Pour Fancine
de Kyvu Tran

La faim ou la honte. Mendier une maigre pitance pour survivre jusqu’au lendemain ou crever là, tout de suite, dans une dignité ridicule. A travers cette lutte constante, je ne sais pas ce qui est le plus éprouvant pour un homme. Mais l’un comme l’autre, je me sens réduit, délesté de toutes ces sacro-saintes valeurs avec lesquelles j’ai grandi et pour lesquelles mes aînés se sont si glorieusement battus. Aveugle. J’étais aveugle. Je dois au moins ça à la misère: elle a enlevé toute la merde que cette société matérialiste a mise dans mes yeux durant mon enfance. Mon apprentissage de la vie…
Toi aussi, tu étais aveugle, Fancine. Je m’en souviens. Tu étais jeune, trop jeune, joliment naïve, si douce, si fragile. J’aurai été fou de ne pas t’avoir désirée de toutes mes forces. Quel sombre con! A peine vingt-deux ans, fraîchement bardé de diplômes en-veux-tu-en-voilà, crédule, ignorant, et je voulais déjà devenir un Homme, quelqu’un d’important. Je pétais le feu de Dieu, j’étais prêt à foncer tête baissée dans cette folle aventure qu’est la vie. Mais la vie, c’est comme tout, c’est toujours mieux à deux. Alors je t’ai entraînée avec moi. Dans ma chute.
Aujourd’hui encore, je regrette ce que j’ai fait. Ce que je t’ai fait endurer. Toutes les excuses du monde ne suffiront pas à effacer mes erreurs. Mais j’ai cherché à réparer de mon mieux. Je pense avoir réussi. Malheureusement, tu ne pourras jamais me le dire, Fancine.
Je me souviendrais toujours de la première fois où je me suis rendu dans le centre de recrutement d’Apex. Le bâtiment principal de la société se dressait interminablement devant moi, menaçant, écrasant, monstrueux phallus de métal et de verre obscurément érigé vers le ciel. A l’intérieur, pour la forme, des blouses blanches m’ont noyé de questions que je n’ai pas cherché à comprendre. Je me suis contenté de répondre par "oui" ou de hocher évasivement la tête. Ils recherchaient des volontaires pour recevoir des injections de produits pharmaceutiques. De simples tests. Des expériences inoffensives. Contre de l’argent, j’étais prêt à tout, même devenir un cobaye humain.
Que pouvais-je faire d’autre, Fancine ? Je n’avais pas le choix. Nous crevions de faim, et je ne supportais plus de t’entendre pleurer sous la douche, après chaque nuit passée avec Markus. Combien de temps encore avant que je ne devienne fou de rage? Combien de temps encore avant la clochardisation? Le programme Apex, c’était ma dernière chance de me rattraper à tes yeux, la seule et unique occasion pour nous de prendre un nouveau départ dans la vie.



