Hold-Up au MExique
de Gregory Aers



Chapitre 1

Enfin ! Après une journée entière de chevauchée après le braquage de la banque de Nugget Gulch où il avait abattu le sheriff, Bill Murray arriva enfin au Rio Grande, frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.
Il se mit à la recherche d’un passage pas trop profond et traversa à cheval afin de ne pas se faire repérer. Dorénavant plus personne ne pouvait plus rien contre lui. Du moins pour l’instant.

Il se mit en route, et prit la direction d’une ville qui s’élevait à l’horizon en plein milieu du désert, entourée de cactus et de carcasses d’animaux séchant au soleil. Il cacha ses sacs en dessous d’un rocher, en dehors des regards indiscrets et se remit en route. Quelques minutes plus tard, il arriva à El Pueblo, petite ville de 1 500 habitants, qui ressemblait à toutes les autres villes mexicaines du 19ème siècle : des maisons à un étage recouvertes de plâtre avec les poutres apparentes. Il se mit à la recherche du saloon afin de se désaltérer. Il s’était bien arrêté à une rivière pour faire le plein d’eau, mais pas longtemps, de peur de se faire rattraper par ses poursuivants, qui ne rêvaient que de le voir se balancer au bout d’une corde.
Il vit un homme faisant la sieste, appuyé contre une maison et lui demanda où il pouvait trouver le saloon. « Tu veux sûrement parler de la cantina, gringo, elle se trouve la bas, al fondo de la calle » répondit l’homme, sur quoi il rabaissa son sombrero et se rendormit. Bill suivit la direction indiquée et arriva bientôt devant un grand bâtiment, probablement le plus grand de la ville. Il entra et se retrouva vite dans une atmosphère bleuie par la fumée des cigares des nombreux clients somnolant devant leur verre, le regard perdu dans le vide. Bill se dirigea vers le bar et demanda au barman ce qu’il y avait à boire. « On a de la tequila, de la bière et un poco de vino de California ». Bill prit de la tequila et dit au barman de ne surtout pas oublier le sel qui va avec.

Un peu plus tard, il se mit à la recherche d’un hôtel. Il arriva devant un bâtiment tout en profondeur. Il entra et vit un panneau où il était écrit que l’hôtel était fermé jusqu’à 15 h pour cause de sieste.
Il en profita pour se mettra à la recherche de la banque. Après 20 minutes de recherches et avoir fait 4 fois toute la longueur de la rue, il se rendit compte qu’il n’y avait pas de banque à El Pueblo. Bill se dit alors qu’il ne passerait que la nuit à El Pueblo, et que demain à l’aube, après avoir fait le plein d’eau, il prendra la direction du nord.

A 15 h pétante, il retourna à l’hôtel et demanda au réceptionniste, encore à moitié endormi, s’il restait des chambres de libre. « Lo siento, répondit le réceptionniste, toutes les chambres sont prises : un séminaire d’éleveurs. Peut être à l’hôtel « La Noche Ruidosa », un peu plus bas dans la rue ». Bill s’y rendit et réserva une chambre pour la nuit. Il chercha sa chambre, qui se trouvait tout au bout du couloir qui constituait l’hôtel et entra. Il découvrit une grande chambre peinte en bleu, avec un lit sur la droite, une grande fenêtre qui donnait sur un petit potager sur la gauche, une commode usée par les affres du temps entre les deux, surmontée d’un crucifix et le portrait d’un homme a l’air austère au dessus de la porte,. Ca devait probablement être l’empereur du Mexique. Il s’allongea sur le lit, qui était composé de caisses et d’un matelas rembourré de paille, et s’endormit. Lorsqu’il se réveilla, il faisait nuit. Il se mit a la recherche d’un restaurant et dîna, assis à une table qui donnait sur la rue qui était encore assez animée pour l’heure plutôt tardive : une grande horloge en noyer indiquait 22 h. Il avait commandé du chili a un garçon portant un tablier couvert de tâches diverses, qui laissait deviner ce qu’on servait dans ce restaurant sans avoir à lire la carte. A la table a gauche de Bill, un client s’était écroulé dans son assiette de soupe, probablement ivre a voir le nombre de bouteilles d’alcool qui s’étendaient devant lui, provoquant un raz de marée qui avait inondé la table et dégoulinait maintenant en grosse gouttes verdâtre sur le plancher sale.

