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Shadow
L’espoir

de Danny DeSorel

Attention, ce récit comporte des passages extrêmement violents pouvant ne pas convenir à un jeune auditoire




2037
Quelque part dans une rue sombre de Seattle


La naissance d’un espoir


La lune éclairait tant bien que mal la petite ruelle salie par des années de poussières et de rebuts divers emportés et déposés pour la plus part par l’effondrement des nombreuses tours et grattes ciels qui formaient le coin commercial de l’ancienne métropole qu’était la ville de Seattle. Ce secteur n’était plus que ruine, dévastation et maladie. Le temps était humide comme toujours dans l’ouest du pays, et on pouvait décerner quelques petites lueurs ici et la au travers de certaines fenêtres dont les vitres avaient presque toutes été cassées par le choc de l’explosion une dizaine d’année auparavant et où s’abritaient toute sorte de gens dans ces refuges de fortune utilisés par une population en constante et progressive décadence.

Un homme courait dans la ruelle, tirant de son mieux une femme derrière lui. Celle-ci avait évidement de la difficulté a suivre son compagnon, car elle cachait tant bien que mal son ventre sur le point d’exploser
de sa seule main libre pour le moment, l’autre étant tirée de toute part par l’homme qui lui disait de courir plus vite.

- Vite, cours chérie, ils sont à nos pas.
- Vite, haahh , vite hhhaahh, j’aimerais bien t’y voir toi à ma place ffffoouuuuu.

Il ne ralenti pas le pas pour autant, et la femme semblait exténuée de ces efforts surhumain pour elle vu sa petite taille et surtout son état, mais qui était presque banal pour l’homme qui lui tenait la main. Derrière eux, à moins de 200 mètres on entendait des chiens aboyer dans une cacophonie, voir un désordre total et des voix humaines qui criaient des trucs du genre "cherche" ou "allez bon chien". Pour compléter le tableau auditif, des jeeps des forces de l’ordre faisaient retentir le bruit de leurs moteurs gonflés par des silencieux que l’on aurait presque pu appeler amplificateurs et se solda par le pire son qu’une personne en course ne voulait vraiment pas entendre, celui d’un hélicoptère de l’armé qui s’approchait à toute vitesse de leur position.

L’homme qui paraissait assez musclé était vêtu d’un sombre costume qui ressemblait à s’y méprendre à de l’équipement militaire désuet, mais qui semblait encore être en excellent état malgré son âge avancé. Ses bottes lassées cramponnaient la chaussée rendue glissante par le mélange de pluie et de poussière/sable qui la recouvrait et en produisait presque une boue typique des Everglades mais ils réussissaient tout de même a prendre un peu d’avance sur leurs pourchassant et leur équipement qui heureusement pour eux, étaient ralenti par des obstacles inhérents à la situation chaotique de la ville.

La jeune femme qui le suivait était habillée de couleurs sombres elle aussi, à cette intensité de lumière, on ne pouvait en distinguer exactement la couleur, cela ressemblait à un brun ou vert foncé. Assez foncé pour pouvoir se dissimuler facilement dans le cas d’une visite importune ou fâcheuse surprise. Chaussé pour sa part de bottes de caoutchouc, ses pas étaient presque complètement silencieux, comparé à ceux de l’homme qui ne cessait de lui tirer la main et lui répétant de faire plus vite, qu’il ne fallait pas tarder, qu’ils étaient à leur cul etc.

Quand ils eurent finalement tourné un coin de rue assez dégagé, même à comparé à un ville ou rien ne se serait jamais produit de catastrophique pour la rendre en déconfiture comme c’était le cas pour Seattle, l’homme accorda une pause minime à sa compagnonne le temps de trouver une solution à ce délicat problème, comment s’en sortir vivant tous les trois.

- On est dans la merde pas à peu près songea t’il pour lui-même. Mais il se garda de confier ses craintes a la jeune femme qui l’accompagnait.

- Joan, Joan tu es la ? Si tu es la ma vielle, c’est le temps de me répondre. Gronda t’il dans sa radio. Mais ces demandes répétitives restèrent sans réponses.

