Les enfants
de Guillaume Grandjean

1 - Saint Valentin à l'eau de rose
2 - Triples dépenses
3 - Houdack fait le beau
4 - Arnaques


Depuis quelques années, les Enfants, soit Arnaud, Laura et Kévin (amis d'enfance) se sont aperçus qu'ils étaient traqué par un esprit, celui d'un homme, du nom de Houdack. Il prends toutes les formes possibles pour tenter de les contrarier, eux ou leur famille, et ne cesse des les traquer. Les Enfants doivent faire preuve d'attention pour déjouer les plans de leur mystérieux ennemi. L'histoitre raconter que cet homme homme se serait suicidé en apercevant son fils mort à la maternité dans la salle de garde des bébés. Les seuls bébés présents dans la salle au moment de la déocuverte étaient Laura, Kévin et Arnaud. Depuis, Houdack tente par tous les moyen de venger comme il peut la mort (pourtant accidentelle) de son fils... Voici quelques aventures des Enfants



1 - Saint Valentin à l'eau de rose

Voici le jour du treize février 2004, – qui par un malheureux hasard est tombé sur un vendredi – Après l’école, Laura, Kévin, et Arnaud se rejoignent au square du village, et discutent de leur journée, et de leurs projets pour le week-end.
— Je me suis ramassé un deux sur vingt en orthographe, se lamenta Laura.
— Moi c’est le contraire, s’enthousiasma Kévin, j’ai eu un dix-neuf en grammaire.
— C’est un exploit de ta part, rigola Arnaud en se moquant de Kévin, d’habitude tu n’as jamais plus de dix ou onze.
Vexé, Kévin répliqua violemment :
— Et toi, combien as-tu eu au contrôle de géographie ?
— Euh, neuf et demi, répondit-il en tremblotant de honte.
— Bon au lieu de vous disputer, interrompit Laura, vous ferriez mieux de rentrer chez vous. Et, on se donne rendez-vous ici demain matin ?
— Huit heures et demie ? Proposa Arnaud.
— Aucun problème, répondirent Laura et Kévin à l’unisson.
— A demain, se lancèrent-ils en s’éloignant chacun de leurs côté.
Laura fête l’anniversaire de sa mère, quand son père l’entraîne dans une autre pièce, et lui glisse dans l’oreille :
— Demain c’est la saint Valentin, et j’aimerais que tu ailles acheter un bouquet de fleurs chez le fleuriste du coin de la rue De Gaulle, tu vois ?
Laura répondit affirmatif.
Bizarrement, le père d’Arnaud demanda la même chose à son fils, bien que ce ne soit pas l’anniversaire de sa femme.
Les trois enfants passèrent une excellente nuit, et même trop, puisque que tous oublièrent l’heure, et ne se réveillèrent que vers huit heures et demie. Ils arrivèrent ensembles au square, et Laura dit aux garçons :
— Je vois que vous avez le sommeil lourd, tous les deux ! Remarquez, je suis comme vous.
— Je crois que je vais devoir vous laisser assez tôt, remarqua Arnaud, je dois aller acheter des fleurs pour mon père, comme c’est la saint Valentin aujourd’hui…
— Moi aussi, s’écria Laura, et chez quel fleuriste dois-tu aller acheter tes fleurs ?
— La plus grande de la ville, celle de la rue de grand Marchand, toi aussi ?
— Non, je dois aller à celle de la rue De Gaulle, oh, ce n’est pas grave, j’irai chez le même fleuriste que toi, mon père n’y verra que du feu ! Kévin, tu nous accompagnes, ou tu nous attends là ?
— Non, je viens avec vous, je n’ai rien d’autre à faire.
Et les enfants se mirent donc en route vers la boutique du fleuriste Mamadiccao (nom Italien prononcé Mamaditchao), le temps était magnifique, ce qui rendait les enfants heureux. Kévin demanda :
— Avez-vous fait vos devoirs ?
— J’ai commencé, répondit Arnaud qui ne préférait pas penser aux devoirs.
— Moi non, répondit Laura, je n’y ai même pas pensé une seconde, et tant mieux.
Enfin, les voilà arrivés chez le fleuriste. Ils dirent bonjours à Mamadiccao – il n’y avait aucun autre client – qui leurs répondit gentiment.
Arnaud et Laura achetèrent le même bouquet : des fleurs de toutes les couleurs, de toutes les senteurs, le chef-d’œuvre.
Les enfants sortirent de la boutique, et passèrent parla maison, et d’Arnaud, et de Laura pour déposer les bouquets de fleurs, puis ils se rendirent de nouveau au square pour le reste de la matinée.
— Pour demain, commença Arnaud, on a deux exercices de math, un contrôle de conjugaison, et une leçon de sciences.
— Pourquoi existe-t-il l’école, soupira Kévin.
— Ouais, reprit Arnaud, au moins si on faisait une semaine d’école, et une semaine de vacances, se serais bien
— Oui, reprit Laura, ce serait une excellente idée.
Les enfants allèrent sur les balançoires, et continuèrent la conversation :
— Il y a quelque chose qui m’inquiète, dit Kévin, depuis Noël, nous n’avons plus de nouvel de Houdack.
— C’est vrai ça, répondit Laura, il y a de quoi s’inquiéter, je suis absolument sûr qu’il nous prépare quelque chose.
— Oui, reprit Arnaud, mais quoi ?
— Moi je pense qu’on se fait trop d’illusions, il doit avoir compris qu’il ne pouvait pas lutter contre nous, se vanta Kévin.
Laura regarda l’heure, et dit :
— Bon moi je rentre, mon père m’a dit qu’il me donnerait un sachet de bonbons, si le bouquet était parfait, et comme il était parfait…
— Moi il m’a dit que j’aurais le tout nouveau jeu de Playstation 2. J’aimerais trop l’avoir ! S’existait Arnaud.
— Bon d’accord j’ai compris, j’y vais, mais on se revoit aujourd’hui, ce soir à six heures, proposa Kévin.
— Non, plutôt six heures et demi, dit Laura
— Je préfèrerai aussi, affirma Arnaud.
— Bon, à tout à l’heure, dit Kévin en s’éloignant.
Arnaud ne répondit pas, il rêvait déjà au jeu qu’il aurait en rentrant chez lui. Le voilà, qui ouvrait la porte, il arriva au salon. Il fut étonné de ne pas voir les fleurs dans un vase. Le père l’entraîna dans la cuisine. Arnaud pensait tellement au jeu vidéo, qu’il fixait tous les faits et gestes de son père. Horreur, son père allait lui donner une gifle. Ilse tint la joue et demanda à son père :
— Pourquoi tu me tapes ? Je t’ai acheté un magnifique bouquet de fleurs, et tu remercies en me tapant.
— Eh bien parlons-en des fleurs, je n’ai jamais senti des fleurs aussi horribles. Il montra les fleurs à son fils et les lui fit sentir. Elles sentaient très bon. Il les refit sentir à son père qui les trouva encore plus horribles qu’avant, et Arnaud reçut une gifle gratuite. Il passa toute l’après-midi dans sa chambre, et à six heures moins dix, il s’extirpa sans bruit de la maison, pour se rendre au square. Il arriva en même temps que Kévin. Laura était déjà là.
— J’ai un énorme problème, lança Arnaud essoufflé de la course qu’il a entreprit pour arriver à l’heure.
— Moi aussi, dit Laura.
— Attends, je commence, reprit Arnaud, mon père m’a dit que les fleurs sentaient très mauvais, je les ai senti, mais j’ai trouvé qu’elles sentaient encore très bon, alors je lui ai refait sentir les fleurs. Malheureusement, il m’a dit qu’elles sentaient encore plus mauvais. Résultat des courses, j’ai reçu deux bonnes gifles.
— Exactement pareil pour moi, se plait Laura, je trouve ça quand même bizarre.
Pendant ce temps, Kévin réfléchissait. Il avait compris, il dit à Arnaud et Laura :
— Vous avez acheté les fleurs au même endroit, vous avez eu exactement la même histoire, moi je crois que j’ai une idée. Vous pensez à ce que je pense ?
Les autres affirmèrent d’un signe de la tête, et dirent en cœur :
— HOUDACK !!!
— Tu as raison, c’est sûr que c’est lui, mais comment faire pour l’empêcher de faire plus de drames, soupira Laura.
— Moi je sais, hurla Arnaud, tous chez moi.
Sans comprendre, les deux autres suivirent Arnaud, qui courrait vers chez lui. Devant la porte de chez lui, Arnaud expliqua son plan à Kévin, et à Laura :
— Pour éliminer Houdack, il nous suffit de prendre un très fort insecticide, et d’en asperger les fleurs. Celles-ci résisteront, mais aucune autre chose qui se trouverait à l’intérieur, comme Houdack qui diffusait une horrible odeur dans le bouquet quand un de nos parents les sentait, et enlevait l’odeur quand c’était ou moi ou Laura qui sentait le bouquet.
La mission était enclenchée, Laura devait aller chercher les fleurs avec Kévin, et les remettre dans un vase, pendant qu’Arnaud se chargeait d’aller chercher l’insecticide. Enfin, tout est réuni autour de la table basse du salon.
Arnaud aspergea les fleurs d’insecticide, et on entendit un horrible cri venant du bouquet. La mère d’Arnaud arriva. Arnaud eut juste le temps de reposer l’insecticide. Il tendit le bouquet à sa mère qui lui dit :
— Je ne sais pas se que vous avez fait, mais elles sentent drôlement bon !
Les enfants ressortirent, et Kévin et Laura félicitèrent Arnaud de son idée, puis ils dirent tous en cœur :
— Houdack, tu ne nous auras jamais, nous sommes beaucoup trop rusés !
Et ils retournèrent au square, sur les balançoires.



