tu sois heureuse.”. Aussi Chiyoe partageait de plus en plus son temps entre elle et Kama. Ses amis ne la rejettaient pas ouvertement, mais elle ressentait leur désapprobation dans leurs mots et parfois même dans leur silence. Mais elle était résolue à suivre son coeur; elle avait hérité cette opiniatreté de son peuple, et elle s’en servirait pour aller à la rencontre de Kama. Ainsi en aurait-elle sans doute fait si le malheur ne s’était abattu sur eux comme l’aigle sur sa proie après avoir tournoyé dans le ciel pour bien assurer sa chute.

Ce soir-là, ils avaient choisi de traverser à pied le grand pont reliant China Town au quartier qu’habitait Kama à Brooklyn. Ils avaient déjà fait le parcours à plusieurs reprises au cours des derniers mois, et ne pouvaient jamais se lasser de la vue extraordinaire qu’ils avaient alors aussi bien sur Manhattan que sur Brooklyn en traversant le Hudson. Par temps clair, ils ne manquaient jamais de s’arrêter au milieu du pont pour admirer le ciel et chercher leurs constellations. Ce soir de fin d’été justement, la lune brillait pleine et ronde dans le firmament, les étoiles semblaient s’habiller de leurs parures scintillantes. Les deux amants se tenaient l’un contre l’autre. Le dos de Chiyoe appuyé contre la poitrine de Kama, partageant la chaleur de leurs corps. Leurs yeux fouillaient l’infini, cherchant comme tous les amoureux des signes confirmant leur amour: une étoile filante, le passage rapide d’un nuage modifiant les rayons de la lune, une nouvelle constellation. Tout pouvait constituer un signe, car le signe n’est jamais en vérité qu’au dedans de nous. Ils ne firent donc pas attention au groupe qui s’approchait d’eux. Pourquoi se méfieraient-ils, il était huit heures et d’autres couples faisaient eux aussi la promenade sur le Pont de Brooklyn. Kama les aperçût le premier, mais n’y prêta pas grande attention jusqu’à ce que l’un d’eux cria le prénom de la jeune fille. Chiyoe sursauta car elle avait reconnu la voix de Lao, un jeune homme qu’elle avait fréquenté dans le temps, et qui avait eu de la difficulté à se remettre de leur rupture. Elle sentît un frisson la parcourir quand elle entendît Lao lui demander si elle n’avait trouvé d’autre remplaçant que ce bout de charbon semblable à un singe. Il lui demandait de faire son choix là ce soir entre sa race et ce negro dont les grands-parents avaient été esclaves sur les plantations. Kama s’était interposé entre la jeune fille et les assaillants, demandant à ceux-ci de les laisser tranquilles. Le ton montait et la bagarre devenait inévitable. Kama avait de bonnes manières, mais il avait été élevé dans Brooklyn et savait se battre. Il se défît donc des deux premiers adversaires et leur asséna deux coups de poing qui les laissa un peu pantelants. Le troisième eût le temps de parer. Une lame refléta les rayons de la lune avant de s’enfoncer dans la poitrine de Kama. Ce fût Chiyoe qui poussa le cri en voyant son amant chanceler sous le coup et porter la main à son coeur. L’asiatique encore debout s’acharna sur le jeune homme et essaya de la basculer d’un coup de pied pardessus le parapet. Chiyoe se précipita et attrapa la main de Kama alors que son corps pendait déjà dans le vide. Elle tira de toutes ses forces, essayant de le retenir, mais Kama était bien trop lourd. Pourtant la jeune fille ne lachait pas malgré qu’elle se sentît entrainer par le poids de l’homme qu’elle aimait. “Lâche-le” cria Lao qui venait de se relever. Chiyoe tourna lentement la tête vers lui et il vit l’éclat de la lune dans ses yeux d’amande. “Non” cria-t-il, car il avait compris la résolution de la jeune fille. Mais avant qu’il ait pu faire un geste, Chiyoe avait laissé le poids de Kama maintenant déjà mort l’entrainer par dessus le parapet vers les eaux sombres du Hudson.

Les deux corps ne furent jamais retrouvés. Peut-être ont-ils trouvés une berge accueillante où ils demeurent enlacés, ou bien encore sont ils restés au fond du fleuve là où les tristes préjugés et la haine des hommes ne peuvent plus les atteindre. Quand j’ai l’occasion de voir le ciel, je retrouve les étoiles qu’ils avaient nommées et les figures qu’ils avaient créées dans la voûte infinie, et je sais qu’ils s’aiment encore dans le ciel et que leur amour sera éternel.”


Port-au-Prince, 7 Octobre 1999

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