C’est alors que tout se précipita beaucoup trop rapidement à son goût, un des hélicoptères qui tentaient de les suivre à la trace passât au dessus d’eux, à environ seulement 50 mètres au dessus de leurs têtes, éclairant sous son passages les rues, les ruelles et les recoins avec un puissant projecteur relié à la base de sa carlingue. Un rond de bitume craqué illuminé d’environ 8 mètres de large passait tout près d’eux mais ils ne se firent pas apercevoir de leur emplacement, adossés sur le mur d’une ancienne pharmacie populaire pour l’époque et protégé par le rebord du deuxième étage qui devançait d’environ un mètre par-dessus le trottoir question de donner une chance aux éventuels clients de se protéger lors des nombreuses journées de pluie torride fréquentes à cet endroit.

Poussé par une volonté de vivre et une surdose d’adrénaline, tout en examinant attentivement de chaque coté de lui, il aperçu enfin un espoir, si minime soit-il, mais qui fut complètement remis à zéro par un cri terrifiant de douleur poussé par la jeune femme, elle était en train de perdre ses eaux.

- Merde, merde et merde… Ce n’est pas le temps ma chérie. Pensa t’il. Mais encore une fois, il ne dit rien à la jeune femme sur cette pensée, cela n’aurait évidement pas aidé du tout.

Il regarda encore de plus près les alentours, et par chance, ou le destin, il vit juste de l’autre coté de la rue ce qui semblait être une petite lueur qui brillait sur un coin de métal du bâtiment voisin au travers d’une fenêtre de ce qui était une ancienne boutique de linge.

- Regarde chérie, nous pourront nous cacher la bas, tu te sens d’attaque pour ce petit sprint ?

Elle regarda d’un air crédule l’autre coté et aperçu à son tour la lueur dont il venait de lui faire remarquer la présence.

- Oui je crois pouvoir m’y rendre, mais je ne peux plus courir, ni marcher par la même occasion. Elle s’était affaissée sur le trottoir, trop épuisée par cette course inattendue et vraiment pas appropriée pour sa condition.

Il la regarda d’un air triste, car il savait bien qu’elle était à bout, mais il avait deux choix, soit de ne pas abandonner ou mourir. Il choisit de vivre et n’écoutant que son cœur, il prit la jeune femme dans ses bras le plus délicatement possible et, profitant d’un moment de répit de l’hélicoptère, traversa la rue en courant le plus vite possible malgré son précieux fardeau sur l’épaule comme une poche de patates qui gémissait de douleur.

Une petite famille pauvre était en train de manger discrètement à la lueur d’une chandelle quand tout à coup, un bruit sec vint faire craquer la porte de derrière avec un fracas de vitre cassée et un bruit de bois qui se déchire. D’autres objets étaient placés derrière la porte, des vieux bibelots rapiécés pour la plus part qui ne feraient que retourner d’où ils venaient, c'est-à-dire aux poubelles. Deux enfants qui devaient avoir entre 3 ou 5 ans firent un saut et hurlèrent de peur en voyant l’inconnu entrer avec un tel fracas et sans invitation. Ils étaient vraiment pauvres à voir leur habillement et la qualité de leur repas. Le père (ou ce qui devait probablement l’être) et la mère restèrent eux aussi bouche béée à la vu de l’homme et de son colis inattendu.

- Vite, un lit. Cria t’il en regardant autour de lui sans trop prêter d’attention à la petite famille qui séjournait dans ce qui leur servait de cuisine/salle à manger.

- La bas! Désignait la mère en pointant du doigt un coin sombre.

- Éteignez cette foutue chandelle et venez m’aider. Presta t’il en direction de la famille en général, sans aucune distinction entre l’homme et la femme.

Il fit quelques pas et entra dans une minuscule pièce qui avait été transformée en soit disant chambre à coucher, un matelas était par terre, avec seulement quelques vieux morceaux de tissu qui faisait fit de toute hygiène respectable. Un petit meuble était au coté du matelas, et on voyait traîner un vieux tas de linge sale (quoi que je doute que le terme linge propre eu aucune signification pour la petite famille) sur le bord du mur. Il déposa la jeune femme le plus délicatement possible sur le matelas et demanda à l’autre femme de venir l’aider à accoucher. Elle venu immédiatement aider en demandant à son mari de s’occuper de finir de faire manger les enfants, moitié par pitié pour cette jeune femme qui semblait vraiment prête et à moitié par peur de ce grand homme musclé qui ne demandait rien, il exigeait.

- 10-4 Skywatch, bien reçu. Une pharmacie vous dites, on y est presque, gardez votre position la haut et ouvrez l’œil. Fit le passager d’une jeep sur le point d’arriver ou pensait il se trouvaient leurs proies la dernière fois ou ils avaient étés repérés.

