La Bataille Silencieuse
de Jean de la Frinangry



On ne pouvait trouver de meilleur endroit pour observer. Du haut de cette colline, Alexis avait une vue imprenable sur la bataille, sans que lui-même ne puisse être repéré... L’assaut était d’ailleurs imminent. Les deux armées se regardaient depuis plus de dix minutes, en chien de faïence, sans qu’aucun ordre ne fût donné. Les soldats, dans un alignement parfais, attendaient calmement le signal des généraux.
Soudain, les lignes de soldat semblèrent frémirent. Un imperceptible murmure circulait de rang en rang. Le signal.
Alors sans le moindre cris de guerre ni même la moindre paroles, les guerriers chargèrent. Tous se mirent à courir frénétiquement vers l’adversaire. Les noirs se ruaient à l’assaut, les champion devant et les autres derrière. Les rouges eux plus ordonnés, maintenaient leur formation tout en avancent...
Puis ce fut le choc. Le carnage. La boucherie. Les corps déchiquetés s’entassaient sans qu’aucun des deux camps ne semblait faiblir. Mais aucun autre bruit que le martèlement des pas et le craquement des carapaces protégeant le dos des soldats broyées sous le choc des armes, ne se faisaient entendre.
Alexis était émerveillés devant le courage de ses guerriers qui tenaient leurs positions jusqu'à leur mort. Et même devant le nombre incroyable de morts, aucun ne semblait apeurés ni même gênés. Mis le plus étonnant c’est que tous ses être vivants pouvaient mourir sans un cris, sans un râle. Aucune parole. Aucun son de voix pas même un petit gémissement... Chacun, noir comme rouge, savait ce qu’il avait a faire : exterminé son ennemis, en tuer le plus possible avant de mourir...
Mais soudain, le carnage cessa et les deux armées se replièrent dans un mouvement de panique collective. Quelque chose les effrayaient...
Alors Alexis pu voir ce qui avait fait cesser le combat : un oiseaux gigantesque, plus grand que chaque soldat survolât le champ de bataille...Mais il ne s’arrêta pas et disparus a l’horizon. La bataille repris de plus bel.
C’est alors que les rois et reines de chaque armée firent leur entrée. Porté par des serviteurs et entouré de centaine d’autre, le roi et la reine noir par leur présence galvanisèrent leur armée, sans, bien sur dire, le moindre mot. Le couple royal du peuple rouge n’avait, lui que peu de serviteurs, car ils étaient les envahisseur et leur domestique n’avaient ou les suivre...
Les noirs finirent finalement par prendre le dessus sur les rouges, qui tentèrent de s’enfuir, pourchassés et implacablement massacrés. Le cortège royale des noirs s’ébranla, et entoura peu a peu, avec leur soldats, Ce qu’il restait du peuple rouge...
Les soldats arrivèrent à ce contenirent, mais la foule des serviteurs, emplit de haine envers ce peuple qui les avait tant fait souffrir, se ruât sur les pauvres monarque qui finirent piétinés...
Fiers de leur victoire, les noirs rentrèrent alors chez eux, dans les entrailles de la terre, laissant sur place les cadavres des deux camps à leur triste destin de nourriture pour charognards...
L’oiseau revint et se posa sur une pierre. Alexis pu voir que c’était une hirondelle... Elle observa un moment un pauvre soldat rouge, tentant de s’extirper de sous les cadavres de ses frères. C’était probablement le seul survivant. Mais l’oiseau cruel, une foi que le guerrier se cru libre, d’un coup de bec, le goba. Pour cette petite hirondelle, la couleur ne changeait rien : rouge ou noir, les fourmis ont toutes le même goût...

Jean de la Frinangry


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