Le hall de gare
de Christophe Henry



Quand je suis enfin arrivé dans le hall de gare, je me suis aperçu que je n'avais pas manqué mon train en consultant le tableau d'affichage devant moi. J'avais en réalité quelques minutes à patienter. C'était un train important pour moi, mais pas autant que je l'aurai cru en cet instant.

Le hall de gare était un peu calme, ce lundi matin. Rien à voir avec le brouhaha des heures de pointe. Et là, je me suis mis à rêver. Tout seul dans mon coin. Plein de choses passaient dans ma tête : les vacances, les amours, les amitiés, les rires, les pleurs…

Et tout d'un coup, j'ai été sonné par la parole féminine sortie tout droit du haut parleur placé à côté de moi :
- le train à destination de Marseille part dans une minute. Merci de dégager les voies au départ du train ! »

Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

Je prends ma valise.
Je réajuste ma veste.
Je commence à courir.
J'évite de justesse des enfants.
J'arrive dans le tunnel.
Les portes coulissent.
Je cours.
J'arrive au bas du quai n°1.
Je prends l'escalator.
Trop lent !
Je gravis les marches deux à deux.
J'arrive au sommet.
La lumière du jour.
Le train.
Je monte les marches.
Je passe la porte.
Ma valise la cogne.
Tant pis, j'y suis.
Je m'installe.
Siège n°9.

A peine installé, mon téléphone portable sonne.
Ma mère en ligne.
Nous discutons.
Et là, à un moment, elle me coupe la parole et me dit :
« Elle te manque !! »


Elle le savait !!
Je le savais aussi, depuis le jour où cette fille m'a parlé de Julien.
A cet instant, elle a piqué mon cœur caramélisé.
En plein dans le mille !!
Je l'aime mais je ne l'ai pas.
Lorsqu'on m'a dit, « Quand on n'a pas ce que l'on aime, Il faut aimer ce que l'on a. »
Je n'y ai pas réussi : je pense toujours à elle.


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