Lorsqu’il eut fini son chili, il demanda l’addition et paya en laissant un pourboire au garçon au tablier tâché. Il rentra à l’hôtel et comprit d’où venait le nom de l’hôtel : il y avait du bruit provenant de toutes les chambres de l’hôtel, des disputes entre couple ou voisins de chambrées aux couples un peu trop bruyants. Bill se rendit compte que c’était encore pire dans la chambre, les murs étant aussi épais que des feuilles de papier à cigarettes.
Il essaya de trouver un plan pour fuir rapidement lorsqu’il aurait attaqué la banque de la prochaine ville qu’il traversera, mais y renonça à cause du bruit ambiant qui empêchait toute concentration. Il se dit qu’il improviserait sur le moment. Il remarqua une petite horloge qu’il n’avait pas vue tout à l’heure sur une table de nuit appuyée au lit, qui indiquait 2 h du matin. Le bruit ambiant commençait à diminuer et au bout de 1 h il finit par s’endormir, harassé par sa chevauchée et malgré le fait qu’il avait passé une bonne partie de la soirée à dormir.

Chapitre 2

Lorsque Bill se réveilla, la petite horloge indiquait 8 h 05. Il alla à la réception et demanda au réceptionniste où il pouvait faire sa toilette. Ce dernier cria après un certain José, qui arriva quelques secondes plus tard en courant. C’était un enfant d’une dizaine d’année, probablement le fils du réceptionniste. Il portait ce qui semblait être un short élimé et une chemise rouge trouée. Le réceptionniste lui demanda de conduire Bill à la cabina de ducha. Le garçon pria Bill de le suivre, et le conduisit à l’arrière du bâtiment, où s’élevait une grande cabine en bois. Le garçon dit à Bill d’entrer, de se déshabiller et d’attendre. Bill obtempéra et le garçon partit chercher de l’eau.
Il revint quelques minutes plus tard, juste au moment où Bill commençait à avoir froid et s’apprêtait à aller voir où le garçon était passé. Il grimpa sur une petite plate-forme qui surmontait la cabine, attacha un seau a une corde, donna un savon à Bill et lui expliqua que pour rincer il suffisait de tirer sur la corde.

Au bout d’un quart d’heure, Bill sortit, donna un petit pourboire au garçon, qui était resté à proximité au cas où Bill aurait eu besoin de plus d’eau, et se dirigea vers le restaurant pour déjeuner.
Ce n’était plus le même serveur que la veille au soir, cependant c’était toujours le même tablier avec une ou deux tâches en plus. Bill commanda des pancakes. Il dut expliquer au serveur ce que c’était et attendit quelques minutes. Le serveur revint avec une assiette d’où débordaient des crêpes carbonisées.
Bill avait trop faim pour se plaindre et les engloutit donc sans rechigner. Il sortit et se dirigea vers le palefrenier, chez qui il avait laissé Tornado la veille. Il paya le palefrenier, alla récupérer ses sacs, et partit en direction du nord, comme il avait prévu de faire la veille.

En cours de route, il profita d’une rivière qui serpentait entre des cactus pour remplir sa gourde.
Une quinzaine de kilomètre plus loin, il arriva à une ville qui s’appelait Santa Maria de la Inmaculada Concepción de Escaldad, qui comptait 20 000 habitants. Il se mit à la recherche d’une banque et la trouva un peu plus loin, a l’intersection de la Calle de la Revolucíon et de l’Avenida Juan Alvarez. La banque était gardée par trois hommes, armés de carabines Winchester ; il ne ferait pas le poids avec son colt à six coups. Tout cela contrecarrait les plans de Bill, mais cela ne l’empêcherait pas de faire son travail, il trouverait un autre moyen. Il entra et demanda au banquier de mettre les sacs qu’il trimbalait depuis le holdup de Quiet City dans un coffre. En sortant, il repéra un hôtel juste en face de la banque, l’endroit idéal pour la surveiller et noter les habitudes du banquier, afin de pouvoir attaquer la banque au moment opportun. Il réserva une chambre avec vue sur la rue. Durant une semaine, il observa les allées et venues du banquier et des clients, l’heure de fermeture pour la sieste, l’heure de relève des gardes, … Un détail intéressant retint son attention: à la fermeture de la banque les gardes partaient aussi, faisant un bout de chemin avec le banquier, qui les invitait la plupart du temps à boire un verre à la cantina qui se trouvait à 20 mètres de la banque.

Bill sortit manger et trouva un petit restaurant propret où il commanda chili, seul plat mexicain qu’il connaissait et en lequel il avait confiance : il savait ce qu’il y avait dedans, ce qui n’était pas le cas pour les autres plats.

Une fois son repas terminé, il rentra à l’hôtel élaborer un plan pour attaquer la banque.
Une idée lui vint un peu plus tard dans la nuit : creuser un tunnel pour entrer dans la banque, bloquer la porte pour ralentir ceux qui auraient entendu le bruit et qui voudraient entrer dans la banque, faire sauter les coffres et s’enfuir par le trou creusé, en ayant pris soin de placer Tornado à proximité.

