Insecte
de Kyvu tran

Le cafard sortit de sous la commode et fila le long du couloir. A mi-course, l'insecte s'arrêta, les antennes frétillantes. Aucun danger en vue. Il reprit aussitôt sa progression nerveuse sur le sol poussiéreux, en direction de la chambre de Tommy.
Obstacle. La porte était soigneusement fermée, ce qui n'avait rien d'étonnant. Ces derniers temps, Tommy la fermait toujours pour dormir. Il se méfiait. Il devait se douter de quelque chose... Aucune importance. Le cafard entra en se glissant sous la porte.
La chambre à coucher baignait dans une lourde chaleur emmagasinée durant toute la nuit. L'air confiné vibrait au rythme d'une respiration traînante. Le cancrelat avança jusqu'au centre de la pièce. Ses antennes pointaient fixement vers le lit. Approcher son occupant. Il se déplaça prudemment sur la moquette cotonneuse, prêt à déguerpir au moindre mouvement suspect. Toujours se méfier des humains. Même pendant leur sommeil. Tant de ses semblables avaient déjà péri, la plupart par pure négligence.
Les antennes tremblantes effleurèrent le pied du lit. L'insecte palpa longuement sa surface vernie avant de l'escalader en biais. Trente centimètres plus haut, ses pattes agiles rencontrèrent le sommier. La blatte se faufila sous le matelas.
Elle réapparût à une extrémité du traversin. Sa carapace frémit à l'idée d'être aussi prêt du but. Là, dans le renfoncement, à moitié cachée par les draps, reposait la tête. Le cafard se rapprocha. Tout doucement.
Un hululement.
Les ressorts du sommier grincèrent furieusement.
Trop tard.
Des mouvements désordonnés bouleversèrent le relief du lit.
Fuir.
Une main jaillit mollement de sous la couverture, s'abattit sur la table de chevet, rampa péniblement vers le réveil-matin telle une araignée. La sonnerie stridente cessa enfin.
Tommy resta dans cette position, étendu sur le flanc, le bras tendu, prisonnier d'un sommeil sans profondeur, sans saveur. Il dormait peu ces temps-ci. Peu et mal. En fait, il était comme ça depuis que maman les avait quittés et que papa était devenu un autre.
Le souvenir de sa mère l'obligea à se redresser. Assis sur le bord du lit, les yeux toujours fermés, il attendit le réveil de ses sens atrophiés par la fatigue. Encore une mauvaise nuit. Il ne les comptait plus.
Il finit par se mettre debout, et quitta la chambre sur des jambes fragiles. Du coin de l'œil, il crut voir quelque chose bouger au milieu de son lit en bataille. Certainement un jeu de lumière dû à la pénombre.
Il écourta sa toilette autant que possible. Il n'aimait pas se voir dans une glace et ne savait pas trop pourquoi. Sans doute parce que madame Martin, la voisine de palier, prétendait qu'il ressemblait à sa mère. Il ne voyait pas en quoi. Et puis, le visage de maman était déjà si lointain, si flou...
La cuisine, territoire inoccupé depuis que sa mère n'était plus là. Ici aussi, les souvenirs se fanaient, disparaissaient sous la poussière et la saleté. Il n'y pouvait rien, excepté avoir honte.
Il inspecta le buffet, fouilla dans le réfrigérateur. Un bol, une cuillère, du lait, du sucre, du pain de la veille ou de l'avant-veille. Le petit-déjeuner. Comme chaque matin, la cuisinière ne consentit à fonctionner qu'en échange d'efforts pénibles et maladroits. Une épreuve qu'il affrontait jour après jour, sans broncher, avec patience. Il versa ensuite le lait à peine tiédi dans le bol, en mit bien sûr à côté. Le temps pour lui d'aller chercher le chiffon pendu près de l'évier qu'une moucheture apparût sur la surface blanchâtre.
Il se figea.
Dégoût.