Nous ne pouvions pas continuer comme ça.
Je passais mes journées à mendier dans les rues bétonnées et froides de la cité, m’aventurant parfois dans les quartiers huppés, au risque de me faire rudoyer par la Police Mobile. On ne nous aime pas, Fancine. Parce que nous sommes la preuve vivante que cette société si fièrement bâtie est malade, imparfaite. Injuste. Mais les gens préfèrent rester aveugles ou nous oublier très très vite, histoire de ne pas s’aliéner l’esprit inutilement. C’est pour ça qu’ils baissent les yeux, détournent leurs regards chargés de culpabilité. Certains, les plus courageux ou les moins lâches, réussissent à faire preuve d’une charité modérée. Ceux-là auront la conscience tranquille pour un temps. Quant aux autres, ils s’efforcent de nous éviter, de nous ignorer. Nous, les parias, les miséreux.
Je rentrais chaque soir avec le sentiment de ne pas exister, de n’être qu’une coquille vide. Nous perdions notre humanité au fil des jours. Tu le disais souvent, Fancine. C’est comme une agonie qui n’en finit pas. Bien sûr, nous luttions à notre manière, passivement il est vrai, avec nos armes, blottis l’un contre l’autre. Nous deux, toi et moi, ensemble, contre la faim, le froid. Contre la mort…
Mais cette lutte silencieuse ne durait guère. Parce que tu devais partir. La nuit, c’était à ton tour d’aller… travailler. Pardonne-moi, ma Fancine. Je n’aurais jamais dû te laisser en arriver là. Jamais. J’étais jeune, faible. Et imbécile. Un puceau de la vie.
Le soir, Markus venait te chercher pour t’emmener chez lui. Markus, ce gros porc puant, ce lubrique dégénéré. Ça se passait toujours de la même façon. Il frappe à la porte, plusieurs fois, avec violence, comme un collecteur d’impôts impatient. Tu te lèves avec une lenteur de somnambulique. Tu t’habilles. J’essaye de te retenir, tout en sachant que c’est inutile. N’y va pas. N’y vas pas. N’y va… Tu me souris. Et je te trouve encore plus belle, ma douce Fancine.
Je t’aime.
Ces mots ont un goût d’ordure dans ma bouche. Ils sonnent faux. Ils sont frelatés. Pourtant, je m’accroche à cette idée, lui insuffle toute mon énergie. Je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je…
Suis seul. Tu es déjà parti, me laissant prostré au milieu de l’unique pièce de notre logement misérable. Je me glisse alors dans le lit. Je m’enterre sous les couvertures bouffées par les mites. Je ferme les yeux… et je vois Markus qui bave sur toi, je vois Markus qui te besogne comme une brute, je vois Markus qui te traite de sale putain, je vois Markus qui souille ton ventre meurtri, je vois la folie qui me grignote tranquillement…
Je vois tout le mal que je t’ai fait.
Tout ça parce que nous n’avions plus d’argent et que sans Markus, nous aurions été à la rue. Markus le savait, tu le savais et, pire que tout, je le savais aussi. Je t’ai prostituée pour un galetas.
Tu reviens toujours à l’aube. Jamais avant. Recroquevillé dans le lit, je fais semblant de dormir. Tu cours vite t’enfermer dans la salle de bain. Le robinet coule à flot, mais je t’entends quand même pleurer. Une éternité s’écoule. Une éternité de folie et de honte. Je finis par me lever. Je pars sillonner les rues.
Jusqu’à la fin, nous n’avons jamais eu le courage de parler de tes nuits avec Markus. Ce silence tacite, cette frigidité verbale m’arrangeait, quelque part. Même si les marques qui marbraient ton corps fragile en disaient long.
Non, Fancine. Nous ne pouvions pas continuer comme ça.



Te souviens-tu du jour où j’ai reçu ma première injection? Moi, si. Certainement le plus beau jour de ma vie. Dès que j’ai franchi le seuil de notre porte, tu m’as adressé un regard inquisiteur. Je devais pleurer, ou rire, ou les deux à la fois. Je n’arrivais plus à parler. Alors je t’ai montré l’argent. Tu as sauté à mon cou en hurlant de joie. Oui, douce Fancine. De l’argent. Nous en avions tant besoin. De l’argent pour rayer définitivement Markus de notre existence. De l’argent pour racheter notre humanité. De l’argent pour vivre et s’aimer. Tout simplement.
D’un seul coup, les vieux rêves poussiéreux sont revenus à la vie. Des projets, tu en avais plein la tête. Moi aussi, il faut dire. Un grand mariage, une maison immense, beaucoup d’enfants, des voyages par-delà le monde… et tout un tas d’autres choses plus ou moins sérieuses qui nous ont gorgés d’espoir et bercé notre jeunesse. Nous avons longuement péroré sur notre avenir, comme deux gosses à qui on a demandé ce qu’ils feraient plus tard. Tu étais très excitée. Tu respirais à peine entre chaque phrase. Tu étais si belle…
Dès lors, j’ai su ce qu’il me restait à faire. T’arracher à cet enfer. Te rendre heureuse. Faire de toi une femme comblée. Le lendemain, je suis retourné au centre de recrutement d’Apex pour y recevoir d’autres injections hypodermiques. Beaucoup d’autres. De banales piqûres, des examens médicaux nébuleux, des tests déroutants. Une manne inespérée tombait à chaque fois, m’incitant à multiplier les séances.
Je crois que ce contact avec l’argent facile a réactivé en moi des instincts, des réflexes, des codes régis par cette société qui nous a reniés et sur laquelle j’ai tant vomi. Avoir tout, tout de suite, à satiété, à l’excès, à en dégueuler par tous les trous de son corps. Une overdose. Mais je m’en foutais. Et puis, je te devais bien ça, tendre Fancine.