La jeep ralentissait maintenant rendu presque à la hauteur de l’immeuble qui servait de planque aux deux personnages en fuite. Il scrutaient nerveusement les environs, éclairant ici et la au hasard avec leur propre projecteur respectif, lui et son compagnon qui tenait le volant de la jeep. Trouver cet homme et apporter le mort ou vif, tel était leur consigne. Aucun des hommes de main ne posait de questions sur les ordres, surtout pas un qui avait été commandé sur ce ton en particulier et venant de la part d’un si haut gradé des nouvelles forces de l’ordre.

Ils arrêtèrent la Jeep juste devant la pharmacie, et descendirent de celle-ci, chacun de leur coté arme bien en vue, comme si ils en étaient fiers.

- Skywatch, ici l’unité 144, pouvez vous vous éloigner un peu d’ici ? Vos moteurs sont trop bruyants en on peu même pas s’entendre ici.

- 10-4 144, on s’éloigne mais restons dans les environs au cas ou.

- Merci, à espérer qu’on n’aura pas besoin de vous pour la suite. Over.

L’hélicoptère fit un mouvement de rotation sur lui-même et disparu dans le ciel noir, laissant un silence et une obscurité à donner la chair de poule. Mais, comme pour justement faire mentir cette dernière phrase, un cri de douleur féminine se fit percevoir d’en face, à peu près devant la pharmacie mais de l’autre coté de la rue. Un cri comme peu d’hommes aiment entendre. Soit celui d’une torture inhumaine, ou d’une femme qui accouche. Ils venaient de trouver leur homme.

- Tu as entendu ? Demanda le plus petit des deux.
- Oui. Fit l’autre, plus solide de nature.
- Allons y.

Les deux hommes traversèrent furtivement la rue, prenant soin de bien regarder partout, arme bien chargée et disposée à faire feu sur quiconque bougerait ou leur donnerait juste une occasion de tirer sur une cible mobile. Le plus petit, qui semblait aussi être le plus fin arriva le premier, et ordonnant à l’autre de l’attendre en silence, d’un bon coup de pied solide, fit sauter la porte de devant sans problème et entra en faisant rugir sa mitraillette en tirant partout à l’aveuglette. Le second restant sur le trottoir pour assurer la protection de son confrère militaire. Ce fut une excellente chose pour lui, car aussitôt la porte ouverte et sa petite hystérie finie, un sifflement presque inaudible se fit entendre, suivi d’un petit son sourd. Le militaire sortit de l’immeuble en criant et se tenant la gorge, il saignait abondamment et ne fit qu’environ 10 pas avant de s’effondrer en plein milieu de la rue. Immédiatement, une immense marre de sang frais se délesta de son corps presque inerte, suivant les pulsations de son cœur ainsi laissant l’homme agoniser pour quelques secondes de plus avant de lui donner son du, la mort.

L’autre qui avait été témoin involontaire de la scène ne perdit pas une seconde de ce temps qui était désormais si précieux, et pris sa radio pour alerter le reste des troupes qui ne suivaient pas trop loin.

- Mayday, Mayday nous avons été attaqués. Brent est mort. Hurla l’homme dans son micro tellement fort que ses compagnons n’entendirent presque rien.
- Je suis au coin de la 35 ième avenue et de McCarthy dépêchez vous je vous en prie. Ce fut ces dernières paroles.

Le même petit sifflement se fit encore entendre, et encore une fois, le minime bruit sourd qui ne cachait plus sa signification mais montra toute sa vigueur par la mort encore plus rapide que le premier, du principalement au fait que ce deuxième soldat avait vu mourir son compagnon devant lui, et son cœur battait encore plus rapidement que le premier qui évidement ne se doutait de rien, forçant le sang a se retirer de son corps par l’incision presque chirurgicale de l’arme qui l’avait touché à la gorge, peu importe ce qu’elle était. Il tomba sans avoir changer de position, sur le trottoir abritant l’immeuble.

La jeune femme criait à tout rompre, l’enfant ne sortait toujours pas et l’homme tentait tant bien que mal d’assister à la mère de famille qui tentait désespérément d’encourager la petite forme qui se trouvait à l’intérieur, mais ne pouvait pas vraiment faire grand-chose, la nature se devait de faire son chemin, et ce n’est pas personne qui va changer ça. Tout à coup, comme si un réel danger se préparait, on entendit l’hélico disparaître dans la nuit, laissant place à un silence vraiment pas rassurant. Des lueurs de projecteurs se mirent à pénétrer la pièce et éclaira quelques secondes un cadre montrant la petite famille dans des jours si on peu dire ainsi, plus heureux. Pris d’un sentiment d’inquiétude, l’homme quitta momentanément la dame et l’encouragea à continuer son bon boulot, ce qu’elle fit même si il ne lui avait pas demandé, ayant elle-même vécu un accouchement plutôt laborieux quelques années par le passé.

