OMniprésent OM
de Éric A.



Quand on arrive à Marseille deux lettres sont partout dans la rue, sur les maillots, sur les affiches, dans les magasins, dans presque tous les esprits…

Deux lettres bOMbardées sur les tee-shirts et les casquettes des ados, fiers de pouvoir bOMber le torse le jour des matches ou d’appliquer leurs bOMbages sur les murs de la cité. COMbien de cOMmerçants, de cOMpagnons et souvent de cOMpagnes, de cOMpères et parfois des cOMmères, cOMmentent les fautes cOMmises par tel cOMateux, cOMposent sur l’esprit cOMbatif de tel joueur ou le geste cOMbinard de tel cOMédien, cOMparent le cOMique d’une situation de jeu, cOMpatissent des fois sincèrement, cOMpilent les résultats, cOMplètent leurs propos ou cOMplotent contre untel et untel…? COMme nulle part ailleurs, des cOMmentateurs cOMpétents et cOMpulsifs se cOMplaisent à cOMbler leur existence de supporter, à cOMpter les points, à cOMmémorer et à se souvenir du passé. Un cOMportement récurrent et cOMplexe, une cOMmunion cOMpacte, depuis les cOMmunicants de la COMmanderie aux élus de la maison cOMmune, en passant par les cOMmandants des virages. A dOMicile comme à l’extérieur, les matches dOMinicaux dOMinent assurément tous les débats : depuis les couloirs du dÔMe jusque dans les DOMs, chacun tente de dOMpter sa passion, de prendre part aux discussions, de parler de dOMmages, de démissions ou d’OMissions selon le cas. Des sentiments fOMentés par tous, du jeune gOMmeux aux cheveux gOMinés, qui met toute la gOMme dans les gradins, au cadre dynamique qui mâchouille une gOMme en loge pour se donner une contenance, la vie du stade permet de gOMmer bien des différences. Des hOMmes, des hOMos, des hOMmasses, tous prêts à hOMologuer leur hOMmage dans une hOMogénéité exemplaire. Finis lOMbagos et lOMbalgies lorsqu’ils hurlent ensemble leur joie, se tapant les OMoplates cOMme des lOMbrics invertébrés, oubliant toute vendetta ou OMerta, cOMme des cOMplices de béatitude qu’ils soient d’origine lOMmoise, OManaise ou lOMbarde. Dans ces mOMents d’exaltation, simplement heureux cOMme des mÔMes ou mOMifiés cOMme des mOMiers, nOMbreux sont les gens à occulter leur propre nOMbril pour nOMiner un à un les nOMades du foot dans leur palmarès du plaisir. POMpiers, pOMpistes voire pOMpeux se retrouvent dans l’OMnibus puis au VélodrOMe, un pOMelo ou une pOMme à la main, pour applaudir des POM POMs girls aux pOMmettes pOMponnées de pOMmade, pour pOMper toutes sortes d’émotions. ROMains, rOManos ou rOMbières apprécient tous cette douce rOMance qui leur permet de rOMpre avec leurs habitudes. Aucun puissant sOMnifère, aucune boisson aussi envoûtante que le sOMa, aussi sOMptueux soient-ils, ne pourront jamais nous faire chavirer, et même parfois sOMbrer, cOMme ces sOMmeliers qui nous distillent au goutte à goutte du ballon rond, cOMme du pOMmard à température ambiante, dans le seul but de nous rendre pOMpette, ivre de bonheur. Toutes ces sOMmités peaufinent leur art en tentant d’atteindre des sOMmets et, ni les lancers de tOMates, ni l’argent de toutes les tOMbolas, ne semblent nous décourager dans notre passion cOMmune. Ni même l’appel du tOMbeau qui ne me fera oublier à moi, comme aux autres zOMbies de l’OMbre, que nous sOMmes fans de ces deux lettres en or, OMniprésentes pour toujours dans notre cœur.


l’OMnivore

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