Danseuse de ballet aquatique laide et grotesque, la blatte barbotait dans le bol à moitié rempli. Prise au piège, elle tentait d'en sortir en s'accrochant à la paroi, mais ne réussissait qu'à s'y cogner.
Tommy observa placidement le cafard qui se noyait. Autrefois, la vue d'un tel insecte déclenchait chez lui un comportement cruel, pervers. Il passait des soirées entières à les chasser, à les traquer dans les moindres recoins de l'appartement, une bombe d'insecticide à la main. Il collectait les cadavres dans un pot de confiture, et brûlait ses trophées dans la cour de récré. En classe, Bruno lui intimait d'arrêter ce sordide jeu d'extermination. Il prétendait qu'un jour, les cafards se vengeraient de sa cruauté. N'importe quoi. Bruno disait toujours n'importe quoi...
Du bout de la cuillère, Tommy ramena le cancrelat au centre du bol. Le noyé se débattait avec beaucoup moins de fougue, maintenant. Peut-être avait-il fini par comprendre que ses chances de survie étaient nulles. Peut-être épargnait-il ses forces pour mourir dignement. Ou pour maudire une dernière fois Tommy.
Il frissonna.
Peur.
L'éradication des rampants allait bon train et il en retirait un malin plaisir, un plaisir de gosse. Et puis, un jour, subitement, plus de cafard. Plus rien à chasser, plus rien à empoisonner, plus rien à brûler. A son grand désespoir, il avait dû mettre fin au génocide, faute de matière.
Mais un autre évènement s'était également produit, nettement plus préoccupant. Ça concernait ses parents. Ils avaient commencé à changer. Son père, d'ordinaire si jovial, s'était progressivement murer dans un silence hermétique, sans aucune raison apparente. Il tombait souvent malade. Trop souvent. Une maladie en amenait une autre, comme les maillons d'une chaîne interminable. Il toussait, respirait mal. Et les médicaments restaient sans effet. Sa mère s'étiolait également, s'abandonnant régulièrement à des crises d'hystéries infernales. Contrairement à son mari, elle parlait beaucoup. Elle soliloquait. La nuit, engluée dans un sommeil incertain, tiraillée par des angoisses sans visage, elle sanglotait, laissait échapper des paroles incohérentes. Peu à peu, papa et maman étaient devenus des parfaits étrangers. Pire, ils s'évitaient, faisaient chambre à part. Tommy assistait, impuissant, à leur lente destruction. Oublié. Ecarté.
Pourquoi?
A l'aide de la cuillère, il plongea le cafard moribond au fond du bol. Quand l'insecte refit surface, il ne bougeait plus, tout ramolli, blême. Tommy porta le bol jusqu'à l'évier et le vida. La mâchoire crispée, il regarda le cadavre dériver à l'intérieur du tourbillon laiteux et, finalement, se faire avaler par le siphon dans un gargouillis gourmand.
Une question lui vint brusquement à l'esprit. Depuis quand n'avait-il pas revu une de ces bestioles? Il n'eut pas besoin de chercher longtemps. Depuis la mort de sa mère, foudroyée ici même par une crise cardiaque.
Une crise cardiaque... C'était en tout cas ce qu'avait solennellement déclaré le médecin. Et tout le monde l'avait cru. Excepté Tommy. Car il était le seul à avoir assisté à la scène, le seul à avoir tout vu.
Maman tournait en rond dans la cuisine, plus pâle et plus fatiguée que jamais, au bord de la folie. Elle parlait, bien sûr. Elle disait qu'elle ne resterait pas ici, qu'elle s'enfuirait dès ce soir, qu'elle trouverait de l'aide, qu'elle ne se laisserait pas faire, que ces saletés rampantes ne l'auraient pas, qu'elle les tuerait jusqu'au dernier s'ils s'avisaient de la poursuivre, que...
