Enclave
de Maxime Noblet



- Que pensez-vous de tout cela, Perkins
- Je n’en pense rien, Monsieur, il hésita, et d’ailleurs, je dois avouer que je m’en moque éperdument. Je me contente de suivre les directives à la lettre, je touche mon salaire à chaque fin de mois, je paye mes impôts, je rembourse mes crédits, je vais au restaurant et part en Europe pour les vacances. Le reste m’importe peu et le fait d’appuyer sur ce bouton pour la 6e fois aujourd’hui n’affecte en rien mon état moral.
- Et bien Perkins, reprit son chef faussement étonné, voilà que vous faites preuve d’une conscience professionnelle parfaite. Sachez néanmoins que vous ne devez votre agréable situation qu’à vous-même et, c’est à mon avis cela qui est le plus important. Il est clair que notre profession exige une certaine… voyons voir… une certaine maîtrise de soi, dirons-nous. Ce que nous faisons en ce moment, peu de personnes non préparées auraient la force de le faire. C’est votre imperméabilité aux sentiments et votre manque absolu d’empathie et de compassion que j’apprécie le plus chez vous, Perkins. Vous savez, avec la technologie actuelle, cette tâche pourrait très aisément être accomplie par des machines.
- Effectivement, le jeune homme leva les yeux vers le plafond.
- Seulement il y a un problème avec les machines. Voulez-vous savoir lequel ?
- Je suis curieux de le savoir, Monsieur. Tout en prononçant ces paroles, le pouce de Perkins pressa le bouton rouge. La vaste pièce s’illumina d’une lueur orangée vacillante qui lui rappelait à chaque fois les couchers de soleil d’été, lorsqu’au crépuscule le ciel revêt cette couleur chaude et que le soleil disparaît derrière l’horizon. Avec sa jeune soeur, adolescent, Johan Perkins adorait admirer le spectacle du coucher de soleil sur l’océan. C’était il y a longtemps, trop longtemps pour y accorder une importance quelconque se dit-il alors.
Le regard vif et les traits détendus, le chef reprit.
- Les machines sont perfectibles et défaillantes, Perkins.
- Je ne comprends pas bien, Monsieur…
- C’est pourtant clair ! On peut toujours améliorer les machines et nos ingénieurs sont là pour cela. Mais nous, Perkins, il posa sa main ferme sur l’épaule de son assistant. Nous, répéta-t-il, nous ne pouvons être améliorés, puisque par définition, en 2032, de par la biophysique, l’eugénisme et par la suite l’apprentissage collectif, être humain signifie être parfait. Nous sommes, vous et moi, des êtres parfaits mon ami ! Il desserra son étreinte. De ce fait, il y a une grande différence entre l’être humain et la machine.
- Je comprends bien Monsieur, mais pourquoi dites vous qu’elles sont défaillantes ? Son supérieur esquissa un sourire malicieux.
- Je vous laisse méditer là-dessus Perkins, mais dites vous bien qu’elles ne le sont qu’en certaines circonstances.
Johan se sentit mal à l’aise. Il avait essayé de faire bonne impression et il s’était retrouvé comme empêtré dans le raisonnement de son patron, dont il comprenait parfaitement le sens mais pas la motivation. Pourquoi lui avait-il subitement parlé de cela ? Il n’eut pas le temps d’y réfléchir car un autre chargement arriva.