Il n’était pas encore sorti de la petite pièce qui servait de salle d’accouchement temporaire qu’il vit la porte se briser devant lui en retombant sur le sol. Il n’eut que la présence d’esprit de se jeter par terre et de rouler pour éviter ce qui lui semblait incontestable, une fusillade. Comme prévu, le soldat tira sans vraiment regarder ni pointer de cible, ce qui fut sa perte, car après 10 secondes de tirs hasardeux. Il ne vit jamais ce qui lui trancha la gorge en une fraction de seconde mais réussi tout de même à sortir en courant de la boutique. Se relevant aussitôt après avoir entendu l’autre militaire appeler du secours, le mystérieux tireur courra jusqu’à la porte arrachée et envoya valser l’autre militaire dans l’au-delà de la même façon. Mais pas assez rapidement, car celui-ci avait eu juste le temps d’avertir les membres de son détachement et il est certain que des renforts arriveront sous peu.

Il retourna dans la pièce ou se trouvait sa jeune compagne, mais s’aperçu que les deux gamins et le père étaient étendus sur le plancher. Tous avaient été atteints de plusieurs balles. D’autres innocentes victimes de cette ironie du sort qui avait projeté les USA dans cette impasse sociale. Les murs étaient eux aussi de victimes muettes de cette fusillade insensée. Il devait avoir des centaines de trous un peu partout dans les murs et les minimes objets formant office de meubles dans leur petit logis et il se demandait si la jeune femme qui servait de sage-femme était touchée, ou pire encore, sa douce et précieuse amie. Il fut rassuré un instant quand il aperçu l’infirmière improvisée toujours affairée entre les jambes de sa femme dans la même position que deux minutes auparavant, mais fût aussitôt sidéré par la vision qui s’offrait maintenant devant lui, sa douce étendue sur le lit jambes ouvertes presque involontairement à présent et incapable de les refermer en partie à cause de la femme entre ses jambes, avait été touchée à la poitrine par un des nombreux projectiles lancés au hasard un instant qu’elle était à moitié relevée pour tenter d’aider le bébé à sortir de son ventre.

- Elle a été touchée, elle est touchée. Meugla la dame en direction de son visiteur visiblement en état de choc.

Il arriva aussitôt à la hauteur de sa jeune amie, qui respirait difficilement, ayant été atteinte au poumon droit trahi par la déchirure dans son pull et la tache de sang qui commençait à s’y former. Décidément, c’était sa pire journée et il en avait vu des choses dans sa vie à voir les traits et les cicatrices qui formaient maintenant son visage qui avait été dans des jours meilleur la fierté de ses parents mais jamais quelque chose d’aussi insupportable, la vue de celle qu’il aimait agonisait et était à vivre les derniers moments de sa jeune vie.

- Il est, il est… ayant de la difficulté à parler dans toute cette tumulte, coincé. Finit elle par dire.
- Coincé ? Comment ça coincé ? Ajouta l’homme.
- Il devrait être sorti mais quelque chose le retient. Répondit la femme sous le point de perdre connaissance.

- Non non c’est pas vrai, quoi encore ? Un iceberg peut être ? Pensa ironique l’homme.

Le corps du bébé commençait à descendre, lui informa la dame. Il s’approcha de sa jeune et fidèle complice lui tenant la main presque trop fort. Elle eu à peine la force nécessaire pour remarquer sa présence et senti sa main moite et tremblante dans la sienne. Elle la serra de toutes ses forces en guise d’encouragement mais ce n’était pas suffisant, elle connaissait trop bien la suite, comment cette journée allait finir pour elle. "L’iceberg" en question apparu soudain comme il l’avait fait plus de cent cinquante ans passées lors du célèbre événement de 1912, étant représenté ironiquement cette fois ci par la menue épaule du bébé se heurtant contre la paroi intérieur de sa mère et ce faisant, plus la mère poussait, plus son épaule se coinçait contre ces parois et plus il approchait d’une mort certaine, horrible. Mort avant même de naître. Tel était Seattle en 2037.