Son corps avachi s'était soudain raidi. Sa bouche, déformée comme un vase égueulé, exhalait des petits cris étranglés. Les yeux en larmes, elle luttait avec frénésie contre un mal étrange, un ennemi intérieur. Elle luttait pour respirer. Ses mains tremblantes s'ouvraient et se refermaient mécaniquement, articulations mal graissées. Pour la première fois depuis des mois, elle semblait avoir remarqué Tommy, recroquevillé sur la chaise. Elle avait esquissé un geste de désespoir dans sa direction, mais ses jambes ne la portaient déjà plus. Elle s'était alors écroulée sur la table qui les séparait, son visage cireux tourné vers Tommy, figé dans une ultime expression de terreur.
Une crise cardiaque. Tommy aurait aimé pouvoir se contenter de cette explication. Seulement, il y avait aussi eu cette horde de cafards jaillissant de la bouche ensanglantée de maman et se dispersant aux quatre coins de la cuisine comme des assassins en fuite, l'expulsant de sa torpeur, le ramenant dans une réalité faite d'hurlements et de pleurs.
Il se retourna vers la table et fut à peine surpris de voir un autre cafard en train d'escalader le morceau de pain rassis. Arrivé au sommet, l'insecte se tourna vers lui. Ils s'observèrent un instant, puis...
Un liquide saumâtre lui piqua le bout de la langue.
Colère.
Le barrage de la peur céda brusquement. Il fit un pas en avant, leva le bras.
Saloperie!
Et l'abattit.
De toutes ses forces.
Dispersé sur la paume rouge de douleur, le cancrelat vivait encore. Ses antennes remuaient péniblement, dardaient des hostilités muettes. Tommy le contempla avec un mélange de dégoût et de fascination. Encore vivant. Son poing se referma avec délice. Ses phalanges serrées craquèrent doucement.
Il ne prit pas la peine de nettoyer sa main car ses yeux avaient déjà repéré une nouvelle cible, sur le mur, juste en face de lui. Il s'accroupit, s'arma d'une de ses sandales. Le cafard ne bougeait pas. Il semblait attendre quelque chose. Sa propre mort sans doute. Tommy grimaça un sourire. La chasse était ouverte, comme dans le bon vieux temps. Sauf que les motivations n'étaient plus les mêmes. Le gibier non plus. Il se redressa lentement. Le cafard attendait toujours.
La sandale frappa avec précision. Le cancrelat tomba, rebondit sur le carrelage crasseux. Il s'agita comme un poulet décapité, décrivant de larges cercles de douleur, semant pêle-mêle pattes et fragments d'abdomen. Tommy n'entendait rien, excepté sa propre respiration, mais avec un peu d'imagination, il pouvait percevoir les râles, les gémissements, les supplications de l'insecte. Et cela le ravissait. Distraitement, il mit fin à ces circonvolutions souffreteuses d'un coup de talon.
Une poignée de cafards sortit de sous la cuisinière et fonça droit sur lui, véritables torpilles de chitine. Le garçon éructa un hoquet de surprise. La contre-attaque. Il se redressa vivement, réprima un cri. Sur l'évier, à quelques centimètres de l'endroit où il venait de poser la main, une troupe de cafards l'observait. Tommy resta pétrifié, incapable de respirer. Ces bestioles répugnantes n'attendaient que cela, qu'il bouge. Un seul mouvement, un seul faux pas et elles se jetteraient sur lui, déchireraient sa peau à coups de mandibule, mettraient sa chair à vif, la saccageraient. Bruno disait donc vrai. L'heure de la vengeance avait sonné. Il allait devoir payer pour ses crimes, expier ses fautes.
N'importe quoi!
Le voile de la torpeur s'émietta lentement, lacéré par des milliers de pattes impatientes. Le piétinement se répandait maintenant le long de l'avant-bras. Les cafards progressaient avidement vers son épaule, hérissant les poils sur leur passage. Au sol, les cancrelats promus kamikazes avaient entrepris d'escalader ses jambes, à travers la pilosité naissante. Les premiers cafards envahirent son cou. Encore un effort et ils atteindraient la bouche, le nez, les oreilles... Autant de portes d'entrée.