- C’est une famille de clandestins portoricains pris sur le vif à la frontière, fit l’homme en regardant son holo-journal. Ils ont été faits prisonniers à 11 h 28, sont passés devant le juge à 14 h 32 et il est actuellement 14 h 53. Johan les vit à travers la grande vitre sans tain. Il vit ce qui devait être une famille; deux hommes, une femme, un garçon d’une quinzaine d’années et une petite fille, probablement plus jeune. Leurs regards étaient figés, aucune expression sur leur visage, sinon de l’appréhension. Pourquoi avez-vous essayé de passer la frontière, leur demanda Johan intérieurement ? C’est d’une stupidité affolante. Vous n’aviez aucune chance, strictement aucune ! Vous êtes des sous-hommes, des larves ! Vous espériez quoi ? Vivre aux crochets des citoyens de ce pays ? Obtenir la nationalité américaine ? Alors quoi ? Travailler ? Nous n’avons pas besoin de vous, pour cela, nous avons des machines infiniment plus efficaces et performantes !Qu’espériez-vous en passant cette frontière ? Quelles étaient vos motivations, votre démarche, vos espoirs ? Il n’y a pas de place pour vous ici, pas de place pour des organismes et des esprits défectueux. Votre place est dans votre pays, au-delà de nos frontières ! Il les dévisageait avec une rage et une nervosité folles. Pourquoi tu pleures, petite ignorante ? Qu’est-ce que vous foutez là, nom de dieu ? ! Vous devriez être chez vous, aux champs ou à la plage, je n’en sais rien, mais comment diable avez-vous pu être aussi idiots pour ne serait-ce qu’entrevoir une bride d’espoir de réussir votre entreprise ? Sa haine s’intensifiait à mesure que l’holo-compteur débitait les secondes avant l’exécution. Qui pensez-vous être ? Vous n’êtes pas issus des pratiques eugéniques vous ! Vous n’avez pas été éduqués selon nos règles et nos idéaux ! Vous ne pensez pas vous ! Vous agissez et c’est tout ! Vous n’êtes rien de plus que des humains au rabais ! Vous ne servez à rien, alors que vous vouliez vous venir faire ici ? On dirait une bande de moutons ! Oui c’est cela ! Vous êtes des moutons attendant bêtement d’être abattus sans même savoir ce qui vous attend. Vos vies ne valent rien si vous ne faites pas partie de notre biotope, de notre espace socio-culturel.
Le bip de fin de compte à rebours retentit. Pris d’une colère noire qui échappait à son contrôle, Johan s’empressa d’appuyer sur le bouton rouge. La température à l’intérieur de la cabine commença à monter. En quelques secondes, elle atteignit les 800° F. De l’autre côté de la vitre, ni Johan ni Edward Thomson ne pouvaient entendre les cris de douleur des personnes à l’intérieur. Il pouvaient juste voir. Voir ces mannequins désarticulés se tordre dans tous les sens. Voir leur peau basanée rougir sous l’effet de la chaleur et se détacher peu à peu du reste de leur corps, qui brûlait progressivement. Chair, muscles, ligaments, os, au bout d’une dizaine de secondes d’atroces souffrances, il ne subsistait rien de ce qui était, quelques instants plus tôt, des êtres humains. La cendre fut aspirée et évacuée par le sol. Un système de nettoyage automatique se mit en route alors et l’ascenseur remonta vers les niveaux supérieurs.
- Affaire classée, s’exclama Thomson d’un ton enjoué. Johan ne répondit pas et détacha son doigt du bouton.
- D’après vous, fit Thomson, quelle a bien pu être la motivation de ces gens pour passer la frontière ?
- Je ne sais pas, Monsieur ! Ce sont des individus inférieurs, s’il n’avaient pas été aussi faibles et idiots de penser qu’ils auraient pu franchir les limites de notre territoire en échappant à notre police, ils seraient très certainement encore en vie.
- Vous avez tout à fait raison. Vous savez, je suis issu de la première génération d’êtres humains « primat » et vous de la seconde. D’après vous, où se situe la différence entre vous et moi ?
Johan réfléchit un instant et fixa le regard de son interlocuteur.
- Il n’y en a pas, Monsieur. Du moins d’un point de vue physiologique. Cependant, l’éducation que j’ai reçue était plus stricte que la vôtre et génétiquement parlant, et bien…
- Et bien ? !
- Et bien je suis plus évolué que vous, Monsieur. Mais cela tient au fait qu’entre ma génération et la vôtre, il y a eu 20 ans de progrès technologiques et 20 ans ce n’est pas négligeable, Monsieur.
- Parfaitement ! Vous avez tout à fait raison. Cependant, d‘un point de vue… comment dire ? (Il porta la main à son menton) social, voilà, social, nous sommes identiques n’est-ce pas ?
