Magie Noire

Nombreuses furent les histoires contées sur le Triangle des Bermudes. Mais, la plus étrange affaire ne fut jamais rendue publique, pourquoi ?

Peut-être du fait de sa véracité incontestable, qui pourrait bien, enfin, éclairer ces sombres disparitions.

Ainsi, la plus extraordinaire aventure, quasiment suivie entièrement grâce à des bandes enregistrées, débuta le 6 juin 1950 sur le bateau le Magie Noire. Deux hommes avaient décidé de mener à bien un défi, une promesse, sur le lieu hostile et ravageur de la mer. Leur but était de se rendre au Canada, aux USA, en Amérique du sud, en Afrique et enfin rallier leur port d'attache à Lough Derg en Irlande. Il était 6 heures lorsque les deux hommes commencèrent le tirage au sort pour convenir de leur route. Aleister prit le premier billet : Miami. Ce fut au tour de son compère Allan, le deuxième billet contenait le nom de Sidi Ifni. Aleister, à son tour, tira un billet : Harbour Grace. Il ne restait plus que le billet contenant le nom du petit port de Cayenne.

La chance avait tracé pour eux les étapes de leur voyage.
Après l'exposition de ces faits, notons quelques détails troublants :
Le tirage a été effectué en 1950 soit 1 + 9 + 5 + 0 = 15 et 1 + 5 = 6
Le 6 juin : soit 6 et 6
Donc nous obtenons 6.6.6.

De plus, sur la carte, lorsque l'on trace l'itinéraire, on constate qu'en reliant les différents ports dans leur ordre de passage, on obtient un pentacle. Coïncidence, hasard ou signe diabolique ?

Les coïncidences ne s'arrêtent, malheureusement, pas là. Le port de Lough Derg comporte une île qui fut un lieu privilégié du paganisme celte. Et, cette île, possédait une entrée dans l'autre monde. Cette île fut précisément celle des deux amis.

La goélette prit le large à 9 heures le 6 juin 1950, la mer était calme. Le voyage commençait.

Le récit qui va suivre est tiré des bandes trouvées à bord du Magie Noire. Aucune note n'a été rajoutée, seuls les éléments suivis d'un* sont des commentaires. Les jours RAS ne sont pas mentionnés.

10 juin 1950 : Nous naviguons normalement vers notre premier port. Des phénomènes étranges se produisent à bord. Nous n'en avions pas encore parlé car nous avions peur que la solitude de la mer ne nous joue quelques tours. Mais des faits réellement bizarres se passent. Des objets disparaissent pour ne réapparaître que quelques heures plus tard. D'autres se retournent. Plus le voyage s'avance, plus les objets déplacés sont de grosses tailles. Bientôt, nous naviguerons les voiles dans l'eau et la coque en l'air… Trêve de plaisanterie, peut-être devrions-nous rentrer ? Attendons encore, ne jamais s'avouer vaincu et à nous la victoire ! ! ! !

11 juin 1950 : Nous ne sommes pas superstitieux mais bon, cela ne devrait plus tarder. Nous avons trouvé un lapin dans une cabine. Serait-il responsable des déplacements d'objets ?

12 juin 1950 : Nous n'avons pas cessé de trébucher et de faire des manœuvres contraires au bon sens. Notre sang froid nous a permis de récupérer nos bourdes. Nous avons évité de peu plusieurs chavirages. Après en avoir longuement discuté, nous avons mis le lapin à la mer. Le calme semble être revenu sur la goélette.

13 juin 1950 : Les objets continuent de se déplace. Pauvre lapin ! Le temps se couvre.

14 juin 1950 : Nous avons subi " l'enfer de la mer " comme dit Allan. Le combat avec le cyclone a été très éprouvant. Espérons que le temps soit meilleur pour le reste du voyage.

15 juin 1950 : Notre miroir subit une drôle de métamorphose. On pensait qu'il était sale mais la trace est indélébile. La forme occupe la place centrale. Elle teinte le miroir, mais ne lui enlève pas son effet réfléchissant. Bizarre. Mais, d'un autre coté, cela fait deux jours que rien ne se déplace, ça calme les nerfs.

16 juin 1950 : La tache, si je peux encore l'appeler comme ça, change. Elle prend une forme ovale et se fonce de plus en plus. Le bateau reste en ordre : rien ne viendra plus nous déranger maintenant, ou du moins, nous l'espérons.

17 juin 1950 : Nous ne sommes plus qu'à quatre jours de notre premier but. L'envie de toucher la terre nous rends très excités. Nous ne faisons plus attention à la forme contenue dans le miroir.

18 juin 1950 : C'est effrayant, un sort est tombé sur ce bateau ! ! ! La forme du miroir est pratiquement nette maintenant. C'est un visage cornu. On dirait le Diable. Nous commençons à croire que nous subissons des hallucinations. Fatigue, solitude ... Et, avec le nom de la goélette, s'il s'était senti appelé ? Non, je divague ! ! !

19 juin 1950 : Je ne crois pas que nous reverrons la terre. Je vais être le plus succinct possible sur ce qui se passe à bord. Le temps presse, j'espère pouvoir tout dire. L'être du miroir se fait appeler Léviathan (* c'est un nom de démons qui est un grand amiral). Il nous a dit notre destinée. Nous n'y croyons pas, mais tout se vérifie. Nous allons être emportés à tout jamais dans les abîmes de l'océan… Je me suis souvenu d'une légende sur le Triangle des Bermudes, celle où l'on raconte qu'un énorme cristal tapi au fond des ruines de l'Atlantide tirerait son énergie du soleil et qu'il désintégrerait avions et bateaux traversant les rayons mortels qu'il émettrait de temps à autre. Ce cristal est vrai, vivant, je l'ai aperçu au fond de la mer, mais il ne puise pas sa force du soleil mais du Mal. Toujours dans la légende, on disait que ce cristal servait à savoir l'avenir et ceci était réalisé qu'après invocation de forces maléfiques. Mais, avant, ses dernières recevaient des sacrifices humains, quotidiennement. Le cristal, l'œil du Mal, nous a aperçu et réclame un sacrifice. Depuis la disparition de la Cité, plus aucun sacrifice n'est fait. Léviathan a faim de sang pour nourrir l'œil du Mal : il se veut notre conseillé, mais il va nous emporter pour le cristal ...

Allan crie, j'y vais…

Ce fut les dernières paroles de la bande. On retrouva la goélette, en parfait état, un jour après le drame. On ne découvrit aucune trace de sang et aucun corps. Les deux amis ont disparu en nous laissant sur leurs bandes une affaire bien mystérieuse mais dont la clarté ne convient, semble-t-il, à personne…

Fin

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