Coup de foudre
de Christauphe



2 sœurs de 12 et 14ans, s'ennuie par ce dimanche pluvieux d'automne, elles fl‚nent à travers la maison, avant que l'aînée ne se sente inspirée par le grenier, qui renferme bon nombre de vieilleries.
Durant un long moment, elles s'amusent par de multiples découvertes, des v'tements d'autrefois, des photos en noir et blanc. Puis au fond d'un carton ramolli par l'humidité, elles tombent sur une boite métallique, celle-ci dévoile des écrits de leur père, datant d'avant leur naissance. Parmi ces feuilles déposées sans ordre, une enveloppe non fermée, avec non pas un destinataire noté mais un titre : - mon plus beau souvenir ª. Les 2 filles complices prennent la lettre pour la lire dans leur chambre. Le contenu est tout simplement, leur père qui décrit le coup de foudre pour une femme, qui avait croiser sa route dans le quotidien de son travail, avec une poésie qui les émeus. La plus jeune pense que cette femme était présente avant leur mère, alors que la plus ‚gée, plus r'veuse, ne veut croire qu'une femme plus belle que sa maman ait pu atteindre le cœur de son cher papa. Elles vont ainsi questionner leurs parents sur la manière dont ils se sont rencontrés. La mère prend la parole, elle explique que leur père n'a plus en t'te les détails, car peu de temps après qu'une étincelle naissent entre eux, il eut un accident qui lui fit perdre la mémoire sur cette période. Etant très éprise de cet homme, qui avait su l'écouter, la voir, la valoriser, elle leur explique ne pas avoir baisser les bras pour le séduire, repartant à zéro, car il avait oublié tous les nouveaux entrants dans sa vie, et du se redécouvrir l'un l'autre, précisant que le cadre professionnel de leur rencontre n'avait rien simplifier.
- Maman ª dit la r'veuse, - est-ce que Papa était amoureux de toi avant l'accident ? ª
- Je l'ignore ma fille, j'avais l'impression de lui plaire, mais sa grande timidité ne m'a jamais permis de le savoir ª. Les 2 sœurs comprirent qu'elles détenaient la réponse à cette interrogation.
- Maman, nous avons fouiné dans le grenier et trouver cette lettre, la lire devrait te plaire ª.
Elles avaient un sourire étincelant, avec la certitude de faire un cadeau à leur mère. Elle pris la lettre, l'a lu à haute voix devant son mari, et ses filles :
- Une belle journée d'été, la température plutôt élevée dans les bureaux, je quitte mon poste de travail pour prendre la direction du week-end ! :-)
Je passe brièvement dans le bureau du boss pour le saluer, l'esprit déjà ailleurs, loin du travail. Je passe le pas de la porte et le vois face à une jeune femme, face à leur profil, je ne devine qu'à peine le visage de cette femme, ses pieds ont quitté ses chaussures, puis deux secondes après mon entrée, je m'adresse à lui,
et enfin je les salue afin de rapidement prendre congés. Elle tourne à cet instant la t'te pour me retourner la politesse, croisant son regard, trois secondes,
Je senti une sorte de vive fouge intérieure, parcourant mon corps telle une euphorie incroyable, une sorte d'orgasme oculaire, je pris presque la fuite sur l'instant,
N'ayant aucune raison, bien heureusement pour moi, de resté là planté debout, à me sentir piquer le phare d'Alexandrie.
Je monte dans ma voiture complètement hébétée par cet instant, hypnotisé par le chant de cette sirène. Ma conclusion fut rapide, "croise les doigts pour ne pas la recroiser, ou pas avant d'avoir maîtrisé le yoga !". Il était clair pour moi d'une chose, c'est que cette émotion, bien que famélique sur la durée, m'était jusque ici inconnu. Jamais, je n'avais flashé sur le corps et l'esprit d'une femme en m'me temps. J'ai eu cette impression de la connaître, de savoir qu'on était fait pour s'entendre. Je ne pouvais me dire, ce qui en était la raison, impossible de comprendre pourquoi cette attirance. Je me fermai alors sur la pensée que cette émotion ne pouvait 'tre réciproque, je ne devais espérer lui plaire.
Des mois passèrent avant de recroiser cette sirène, subrepticement au détour d'un couloir, ce qui me conforta dans l'idée de rester loin d'elle. A plusieurs occasions par la suite, mais toujours de manière impersonnelle. Mes craintes furent très vives le jour où elle m'appela pour des besoins de service, je me retrouvais dans de beaux draps, impossible de lui refuser un service, lui répondant trop gentiment, à la
Limite de sympathiser. Après quelques échanges, c'était le cas, deux personnes de nature ouverte, généralement s'entendent, avec une forme de courtoisie de rigueur, une sorte de micro estime, le fait de ne plus 'tre inconnus. Il m'a fallut prendre le recul et le détachement nécessaire afin d'éclaircir mon esprit,
d'autant qu'après un tchat sur un site communautaire, j'avais frisé le ridicule dans mes propos, ne sachant pas quoi dire pour ne pas lui dire. Petite analyse obligatoire, le bilan, je suis un homme courtois, sympathique et serviable, nombreuses sont les femmes qui apprécient mon naturel, on me dit souvent que je ressemble à quelqu'un que l'on connaît, soit une bonne t'te passe partout, une personne simple, plutôt lisse. Incapable de séduire, charmeur d'un autre temps, ma cours aux femmes n'a jamais trouvé preneuse, ce sont toujours elles qui m'ont choisi, et ce toujours après avoir passer le stade des confidences. Le résultat était parlant, ne rien tenter, il est préférable de ne pas lui imposer la g'ne occasionnée par le fait de dévoiler une attirance dont elle ne saurait que faire, et passer du - gentil garçon ª, au - mec relou ª, à qui elle aurait mis un r‚teau. Ne rien changer à ma façon d''tre, elle ne mérite pas que je sois d'un coup désagréable, avec le temps mon ressenti s'atténuera. Et surtout ne pas espérer qu'elle puisse 'tre tentée par moi, je ne réponds pas à l'idéal masculin, seul mon esprit peut retenir l'attention, et tant que nos semblants de discussions resteront évasifs, je continuerais d'ignorer ce qu'elle est, et ainsi, je ne pourrais jamais en tomber amoureux !
Ces derniers jours ont occasionné quelques changements, moi qui commençais à gérer mes émotions face à elle, sa sympathie à mon égard se confirme. Je croise les doigts de découvrir rapidement que son cœur bat la chamade pour un autre, afin que ce flot d'inspiration dont cette Muse m'inonde, cesse de raisonner en moi tel un élan romanesque, où toutes les folies et dérisions de l'Amour, vibrent à l'unisson dans ces mille et unes histoires, où je suis celui, qui de part mes sentiments sculpte son sourire.
Je me rends définitivement compte que je suis mordu de cette femme, ces instants passés en sa présence, m'ont parus divins, rien avant dans mon existence ne fut plus savoureux, son sourire rayonnant, son regard sublime, son charme déroutant, puis le désert d'un mirage qui prend fin.
Des images de cet instant de vie, me rebondissent dans la t'te, que mes yeux soient ouverts ou fermés,
Distillant par la m'me occasion de légers chatoiements d'électricité statique sur mon épiderme, de petits flashs sensitifs ravivant ce souvenir. ª
Elle le regarda les yeux larmoyants, il était extasié de ne plus l'ignorer, se prenant la main, les doigts entrelacés, un rayon de soleil traversa la pièce, ils comprirent que cet instant magique, vivait toujours.




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