Le matin suivant, il alla acheter tout ce dont il avait besoin à la « quincaillerie » de la ville : une pelle, des sacs pour mettre l’argent et de la dynamite, ainsi qu’un seau afin d’évacuer la terre, qu’il répandrait le mieux possible sur le sol afin de ne pas éveiller les soupçons. Le vendeur lui demanda ce qu’il comptait faire avec tout ca; ce à quoi Bill répondit « C’est personnel. Occupes toi de vendre tes clous et tes marteaux. ». Le vendeur n’insista pas et se contenta d’annoncer le prix à payer. Bill paya, sortit et rentra à l’hôtel. Le réceptionniste le regarda d’un air interrogateur lorsqu’il le vit avec sa pelle et sa dynamite, mais ne posa pas de question, pensant que du moment qu’ils payaient leurs chambres, ses clients faisaient ce qu’ils veulent de leur vie.

Bill fit un peu de tourisme durant la journée, afin de ne pas trop éveiller les soupçons en se faisant passer pour un simple touriste, visitant notamment l’ancienne maison du gouverneur, datant de l’époque coloniale et l’église de la ville, construite au 16ème siècle ; en attendant la nuit, moment où il avait décidé de creuser vers la banque. Il en profita justement pour calculer la distance entre le point de départ qu’il avait choisi, derrière l’hôtel, à l’abri des regards, et la salle des coffres ; en traversant la rue et la banque a grandes enjambées, ce qui lui valut des regards à la fois interrogateurs et amusés. Certaines personnes se mirent même à rire lorsqu’ils virent ce drôle de manège, pensant avoir affaire à un fou. Aucun ne pouvait imaginer ce que Bill était en train de faire, persuadés que les gardes armés de la banque dissuaderaient les braqueurs. Certains peut être mais pas Bill.

Après avoir dîné, il attendit que tout le monde soit endormi pour commencer à creuser. Il avait calculé une distance de 20 pieds du point de départ jusqu’à la banque et avait estimé que la salle des coffres devait être à 5 pieds de la porte d’entrée de celle-ci. Il lui faudrait donc creuser 25 pieds. En creusant 5 pieds par jour, il aurait terminé vers la fin de la semaine.

Il creusa jusque tard dans la nuit, recouvrit le trou avec des broussailles qu’il trouva à proximité et alla se reposer. Le lendemain, il continua de jouer aux touristes, faisant semblant de s’intéresser aux vieux bâtiments et autre vieilleries.

Enfin, à la fin de la semaine, il estima être en dessous de la salle des coffres. Il creusa donc vers le haut et remercia les mexicains de construire des maisons avec des sols en terre, même les banques. Il arriva à l’air libre, constatant avec plaisir qu’il ne s’était pas trompé dans ses calculs. Il retourna chercher la dynamite qu’il avait caché à proximité la veille et son cheval qu’il plaça à proximité du trou pour fuir rapidement et retourna dans la salle des coffres. C’est alors qu’il remarqua que le banquier, probablement trop confiant, avait laissé les clés des trois coffres sur un clou suspendu à côté de ceux-ci. « C’est encore mieux, se dit Bill, ce sera plus discret ». Il s’empara des clés et vida les coffres. Ces derniers étaient bien remplis, ce qui prit du temps à Bill pour tout vider. Une demi heure plus tard il eut quand même terminé, il redescendit dans le trou, attacha les sacs à son cheval, qui était maintenant presque couvert par les sacs, et partit au galop. Il décida de se chercher une planque dans la région, ce serait plus sûr et plus discret.

Il trouva une cabane apparemment abandonnée une dizaine de kilomètre plus au nord. Elle était en bois et qui servait autrefois d’abri aux bergers de la région, depuis longtemps disparus, suite à la raréfaction de l’herbe et du peu de rentabilité des moutons. Bill s’installa et cacha son argent dans une sorte de cave dont il découvrit la trappe en se prenant les pieds dans le tapis qui la cachait. Ici, il était à proximité de plusieurs villes : San José, San Juan, San Miguel et La Ciúdad. Il découvrit dans les jours qui suivirent, en faisant ses courses, que les plus intéressantes étaient San José, qui abritait une des banques les plus importantes de la région, et San Juan, qui abritait la Compagnie Minière de la Région de El Rincón, et regorgeait donc de l’argent du salaire de tous les mineurs de la région. De plus, elles étaient voisines toutes les deux, ce qui était un avantage supplémentaire.
Le lendemain, Bill décida d’acheter une deuxième arme pour quand il attaquera la compagnie minière, qui serait probablement bien protégée. Ensuite il fit un petit tour à la banque, afin de repérer les lieux et les éventuels gardes. Heureusement il n’y en avait qu’un, et il avait l’air plutôt balourd et lâche. Au contraire de ce qu’il pensait, la compagnie minière ne semblait être gardée que par un seul garde, peu armé. Cela facilitera sa tâche.
Il prit ensuite la direction de San José, l’arme qu’il avait achetée attachée glissé dans un étui qui descendait le long du flan de Tornado, où il s’attabla à la cantina, qui faisait face à la banque. Elle était gardée par 4 hommes, mais il remarqua qu’il y avait 5 minutes de flottement entre chaque relève de la garde, qui avait lieu toutes les 3 heures ; ce qui lui laisserait le temps d’intervenir, de toute façon il prendrait un otage si cela se révélait nécessaire et il le relâcherait plus loin.

