Le collègue
de Guy-michel Sartori



Tout en elle l’enchante.
Seule la présence du mari assombrit les perspectives de découverte du cap Béart qu’il lui avait proposé, certain que la rare beauté de cet endroit favoriserait leur rapprochement.
Une brute sauvage son mari, genre force de la nature, grossier, athlétique, arrogant, assez belle gueule de surcroît, et passablement infatué de lui-même.....
Trop délicate sa femme, trop précieuse, trop féminine, pour ne pas préférer la prévenance, les attentions, la douceur, le tact, d’un soupirant dont elle peut lire la flamme sans qu’il la brusque, ni n’exige rien, satisfait de seulement l’aimer.
Et alors on traîne !
Rire gras de dédain ......
Il les attendait masqué par un décroché du sentier et au passage claque les fesses de sa femme qui sursaute et me regarde gênée il me semble de cette familiarité déplacée.
Bernard, voyons !
Elle sourit mais j’ai perçu une intonation de reproche.
Il m’interpelle :
Ca grimpe dur, tu crois que tu vas tenir ?
« Le sale con, et qui me tutoie en plus ! »
J’explique :
100 fois au moins j’ai déjà fait le parcours.
Me jauge longuement mais n’ajoute heureusement rien.
« Pas à son rythme j’admets, et pas 100, seulement 3 ou peut-être 4, nécessitant plusieurs haltes pour reprendre souffle ...... »
Elle admire le paysage fabuleux, j’avais choisi mon jour, ciel totalement dégagé, grand soleil qui se reflète dans la mer, quelques voiliers et au loin un bateau de marchandise ou de croisière qui se dirige vers Port-Vendres.
« Mais pas prévu qu’il l’accompagnerait ...... »
Il la bouscule :
On repart Mariline.
« Moi c’est Claude, 34 ans, célibataire, employé de bureau. »
Tandis qu’il s’élance, elle m’effleure la main :
Vous êtes fatigué vous aussi ?
J’ai tressailli à ce contact, éphémère, que je tiens pour complice.
Le vous aussi exprime sa délicatesse de sentiment car manifestement elle n’est guère fatiguée ni essoufflée, et j’en jurerais pas d’accord avec ce que pense de moi son mari. »
Pas plus que ça, mais j’aime à me poser pour jouir de l’environnement, comme vous n’est-ce pas ?
Cette fois tous deux nous sursautons car un rappel énervé nous parvient.
Bernard s’impatiente, me dit-elle en reprenant l’ascension.
Nos regards se sont croisé un bref instant et j’y ai lu une invite à me montrer conciliant, ce à quoi je veux bien consentir puisqu’elle le souhaite.