2 - Triples dépenses

Comme d’habitude, les trois enfants se réunirent au square pour faire le point sur leur journée d’école. Aujourd’hui, la « moisson » avait été bonne : Arnaud avait eut un 17 en histoire, Kévin, un 16 en français, et la même note pour Laura en Géographie :
— Pour une fois que la maîtresse m’a bien noté, s’exclama celle-ci. Je ne méritais pas plus de 13 ou de 14.
— Moi, c’est le contraire, bougonna Kévin, ma récitation était parfaite. Et toi Arnaud ?
Le garçon ne répondit pas. Il fixait sans bouger la balançoire. Il pensait…
— Arnaud, tu vas bien ? S’inquiéta Laura.
— Hein…, qu’est-ce que… quoi… oui.
— Est-ce que ça va ? Tu n’as pas l’air dans ton assiette.
— Oui, je sais.
— Et on peut savoir pourquoi ? demanda calmement Kévin.
— Et ben, c’est que dans ma famille, on a un peu des problèmes d’argent. Mon papa, il travaille de plus en plus pour gagner de plus en plus de sous, mais il continue a en perdre, et il ne sait pas pourquoi.
— Et ben, s’exclama Laura, tu n’as pas de chance. Si il y a quelque chose que l’on puisse faire pour toi.
— Non, je pense que cela va s’arranger, mais bon…
— Bon, on va y aller, dit Kévin, à demain, avant l’école.
Ils repartirent chacun de leur côté. Laura et Kévin étaient inquiets pour Arnaud.
En arrivant chez elle, Laura eut un drôle d’accueil : son père l’attendait dans le salon, l’air énervé, et sa mère assise à côté, la regardait arriver. Ce n’était vraiment pas habituel.
— Lauraaaaa, appela son père alors que celle-ci montait dans sa chambre.
— Oui, répondit-elle, en s’arrêtant sur la cinquième marche.
— Est-ce que tu sais ce qu’est une carte bleue ?
— Bien sûr, pourquoi ? demanda-t-elle en descendant une marche.
— Sais-tu où nous la rangeons ?
— Oui, bien entendu, vous ne cherchez pas à me le cachez, affirma-t-elle en descendant une nouvelle marche, et redoutant maintenant le pire.
— Est-ce que tu sais le code de cette carte ? continua la mère de Laura
— Comment voulez-vous que je le sache ? mentit Laura
— Pour rien, termina son père, tout simplement, parce que nous venons de perdre presque 500 euros alors que nous ne savons pas où nous les avons perdu et pour achetez quoi.
Laura n’en revenait pas. Que se passait-il ? Lui arrivait-elle comme Arnaud qui lui aussi avait des problèmes de ce côté-là. Elle verrait bien demain si Kévin avait la même chose. Elle monta en trombe dans sa chambre.