- Bien sûr, Monsieur !
- Perkins, ! Imaginez vous un instant cette hypothèse ; le gouvernement pris dans un élan grotesque de renouveau, décide de rétrograder ma génération au rang des personnes ridicules et pathétiques que vous venez d’exécuter à l’instant.
- J’imagine, Monsieur…
- Imaginez alors que pour une raison x ou y, je me retrouve un jour à leur place, dans cette cabine.
Johan voyait très bien où son chef voulait en venir et rétorqua aussi sec :
- J’appuie sur le bouton sans hésiter une seconde, Monsieur ! Malgré tout le respect que j’ai pour vous et la sympathique que vous m’inspirez, si pour une raison x ou y, vous vous retrouvez alors dans cette cabine, c’est que la justice vous y a conduit. De ce fait, en partant du principe que notre justice est infaillible, j’exécuterais la procédure comme d’habitude, sans me poser de question et sans avoir de regrets.
- Très bien, mon jeune ami, fit Thomson d’un air satisfait. Johan rajouta alors :
- D’ailleurs, Monsieur, si je n’appuie pas sur le bouton dans les 60 secondes après la fin du compte à rebours, selon l’article 1-A du code du travail, c’est moi qui viendrait prendre place après vous dans la cabine et ce, parce que cela constituerait une faute professionnelle grave, ainsi qu’un manquement aux règles en vigueur établies par notre gouvernement.
- Bien, bien, bien, Perkins…
- Mais cela ne peut arriver, Monsieur.
- Et pourquoi donc, je vous prie ?
- Parce que je suis un humain de classe A, comme vous, et notre espèce ne peut commettre d’erreurs.
- Tiens donc ! Et pourquoi cela ?
Johan sourit et répondit d’une voix enjouée.
- Parce que nous sommes parfaits, Monsieur ! Et à ce titre, nous ne pouvons commettre la moindre erreur, c’est génétiquement impossible, Monsieur. Johan avait l’impression de passer un test. Thomson connaissait parfaitement les réponses à ses propres questions. Il pensa alors que son supérieur voulait juste le contrôler, pour palier à d’éventuels disfonctionnements. Johan allait très bien et répondit avec succès. Cela le rassura, même si le niveau d’interrogation n’était pas très élevé. On l’avait conditionné dès son plus jeune âge à penser de la sorte et les enseignements de ses professeurs et de ses parents étaient gravés à jamais dans son cerveau.
- Mais, Monsieur le Juge, je vous jure qu’il s’est jeté sous mes roues ! Je… J’étais bien concentrée, Monsieur le Juge et je vous assure qu’il s’est jeté sous mes roues. La jeune femme avait les larmes aux yeux, totalement paniquée et perdue, elle avait du mal à tenir sur ses deux jambes. Derrière son bureau en ébène, les trais tendus et le buste rigide, le juge Baker, représentant de l’état de New York répondit fermement.
- Comment, Mademoiselle, comment diable cet homme a-t-il péri sous les roues de votre véhicule alors ? Rose était dans un état de stress et d’angoisse qui n’échappa pas au magistrat.
- Je… je ne sais pas Monsieur le Juge. Je suppose… Enfin… enfin peut-être qu’on l’a poussé ou peut-être qu’il a trébuché… Je ne sais pas. Mais ce n’est pas ma faute, Monsieur le Juge, je vous le jure, ce n’était pas ma faute. Ou alors il s’est suicidé… Le juge explosa de rire.
- Suicidé ! Reprit-il gaiement. C’est un individu de classe A, comme vous et moi, Mademoiselle Doyle. De ce fait, comme vous et moi, il était incapable de songer au suicide. Il rajouta sérieusement. Y avez-vous déjà pensé, Mademoiselle ? Rose balbutia tandis que les larmes coulaient le long de ses joues fines.
- Non, Monsieur le Juge, jamais.
- Bien ! Alors avouez donc que cette hypothèse est tout à fait saugrenue, voire ridicule.
La jeune femme baissa la tête.