Je la suis de près : Tout en elle est grâce ........
Je rêve d’elle depuis l’instant où elle a été embauchée à la Compagnie et je remercie le ciel qu’elle ait été affectée au service qui m’emploie. La voir chaque jour est devenu un besoin qui me ronge le week-end et je me suis arrangé pour que coïncident nos périodes de congés qui sinon auraient doublé les périodes de manque.
Je demeure incapable de comprendre ce qui a pu la séduire chez le rustaud qu’elle a épousé, pas de force que je sache, ni contrainte de sa famille qui serait d’après ce qu’elle en dit plutôt libertaire.
La puissance animale qu’il dégage ?
A-t’elle pris conscience du tendre sentiment que je lui porte et dont elle tire avantage j’espère sans vénalité, car lui étant dévoué corps et âme je ne répugne pas à prendre des risques pour camoufler ou réparer ses insuffisances professionnelles.
L’amitié chaleureuse de son sourire me remerciant suffit chaque fois à illuminer ma soirée et nourrit et renforce s’il était besoin ma capacité de dévouement .
Ceux qui la poursuivent de leurs malsaines assiduités ont eu à connaître qu’on ne me provoque pas impunément, même si j’ai dû prendre soin de rendre impossible mon identification quand je fais justice à ma manière de leurs harcèlements.
Je peux paraître aux yeux de certains inoffensif, insignifiant, car je sais rester à ma place, mais m’humilier en présence de Mariline vaut à son auteur un châtiment qui jusqu’à ce jour est resté inscrit dans les dommages matériels anonymes que subit son véhicule ou ses travaux informatiques, mais je sens poindre en moi des velléités de meurtre chaque fois plus difficiles à maîtriser, dont je ne sais pas toujours taire la menace que mes yeux expriment.
Vulcain, mon seul confident, chat siamois de plus de 11 ans, en sait de quoi me faire renvoyer de la Compagnie sans indemnités, et sans doute tâter des geôles de la République, mais son accueil n’a pas varié, et j’aime à croire qu’il ne me trahirait pas quand bien même en aurait-il la capacité.
Je n’ose pas m’enquérir de la durée de vie de cette race, le savoir m’angoisserait compte tenu de son âge déjà avancé, l’ignorer m’angoisse peut-être davantage sans pour autant me décider à agir.
Suis-je le lâche dont mon père avait horreur ?
Enfin disparu ce salaud qui ne me supportait pas, et rongé interminablement par le crabe, la justice immanente ayant frappé .......

J’ai enfin rejoint le couple qui venait de sortir de sacs à dos un copieux casse-croûte, tous deux installés sur la crique précédant celle de Paulilles, Mariline les pieds dans l’eau de mer, son mari buvant au goulot une bière qui semble succéder à 2 autres dont témoignent près de lui des canettes vides.
Pas physiques les bureaucrates, se moque-t’il.
Je ne réponds pas, Mariline est trop loin pour avoir entendu.
Ce fumier paraît frais et sans fatigue alors que je transpire comme jamais, trop couvert probablement et ça m’agace, car stupidement je n’ai pas tenu compte de sa mise en garde refusant qu’il soit devant Mariline celui qui sait.
Non merci, pas d’alcool, jamais.
J’accepte l’eau qu’il me tend et m’en débarrasse dés qu’il détourne le regard : Ce sagouin a dû boire à la bouteille ......
Mariline nous est revenue et boit un peu de bière bien fraîche dans un verre.
Tous deux fument une cigarette blonde ce qui me donne la nausée que je tente vainement de dissimuler .......
Le rustaud a remarqué :
Vous fumez pas non plus ?
« Encore à tenter de me culpabiliser, de me diminuer ...... »
Jamais, pas envie.
Il ricane en me toisant comme redressé sur ses ergots : « Pour me dominer puisqu’il me rend au moins 15 cm ? »
Pas d’alcool, pas de cigarettes ...... Vous baisez quand même ?
« Le porc immonde ! »
Incapable de réagir je voudrais disparaître.
Mariline vole à mon secours :
Bernard, ça suffit, tu le gênes !
Se tournant vers moi :
Il veut pas vous froisser, ils sont comme ça entre routiers, à se balancer des vannes, mais restent copains après.
Affichant le sourire enjôleur qui immanquablement me fait fondre, elle tend vers moi de la nourriture, un sandwich bourré de charcuterie.
« Horreur ! »
Merci je suis végétarien.

Une pauvre merde aux yeux de son mari, le regard qu’il me jette confirme ......
Il s’est levé, ma vue doit lui couper l’appétit, et nous plante là en s’éloignant vers une sorte de promontoire.
Je sors mes provisions, de l’eau, 2 barres de céréales et une pomme.
Vous avez une amie ? Demande Mariline.
Pas en ce moment.
« La seule réponse un peu honorable qui me soit venue. »
La plupart me dégoûtent, trop femelles, trop vénales, avides de vous enchaîner à ce qu’on dit, porteuses de maladies dont il faut se protéger .......
En rêve tout est mieux, la mienne est pure, toute de grâce, désintéressée, sensible, délicate, et n’éprouve pas de besoins physiques autres que sportifs.
Mariline ne cadre pas tout à fait, mais s’en approche plus que toute autre.