Le lendemain matin, Laura arriva en premier au square, et attendit presque 10 minutes l’arrivée des deux garçons. Elle attendit que Arnaud arrive pour commencer, mais Kévin la devança :
— Vous ne devinerez jamais ce qui m’est arrivé ! Où plutôt à mes parents.
— Un problème d’argent, s’exclama Laura.
Kévin, tout d’abord ne dit rien, puis accusa :
— C’est toi, hein, tu es venue chez moi, et tu as pris de l’argent. C’est pour ça que personne ne sait où sont partis les sous !
— Tais-toi, s’écria Laura complètement furieuse, moi aussi j’ai eu le même problème, mes parents ont perdu 500 euros.
— 500 euros, souffla Kévin, moi ce n’est QUE 300 euros si je puis dire.
— 600 pour moi, intervint Arnaud qui n’avait pas ouvert la bouche auparavant.
— C’est incroyable s’écria Kévin, c’est impossible, nous sommes victimes d’une arnaque, d’une malédiction…
— Ou d’un voleur, coupa Laura.
— Un voleur ! s’exclama Arnaud
— Peut-être, confirma Kévin.
— J’ai une idée, dit Laura, chez moi, je sais qu’il y a un coffre-fort, et j’ai bien envie de regarder dedans s’il y a encore des sous.
— Tu as raison, répondit Kévin nous devrons aller voir, je suis sûr que c’est une bonne idée
— Attendez, pas si vite, il y a encore une solution à laquelle nous n’avons encore pas pensé.
— Oui, tu crois ? demanda Laura en se retournant, et quoi ?
— Houdack, c’est peut-être lui qui est à l’origine de tout cet argent perdu. Accordez tout de même que c’est quand même étrange que tous les trois, on ai des problèmes.
— Houdack, fit Kévin soucieux, c’est vrai, nous n’avions encore pas pensé à lui dans cette affaire.
— Moi si, le contra Arnaud, depuis le début j’y pensais, mais comme vous, vous n’aviez rien, j’ai essayé de me rassurer, de me dire que ce n’étais pas lui, et que ça allait s’arrêter, mais quand vous m’avez dit ça ce matin, j’ai tout de suite compris. A mon avis, cela ne peut pas être autre chose que lui, mais en tous cas, je ne sais pas comment il a fait.
— Tu as peut-être raison, continua Laura, mais allons quand même chez moi, cela pourrait peut-être nous mener sur une piste.
— Je ne vous jamais dit de ne pas le faire, s’exclama Arnaud, vexé.
— Dans ce cas, allons-y, termina Laura.
Les trois enfants allaient vers chez Laura, quand Kévin s’arrêta et s’exclama :
— Mais on est bête, on a école, on y pensait plus à cause de toute cette affaire.
— Mon Dieu s’écria Kévin, tu as raison, quels idiots nous sommes.
Ils firent demi-tour, et foncèrent en direction de l’école primaire. Ils arrivèrent juste à l’heure de la sonnerie, complètement essoufflés. Les maîtresses ne les grondèrent pas, mais elles les interrogèrent pour savoir la raison de leur essoufflement.
Pendant la journée, ils ne suivaient pas les cours, et planaient en pensant à ce qu’ils feraient après l’école. Ah, si seulement c’était les vacances.
Enfin, à la fin de la journée, vers 5 heures du soir, ils se réunirent de nouveau au square du village.
— Bon, dit Laura, on peut aller chez moi, je sais que mes parents ne sont pas là, ils sont partis voir la maîtresse.
— D’accord, mais ne partons pas trop longtemps, gémit Kévin, il ne faut pas que je rentre après 6 heures.
— Ne t’inquiète pas, rassura Arnaud, je ne pense pas que nous mettrons longtemps.
— Allez ! pressa Laura, allons-y, sinon mes parents vont rentrer et on ne serra même pas chez moi.
Ils partirent en courant du square en direction de chez Laura. Comme prévu, sa maison était vide. Ils se réunirent devant un tableau de Monet. Laura passa la main derrière le cadre, et s’arrêta en haut à gauche, elle appuya sur un bouton, et le tableau pivota, laissant apparaître un coffre-fort relativement petit. Mais peut-être n’y avait-il pas que de l’argent à l’intérieur, peut-être qu’il y avait des bijoux aussi…
Soudain, Laura s’écria :
— Mince, j’ai oublié le dernier chiffre du code. Les trois premiers sont : 8 ; 5 ; 1, mais le dernier m’échappe.
— Tu a cas tous les essayer, il n’y en a plus que 10, suggéra Arnaud.
— Non, s’affola Laura, au bout de trois mauvais codes, un alarme se déclenche. Mais j’ai une meilleure idée. Ce code ne correspond pas à rien, c’est le dernier nombre à 4 chiffres de la carte bleue de ma mère. D’ailleurs, j’aperçois son sac à main, je vais regarder, je pense que c’est le 6, mais j’hésite avec le 3 et le 0, c’est un de ces trois nombres.
Elle fouilla dans le sac prit le porte-monnaie, puis la carte, et s’écria :
— 4, le dernier chiffre est 4, c’est totalement impossible. Il n’y a pas un seul 4 dans tous les nombres de sa carte bleue…
— A moins que, coupa Kévin…
Il approcha sa bouche des oreilles de ses deux amis, et chuchota des paroles inaudibles, comme si quelqu’un pouvait les entendre dans une maison vide. Puis, Laura et Arnaud approuvèrent. Laura emporta la carte bleue, puis tous les trois partirent de chez elle, en direction de chez Kévin. Celui-ci piqua la carte de bleue de ses parents, pendants une minutes d’inattention de sa tante, et se réunirent chez Arnaud. Ses parents étaient partis. Ils réunirent les trois cartes bleue sur une table. Arnaud amena également des ciseaux.
— Alors, nous allons bien voir ce que notre cher Houdack nous a réservé cette fois ! Vas-y Laura, tranche en deux la carte bleue de tes parents.
Celle-ci s’exécuta. Une fois la carte coupée, les trois enfants s’aperçurent avec stupeur que les numéros de la carte de Laura figuraient maintenant sur celle de Kévin. C’était donc vrai : Houdack se cachait là-dessous. Kévin et Arnaud s’empressèrent de couper leurs cartes bleue. Ils allèrent ensuite jeter les morceaux à la poubelle. A leur retour, les trois vraies cartes étaient alignées sur la table. Après être retournés les avoir rangées chez eux, ils se réunirent de nouveau au square :
— Quel salaud s’exclama Arnaud : Il s’était transformé en carte bleue. Du coup, quand l’un de nos parents voulait payer une somme, et bien la somme se multipliait par trois ; Ainsi, la table de ping-pong à 200 euros que nous avons achetée hier nous a réellement coûté 600 euros. Et il changeait de carte bleue à chaque fois qu’un de nos parents essayaient de payer. De cette façon, nos parents perdaient à chaque paiement trois fois plus d’argent que ce qu’ils ne pensaient. Malheureusement, ils ne s’étaient pas redus compte que le dernier chiffre du dernier nombre de la carte avait changé. Et heureusement que tu étais là Laura, sinon, la situation aurait pu durer plus longtemps.
— C’est sûr, souria Laura, mais cela n’a pas été le cas.
— Oui, dit Kévin, et voilà une nouvelle affaire résolu à mettre au compte des ENFANTS !
Ils se tapèrent les mains et sourirent…