- Je l’avoue, Monsieur le Juge. C’est ridicule, mais je n’ai pas pu tuer cet homme, c’était un accident.
- Vous dites ?
- Un accident, ce n’était qu’un accident, rien de plus.
- Je vois. Il passa le doigt sur son holo écran et lut quelques lignes du dossier de Rose. Il réfléchit alors pendant quelques secondes, avant de tourner la tête vers elle. C’était son 8e jugement ce jour-là et d’autres étaient en attente. Il reprit calmement.
- Vous êtes puéricultrice du 2nd degré n’est-il pas ?
- Oui, Monsieur le Juge, c’est cela.
- Et vous exercez ce métier depuis 6 ans, est-ce exact ?
- C’est exact, Monsieur le Juge.
- Je vois, reprit-il à vois basse. Mademoiselle Doyle, étant donné vos états de service au sein de la société et le caractère particulier de cette affaire, particulier car c’est votre parole contre celle d’un mort, étant donné l’absence de témoin, il reprit son souffle, je vous condamne à la peine capitale pour homicide involontaire sur un individu de classe A, aggravé par un manque total de discernement et d’honnêteté, valeur d’état par excellence. Le juge regarda encore son holo écran et reprit son jugement. Vous serez exécutée par pyrolyse dans exactement 15 minutes et 33 secondes. Rose s’effondra.
- Attendez, c’est une erreur, vous ne pouvez pas… Je ne l’ai pas tué je vous le jure ! Attendez… Deux gardes armés la relevèrent et l’accompagnèrent tant bien que mal vers la porte de l’ascenseur.
- Vous avez commis une terrible erreur en tuant cet homme, Mademoiselle Doyle, fit le magistrat en suivant la jeune femme du coin de l’œil. Rose ne pouvait plus parler, elle était prostrée, abattue, sans substance.
- Une vie pour une vie, reprit-il, c’est la condition sine qua non au triomphe de la justice. Il se tut et pivota son siège vers l’autre côté de la pièce majestueuse.
- Amenez-moi le dossier suivant ordonna-t-il fermement à un garde.
- Tout de suite, Monsieur le Juge, répondit celui-ci avant de se diriger vers la porte d’entrée. Le juge Baker effaça le dossier de Rose Doyle des archives de l’état et se sentit tout à coup soulagé. Rose, quant à elle, fut jetée dans la cabine, quasiment inerte. Les portes se refermèrent derrière elle, la laissant seule face à une mort qu’elle savait douloureuse et inéluctable.
Johan était sclérosé.
- C’est ma soeur, fit-il sans fait transparaître son abattement. Je la connais depuis toujours… C’est une erreur, elle est incapable de faire du mal à qui que ce soit. Il la voyait taper contre la vitre avec l’énergie du désespoir, elle implorait, suppliait qu’on l’épargne. Johan ne pouvait percevoir ses paroles, la cabine était insonorisée. Le compte à rebours se déclencha et il avait à peint deux minutes pour prendre une décision, l’exécuter ou périr avec elle.
A l’intérieur, les mains de Rose étaient en sang. Elle était debout, fondant en larmes et épuisant ses forces contre la vitre qui ne cédait pas sous ses coups. Son maquillage n’en n’était plus un. Ses larmes étaient devenues noires à cause de son mascara qui coulait.
- C’est une erreur, criait-t-elle à en perdre la voix, c’est une erreur, je n’ai pas tué cet homme, il s’est suicidé !
- Les classes A ne se suicident pas, repris Andrew. Léthargique, Johan ne pouvait détourner son regard de Rose. C’est une erreur se répétait-il en boucle dans sa tête. C’est une erreur, une erreur, il ne peut en être autrement, c’est forcément une erreur. Rose, que s’est-il passé ? Pourquoi es-tu là, devant moi, derrière cette vitre dans laquelle tu ne peux voir que ton reflet ?