Les douleurs sont apparues peu de temps après.
En fait, je les ai ressenties dès le début du programme Apex, dès la première injection. Le mal qu’ils m’ont inoculé s’est développé dans le creux de mon ventre avec la patience d’un prédateur, doucement, presque gentiment. Oh… C’était trois fois rien, au départ. De légères démangeaisons, des picotements, des spasmes, des brûlures diffuses… Rien d’important, puisqu’il y avait ton regard anesthésiant, ton sourire antalgique, ton amour que je croyais avoir perdu. Et il y avait aussi tout cet argent, ce fric qui rend la vie si simple, qui cicatrise les blessures à la manière d’une potion miracle, qui installe égoïstement l’amnésie. Nous étions redevenus des aveugles.
J’ai donc ignoré la douleur, en serrant les dents, en t’aimant de toutes mes forces. C’était une lutte silencieuse, farouche, inégale. Mais j’étais heureux de te voir t’épanouir enfin, toi, Fancine, ma petite fleur que Markus a pendant si longtemps traînée dans la boue.
Ce combat secret était perdu d’avance. J’en étais pleinement conscient. J’ai toutefois essayé de repousser l’échéance, parfois de manière assez puérile. Ainsi, je me suis surpris à prier clandestinement. Te rends-tu compte? Moi et mon athéisme obstiné, j’ai fini par aller mendier vers une religion hypocrite, un dieu hypothétique. Oui… Je sentais bien que la fin était proche.
D’ersatz en subterfuges, j’ai résisté jusqu’à cette nuit où je me suis réveillé en hurlant à la mort. L’enfer. C’était l’enfer. Mon corps noyé dans la sueur abritait une atmosphère de forge. La douleur, intolérable, avait transformé ma chair en un épouvantable champ de bataille. J’ai hurlé, le gosier en feu, toujours plus haut, toujours plus fort, pour chasser cette souffrance qui me torturait, pour exprimer toute ma haine et mon désespoir à la face du monde.
Tu t’es jetée sur moi, la voix tremblante, le regard apeuré. Pendant un instant, j’ai cru pouvoir échapper à la douleur en me réfugiant dans tes bras, comme toujours. Mais il était trop tard. Avec le temps, ton pouvoir lénifiant qui me rendait si fort et me mettait à l’abri de tout avait fini par s’émousser. Je me suis soudain retrouvé seul, jeté en pâture à un ennemi intérieur. La chute a été rude, Fancine.
Je suis retourné au centre de recrutement d’Apex, cassé en deux, une barre de douleur plantée dans l’estomac. Les manches retroussées jusqu’à la saignée du coude, j’ai supplié les blouses blanches de me délivrer du mal qu’ils m’ont si chèrement vendu. Ils n’ont guère été surpris de me voir accourir dans cet état. D’ailleurs, ne m’avaient-ils pas recommandé de leur signaler le moindre symptôme suspect? Le moindre prodrome, comme ils disent? Ils m’ont longuement examiné, s’échangeant des propos de conspirateurs et griffonnant sur leur tablette à la dérobée. Ils avaient l’air très satisfaits.
J’ai été soumis à d’autres tests, d’autres aiguilles m’ont troué le bras. On m’a encore offert de l’argent mais je n’en ai pas voulu. J’ai également refusé d’écouter leurs commisérations de faussaires, leurs paroles opiacées. Je leur appartenais, voilà tout.
Ce soir-là, je suis rentré abattu, harcelé par une douleur flamboyante, un brasier éternel. J’ai quand même trouvé la force et le courage de te faire l’amour. Je savais confusément que ce serait la dernière fois.