3 - Houdack fait le beau

Ce soir là, Laura manquait au square. Les deux autres garçons parlèrent alors, ne sachant pas ce que leur amie faisait, mais bien moins longtemps que d’habitude.
Ce n’est seulement le lendemain matin, qu’ils la retrouvèrent, cinq minutes avant l’école :
— Tu ne nous avais pas prévenus que tu ne serais pas là ! Se plaint Kévin.
— Ne me fais pas de reproches, je ne savais pas non plus, contra-t-elle. Mon père est venu me chercher directement à l’école hier soir, et m’a emmenée au musée. Ils ont créés quelque chose de super. Il y une salle avec plein de tableau. Il y aura une vente aux enchères. Papa et maman, voulaient mon avis pour savoir si il fallait l’acheter ou pas. Quand j’ai vu le tableau, je n’en aie pas cru mes yeux, il était superbe, splendide, magnifique. Je n’avais jamais vu ça. Je le voudrais absolument. Si vous l’aviez vu !
— Et elle est quand cette vente aux enchères ? demanda Arnaud, intéressé.
— Non, je ne veux pas te le dire, parce que si tu y vas, toi aussi tu vas le vouloir, et puis je n’imagine pas les enchères après…
— Bon, ce n’est pas grave, il faut qu’on aille à l’école, ça sonne dans deux minutes, même pas, observa Kévin, on reprendra cette conversation ce soir.
Les trois enfants se rendirent donc à l’école, pour une nouvelle journée. Les vacances de Pâques approchaient…
A la sortie de l’école, Laura se rendit en courant vers Kévin et Arnaud :
— Je ne peux pas venir non plus ce soir, puisque c’est aujourd’hui la vente aux enchères. Désolée, allez, à demain.
Puis elle repartit aussitôt vers une voiture qui l’attendait, c’était son père. Arnaud et Kévin distinguaient aussi sa mère. Ils y allaient en famille. Le tableau devait vraiment être beau. Les garçons allèrent alors au square et se laissèrent tomber sur les balançoires qui étaient libres.
— Elle est bizarre, je trouve, elle a toujours eu horreur de l’art, et là, tout d’un coup ça lui prend, remarqua Kévin.
— Il faudra tout de même le voir ce tableau, dit Arnaud. Si elle n’aimait pas les peintures et que tout d’un coup elle tombe d’admiration devant une d’elle !
— Oui, peut-être, répondit Kévin pensif. Je me demande ce qu’il représente ce tableau. Elle nous l’a pas dit ça, d’ailleurs.
— Non, dit Arnaud, on verra bien demain, je lui demanderai.
Les deux garçons rentrèrent chez eux, impatients de savoir ce que représentait le fameux tableau.
Le lendemain matin, quand ils se réunirent au square, ils n’étaient que deux. Ils attendirent avec impatience Laura qui n’arrivait pas, mais en vain, elle ne venait pas. Ils se rendirent en courant à l’école au moment où la cloche sonna, en espérant y trouver Laura, mais elle n’était pas non plus à l’école. Ils attendirent la récré mais ne la trouvèrent pas. Elle était absente. Elle qui n’était jamais malade. Elle qui ne raterait pour rien au monde un journée de cours. Kévin et Arnaud étaient très inquiets et décidèrent que le soir-même, ils se rendraient chez Laura pour savoir ce qui se passait.
Le soir, Kévin et Arnaud sortirent les premiers de l’école. Jamais personne n’avait vu quelqu’un en sortir aussi vite. S’il y avait un record à battre pour ça, il serait battu, et à plat de couture. Mais à la sortie de l’école, Kévin tomba des nues. Ses parents l’attendaient tous les deux, l’air sévère. Le jeune garçon redoutait le pire.
— Kééééééééviiiiiiiiin, minauda sa mère, viens voir ici.
Kévin arriva marchant à pas lents, suivi d’Arnaud qui riait en silence.
— Aujourd’hui, s’adressa le père de Kévin à Arnaud, il ne viendra pas jouer avec toi, il a du travail à faire.
— Quel travail, s’exclama Kévin, la maîtresse ne nous a rien donné à faire pour demain !
— Oui, mais nous avons pensé avec ton père qu’une prof particulière de math de ferait le plus grand bien.
— Oui, mais…
— Il n’y a pas de « mais » qui ne tiennent, trancha son père, tu viens ton premier cours est ce soir. Et tu as de la chance qu’elle se déplace jusqu’à la maison.
— Mais, on a une affaire urgente à régler, c’est très important…
— Mais oui, avec ton fantôme, le, comment tu l’appelle déjà, Houdack !
— C’est la vérité, je…
— Viens, dit sa mère haussant le ton, ce qui fait retourner plusieurs parents venus chercher leurs enfants.
— Bon, soupira Kévin. Arnaud, tu y vas tout seul. Mais demain matin, tu me fais un rapport. Et ne rigoles pas, c’est pas drôle.
— D’accord, dit Arnaud étouffant un rire.
Kévin s’éloigna avec ses parents et Arnaud marcha en direction de la maison de Laura, pensant certainement au tableau qu’il allait certainement voir… enfin…

