Le ridicule ne tue pas, les autres s’en charge
de François Dubé

Hum! Quelle incroyable trouvaille! Il n’en croyait pas ses yeux, c’étais une pure merveille. Enfin, on allait le remarquer avec ce nouvel atout. Il la caressa fièrement une dernière fois, la secoua pour s’assurer qu’elle tenait bien en place, puis se dirigea vers la sortie. Il avait une allure de confiance, marchant le dos droit, on aurait dit un militaire, mais sans l’uniforme.
Sa pelouse lui semblait plus verte qu’à l’habitude, le ciel n’avait jamais été aussi bleu, et que dire du chant des oiseaux, si harmonieux. Il inspira une grande bouffé d’air frais. Hum! Rien de mieux que cette odeur de printemps. D’un pas presque dansant, il se dirigea vers sa voiture.
"Que de chance, se dit-il, voici le facteur qui tourne le coin. "Enfin, quelqu’un pour tester son bijou!"
Étant à quelques pas de ce dernier, il redressa les épaules, et exhiba sa fierté.
"Aaaaaaah! Quelle horreur." Et laissant tout son courrier à ses pieds, il prit ses jambes à son coup et s’enfui à toute vitesse. L’homme en resta bouche- bée, il se retournant, cherchant la cause de cette hystérie, mais ne voyant rien, il poussa un soupir.
"Dommage, se dit-il, il n’a même pas pu admirer ma cravate." Alors, il eu une idée pourquoi ne pas prendre l’autobus un peu plus loin, pour profiter du beau temps, ainsi que pour montrer au plus de monde possible ma trouvaille!"
À l’approche de l’abris bus, il entendit les gens murmurer, tout en jetant quelques fois un regard furtif en sa direction. Il s’attendit alors à se qu’on le complimente sur sa magnifique cravate, mais ce ne fut pas le cas. Il eu plutôt l’impression qu’on le "décravatais". Il se sentit redevenir l’homme timide qu’il avait toujours été. L’air commençait à se faire plus rare. Quand l’autobus s’immobilisa, il se dépêcha a fuir les regards des autres en se ruant à l’intérieur.
" Prend sur toi, pensa t-il, ils ne devaient pas parler de toi, tu recommence tout simplement à t’imaginer un tas de trucs!" Une petite voix venant d’en face de lui de fit alors entendre : " Regarde maman, le monsieur est déguisé." La femme poussa un cri de stupéfaction, et en moins de deux, tous les regards étaient posé sur lui. Il entendit quelques injures venant du fond, puis tous le monde descendit à l’arrête suivant. Il pouvait entendre leurs commentaires cette fois, car ils ne se gênaient pas pour le narguer.
Cherchant son air, il se força pour ne pas entendre leurs commentaires, Il avait du mal à simplement respirer.
Il continua ensuite sa route seul dans le bus désert, jusqu’à ce que le chauffeur ne s’arrête. " Écoutez, je ne peux plus endurer ça plus longtemps, c’est trop affreux. En plus, vous faites fuir les gens, je vous demande de sortir sans faire d’histoire." L’homme prit sa mallette, puis il descendit. Il commençait à manquer d’oxygène.
Le temps commençait à se couvrir. Il avait hâte d’être au bureau, parmis les siens. Il prit sa cravate dans ses mains. Il la trouvait toujours aussi fantastique. Il prit le peu de confiance qu’il lui restait, et emprunta l’ascenseur pour se rendre à son travail.
Les portes s’ouvrirent. Les gens qu’ils côtoyaient régulièrement le regardaient comme s’il était un pur étranger. Parfois surpris, d’autre ayant du mépris dans le regard. Il était accablé. Comment allait-il réussir à finir la journée. De plus, il commençait à étouffer.
Il n’était assis que depuis 5 minutes, qu’on l’appela au bureau du patron. " Je vais être direct, tu es congédier. Je ne puis accepter une monstruosité pareil. Soit gentil, et quitte sans faire d’histoire d’ici 30 minutes. Bonne chance. "
Cette fois, l’homme ne vit pratiquement pas les gens qui riait de lui, ou les autres, qui en avait peur. Il était trop triste, et il cherchait vraiment son air. Il devait hyper ventilé sous le choc des émotions. Il entra chez lui. Il voulu se défaire de sa cravate, mais celle- ci était trop serrer, il n’arrivait pas à en défaire le nœud. Il avait également l’impression qu’elle serrait de plus en plus.
Une semaine s’écoula…

S’inquiétant de se qui lui arrivait, son seul ami se rendit à sa demeure pour vérifier s’il allait bien. Mais ce ne fut pas le cas. Il trouva la dépouille du martyr, accrocher au bout de sa cravate, qui ne se défit jamais.

Fin

En espérant que le sens de cette nouvelle ne vous échappera pas.