Fantôme ou hallucination ?
de Émilie Desomer



Quand j'étais enfant, mon frère et moi étions les seuls enfant du quartier. La plupart des personnes vivant autour de chez nous étaient et sont encore des personnes âgées. Mais, l'année de mes dix ans, une famille est venue ,accompagnée de leurs trois enfants, se faire construire une maison,un peu plus loin. C'est ainsi que nous fîmes leur connaissances, mon frère et moi.
Quelques mois plus tard, ils emménagèrent enfin, et une amitié nous lia pendant plusieurs années, grâce aux mercredis et samedis après-midis passés ensemble à nous raconter des histoires monstrueuses de fantômes et de martiens, aux vacances d'été partagées entre leur jardin et le nôtre où nous nous battions contre de méchants envahisseurs venus du cimetière, situé en face de nos maisons.
Mais notre bonheur fut de courte durée. Nous apprîmes que Nicolas était atteint d'une leucémie. Fini les trajets entre l'école et la maison en riant comme des fous et nous racontant nos petites histoires, terminées les après-midis de super-héros se battant contre les envahisseurs, les partages de gâteau et bonbons. Pour Nicolas commencèrent les aller et venues entre l'hôpital et sa maison, les séjours prolongés loin de chez lui et de nous, les traitements qui le fatiguaient beaucoup. Et, un midi, en rentrant de l'école, ma mère m'apprit la nouvelle: Nicolas venait de mourir, une messe serait célébrée quelques jours plus tard. Le jour dit, je refusât de me joindre au cortège mais ma mère me convainquit d'y aller, Nicolas étant enterré ensuite dans un autre village. La cérémonie se déroula difficilement, l'assemblée était bouleversée. Puis le cortège se dispersa et les parents emmenèrent Nicolas loin de chez lui.
Pendant quelques jours, mon frère et moi ne sortîmes pas de la maison, sauf pour aller en classe. Nous nous rappelions nos histoires de fantômes et regrettions que Nicolas ne fut pas enterré dans le cimetière en face, lui permettant de nous rendre visite.
Une après-midi, le soleil nous décida à jouer un peu dans le jardin. Nous avions vue sur le jardin de la famille de Nicolas et ne pouvions nous empêcher d'y jeter un coup d'oeil, espérant y voir apparaître Nicolas.
Et tout à coup, l'incroyable se produisit: Nicolas apparut à une fenêtre, nous souriant.
Mon frère et moi prîmes peur. Nous rentrâmes en courant raconter notre vision à notre mère qui, bien sûr ne nous crût pas. Nous ne comprenions pas d'ailleurs comment il aurait pu venir jusqu'à nous, n'étant pas enterré dans le cimetière d'en face. Les fantômes pourrait donc traverser le monde pour venir voir ceux qu'ils ont laissés derrière eux ?
Nous restâmes persuadés d'avoir vu Nicolas nous sourire, malgrè les adultes nous répétant que c'était impossible. De fait, jamais nous ne le revîmes apparaître et sa famille déménagea peu après.
Alors ,fantôme ou hallucination ? Depuis ce jour, je reste convaincue que ce n'était pas notre imagination qui nous jouait des tours mais bien Nicolas nous faisant un dernier signe avant de poursuivre sa route.

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