La douleur a disparu brusquement, d’un seul coup, comme si toutes mes terminaisons nerveuses, à force d’être laminées, martelées, avaient fini par s’atrophier. La fièvre qui me consumait a subitement chuté.
Ainsi que mes dents.
La plupart sont tombées au fond de ma gorge, durant le sommeil. Les autres, je les ai arrachées moi-même, excédé. Beaucoup de choses sont tombées, en définitive. Mes ongles, tels les écailles d’un poisson maladif. Mes poils, durs et cassants comme de la paille. Mes cheveux, par touffes entières. Et puis ma peau, spongieuse, gluante, se détachant par lambeaux entiers. Une mue inconcevable qui te rendait folle.
Pour ma part, j’observais le phénomène avec une indifférence malsaine. Je me bornais à compter les loques dermiques que je semais au gré de mes déambulations dans notre appartement. Une, deux, dix, cinquante, cent… Ma comptabilité s’embrouillait vite au fil de cet effeuillage organique. J’étais devenu quelque chose, une sorte de fruit mutant que l’on doit peler patiemment, couche après couche. Qu’allait-il se passer ensuite? Une fois le dernier bout de peau tombé, mon corps allait-il se déliter, se morceler comme ces icebergs à la dérive?
Non.
Débarrassée de son enveloppe, ma chair mise à nu a tout simplement saigné. Une hémorragie tranquille qui n’a fait qu’ajouter à la folie ambiante.
Je n’osais plus t’approcher. Je souillais tout ce que je touchais. La nourriture, les couverts, les draps… Par jeu, j’utilisais ce sceau sanglant pour marquer mon territoire, à la manière d’un animal sauvage. J’étais devenu un artiste halluciné, un peintre écorché s’exprimant uniquement avec son essence intime, déclinant sa démence au moyen d’une seule teinte. Le rouge, couleur de la raison qui éclate.
Des habits, je n’en portais plus. A quoi bon? Les vêtements glissaient sur ma peau avec un chuintement humide qui me poursuivait jusque dans le sommeil. Et puis, faire preuve de pudeur aurait été tellement… tellement risible. N’est-ce pas?
Mais tu ne riais pas, Fancine. Tu ne riais plus depuis longtemps. Pour éviter de sombrer aussi, tu allais d’une pièce à l’autre et effaçais les traces de mon passage, ménagère forcenée. Entre deux sanglots, tu frottais, frottais, frottais… Tu faisais venir des médecins, tu me suppliais de les rencontrer, au nom de notre amour, de nos souffrances passées. Tu disais que ça s’arrangerait.
J’aurai tant aimé te croire, Fancine. Mais j’ai refusé ton aide, en essayant de t’expliquer le peu que je savais sur le programme Apex, le contrat tacite que j’avais passé avec cette société, les injections, les tests, l’argent… Tout se monnaie, chère Fancine. Absolument tout. Même le bonheur que nous avons vécu ensemble. Il fallait bien le payer un jour ou l’autre.
Ces révélations t’ont poussée à te retrancher dans la salle de bain. Comme à l’époque de Markus, tu ouvrais le robinet pour masquer tes pleurs.
Je me suis retrouvé seul, accablé par le mélange de tes sanglots et de l’eau qui coulait sans discontinuer. J’ai alors inventé un jeu pour tromper la solitude. Je me reproduisais, partout, sur le plancher, les portes, les murs, le plafond lorsque c’était possible. Facile, il suffisait de me plaquer sur la surface choisie et je me retrouvais avec un double. Il m’arrivait souvent d’engager la conversation avec ces autres moi-même… et ils me répondaient. Je crois…
La plupart du temps, nous parlions de toi, Fancine.