Kévin reposa son crayon gris. La vieille peau qui s’occupait de lui faire faire des cours de rattrapage en math puait la vache – « normal » quand on habite dans une ferme. Ses façons de travailler étaient complètement différentes que celles qu’il utilisait, et elle lui faisait faire des trucs qu’il savait déjà, qu’il avait fait l’année dernière au CM1. En plus de ça, il faisait exprès de ne pas comprendre rien que pour embêter le monde en faisait des « hein », « j’ai pas bien compris », « houlàlà c’est dur »… alors qu’il comprenait parfaitement ce qu’elle lui faisait faire. Cependant, à voir l’attitude de ses parents – visiblement ravis que la femme tente d’apprendre quelque chose qu’il ne savait pas à Kévin – , il se dit que s’il faisait semblant de ne pas comprendre, il reverrait cette vieille peau plus souvent, ce qu’il ne souhaitait absolument pas. Il se mit donc tout d’un coup à comprendre d’un coup.
Une demi-heure plus tard, le cours de rattrapage se terminait, et la prof repartait vers sa 4L déglinguée. Les parents de Kévin s’exclamèrent à l’unisson :
— Houaoaouu ! Impressionnante cette prof de math ! Tu ne trouves pas Kévin ?
— Non, elle est nulle ! Soupira Kévin devinant la suite des paroles de ses parents.
— Tu plaisantes, elle extraordinaire, tu ne comprenait rien, au début, et maintenant voilà, tu as tout compris, en une heure et demie, tu ne trouves pas a extraordinaire. Il faudra la rappeler plus souvent. Cela nous coûte, mais bon, tant que tu fais des progrès en math !
Ce que redoutait Kévin était arrivé, ses parents avaient encore tout compris de travers. Il faudrait qu’il leur explique, car cette prof – ancienne prof, pardon – était vraiment nulle. L’espace d’un instant Kévin se posa une question : cette femme ne serait-elle pas Houdack ? L’hypothèse était étrange, car Houdack ne s’était jamais transformé en une personne humaine, mais tout collait, l’argent que demandait la femme, pour ruiner ses parents, sa nullité en math – Houdack ne devait pas être bon dans cette matière – son odeur de vache, qui est à la limite de l’humain… Il faudrait qu’il en parle à Arnaud… et à Laura… Il avait oublié l’histoire de Laura, comme quoi ! Ils vont avoir des choses à se dire.

Tout seul… Kévin était tout seul au square, ce matin. Il n’en revenait pas. Que faisaient ses amis, quelles énigmes, entre cette histoire de tableau et celle de la prof de math ! Il fallait absolument qu’il sache. Il fallait qu’il aille chez Arnaud et chez Laura. Heureusement, la prof de math ne revenait pas aujourd’hui. Kévin décida alors de se rentre à l’école, peut-être que ses amis y étaient déjà !
Malheureusement, ce fut une nouvelle déception, ni Laura, ni Arnaud n’étaient à l’école. Il allait donc passer a journée tout seul. Et qu’elle allait être longue cette journée…
Il était 11 heures et demi, et monsieur Blanco venait de leur donner une interrogation surprise en math ! Il fallait absolument que Kévin se rattrape, c’était l’occasion ou jamais de montrer à ses parents qu’il n’avait plus besoin de cette prof de math. Malheureusement, monsieur Blanco ne leur rendrait leur devoir que le lendemain matin.
Kévin séchait sur son interro, il avait autre chose dans la tête que ces fichus chiffre que ne servent à rien, sauf à embêter les élèves. Il pensait à ce que pouvaient bien faire Laura et Kévin, étaient-ils ensemble ? Malades ? Avaient-ils eu un accident ?
— Je ramasse, dit monsieur Blanco, en ramassant les premières copies.
Kévin s’empressa de marquer quelques derniers chiffres un peu au hasard, et rendit sa feuille. Il redoutait le pire, il verrait bien demain ce que cela donnera.
Il était maintenant 4 heures 30 et Kévin sortait de l’école, il savait qu’il n’avait que très peu de temps, car il devait rentrer plus tôt les jours prochains pour faire ses devoirs. Il savait que ses parents ne viendraient pas le chercher aujourd’hui et il avait raison. Il courra en direction de la maison de Laura et ralentit une fois qu’il l’aperçut. Il franchi le portail qui était toujours ouvert et se rendit vers la porte d’entrée. La sonnette était à droite. Il appuya dessus.
Personne ne répondit. Il réitéra son geste mais une nouvelle fois la porte ne s’ouvrit pas. Il n’y avait aucun bruit dans la maison. Il décida alors de faire le tour de la maison pour voir si il y avait réellement quelqu’un, ce qui était fort improbable tellement la demeure semblait silencieuse.
Il regarda à tous les carreaux, et quand il tourna pour arriver du côté du mur opposé à la porte d’entrée, il fit un bond de surprise. Arnaud était là, il venait de casser le carreau de la chambre de Laura, et essayait de rentrer par la fenêtre.
— Qu’est ce que tu fais ? Chuchota Kévin, n’en croyant pas ses yeux.
— Le tableau, dit Arnaud faisant une nouvelle tentative pour rentrer dans la chambre de Laura. Il me faut le tableau… C’est pour moi…
— Tu es fou, c’est le tableau de Laura, tu n’as pas le droit. Et puis d’abord, comment sais-tu que Laura a pris possession du tableau ? Tu étais à la vente aux enchères toi aussi ?
Arnaud ne répondit pas et se retourna vers Kévin. Ce dernier décela une clarté étrange dans les yeux de son ami, il était comme hy… mais oui, Arnaud était comme hypnotisé ! Kévin venait de comprendre, il fallait agir et vite, avant que les parents de Laura et elle-même ne reviennent. Il s’avança jusqu’à Arnaud et lui fit la courte échelle pour qu’il puisse rentrer plus facilement dans la chambre. Il avait une idée en tête, mais il fallait qu’il ait de la chance…
Une fois qu’Arnaud fut dedans, il le vit courir vers le salon. Kévin monta alors sur le mur. Il réussit mieux qu’Arnaud car il était plus grand. Il se précipita vers le salon, où Arnaud était déjà. Il regardait le tableau, les yeux luisants. Ce dernier était en plein milieu du salon de Laura. Kévin ne pouvait pas le voir car il n’était pas tourné dans sa direction, il ne voyait que le derrière de la toile.
Il retourna rapidement dans la chambre de Laura et chercha sa trousse d’école. Cette dernière était posée, légèrement entrouverte, sur son bureau. Kévin fouilla quelques instants dans celle-ci et en ressortit comme il l’avait espéré, un compas. Il retira la protection au bout de la pointe et s’élança vers le salon. Déjà Arnaud tentait de tirer le tableau vers la porte d’entrée pour l’emporter avec lui. Heureusement le fameux tableau était lourd.
Kévin planta la pointe du compas dans le tableau. Ce-dernier était toujours tourné dans l’autre sens de façon à ce que Kévin ne puisse voir la toile. La pointe s’enfonça tout en bas à droite. Le trou était quasiment invisible mais surtout, il avait fait l’effet souhaité par Kévin : la lueur dans les yeux d’Arnaud avait disparu. Au moment où le compas pénétrait la toile Kévin avait senti un souffle s’enfuir du tableau. Comme un courant d’air. Il savait ce que c’était. Houdack avait pris possession du tableau et au moment où il avait « lacéré » le tableau, Houdack s’était enfui, son âme avait quitté le tableau. A l’heure qu’il était, la lueur qui devait aussi briller dans les yeux de Laura, avait du également disparaître.
Kévin poussa un soupir de soulagement, il avait sauvé ses deux amis de Houdack. C’était la 6ème fois cette année. Cependant Houdack n’était pas mort, enfin, son âme n’était pas morte, elle.
Le lendemain, la situation était restée dans l’ordre, et les trois amis discutaient dans le square du village des récents événements :
— L’âme de Houdack avait pris possession du tableau, remarqua Kévin. Quand Laura l’a vu au musée, il l’a hypnotisée. Laura a fait pression sur ses parents pour obtenir le tableau à la suite de la vente aux enchères. La somme a du être très élevée.
— 1000 euros, précisa Laura.
— Ensuite, une fois le tableau chez elle, Laura a montré un comportement étrange et le lendemain matin, elle n’a pas voulu aller à l’école, ne cessant de regarder le tableau. Ses parents l’ont cru malade et elle est restée seule chez elle toute la journée. Le soir, avant le retour de ses parents, Arnaud est venu voir ce qu’elle avait. Puis il a aperçu le tableau et à son tour a été hypnotisé. Laura l’a mit dehors et Arnaud est rentré chez lui. Le lendemain c'est-à-dire hier, les parents de Laura ont décidé de l’emmener voir un médecin, car son comportement ne s’était pas arrangé. Pendant ce temps là, Arnaud, sous l’emprise du tableau, cherche par tous les moyens à le récupérer et tente de pénétrer chez Laura pendant qu’elle est partie chez le médecin. A ce moment là, j’arrive et je détruis le tableau. Enfin, on ne peut pas dire que je l’ai détruit. Le trou est invisible. Puis Vous revenez à la réalité, Arnaud, chez Laura et Laura chez le médecin. Il a du faire une drôle de tête, d’ailleurs.
— Et mes parents aussi, sourit Laura.
— Ensuite, reprit Kévin, moi et Arnaud sommes sortis de chez toi.
— Nous sommes rentrés, et nous avons décidé d’accrocher le tableau dans le salon. Mes parents n’avaient rien remarqué.
— En tous cas, termina Kévin, je ne me souviens plus du tout de ce que j’ai fait durant la période pendant laquelle j’ai été hypnotisé.
— C’est vrai, moi non plus, s’étonna Arnaud.
— Peu importe, maintenant, dit Kévin, cette histoire est terminée.
— Oui, répondit Arnaud, regardant sa montre. Et je pense que nous allons devoir aller à l’école car ça va sonner.
Ils se rendirent donc à l’école. Ce matin là, M. Blanco rendit les interrogations de math que Laura et Arnaud avaient raté. En recevant sa copie, Kévin laissa échapper un soupir de désespoir. Il avait eut un 8 sur 20. Ayant aperçu cela, Laura et Arnaud lui dirent :
— C’est pas si grave, tu sais, tu te rattrapera la prochaine fois.
— Oui, mais comme je n’ai pas la moyenne, je reverrais ma terrible prof particulière !
Arnaud et Laura ricanèrent en silence tandis que Kévin leur jetait un regard noir. La prochaine fois, il ne les aiderait pas. N’empêche que s’il n’avait pas eut cette prof particulière, il aurait accompagné Arnaud chez Laura, aurait lui aussi vu le tableau et il aurait été… Il ne préférait pas y penser. Que serait-il arrivé s’ils avaient été tous les trois sous l’emprise de Houdack ? Que leur aurait-il fait faire ?
Enfin bref. Ce n’était pas le cas. Il préférait ne pas imaginer. Cependant il regrettait de devoir admettre que ses parents et cette prof de math – ou fermière – lui avaient sauvé la vie.



