L'homme sans conscience
de François Dubé

7 heures moins le quart : L'homme se lève, en fait, il n'a pas vraiment fermer l'œil de la nuit. Il regarde à ses côtés, et sa nuit torride lui revient en mémoire a la vue du magnifique corps allongé sur le lit. Il en avait eu pour son bonheur, ou plutôt son plaisir. Plaisir qu'il était toujours prêt à assouvir. Il se leva, prenant bien soin de ne pas réveiller l'objet de son plaisir. Il descendit ensuite les marches de l'hôtel a la hâte, ne payant pas la facture pour la nuit.

Elle se leva, et voyant son amant d'une nuit à ses côtés, elle n'eu aucun doute sur son amour pour lui. Sans le connaître, elle savait qu'il était l'homme de sa vie. Il se tourna, et à nouveau, ils firent l'amour, c'était encore plus doux, plus beau que la première fois.
Elle se retrouva le jonc au doigt seulement deux mois plus tard. L'homme était heureux comme jamais il ne l'avait été. Enfin il avait rencontré le vrai bonheur…

Il se dirigea ensuite vers un dépanneur, ne pouvant résister à sa fringale. Mais pourquoi donc payer ? Il prit tout ce qu'il pouvait entrer dans son veston, et sortit incognito, c'est qu'il avait l'habitude de ce manège.

L'homme se pointa à la caisse pour payer ses achats. Le commis lui demanda gentiment s'il voulait un billet de loterie avec ses achats, et il accepta. Il se retrouva en l'espace de quelques minutes avec plus de cinq millions de dollars en poches. Finit sa simple vie de fonctionnaire, enfin, il pouvait réaliser ses rêves.

Rentrant chez lui, il écoute les messages de son répondeur. Encore des œuvres de charité voulant lui soutirer son argent, durement gagné, à frauder ses patrons. Qu'ils aillent au diable. Mais il ne leur donnerait un cent de son argent.

Donnant généreusement une partie de ce qu'il possédait aux moins choyés de ce monde, il était heureux comme jamais. Le simple fait de les voir si content de recevoir pourtant ce qui paraissait si peu à ses yeux, lui faisait vivre quelque chose qu'il n'avait encore jamais ressentit. Un grand moment qui allait marquer sa vie, et celle des heureux bénéficiaires.

On cogna à la porte. L'homme alla ouvrir, c'était une ex amante. Que voulait encore cette garce, il ne l'avait pas fait assez jouir ou quoi. Lui, il en avait eu suffisamment, et n'en voulait pas plus. C'est pas vrai, elle était enceinte, et de lui. Il lui sortit alors son grand baratin, la convaincant qu'il allait tout faire pour qu'ils soient heureux avec leur nouvel enfant.
Enfin, elle l'avait quitter, il pouvait maintenant faire ces valises, casser son bail et quitter vers une autre ville, le plus loin possible de ses responsabilités, qu'ils n'avait a près tout pas demander.

La regardant dans les yeux, il lui dit le plus sincèrement du monde qu'il allait aimer son enfant, que c'était le plus beau cadeau du monde. Il fondèrent une famille, et il profita pleinement du plaisir qu'apportait un bébé, l'entendre rire, le voir faire ses premiers pas, grandir avec lui. Quoi de plus magnifique : rien. La vie idéale quoi !

Enfin loin de toute cette merde. Il s'accota, et se laissa aller dans ses pensées. Il avait tant le goût d'assouvir encore sa libido. Il décida de s'endormir, il ferait une autre conquête le lendemain, et tout rentrerait dans l'ordre.
Assoupis dans son banc, il était bien. Bien, mais pas heureux, seulement, il n'en avait rien à faire. Aujourd'hui encore, il avait brisé la vie d'une future mère, avait mis une jeune demoiselle dans l'embarras, seule, une facture sur le bras, mais également privée de sa destiner, empêcher des personnes moins favorisées de connaître un peu de joie, et il avait encore fraudé et voler, la routine quoi. Il n'en avait rien à foutre, après tout, il était bien.
Si seulement il savait à côté de quoi il était passé, quelle aurait pu être sa destinée, mais il s'en foutais , il était bien, et c'est tout ce qui importaient.
Demain est un autre jour, mais qui ressemble tellement à hier.
Fin

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