Ils sont venus au cours d’une nuit. Les blouses blanches. A l’improviste. Comme des voleurs d’enfants. Avec de gros sacs en toile noirs.
Ils étaient venus me chercher, et je les ai laissé faire. Ce n’est seulement lorsque j’ai compris qu’ils allaient m’arracher à toi comme je t’ai arrachée à tes parents jadis que je me suis mis à hurler.
Ils ne t’ont permis de me rendre visite qu’une seule fois et, à proprement parler, c’était mieux ainsi. Je ne voulais plus que tu me vois dans cet état. Au cours de notre dernière rencontre, j’ai évoqué les vieux rêves poussiéreux, les projets que tu avais plein la tête. Mais si, souviens-toi. Un grand mariage, une maison immense, beaucoup d’enfants, des voyages par-delà le monde… et tout un tas d’autres choses plus ou moins sérieuses qui nous ont gorgés d’espoir et bercé notre jeunesse.
Eh bien, il était encore possible de les réaliser, Fancine. Tu avais la jeunesse, la liberté, l’argent… Ça ne dépendait plus que de toi, maintenant.



Au centre de recrutement, mon corps a subi de nouvelles transformations, des métamorphoses dont je préfère ne pas te parler. Tout ce que je peux te dire, c’est que les faiblesses humaines ont été éradiquées de mon organisme. La douleur, la faim, le froid, la maladie… Ce ne sont plus que des mots sans signification, des rêves sans substance, des noms sans visage. Je n’ai pas encore réussi à percer le mystère qui entoure tout cela. J’espère y parvenir un jour car tant d’hypothèses se bousculent dans ma tête.
Peut-être sommes-nous les sujets d’une expérience qui vise à créer une forme de vie inédite, un avatar de l’homme, un néo-humain dont on aurait gommé tous les défauts? Peut-être sommes-nous appelés à devenir des soldats parfaits, en prévision à un prochain conflit? Peut-être allons-nous être employés à des tâches difficiles, dangereuses, impossibles à effectuer par des êtres normaux? Peut-être nous enverra-t-on coloniser des mondes lointains, des planètes hostiles, inhabitables pour l’homme? Peut-être… Peut-être…
Je dis "nous" parce que je ne suis pas seul. Moi qui redoutais la solitude, je me suis aperçu que de nombreux hommes et femmes ont été eux aussi trompés. Cette découverte m’a à la fois soulagé et bouleversé.
Parqués dans un sous-sol où nos organismes continuent à muter, nous chassons l’ennui en nous lançant dans de longues discussions. Chacun raconte à l’assemblée l’histoire de sa vie d’avant, des récits qui ne varient guère d’un narrateur à l’autre. Lorsque vient mon tour, je leur parle de toi, Fancine. Alors ma vue se trouble, ma voix s’enroue, quelque chose d’indescriptible me déchire de l’intérieur. Mais mes compagnons sont là. Ils me comprennent, ils me soutiennent, ils sont avec moi. Un passé commun nous unit.
Curieusement, il m’arrive parfois d’avoir peur, Fancine. Peur de la mort. En effet, beaucoup d’entre nous ont déjà péri, victimes de ces métamorphoses insensées et éperdues. Des disparitions massives qui n’inquiètent que nous finalement, car les blouses blanches nous observent avec un détachement sordide. Bergers d’un troupeau de mutants, ils se contentent de prendre des notes, de comptabiliser la population, d’emmener les cadavres et d’introduire les nouveaux venus.
Des nouveaux, il en arrive chaque jour, par millier, assez pour pallier à la forte mortalité qui nous frappe.
Oui, Fancine. Nous avons au moins compris ça. Le programme de recrutement bat son plein, et les rues de la cité ne désemplissent pas.

Kyvu TRAN

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