BIG BANG

Il était une fois Dieu…

Non, non, ça ne marche pas. Il n'était pas puisqu'il a toujours été… qu'il est toujours… et qu'il sera toujours. Je recommence.

Partons du principe que de toute éternité Dieu ait existé. Évidemment ici il faut faire abstraction de ses convictions. Alors d'emblée, présumons que nous avons la foi et pas les foies sinon ça foire encore une fois.

Imaginez un instant qu'elle pouvait être sa vie… Non…, plutôt son existence… ou plutôt serait-ce sa non-existence ? Seul… Arrêtez-vous quelques instants, (tout en continuant de lire quand même). Laissez s'agiter vos neurones dans l'espèce de casserolle dans laquelle macère votre cervelle et essayez de formuler le concept d'Éternité… Je vous laisse deux minutes pour y réfléchir. M'enfin j'ai pas deux minutes à perdre, mon temps est trop précieux. Compliqué hein ? !

Alors je disais-je que Dieu était confortablement installé… couché… étendu… vautré… dispersé… enfin que sais-je moi… sur… dans… enfin nulle part… puisqu'il était partout… puisque c'était le néant total qui l'entourait. Où vouliez-vous qu'il pose son divin c… derrière, pardon ? Devant ? Derrière ?

Pourrions-nous affirmer qu'il dormait… qu'il était assoupi à tout le moins, non ? Parce que… avouons que cela devait être plutôt tranquille dans son coin.

On peut supposer que tout à coup, il s'éveilla, il prit conscience de son état, de son "être". Il fut tiré de sa torpeur par… sûrement pas son radioréveil… Par un cauchemar ? Peut-être… son horloge interne, plutôt ?. Il ne pouvait ni s'étirer, ni sauter en bas de son lit… Où aurait-il posé ses pieds ?

Soyez assuré qu'après quelque mille milliards d'années à la puissance mille milliards de mille milliards pour le premier mille milliardième de milliardième de la première fraction de seconde, il commençait drôlement à s'ennuyer de sa maman. Pardon c'est vrai, sa maman n'était pas encore née… Mais ça c'est une autre histoire qui pourrait être le sujet d'un autre long et palpitant débat. Je ne m'étendrai donc pas là-dessus pour l'instant.

Un peu compliqué tout cela, pas vrai ? À qui pouvait-il confier son ennui, le pauvre diable… bougre ? Qu'est-ce que je raconte ? Un autre débat en perspective ?

Enchaînons, enchainons, non ?

Dieu se disait … Bon, bon, qui y a-t-il encore ? Vous vous demandez comment j'ai pu apprendre ce qu'il se disait ? Hum ! M'enfin disons… disons que… et puis merde c'est pas vos oignons. Qui c'est qui la raconte cette histoire, hein ?

Donc Dieu réfléchissait tel un phare dans son for intérieur : " Je ne peux demeurer éternellement étendu dans l'étendue de ce Néant à rêvasser. Ne suis-je pas Dieu ? En tant que Dieu, je me sens investi d'une grande émission, d'un grand destin. Si je regarde en arrière… bon ben, ok ! je ne vois rien. Mon passé ne peut être garant de mon avenir, si je comprends bien… Faut que je songe à mon futur alors… et que je regarde en avant. Tiens, le néant de ce côté aussi " Son destin était comme un gros intestin… Vide… comme tout ce qui l'entourait.

Son esprit, qui deviendrait Saint bien plus tard, se creusait les méninges. Il en vint ainsi à la conclusion qu'il était maintenant assez vieux (il avait déjà une barbe blanche) et qu'il devait se mettre à l'œuvre, s'atteler à la tâche le plus tôt possible considérant qu'il n'avait plus de temps à perdre, même si c'était ce qui lui manquait le moins.

Cela prit quand même environ le même laps de temps que celui mentionné plus haut, avant qu'une étincelle ne jaillisse dans l'éther vaporeux de sa conscience.

"Je commence par quoi ?", se demandait-il.

