La cité d'Analphabia
de François Dubé

Il était une fois, il y a de cela plus de 500 ans, une citée du nom d'Analphabia. Malgré sa grande beauté, dû aux petites chaumières rustiques qui dégageaient une odeur de pain chaud à longueur de journée, les villageois affichaient un visage d'enterrement. La raison de leur malheur était simple, depuis que le roi Illetrion avait hérité du trône de son père, il avait banni la lecture dans toute la ville. Tous les livres avaient été brûlés, tous les conteurs d'histoires étaient disparus, plus aucune imprimerie ne fonctionnait, excepté les presses royales.

Pourtant, en cette soirée fraîche de juillet, on pouvait entendre une douce voix de vieillard raconté une ancienne légende. Philber, se laissait emporter par l'histoire que lui contait son grand-père. Depuis des générations, les Lisoires adoraient lire et écrire des contes fantastiques. Victor, la seule famille que Philber possédait, avait gardé quelques livres bien cachés dans le grenier de sa demeure, ainsi, chaque soir, il lisait un bout d'histoire à son petit-fils, afin que la lecture demeure, malgré les obstacles, dans la famille.

Ce soir-là, le conteur avait dû parler trop fort, car une des patrouille anti-lecture du roi fit irruption dans la vieille maison. En moins de deux, ils s'emparèrent du vieillard, qui n'avait plus la force de se défendre, et le conduisirent au château, afin de le jugé pour possession et lecture de livres. Les deux hommes entrèrent et sortirent en moins de deux minutes, laissant le petit garçon de 6 ans seul avec lui-même, assis sur le bout de son lit. Il ne se rendit pas tout de suite compte de ce qui se passait, mais après quelques minutes, le jeune garçonnet fondit en larmes, on venait de lui prendre le seul être cher qu'il possédait. Sans Victor, Philber ne savait plus quoi faire, il se sentait abandonné à lui-même, sans personne à qui demander de l'aide.

Pourquoi pleurs-tu comme ça petit homme, dit une douce voix derrière lui.

Il se retourna, essuya ses larmes de la main, et dit en sanglotant à la petite fée qui volait au-dessus de son lit.
- Des grands hommes sont venus et ont emporté mon papi, je crois qu'ils vont le jeter en prison car il n'avait pas le droit de garder des livres. Je ne sais plus quoi faire, j'ai peur.
- Ne crains rien, je suis là maintenant.
- Tu vas me redonner mon grand-papa, demanda innocemment le petit homme.
- Non, je ne peux pas intervenir directement avec les hommes, mais je peux t'aider à retrouver ton grand-père. Prends cette plume, elle te donnera droit à trois vœux, utilise-la bien, et tu seras bientôt avec ton grand-père. Mais fais attention, tes souhaits ne doivent pas avoir d'effets directs sur une autre personne que toi.
Philber prit la plume multicolore dans ses mains. Il n'avait jamais vu de choses aussi belles que ce qu'il tenait en ce moment.
- Merci beaucoup madame la fée.
- Tout ira bien, dit-elle en s'éloignant, tout ira bien.

À nouveau, le jeune se retrouva seul. Un tas de questions défilèrent dans la tête du garçonnet de 6 ans ; quel souhait devait-il formulé, comment allait-il sortir Victor de prison ? Pour la première fois de sa courte vie, les décisions qu'il prendrait changeraient son avenir. Après y avoir songer de longues heures, Philber décida de se rendre au château.

Comme les grilles étaient hautes, elles étaient au moins 10 fois plus grandes que lui. Comment allait-il les surmontées ? Il sortit de ses poches la plume magique.
- Je veux pouvoir voler, dit-il à haute voix.

Soudain, ses pieds quittèrent le sol, son vœu avait été exaucés, il n'avait qu'à penser à la direction qu'il voulait prendre, et son corps y était entraîné. Une idée traversa son esprit, il pensa à son grand-père, et, comme prévu, il se dirigea vers la cellule où était enfermé le vieillard.
- Papi ! Enfin je te retrouve, s'exclama Philber.
- Fiston, c'est bien toi, comment es-tu arrivé ici ?
- Je viens t'emmener avec moi, te sortir de prison.
- Philber, c'est de la folie. Vite, sauve-toi avant qu'ils te trouvent, sauve-toi, s'ils te trouvent ici, ils vont t'enfermer avec moi.
- Non, je suis venu te chercher, et je ne repartirai pas sans toi.
- Sauve-toi petit ! Je te dis de t'enfuir.
- Fais-moi confiance papi. Je souhaite devenir très, très fort.

Le petit garçon saisit les barreaux de la fenêtre, et les écarta sans le moindre effort. Victor resta bouche bée devant une telle démonstration de force. Il était à peine remis de sa surprise, que Philber l'attrapa par le collet, et s'envola en le traînant sur son dos.
- Est-ce que je rêve fiston, tu voles ? Demanda le grand-père.
- Non, tu n'es pas dans un rêve, il faut que je te raconte ce qu'il m'ait arrivé. Mais d'abords rentrons à la maison.

Philber raconta tout à son grand-papa, assis devant un bon feu de foyer.
- Qu'allons-nous faire maintenant, les gardes ne tarderont pas à revenir, ils me ramèneront en prison et nous serons encore séparé.
- Non, il me reste un souhait, on pourrait souhaiter changer de roi ! Tout sera réglé

Bien sûr, allez, vas-y, fait le ce vœu.

À nouveau, il sortit sa magnifique plume, et dit :
- Je désire qu'un nouveau roi gouverne la cité.

À peine le vœu prononcé, un bruit de cloche attira Philber et Victor à l'extérieur. Un garde du nouveau roi sonnait la cloche et criait :
- Le roi Sommeillus désire que tous les sujets de son royaume soient au lit avant 19 heures et qu'aucun d'eux ne soient levé avant midi, toute personne ne respectant pas ces ordres sera jetée au cachot.
- À non ! Un couvre-feu maintenant s'exclama le garçon.
Tout sera à recommencer à zéro pour les citoyens de la nouvelle cité de Dortium, à nouveau ils se retrouvèrent sous l'emprise d'un vilain roi.
Fin

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