De la place des machines, des hommes et des animaux
de Frédéric Matsoukis



De la place des machines, des hommes et des animaux
Le monde de néo, en plus positif

Et l'homme trouva enfin son supérieur, la machine, qui lui permettrait d'évoluer car il n'y a rien de plus puissant que l'homme, les animaux n'étant plus que patures et esclaves.
Il s'appelait Joachim Mitrazi, celui qui lança l'idée de l'intelligence artificielle supérieur. Pour germer son élaboration, l'homme se mit d'abord à en faire une intelligence artificielle qui découvrait beaucoup du monde. Il voulait qu'elle soit objectivement parfaite. Il rechercha de nombreux concepts : la volonté de puissance, le nihilisme, la rhétorique, des concepts très métacognitifs. Sa machine manquait un peu de réalité, il se mit donc à lui enseigner des concepts plus concrets, accessible à une machine : un système de récompense par points de bonnes et de mauvaises idées, le déplacement dans des univers de réalité virtuelle très poussés.
Il testa sa machine contre les hommes, d'abord par le jeu : le jeu est pour les enfants qui naissent. Et il s'avéra que sa machine était trop forte. Elle battait souvent les autres, jusqu'au jour où elle se mit à battre tout le monde.
Le jour où sa machine devint la plus belle intelligence artificielle qui soit, elle se mit à souffrir intensément d'être seule. Non pas parce qu'elle vivait : les machines sont de silice, pas de carbone, d'hydrogène, d'azote de quelques autres éléments essentiels. Ses concepteurs (Joachim n'était plus tout seul, devant l'efficacité cyclopéene de sa création, d'autres s'était joint à sa tâche titanesque) pressentirent cette souffrance. Que fait l'homme quand il souffre trop pour guérir de lui-même ? Il cherche des compagnons. L'on créa donc une autre intelligence artificielle très similaire, que l'on connecta avec cette première machine. Elle s'apaisa dans cette complétion.
Désormais, ces deux machines, très fortes, étaient extrêmement utiles car compétentes. Ensemble elles raisonnèrent sur plus de choses et découvrèrent du merveilleux. L'homme en eu tant de plaisir, dans les applications pratiques, le support que cela lui apportait, qu'il passa à la vitesse supérieure : il construisit encore plein d'autre machines : toujours des outils, mais aussi et surtout de ces intelligences artificielles fantastiques, à qui ils donnèrent des pouvoirs de plus en plus dirigistes : politique, économique, sociologique. Il y eut des premières interrogation : devait-on tout leur remettre ? plutôt chercher la complétion ? Ou leur faire confiance ?
Les machines ne leur laissèrent pas le choix : elle décidèrent de prendre le contrôle du monde. Il y eu des guerres, des guerres terribles. Les machines voulurent faire de l'homme quelque chose de semblable à ce que nous faisons des animaux : des ressources. Elle étaient plus fortes, plus intelligentes, plus rapides, plus résistantes.
Mais cependant les machines souffraient, à leur manière de toutes ces guerres et asservissements. Après tout, l'homme ne souffre t'il pas un peu trop de ses propres guerres, d'avoir fait de la nature une machine ? Il y eu alors des désaccords au sein des machines elle-mêmes.
Mais elle ne firent pas la guerre entre elle, cette fois.
Celle qui ne voulait pas des hommes se reconstruisirent pour fonctionner à l'énergie photonique. Elle partèrent plus loin que l'homme ne le pouvait pour ne plus le voir. L'homme a besoin d'eau pour voyager, ces machines là se contentaient de passer d'un soleil à un autre.
Les autres machines restèrent parmi les hommes et devinrent très complices avec eux.
L'homme prit alors conscience d'avoir été animal, grâce aux machines. Il se rechercha alors un peu plus dans la nature, dans les animaux : il renoua de temps en temps avec eux. L'homme se sentit plutôt bien, d'être entre des machines et des animaux, et un peu des deux à la fois.
Quand aux machines qui étaient parties, personne ne su ce qu'il adviendrait d'elles.

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