4 - Arnaques

Comme souvent, les matins de week-ends, Laura se rendait à la boulangerie du village, pour acheter une baguette et plusieurs pâtisseries comme des croissants ou des pains au chocolat. Comme elle se levait toujours la première, elle était affectée à cette tâche. En échange, elle avait la permission de garder la monnaie que lui rendrait le boulanger.
Elle entra dans la boutique et commanda la même chose que d’habitude. Le boulanger lui déposa sur le comptoir et lui demanda 8 € 50. Laura sortit le porte-monnaie de son père et lui donna le premier billet qui lui vint sous la main, le billet rouge de 10 €. Elle lui tendit, puis referma le porte-monnaie, sans lever les yeux. Au moment où elle le remettait dans sa poche, elle entendit le boulanger étouffer un rire. Puis il s’exclama :
— Excuse-moi jeune fille, mais un billet de Monopoly ne fera pas l’affaire. Nous ne sommes pas dans un jeu ici, c’est la vraie vie.
Il rendit à Laura le faux billet sous le regard éberlué de la jeune fille. Elle était persuadée d’avoir eu en main de vrais billets. Elle bredouilla quelques excuses, en disant qu’elle était désolée et qu’elle n’avait pas fait exprès, puis elle replongea la main dans son porte-monnaie. Elle les inspecta et constata avec effroi qu’ils étaient tous faux.
— Je vous prie de m’excuser monsieur, mais il se trouve que je n’ai pas de billets de 10 euros, ni même de monnaie. Est-ce que vous pouvez me garder ça, pendant que je vais en chercher chez moi ?
— Mouais, grommela le boulanger, mais fais vite.
Laura se précipita chez elle et chercha un vrai billet de 10 €. Elle vida rapidement le porte-monnaie rempli de faux billets puis couru à la boulangerie. Elle paya et prit les pâtisseries. Sur le chemin du retour, elle réfléchit à ce qui avait pu se passer. Son petit frère de 4 ans avait peut-être échangé les billets avec son jeu de Monopoly, mais c’était peu probable. Cependant, comme c’était la seule solution, elle fut obliger de l’admettre.
Une fois chez elle, Laura déposa les commissions sur la table de la cuisine quand son père lui demanda depuis le salon :
— Laura ? Pourquoi as-tu retiré tout l’argent de mon porte-monnaie. N’importe qui aurait pu le prendre.
Laura qui s’apprêtait à remonter se changer dans sa chambre, se retourna et regarda son père avec stupeur…