Happé par un maelström de panique, Tommy s'ébroua follement. Il tourna et se retourna inlassablement sur lui-même, déboussolé, comme un chien débile qui essaie vainement de mordre sa queue, comme une torche vivante rongée par des flammes invisibles. Il se gifla, se griffa le visage, secoua la tête, sautilla sur place, agita bras et jambes soudain transformés en maracas. Mais les assaillants restèrent obstinément collés à sa peau, verrues vivantes, sangsues assoiffées de sang. De son sang. Alors il redoubla d'effort, remuant de plus belle, transporté par la fièvre de cette danse hystérique.
Et heurta violemment le coin de la table.
Il se recroquevilla en exhalant un cri de détresse, se ratatina comme un immeuble qui implose. Ancrée dans son bas-ventre, la douleur intolérable érodait paresseusement le reste de son corps, par petites vagues successives. Il se laissa choir sur les fesses, et se sentit tout à coup fatigué, vieux, avare en geste et en parole. Vieillard arthritique avant l'heure. Cette pensée lui arracha un rire anémique.
L'ennemi avait battu en retraite, disparaissant rapidement dans les interstices et les recoins sombres de la cuisine, dans l'univers secret des arthropodes. Le carrelage évoquait singulièrement un champ de bataille, une vaste plaine jonchée de cadavres mutilés. Des cadavres de cafards belliqueux que le garçon contemplait béatement, anesthésié par l'irréalité de la scène. Ainsi, ils avaient essayé. Essayer quoi? Tommy n'en avait aucune idée, juste une crainte diffuse, immatérielle. En tout cas, il ne se laisserait pas faire par ces rampants infects, il se battrait, il les exterminerait jusqu'au dernier s'ils s'entêtaient à le harceler, il... Voilà qu'il se mettait à parler comme maman.
Un mouvement accrocha son regard. Là, un rescapé qui jusqu'à présent feignait la mort. Malgré ses pattes arrières broyées et sa carapace percée, le cafard cherchait manifestement à se mettre hors de portée. Tommy serra les dents. Sa hargne des premiers instants revenait. Pas de prisonnier! Son bras s'allongea.
Raté.
La blatte sortit ostensiblement de la cuisine, claudiqua dans le couloir sur quelques mètres... puis se retourna pour faire face à son adversaire, les antennes dressées en signe de défi. Tommy cligna des yeux. Bordel de... Il jeta sa sandale meurtrière. Sans conviction toutefois. Le projectile atterrit mollement, loin derrière sa cible, inoffensif, ridicule. Le garçon rassembla tout son courage pour se forcer à sourire. Un goût fielleux lui infectait la bouche. La partie ne faisait que commencer, pas vrai?
Armé de sa deuxième sandale, il se redressa avec prudence. A peine fit-il un pas que le cafard se replia au fond du couloir et disparût dans l'entrebâillement d'une porte. Tommy le suivit. Il entrait dans la chambre de son père.
L'obscurité et la lumière s'entredévoraient insidieusement. Une lutte immobile arbitrée par un silence pesant. Enroulé dans sa couverture, papa ressemblait à un gros vers de terre noueux échoué au milieu du lit. Seule sa tête était visible, la face tournée vers le mur, émergeant de ce cocon de laine comme une difformité. Enterré sous un sommeil de plomb, il ne bougeait pas, ne respirait peut-être pas non plus. Rien. Il était comme ça depuis la mort de maman, qui l'avait laissé dans une totale indifférence.
_Papa... appela timidement Tommy.
Son père ne répondait jamais à ses appels. Après chaque tentative pour établir un semblant de dialogue, Tommy quittait toujours la chambre dans le même état de prostration, tenaillé par l'impression d'avoir été puni. L'entourage proche n'était guère surpris par ce mutisme paternel qui le mettait mal à l'aise. Après tout, cet homme vient de perdre sa femme, disait-on invariablement. Mais ces gens-là ne savaient pas.