Après ce suprême effort, il sentit ses forces l'abandonner. Soyez compréhensifs ! Un Dieu ne se bâtit pas en un jour, s'pas ? Il s'accorda donc des vacances bien méritées. Évidemment des vacances divines c'est un peu plus long que celles d'un petit fonctionnaire de l'état.

De retour au boulot, son affaire pavé de bonnes intentions, il se morigéna : "Ai-je déjà eu la moindre petite idée qui ait germé dans mon esprit ? Je me contente de mijoter dans mon jus."

Effectivement il bouillait, il bouillonnait, il fulminait, il fusionnait. Il mijotait littéralement sans savoir comment. Les ingrédients de la recette s'étaient matérialisés seuls constata-t-il sans rien y comprendre.

Il remarqua bien qu'un fumet capiteux se dégageait de ce bouillon ! Il salivait suavemennt, l'eau à la bouche si vous me permettez l'expression. Il ingurgita donc cette soupe de magma inconsistant et il trouva que cela était bon. Si bon qu'il aurait bien aimé s'en lécher les doigts. C'est ainsi qu'il découvrit qu'il avait des talents indéniables de cuisinier. Et tel un Bocuse oeuvrant dans un restaurant 5 étoiles, il se lança dans la Grande GazTronomie. Il potassa toutes sortes de plats en y mélangeant protons, neutrons, atomes, molécules qu'il amalgamait et chauffait à des températures de quelques milliards de degrés pour être certain que tout soit bien cuit (sales maux nés l'ose oblige).

Il s'empiffrait sans relâche et sans répît de galettes de carbone, de pâtés d'hydrogène, de soufflés à l'hélium tout en buvant des cocktails concoctés d'explosifs à base d'atomes et autres gaz de son invention et tout aussi percutant.

Il bouffa tant et si bien qu'il remarqua quelques changements métaboliques dedans sa constitution.

Vous n'êtes pas sans savoir que tout abus de bonne chair ne demeure pas sans conséquence… et Dieu n'y échappa pas lui aussi. Il commença à sentir des ballonnements, son estomac aux dimensions galactiques émit force borborygmes, et gargouillis. Ses viscères se tiraillèrent. Son intestin était sur le point de grêler, il le pressentait.

Il suppliait Dieu… enfin il se suppliait lui-même de lui accorder quelques soulagements. Rien n'y faisait, il avait l'impression qu'il allait éclater.

Ni tenant plus, sur le point de se rendre l'âme… il dut se laisser aller… C'est alors que Dieu émit son premier… PET (dit vent) divin. Avez-vous idée de ce que peut être un pet divin ? Oh que non ! Vous l'ignorez. Ce divin vent produisit ce que les savants chercheurs oeuvrant sur les origines de notre univers appellent : le BIG BANG initial.

Ce gaz infecte et putride, éjecté à la vitesse de la lumière se répandit dans le néant co(s)mique dans toutes les directions à la fois.

Après ce pet, Dieu s'assit sur son trône pour reprendre un semblant de souffle. C'est alors que ses sphincters se manifestèrent à leur tour et devant l'urgence de la situation…, ce fut le ca…ca… ca chaos total.

L'Univers fut bombardé sans répit par Ses déjections étronnantes … Un amas dans cette galaxie-ci, une nébuleuse par là, une nova en bas, une supernova devant, et pourquoi pas une petite constellation en prime en haut… Tiens un bouquet d'étoiles pour continuer et un chapelet de planètes pour terminer.

Nos éminents savants nommèrent cela : l'Expansion de l'Univers.

Vous croyez que cela s'arrêtera là ? Qu'arrivera-t-il quand le grand Chieur aura les boyaux vides ? Autant vous prévenir tout de suite... Car tantôt Dieu va se lever, il se retournera pour observer son œuvre. Et en apercevant toute cette merde…, il ne lui restera qu'une chose à faire. Je ne le crierai pas sur les toits, mais cramponnez-vous, car… IL TIRERA LA CHAINE.

FIN… DES TEMPS

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