Le lendemain, quand il quitta sa planque, il faisait beau, le soleil brillait de mille feux. Bill prit la décision de commencer par attaquer la banque de San José, pour facilité de transport et en plus, le temps qu’il arrive et ce sera plus ou moins l’heure de la relève.
Il arriva un peu plus tard, et prit la direction de la banque, qui était bondée à cette heure. Il entra et fit les somations habituelles des braqueurs de banques, et remarqua avec plaisir qu’il était tombé pile dans les 5 minutes de flottements : il n’y avait pas un garde en vue. Il ordonna aux guichetiers de remplir les sacs sans traîner s’ils voulaient rentrer chez eux au soir. Ils obtempérèrent et firent aussi vite qu’ils pouvaient.

Chapitre 3

Ignacio était à l’avance, mais il était pressé d’avoir terminé son service : c’était son dernier jour de travail à la banque ; ce soir, sa femme, enceinte de leur quatrième enfant, leurs enfants et lui partiraient vers le nord, où il avait acheté un petit élevage de bétail avec les économies de dix ans de travail comme gardien de banque. Il entra sans se douter de rien, lorsqu’il se retrouva nez à nez avec le canon d’une carabine Smith & Wesson automatique. Bill lui ordonna de se coucher par terre, ce qu’Ignacio commença à faire, avant de se dire que c’est pas lors de son dernier jour de travail qu’un vulgaire braqueur de banque viendrait l’embêter, de plus qu’une récompense de 5 000 pesos était accordée a ceux qui arrêteraient un braqueur ; ça peut toujours servir 5 000 pesos. Il se redressa donc promptement, dégaina et tira vers le braqueur, qui, persuadé que Ignacio resterait tranquille était retourné aux guichets pour surveiller le remplissage des sacs. Malheureusement pour Ignacio, la balle ne fit qu’effleurer l’épaule du braqueur. Bill sentit la douleur l’envahir soudainement et vit la balle venir se ficher dans le montant du guichet en face de lui. Il se retourna et vit le garde qui tenait son arme, encore fumante, à bout de bras. Bill fit feu trois fois vers le garde, qui n’eut pas le temps de réagir, et qui reçut les trois balles dans la poitrine, dont une dans le cœur. Il s’effondra, et le parquet commença à se teinter de rouge. « T’aurais pas dû jouer au héros » dit Bill. Les guichetiers lui tendirent les sacs remplis d’argent et Bill prit la fuite en emmenant une jeune femme d’une vingtaine d’année qui portait une robe blanche à fleur en otage, au cas où. Il la fit grimper sur Tornado, monta derrière elle et partit au galop vers San Juan. Arrivé à la sortie de la ville, il asséna un coup de crosse à la jeune femme, qui tomba de tout son long sur le sol. Bill continua son chemin sans un regard pour la jeune femme étendue par terre.

Arrivé à San Juan, il repéra un cheval attaché à un piquet près de la compagnie minière. Il descendit de Tornado, y attacha l’autre cheval et prit la direction de la compagnie, abattant au passage le propriétaire du cheval qui essayait de s’interposer, provoquant cris et panique dans la rue. Arrivé à la compagnie minière, il mit le garde balourd qu’il avait vu lorsqu’il était venu plus tôt et ordonna au type qui était au guichet de mettre l’argent dans les sacs qu’il lui tendit. Celui-ci obtempéra, on obtempère toujours lorsque l’on a une arme pointée sur soir. Pendant que le guichetier remplissait les sacs, le garde, qui était aussi lâche que Bill l’avait imaginé, le suppliait sans arrêt de ne pas lui faire de mal, lui sortant le baratinnage habituel du « J’ai une femme et des enfants ». « Tant mieux pour toi », lui répondit Bill en l’assommant d’un coup de crosse. Il prit les sacs que lui tendait le guichetier, les attacha aux chevaux et prit la fuite vers le nord-ouest.

Fin ?



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