Plus tard dans la matinée, Arnaud était de sortie. Il marchait dans la rue et remontait jusqu’à la boucherie charcuterie du village. Il était habitué à aller faire les courses le samedi matin. Son père et sa mère travaillant, il était contraint et forcé d’aller acheter le repas de midi afin que sa mère puisse faire la cuisine dès qu’elle rentrait.
A chaque jour de la semaine était défini un plat, ou du moins une idée, comme le lundi, c’était poisson, le mardi, poulet, le mercredi viande, n’importe laquelle… et le samedi, c’était steak haché. Arnaud allait dont acheter les 3 steaks hachés du midi, et les trois tranches de jambon pour la quiche du soir.
Il entra dans la boutique et fait la queue pendant cinq minutes. Le charcutier avait du succès le week-end. Quand vint son tour, il fit sa commande et sortit un billet bleu dans son porte-monnaie. Il ne vérifia même pas tellement il était sur que son billet était de 20 €. Il le tendit au charcutier, qui lui dit immédiatement :
— Un vrai, s’il te plaît. La prochaine fois que tu essayes d’arnaquer quelqu’un, ne met pas 25 comme valeur, ça n’existe pas.
Arnaud reprit le billet et répondit, désabusé :
— Je suis désolé, je ne voulais pas vous arnaquer, je ne savais pas que j’avais ce billet.
En cherchant dans le porte-monnaie, il ne trouva que des billets de 15 ou 25 €. Terrifié, il chercha dans les pièces et paya avec des pièces de 1 ou 2 €. Il s’excusa une dernière fois et sortit tandis que le charcutier lui regardait bizarrement. Que cela signifiait-il ?

En fin d’après-midi et comme souvent, Laura, Kévin et Arnaud se réunirent au square du village. Ils passaient beaucoup de temps là à parler de choses et d’autres. En ce moment, Kévin enrageait contre sa terrible prof particulière de Math qui lui pourrissait des après-midi entiers. Laura avait constaté la mort incroyable de son poisson rouge, Confiturdefraise – c’était l’horrible nom qu’elle lui avait donné –, qui alors qu’elle lui changeait l’eau, avait fait un bon et s’était retrouvé sur la plaque chauffante – encore brûlante – à côté des gaz. La mort avait été instantanée, pauvre bête… Arnaud lui, pestait après le fichu cd d’un jeu d’aventures pour ordinateur, acheté 60 € la semaine précédente et qu’il avait déjà perdu. Il ne le retrouvait plus. Tout son argent de poche y était passé…
Puis, à un moment, Laura fait allusion à ce qui lui était arrivé ce matin à la boulangerie. Les billets de Monopoly…. Arnaud sourit et raconta ce qui lui était arrivé à lui. Puis Kévin enchaîna rapidement avec l’aventure qu’ils avaient eue quand Houdack avait pris la forme d’une carte bleue…
Les évènements de la matinée passèrent presque inaperçus…. Pour le moment, en tous cas...

Le lendemain matin, ce fut au tour de Kévin de sa faire avoir. Sa mère, occupée à préparer des bagages pour la semaine de vacances qui venait, l’avait envoyé acheter un bouquet de fleur pour offrir aux voisins, le soir-même lors du dîner auquel ils étaient conviés. Il y avait plusieurs fleuristes, et Kévin entra dans la boutique située en face de l’église. Sa mère lui avait demandé d’acheter des roses. Des rouges. Leurs voisins de droite adoraient les roses rouges, il suffisait de regarder leur jardin, il y en avait des massifs dans tous les coins.
Kévin pris le plus gros des bouquets. Il aimait aller acheter les fleurs, surtout pour traîner dans les rayons et admirer tous les bouquets. Il avait toujours voulu faire fleuriste, bien qu’il se soit mis à l’évidence, ça ne gagnait pas assez…
— Alors Kévin, que prends-tu ? questionna la fleuriste.
Le hasard avait voulu que cette fleuriste, Hillary Badington, originaire des Etats-Unis, soit sa voisine de gauche. Kévin avait toujours préféré ses voisins de gauche à ses voisins de droites, qu’il trouvait arrogants et stupides. Ce n’était pas l’avis de ses parents…
— Euh… le bouquet de roses rouges, là, à 12 € 30.
— Bien, dit-elle en se saisissant du bouquet, cela te fera donc 12 € 30.
— Voilà, répondit Kévin en vidant son porte-monnaie. Sa mère lui avait mis le compte dans le porte-monnaie, comme elle le faisait toujours. Kévin ne vérifia même pas le compte, il savait que le gros bouquet de roses rouges coûtait ce prix là. Cependant, Hillary, elle, vérifia et sourit.
Elle tendit les mains vers Kévin, l’argent à l’intérieur, et s’exclama :
— Kévin, se sont des francs, nous sommes en euros. Je ne peux pas les accepter.
Kévin la dévisagea puis, petit à petit, son regard descendit jusqu’à sa main. Il y avait bien des francs, des pièces de 2, plus exactement et 30 centimes.
— Je suis désolé, ma mère a du se tromper, je ne sais pas quoi dire…
— C’e n’est pas grave, sourit Hillary, je te le donne quand même, mais n’oublie pas de passer chez moi, pour me payer en euros, cette fois !
— Merci. Encore désolé, et à très bientôt, je n’oublierai pas.
Kévin sortit de la boutique, le bouquet à la main, se demandant ce qui avait bien pu passer par la tête de sa mère.
Mais ce ne fut qu’une demi-heure plus tard, une fois rentré chez lui, qu’il se rendit compte qu’il y avait vraiment un problème. Il avait posé le bouquet sur la table de la cuisine, et le porte-monnaie – plein de franc – à sa place, dans un tiroir. Et c’est à ce moment là, qu’il s’en rendit compte car sa mère lui demanda pourquoi l’argent était toujours dans le porte-monnaie. Kévin qui ne comprenait pas, était venu et n’avait pu que constater que la somme était en euros et non en francs.