_Papa...
Il lutta farouchement pour s'empêcher de fuir, honteux, comme les autres fois. L'épisode de la cuisine l'y aida. Il décida de faire une chose qu'il n'avait jamais osé auparavant. Il secoua ingénument son père par ce qui devait être l'épaule, difficile de savoir avec une couverture aussi épaisse. Immédiatement, de curieuses vibrations picotèrent sa paume, une étrange cavalcade, comme si des mesures de défense se mettaient en place. Il sursauta quand la forme allongée sur le lit parla enfin.
_Te voilà, fiston...
C'était un râle de vieillard asthmatique, un éboulement de pierres au ralenti. Une voix éraillée, méconnaissable, factice. Pire encore, son père n'avait pas daigné se retourner vers lui, mais continuait à fixer le mur. Tommy ne voyait qu'une masse de cheveux crasseux, à la texture de paille. Il déglutit péniblement.
_Papa, pourquoi tu n'es plus le même? Qu'est-ce qui t'arrive?
_J’expie, mon fils. J'expie pour toi.
_Pourquoi?
_Tu le sais, fiston.
_Mais... ce n'est pas... juste.
_Oui. Pas assez.
Tommy déglutit à nouveau, soudain frappé de nausée. Une vague de terreur grondait dans ses oreilles, menaçant à tous moments de le faire chavirer.
_C’est maintenant à ton tour de payer, fiston. Viens, allonge-toi. Et laisse nous faire.
_Non! explosa le garçon d'une voix anormalement aiguë. Tu dis n'importe quoi!
La tête de son père roula négligemment sur le côté telle une coquille vide, disloquée du reste du corps. Tommy se leva d'un bond, ébranlé par la vue d'un visage flétri, ravagé par la desquamation, de ces yeux racornis traînant au fond de leurs orbites trop grandes. Il poussa un cri de dément quand la bouche du masque mortuaire se dilata jusqu'à se déchirer aux commissures pour vomir une horde de cafards furieux. Ecrasé sous une pression invisible, le cadavre momifié se vidait sans discontinuer, recouvrant le lit d'un grouillement indescriptible qui ne tarda pas à en déborder. La masse vivante s'étala sur le sol, flaque compacte et toujours grandissante, prête à envahir un nouveau corps. Celui de Tommy.
Au seuil de l'asphyxie, le garçon se jeta hors de la pièce. Son épaule percuta le chambranle de la porte. Il s'écroula en tournoyant, toupie affolée. Durant sa chute, il entraperçut la marée d'insectes, menaçante, qui enflait, se distendait, rampait dans sa direction, conglomérat de carapaces cuivrées, de pattes, de mandibules, d'antennes en perpétuel mouvement. Un pullulement avide, impatient de le submerger, le pénétrer, l'entraîner dans des ébats mortels. Il se releva en gémissant, et courut à travers le fouillis de la douleur, sans se retourner. La porte d'entrée semblait loin. Si loin.
Tommy déboula hors de l'appartement avec le diable à ses trousses. Emporté dans son élan, il faillit basculer par-dessus la rampe de l'escalier. Ce fut madame Martin qui l'intercepta tel un gardien de but providentiel. Il s'agrippa instinctivement à la vieille femme devenue bouée de sauvetage et éclata en sanglots. Que faisait-elle devant sa porte? Etait-ce une coïncidence ou avait-elle entendu ses cris éperdus? Savait-elle pour ses parents? Quelle importance, après tout? Dans sa tête, des interrogations chaotiques s'entrechoquaient brutalement, se brisaient comme des boules de porcelaine, réduisant ses pensées à néant.
Oubliant tout, il se plaqua contre ce corps bienveillant, s'enivra de sa chaleur, noya ses larmes dans cette poitrine généreuse. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentit heureux. Si heureux qu'il ne vit pas le cafard sortir des replis de la robe de la vieille femme... et s'enfoncer dans la sylve de ses cheveux.

Kyvu TRAN

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