Ses yeux lumineux se sont voilés me semble-t’il car son mari appelle à le rejoindre.
Ne craint-il pas qu’elle se fasse mal ?
J’appréhende pour elle le chemin très escarpé qui conduit à lui.
Dés qu’elle se trouve à portée il se saisit d’elle et l’embrasse goulûment sans qu’elle puisse se défendre, et la tripote sans vergogne, alors que n’importe qui peut passer à cet instant, sans compter que je suis là, à nouveau déstabilisé par une nausée .......
Je l’apostrophe :
On repart ?
Il fait semblant de ne pas m’entendre.
J’insiste :
On repart ?
Pas d’écho. Je n’existe pas, aucune réaction, il l’empêche, c’est sur .......

Je ferme les yeux.
« Emmenez-moi, me dit-elle, loin ..... Très loin ...... Là où personne n’a accès, là où personne ne sait que cet endroit existe......
Elle m’a pris la main.
J’ai besoin de vous ! Vous seul me comprenez ......
Douce sa main, une caresse, j’en frissonne, incapable d’exprimer le moindre son.
Que vous et moi, toujours .......
« Elle l’a dit ! 
Qu’elle est belle, fascinante, magique ...... »

On part ou vous dormez ?
Difficulté à émerger, je me secoue et reviens au réel : C’est à lui qu’elle tient la main.
Il me tend la sienne :
Sans rancune, j’espère ?
Faux jeton, j’acquiesce.
A la bonne heure.
Il se saisit du sac à dos qui sur lui semble minuscule.
Allez, on y va.
Sous prétexte de faire la paix il m’a broyé la main, mais j’ai su non sans peine rester impassible, arc-bouté sur la volonté de surtout rien n’en laisser paraître, à sa grande déconvenue j’espère.
Le sac à dos devrait finir par lui peser, j’y ai glissé 2 pierres de bonne taille, à son insu, et je regrette de ne pouvoir assister à sa crise de fureur quand arrivé chez lui il s’en apercevra.
Ca va ? Me demande aimablement Mariline.
Mon sourire insistant en réponse ne peut que l’éclairer sur mes sentiments, et je perçois avec ivresse que j’ai capacité à la troubler, du moins m’a-t’il semblé.
Quand se décidera-t’elle à quitter ce rustre qui la souille et la tient prisonnière d’un mariage qu’elle n’a pu que subir pour des raisons qu’il me reste à élucider si je veux la libérer.
Une remontée âcre de bile me suffoque.
Ma vue se brouille, j’ai mal au cœur, mais ne parvient pas à vomir le peu de nourriture que j’avais réussi à avaler, une seule des 2 barres de céréales et la pomme.
De tout temps manger a été une corvée à laquelle je m’astreins par nécessité, n’éprouvant aucun plaisir à cette obligation, quelle que soit la nourriture, et je ne suis entré dans un restaurant qu’une seule fois, à la cafétéria de Casino, sans pouvoir terminer la simple salade et le yaourt, accompagnés d’un petit pain complet, que je venais de déposer sur une table à l’écart, car la vue des autres, d’une multitude d’autres, se jetant bruyamment et avec avidité sur les nombreux plats qu’ils avaient casés sur leur plateau, la plupart ayant choisi du cadavre et des frites, me donnait des hauts de cœur insupportables.
En moindre quantité que son goinfre de mari, certes, et avec une retenue féminine que j’apprécie, Mariline cependant ne manque pas d’appétit et ne répugne pas comme moi à consommer de la viande, saura-t’elle rapidement devenir végétarienne ?
Risque-t’elle dans les premiers temps d’empuanter chaque jour la maison d’odeurs de cuisine qui me faisaient fuir celle de ma mère les rares fois où il prenait fantaisie à sa sœur aînée de nous préparer comme elle disait un véritable repas ?
Ma maison dont j’ai héritée à la mort de ma très chère mère n’est pas très grande et je crains la promiscuité, ce qui jusqu’à ce jour m’avait empêché de pousser plus avant ma relation avec Mariline, mais l’amour, le véritable, celui qui nous dépasse, ne nous porte-t’il pas à braver nos interdits, même ceux ancrés depuis toujours ?
Je l’ai enfin décidé, la chambre de mes parents que j’occupe sera celle de Mariline, malgré que ça me coûte, et je réintégrerai ma chambre d’enfant en espérant que les souvenirs ingrats dont elle est marquée ne gâcheront pas la période formidable qui s’annonce.