- 45 secondes avant exécution, fit l’homme posté derrière Johan. C’est vous ou elle, fit-il. Quel choix allez-vous faire mon garçon ? Il jubilait. Allez-vous presser le bouton ou mourir à votre tour ? Peut-être voulez-vous que ce soit moi qui le fasse. C’est vrai, durant toute votre existence, vous n’avez eu qu’un seul choix à faire, celui de votre profession. Aujourd’hui vous en avez un deuxième… Vivre ou mourir. Vous êtes au sommet de la justice Johan, vous êtes le dernier maillon de la chaîne. Vous êtres au sommet de la pyramide. Alors quelle autre alternative d’exécuter celle qui, en théorie aurait dû vous accompagner toute votre vie, sinon mourir ? Vous devez faire votre travail sans état d’âme. Vous n’avez pas d’âme mon ami, vous n’en disposez pas car vous avez été conçu sans. 30 secondes avant la fin du compte à rebours. Appuyez et la justice triomphera. N’appuyez pas et ce sera votre tour. Allons ! Ne me dites pas que vous ressentez de l’angoisse, de la peur ou de l’empathie. Vous ne pouvez pas ressentir cela, vous êtes un être humain, bien plus humain que tous les autres. N’hésitez pas, appuyez, vous n’avez pas le choix si vous voulez continuer à vivre.
- J’ai pris conscience de quelque chose, Monsieur, sortit fébrilement Johan en regardant Rose s’acharner sur la vitre blindée.
- Vous m’inquiétez Perkins, mais poursuivez, vous avez 15 secondes. Johan se retourna alors vers lui et répondit fébrilement :
- La seule différence entre vous et moi… c’est que mois je suis assez intelligent pour me détacher de tout ce que l’on m’a enseigné et que je suis capable de penser par moi-même. Je suis un échec de la science et de la politique de ce pays. D’ailleurs, je viens à l’instant de me rendre compte que si je fais ce travail depuis tant d’années sans ressentir le moindre sentiment de pitié ou de compassion, c’est juste parce qu’on m’a conditionné à le faire de la sorte. Je déteste ce système et je vous déteste tout autant.
- Prodigieux ! Repris, abasourdi Andrew. Comment est-ce possible ? En prononçant ces parole, il consulta le compte à rebours. 10 secondes, Perkins.
- Je suis un homme parfait, par conséquent, je ressens ce que l’être humain a de plus insoluble en lui, l’amour. Et par amour pour ma petite soeur, afin que je vive car je sais que c’est ce qu’elle veut, je vais appuyer sur ce bouton. Le bip dont l’écho se propagea dans toute la pièce retentit soudainement. Johan regarda une dernière fois Rose et pressa le bouton. La pièce s’emplit alors d’une lueur orangée qui se diffusa en elle. Il y eut alors un long moment de silence.
- J’ai compris pourquoi vous disiez que les machines étaient défaillantes, Monsieur… J’ai compris. J’ai aussi compris que tout cela était calculé. Vous aviez tout planifié, n’est-ce pas ?! Vous aviez tout prévu depuis le début, de sa réaction à la mienne. Sauf que vous avez oublié le plus important, Monsieur. Vous avez oublié que quoi que l’on puisse faire contre cela, il restera toujours quelque chose d’immatériel dans notre cerveau qu’aucune manipulation génétique, aucun eugénisme et aucune technologie ne pourrait faire disparaître, Monsieur.
- Quelle est cette chose Perkins ? Johan se dirigea d’un pas ferme et décidé vers la sortie. Il ouvrit la porte et avant de la refermer, apporta sa réponse à la question d’Andrew.
- L’esprit, Monsieur, rien ne pourra faire disparaître l’esprit.
La porte claqua violemment et Johan disparut derrière elle.
En rentrant chez lui, il vit Rose allongée sur le sofa. Elle formait à points fermés. Un sentiment de bonheur indescriptible s’empara de son être. Il resta figé devant elle de longues minutes avant de prendre place à ses côtés.
Le lendemain, il se réveilla de bonne heure. Le soleil diffusait une douce lumière printanière à travers la vitre du séjour. Dans son sofa, Johan Perkins scruta le silence d’un air apathique. Pas un bruit, pas un murmure, pas un souffle, pas de Rose.


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