Les séquelles du tsunami
de Gérard Loridon



Le soir du tsunami, comme nombre d'entre vous, j'étais scotché sur la télé, malheureux de voir tous ce qui arrivait à ces pauvres gens, sur les rivages de l'Océan indien.
Dans ce cas-là, on cherche qui de nos amis peut se trouver au milieu de ce cataclysme et en être une victime éventuelle.
J'étais particulièrement inquiet pour mon ami Christian, scaphandrier expérimenté et expert en visites d'ouvrages immergés.
En fait c'est là son occupation principale. Tous les étés et un peu l'automne il est sur les routes et les chemins de fer de France et de Navarre et il vérifie, dans leur partie subaquatique, l'état des piles de pont.
Quand l'hiver arrive, lassé de ces eaux fraîches et pas toujours claires, il part passer plusieurs mois, avec sa gentille épouse, au Sri Lanka ou en Thaïlande !
Dire si j'étais inquiet n'est pas le moindre mot, surtout que tous mes appels téléphoniques tombaient sur un répondeur sinistre et l'une de ces boîtes vocales exaspérantes et sans voix humaine…
Je lance des recherches tous azimuts et finalement un ami commun, me rappelle en me disant :
- J'ai eu Christian, il est en France, encore sur des chantiers de visites.
- Ouf ! je suis bien content…
Tout était donc pour le mieux dans mon esprit et sur l'écran de la télé d'un seul coup. Mais je continue, a regardé et là, je vois apparaître l'un de ces savants et chercheurs patentés, dont ils ont quelques beaux spécimens !

Celui-là allait nous expliquer le pourquoi du comment, et nous dire en fait ce qui s'était passé.
Brandissant un globe terrestre il nous explique que :
- la secousse a été tellement forte que l'axe de rotation de la planète s'est déplacé, mais tranquillisez vous ajoute t-il, il est revenu immédiatement en place, nous ne craignons rien !
Avec mon épouse et mon Cocker, tous les trois nous respirons et nous sommes rassurés.
Après un film idiot, comme il nous en passe souvent nous allons nous coucher.
Nuit tranquille et je me réveille le lendemain matin comme à l'ordinaire.
Il y a du jour et une belle lumière à travers les rideaux de la fenêtre de notre chambre. J'allume ma lampe de chevet et je regarde l'heure 6 H 45 !
Je regarde à nouveau mon réveil, toujours 6 h 45 ?
Je me réveille vraiment surpris de voir le jour à cette heure.
En général la lumière solaire dans les meilleurs cas, pendant cette saison hivernale, n'apparaît pas avant 7 h 30. Et en plus, hier soir ciel gris et pluie.
Les paroles du savant télévisuel me reviennent en mémoire et là :
- Non de nom ! la Planète s'est déplacée et il fait jour avec une heure d'avance !
-
Je me lève, je vais vers ma fenêtre, j'écarte les rideaux.
Ma femme avait oublié de fermer les volets et nous étions éclairés par le lampadaire du coin de la rue !

Gérard LORIDON dit « Le vieux Scaph' »


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