« Encore à la tripoter le saligaud ! »
Ils m’attendaient en haut de cette montée particulièrement raide, et perdu dans mes pensées je n’avais pas fait attention.
Lui goguenard :
Un coup de gnolle ?
Je l’ignore.
Soucieuse certainement de ma susceptibilité et pour ne pas être témoin d’une possible altercation, elle a repris le sentier d’un pas aérien, celui d’une danseuse classique, après avoir remis en ordre son chemisier, bien trop décolleté à mon goût, certainement exigé ainsi par lui qui ne cesse d’y fourrer les mains.
« Le fait-il intentionnellement pour marquer ostensiblement qu’elle est sa chose et qu’il en dispose comme il l’entend ? »
J’enrage.
Ne peut-il la respecter, la laisser en paix ?
Ca vous emmerde jamais le bureau ?
« C’est à moi qu’il s’adresse ! »
Non.
Moi je pourrais pas.
Il respire un grand coup :
J’ai besoin d’espace et de personne derrière mon cul !
Songeur......
Je supporterais pas.
Me collant une bourrade :
Mariline parle d’un connard qui vous fait tous chier.
« Le chef de service sans doute, pas un facile, c’est vrai ....... »
Il s’est arrêté, à nouveau hilare :
Lâche-toi, j’irai rien rapporter, aucun risque !
Je m’efforce de l’oublier, escomptant qu’à force il se lassera de parler dans le vide.
Là-haut, le long de la crête qui serpente à ras d’une falaise qui tombe à pic sur des rochers Mariline avance d’un bon pas et ça m’inquiète, ne peut-elle trébucher ou rencontrer des jeunes qui la croyant seule vont l’embêter ?
« Qu’est-ce qu’il raconte ? »
Difficile de me concentrer pour comprendre alors que je n’aperçois plus Mariline et que j’ai accéléré le pas pour la rejoindre.
N’arriveront pas à la tirer ma Mariline ces enfoirés de bureaucrates, se rengorge son mari qui essaie de me dépasser en forçant le passage.
« Obscène ! Ce type est obscène ....... »
Me raconte tout, le soir, quand je m’occupe d’elle.
« Répugnant..... »
Il m’a précédé et bloque maintenant le passage :
T’essaies aussi, à ta manière de faux jeton, hein mec ?
Mon père n’avait pas tort, je suis un lâche car je vacille, les jambes en coton ......
Il m’attire à lui :
On va régler ça à 3 avec Mariline.
« Surtout pas ! »
Il va tout gâcher ..... M’humilier devant elle .......
Qui n’est pas loin, qui nous appelle avec de la gaieté dans la voix.
J’arrive, répond-il en écho, tout en m’intimant l’ordre de le suivre.
Ca bouillonne infernal dans mon crâne, tandis que l’un derrière l’autre nous gravissons la pente, escarpée, rebutante, et que je baisse à terre les yeux quand il se retourne brièvement afin de s’assurer que je ne me suis pas arrêté.
« Que peut-il dire, que peut-il faire ? »
J’angoisse.
Va-t’il se fâcher et la rudoyer quand elle admettra que c’est moi qu’elle aime et qu’elle va le quitter ?
Va-t’il s’en prendre à moi qui ne suis pas de force à m’opposer physiquement ?
Va-t’il m’infliger une correction devant elle alors que je donnerais ma vie pour seulement pouvoir briller quelques instants et qu’elle se pâme devant ma réussite éclatante ......
De la crête la vue est prodigieuse, avec en contrebas à 40 ou 50 mètres, quelques vaguelettes qui battent mollement des rochers aux arêtes abruptes.
Un appel encore de Mariline, très proche de nous maintenant, masquée par le crochet à gauche du sentier que nous suivons.
« Que fait-il accroupi, penché sur le vide comme s’il guettait quelque chose ? »