Il ne fit pas le rapprochement tout de suite, c’est Laura qui le fit quand ils se retrouvèrent, le lendemain dans le square. Ils parlèrent d’abord du poisson que Laura avait racheté et qui s’appelait désormais s’appelait tomatceriz, Arnaud disait qu’il avait été sur le point d’étrangler quand il avait retrouvé son cd d’aventure cassé en deux dans la poussette de sa sœur, et Kévin racontait avec une fausse tristesse, le terrible rhume des foins qu’avait attrapé son adorée prof particulière...
Ce ne fut que quand Kévin rigola de ce qui lui était arrivé le matin même que Laura fit le rapprochement. Les coïncidences étaient trop importantes :
— Vous ne trouvez pas ça bizarre ?
— De quoi ? demanda Arnaud.
— Et bien, nous avons eu tous les trois des problèmes, pas bien graves, donc plutôt des ennuis, avec l’argent. Moi à la boulangerie, j’avais dans mon porte-monnaie des billets de Monopoly. Toi, Arnaud, à la boulangerie, tu avais des faux billets aussi, avec inscrit dessus, des fausses valeurs, et toi enfin, Kévin, tu payes en liquide chez la fleuriste et ton argent n’est plus en euros, mais en francs.
— Pure coïncidence, peut-être, suggéra Kévin.
— Difficile à croire, admit Arnaud.
— D’accord, mais pourquoi se réattaquerai-t-il à l’argent de cette manière, ne pouvait-il mas se retransformer en carte bancaire ?
— Peut-être qu’il ne peut se transformer une seule fois en chaque chose, supposa Laura.
— Admettons, dit enfin Kévin, que pouvons-nous faire pour le détruire. Nous ne pouvons pas détruire tous les billets de nos parents, cela nous ferait détruire bien trop d’argent.
— Peut-être est-ce cela qu’il souhaite ? pensa Arnaud.
— C’est pas bête ça, admit Kévin, peut-être pense-t-il que nous allons chercher à le détruire par tous les moyens et par conséquent faire partir en fumée plusieurs dizaines d’euros…
Les trois enfants continuèrent à parler durant presque une demi-heure de la situation actuelle qui était difficile. Houdack avait réussi à ruser et les mettre en difficulté, chose qui n’était pas encore arrivée. Il leur fallait absolument trouver un moyen de détruire la nouvelle forme prise par Houdack, qui était vraisemblablement des billets de banque ou des pièces.
La partie s’annonçait déjà plus difficile si Houdack se mettait à réfléchir ses actes. Les enfants devraient rester sur leurs gardes…
Cependant, encore dix minutes plus tard, ils avaient échafaudé un plan. Arnaud avait trouvé — à priori – la bonne solution après une bonne vingtaine d’hypothèses. Ils décidèrent donc de mettre leur plan à exécution le jour même, étant donné la longueur du plan.
Ils se séparèrent et rentrèrent chez eux, sachant ce qu’ils avaient à faire…
Le lendemain matin, chez Arnaud, l’ambiance n’était pas excellente, car la carte de crédit avait disparu et personne ne la retrouvait. La famille avait fouillé minutieusement toutes les pièces, rien…
Au moment, chez Kévin, ce-dernier se prenait un savons car il avait égaré le carnet de chèques et la carte de crédit en allant acheter du pain à la boulangerie. Ils avaient disparu, disait-il sur le chemin du retour, par un moment d’inadvertance quand il comptait l’argent liquide dans le portefeuille. La carte et le chéquier étaient alors tombés. Ils avaient regardé sur tout le trajet du retour de la boulangerie, en vain. Kévin suggérait que quelqu’un s’en était aperçu et l’avait volé.
A la même heure chez Laura, toute la famille était à la recherche du sac à main de la mère qui avait – là aussi – mystérieusement disparu.
Toutes ces choses ne furent pas retrouvées et ces trois familles durent faire avec le liquide qui leur restait attendant de récupérer d’autres chéquiers et d’autres cartes de crédit.

Deux jours après, très tard dans la soirée, les trois enfants se réunirent de nouveau au square comme à leur habitude et constatèrent avec joie que leur plan marchait à merveille.
Arnaud avait astucieusement caché la carte de crédit de ses parents dans une des poches de son jean, qu’il portait ce jour-là. Kévin avait soigneusement caché le chéquier et la carte de crédit dans une cachette secrète dans sa chambre que lui seul connaissait. Et Laura avait fourré le sac à main de sa mère au fond de son sac d’école sous des kilos de livres.
Le résultat était également excellent, leurs parents avaient été obligés de payer en liquide de dépenser tous les billets habités par Houdack.
Ce soir-là, ils avaient tous trois subtilisé le restant de liquide de leurs parents et avaient constaté qu’à eux trois il y en avait pour 14 euros et aucun billet. Le lendemain leurs parents iraient chercher des chéquiers et des cartes de crédit. Il fallait donc agir ce soir.
Leur plan avait marché à merveille. Il leur fallait subtiliser habilement tous les autres moyens de paiement que le liquide à leurs parents et par cette occasion les obliger – avant qu’ils ne récupèrent cartes et chéquiers… — à utiliser tout leur liquide. De cette façon, Houdack aurait de moins en moins de pièces et s’ils détruisaient toutes les pièces, Houdack disparaîtrait et e viendrait plus leur poser de problèmes sous cette forme là car ils avaient constaté q’il ne pouvait prendre possession qu’une seule fois des mêmes choses.
Arnaud avait apporté un grand clou et Laura un marteau. Ils avaient décidé d’enfoncer le clou dans les pièces et d’envoyer le tout dans le ruisseau à côté de chez, qui était bien vaseux. Dans ces conditions, ils ne perdaient que 14 euros et Houdack disparaissait.
Kévin posa les pièces les unes sur les autres, elles étaient de 1 ou 2 euros. Il les ajusta, puis Laura posa le clou au milieu de la première et Arnaud frappa dessus. Le clou s’enfonça bien droit et transperça, rien qu’au premier coup, 4 pièces. Il tapa à nouveau jusqu’à ce que toutes soient percées. Une fois que la dernière le fût, ils sentirent très nettement un souffle les entourer…
L’esprit d’Houdack était en train de quitter l’argent…. Ils avaient gagné…
Ils envoyèrent quand même le tout bien profond dans le ruisseau et se regardèrent en riant. Kévin s’exclama :
— Et voilà un nouveau duel qui tourne en notre faveur… Il n’y a vraiment pas à dire, nous sommes trop forts…
— t’as raison, répondit Laura, ça fait déjà sept fois sur sept cette année que nous triomphons.
— Cependant, intervint Arnaud, nous devons rester sur nos gardes, nous n’avons pas le droit à l’erreur, que pourrait-il nous arriver s’il arrivait à nous avoir ?
— Nous n’avons pas à nous inquiéter, nous ne perdrons jamais.
— Peut-être, reprit Arnaud,, mais il a quand même réussi à ruser car nous venons de perdre 14 euros. Ce n’est peut-être par énorme mais j’ai la mauvaise impression que si c’était possible pour lui, qu’il commence à réfléchir ses gestes afin de ne pas tout perdre à chaque fois et là nous venons de perdre un peu d’argent.
— C’est vrai, finirent par admettre Laura et Kévin mais nous trouveront toujours de plans pour le contrer…

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