D’un signe de la tête, elle demanda à son partenaire de vie de rapprocher son oreille de sa bouche. Quand il fut parvenu à quelques centimètres de celle qui devait pourtant finir ces jours avec lui, elle serra tellement fort sa main qu’il senti la sienne pleine de crampes, omettant par le fait même toute tentative de pousser le bébé hors de son corps, il vivait l’horreur, mais rien à comparer à ce qu’elle lit dit alors dans le creux de l’oreille.

- Sauve le bébé, sauve notre fille, je n’y survirai pas. Grimaça t-elle réussissant presque à cacher son désespoir une fraction de seconde. Tu sais maintenant ce qui te reste à faire. Fais le pour moi, fais le pour elle, et fait le pour l’espoir. Elle ajouta ensuite la phrase qu’il ne désirait pas entendre, pas en ce moment.

- Je t’aime. Ce furent ces derniers mots, presque inaudibles. Elle tomba inconsciente et ne se réveilla jamais, son dernier coup de cœur allait très bientôt suivre, une question de secondes.

Ces mots entrèrent dans sa tête comme une balle de .303 à impact progressif. Non, elle ne pouvait pas lui demander de faire ça, pourtant il savait très bien que c’était la seule solution. Plus rien n’allait être comme avant. Sa vie venait de chavirer en moins de dix minutes. Il ne resta dans cette position plus de quelques secondes à lui tenir la main dans la sienne, en essayant de trouver une autre solution. Ce ne fut pas le cas, elle avait raison, c’était la seule solution. Mais comment pourrait il être capable de faire ce qu’elle lui demandait? Ce geste d’une perversion extrême. Soudain la réponse à sa question apparut, la dernière qu’il voulait entendre, des jeeps, plusieurs jeeps revenaient pour sauver leurs camarades, puis des aboiements se firent entendre, et suivi quelques secondes après de l’hélico qui revenait en trombe. Ils étaient pris. Il ne lui restait que la solution la plus moche, celle de son amour.

Dix secondes seulement s’étaient écoulées depuis qu’elle avait fermé les yeux, dix secondes tellement précieuses dans la vie de cet enfant, basculé entre la vie et la mort comme une quenouille se balance au gré du vent. Ce n’était que le début de l’horreur. Avec un sang froid incomparable à rien d’autre qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’affronter car ce geste était d’une importance incommensurable pour la survie de la petite malgré sa cruauté, il sorti un long couteau de chasse et extirpa le bébé du corps maintenant rendu insensible de sa défunte amoureuse. La petite Faith lança son premier cri dans ce monde inhumain, lancée dans la vie à la pointe d’un couteau. D’un geste maternel, la dame avait enrobé la petite dans une couverture sale mais tout de même chaude, en prenant soin de ne pas trop brusquer la petite.

L’homme pressé par le temps la remercia de tout, s’excusa lamentablement de son mieux de la tournure des événements et s’enfui juste avant que le reste de l’armé n’entre dans l’édifice et ne rase tout ce qui en restait sur son passage avec toute la force et la malice nécessaire pour faire de ce travail une vengeance ultime. L’homme quand a lui s’empressa de sortir par la porte ou il était entré, en se ruant dans les rues de la ville en ruine avec la petite Faith, des larmes coulaient de ses deux yeux, le contraignant à se concentrer devant lui afin de pouvoir sortir la petite et lui de cette apocalyptique journée. . Il sorti sa radio une dernière fois.

- Joan tu es la ? Mais il n’eut que réponse un grichement d’ondes.

Soudain, contre toute attente la radio émit un son, puis une voix familière

- Joan est pas la, c’est Rick ici, qui est la et que lui voulez vous ? Demanda une voix qui semblait jeune.

- C’est moi, Luke, dis à ta maman que les choses ont mal tourné ici. Elle comprendra certainement. Je dois quitter, il y eut une pause d’environ 15 secondes

- Je ne reviendrai plus jamais. Je dois m’occuper de ma fille maintenant. Adieu et qu’il vous protège.

Il ferma sa radio et s’en fut dans la nuit, sa petite perle bien emmitouflée dans ses bras sans attendre la réponse de son interlocuteur.

- Faith, c’est le nom que ta mère et moi avions choisi pour toi, j’espère que tu seras digne de ton nom ma puce, tu es maintenant mon espoir à moi. Il cru apercevoir un petit sourire se former sur le visage encore humide et toujours légèrement bleuté de la petite Faith.

On n’entendit plus jamais parlé de Luke, de sa femme ni de la petite Faith à Seattle.


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