Irraisonnée, instinctive, impulsive, l’obligation impérative de me jeter sur lui puisqu’il me tourne le dos, me fait le bousculer, le précipitant au bas de la falaise ......
Je ne veux pas entendre ses hurlements terrifiés qui se mêlent bientôt à ceux de Mariline saisie d’abord de stupéfaction, et qui semble ne pas croire ce qu’elle a vu.
« Me pensait-elle pas capable de tout risquer pour elle ? »
J’essaie de me contrôler, de me calmer.
« Pas que pour elle, pour nous, pour elle et pour moi ! »
Penchée sur le vide, essayant de l’apercevoir, elle crie son nom comme s’il pouvait encore être en vie.
Je m’approche tendant une main secourable :
C’est fini, j’ai fait ce qu’il fallait ma chérie.
« Pas prévu, mais quelle autre meilleure solution ? »
Elle se redresse.
« Peut-être pas convenable de la prendre tout de suite dans mes bras ? »
Mais elle n’a pas dû tout comprendre, encore sous le choc vraisemblablement, car son visage pour l’instant exprime surtout et inexplicablement, peur et incompréhension ......
Elle se jette sur moi toutes griffes sorties, hurlant des appels au secours.
Convenable ou pas je la prends dans mes bras ou plutôt je le tentais car elle m’a repoussé avec horreur.
Malade ! Vous êtes un malade !
Mariline ......
Elle s’échappe.
Je la course , il faut que je la rattrape, que je lui explique qu’elle est impliquée autant que moi que le plus dur est fait, qu’une vie merveilleuse est à portée.
Elle hurle ! Encore des appels au secours .....
Affolé je l’agrippe par les cheveux qu’elle a très long comme j’aime tant, surtout réunis en chignon.
Lâchez-moi !
Pas question, je la retourne face à moi :
Ecoutez Mariline.
Elle se débat, elle me crache au visage :
Vous êtes un monstre, un dingue !
La femelle hystérique a pris le pas ...... Je ne la reconnais plus .......
Un signal d’alarme clignote : Danger extrême ......
Tu vas m’écouter !
Je la gifle.
Stridents ses hurlements me font disjoncter .......
Je me suis trompé, elle m’a trompé, c’est une garce, une salope, comme les autres, comme toutes les autres .....
Je l’attrape, je la secoue, elle trébuche, j’en profite, je la bouscule dans le vide, elle crie, des cris désespérés, inhumains, je me penche pour bien voir, jusqu’à ce qu’elle s’écrase .....
J’en frémis de dégoût et de désarroi, c’est pénible, ce sera dur ce soir, seul, sans elle à espérer voir demain, ni plus tard, à nouveau sans perspectives, sans projet ......
Un groupe apparaît émergeant de la pente qui rejoint la ligne de crête, je me précipite vers ceux qui le composent, plusieurs hommes, plusieurs femmes, et 2 enfants.
Je suis bouleversé, dans tous mes états, je peine à expliquer la tragédie, l’atroce découverte, l’accident épouvantable ........
On me réconforte. L’un des hommes appelle les pompiers de son portable, les autres renoncent à descendre la falaise : Trop dangereux !
Je pleure ...... A gros sanglots .......

Guy-Michel SARTORI


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