2 courtes nouvelles
de Charline Builles



Pour toi Grand-mère...

Ses lèvres délicatement posées sur ma joue, elle me dépose un léger baiser comme si elle voulait me dire "Adieu" à tout jamais. Je la suivis du regard...
Elle alla rejoindre mes parents, me regarda droit dans les yeux, le regard fier, elle me prit la main, et, en m'adressant un sourire me dit :
- Tu es devenu une jeune fille. Je suis si fière de ce que tu es...

Des larmes coulaient sur son doux visage, mais elle s'efforçait de garder le sourire. L'émotion me souleva le c&Mac254;ur, à mon tour, je versais des larmes. Elle me supplia d'arrêter, en les essuyant. Elle me dit qu'elle ne serait pas éternelle, et que les derniers instants qu'elle voulait vivre en ma compagnie, étaient des moments merveilleux, sans larmes, sans pleurs, des moments de bonheur intense où nos sourires resplendiraient...
Elle m'emmena dans un parc, qui se situé non loin de chez moi. Nous y venions souvent, accompagnées de ma s&Mac254;ur et de mon frère, pour jouer ensemble. Elle sentait que la fin allait être proche, et me dit que ce serait sans doute la dernière fois que je viendrais ici en sa compagnie...
Mon regard s'attrista, mais je ne voulais pas lui faire voir que j'aillais fondre en larmes, mais je savais qu'elle le sentait. Elle qui me connaissait par coeur, comment aurait-elle pût ne pas le voir ?
Elle me prit la main, et m'emmena au milieu des fleurs... Ce lieu me rappelait la colline devant chez elle, que je m'amusais à franchir étant plus jeune... Je ne pouvais pas la descendre seule, il me fallait que quelqu'un m'aide pour cela. Elle était toujours là pour le faire. Je savais que désormais, il fallait que je le fasse toute seule, qu'il me fallait vaincre mes peurs...

Grand-mère, je me rappellerai toujours de ce moment comme d'un moment des plus importants de ma vie... Tu m'as aidé à y voir plus clair. Tu m'as ouvert les yeux, et m'as dit de me battre. C'est ce que je m'efforce à faire continuellement, même si cela devient de plus en plus difficile. Tu m'avais dit que lorsque je rencontrerai enfin le grand Amour, il ne fallait pas que j'oublie ma famille, car personne ne pourrait briser le lien que nous avons eu...
Aujourd'hui, je vis le grand Amour, et je ne t'ai pas oublié... Tu restes la femme que j'ai tant voulu imiter, celle qui m'a éduquer en quelque sorte, malgré tout ce que ma s&Mac254;ur pensait en secret sur toi, je n'ai toujours vu que du positif dans ton c&Mac254;ur. Je regrette que mon père n'ait pas tenu de toi... Non pas que Grand-père est été mauvais. Bien au contraire, mais je n'ai pas eu le temps de m'apercevoir de sa bonté...

Je te promets d'essayer d'être à la hauteur, mais je ne pense pas pouvoir y arriver seule... Tu seras à tout jamais gravée dans mon coeur Grand-mère, et je veux que tu saches que je t'aime énormément, même si j'ai eu peur de te le dire lorsque tu étais encore à mes côtés... Saches que maintenant, je le regrette fortement... Je t'aime...



Je m'en rappelle encore...

Je me rappellerai toujours de cet instant... Je me baignais dans le lac, en compagnie de Mélaine... Insouciantes et pleines de rêves, nous nous amusions dans l'eau... Nous allions souvent au bord de ce plongeoir en bois, pour atterrir dans l'eau.

Tout d'un coup, fatiguée, je voulus prendre un gâteau à la serviette. J'en demandais un à mon parrain. Il avait les yeux à demi fermés. Je crus d'abord qu'il dormait... Je m'aperçus très vite qu'il était plus qu'endormit...
Ma mère arriva derrière moi, et m'éloigna. Je vis des gens l'encerclaient. Je ne pouvais plus le voir...
Ma s&Mac254;ur me prit dans ses bras...
J'étais perdue, je ne savais pas ce qui m'arrivait, ni même ce qui se passait... Mélanie, peut-être pour s'empêcher de pleurer, me dit alors de jouer avec elle. Je n'étais pas d'humeur, et lui répondit que notre oncle venait de mourir. J'ai ensuite regretté la façon dont je lui ai parlé... Je me suis assise dans le bateau qui se trouvait derrière moi, et faisait semblant de le conduire... Ma tante me prit à son tour dans ses bras...
Je fermais les yeux, et pleurait avec elle... Cindy, fit de même. Cindy était sa fille, donc ma cousine... Elle me serra fort contre elle, ainsi que Mélanie... Ma mère dit à Mélanie et à Moi, d'aller voir sur la terrasse, au loin... Nous trouvâmes le bar. Il y avait là un perroquet. Nous nous amusions à lui dire des choses pour qu'il répète après nous, mais cela ne servait à rien, il ne réagissait pas... Déterminée à revoir mon parrain, je retournais près des sauveteurs, qui me repoussèrent... Je voulais le prendre dans mes bras, mais ils m'en empêchaient... Peu après, un avion de sauvetage alla le chercher pour l'emmener dans l'hôpital le plus proche... Ce fût la dernière fois que je le vis...

Nous sommes rentré chez moi de suite après... Je parlais à Cindy dans ma chambre, lorsque ma mère, postée devant la porte, me fit signe de venir... Je la rejoignis...

Elle m'emmena dans la chambre voisine, celle de mon grand frère, qui était en travaux, _ je me rappelle encore de l'odeur de bois frais, qui était à l'intérieur..._ et me dit que mon parrain était partit dans le Ciel... Elle me dit de ne pas en parler à Cindy, cela risquerait de lui faire du mal...

Je n'ai que ce souvenir de sa mort...

Deux ans plus tard, Cindy mourut à son tour, d'un accident de scooter...


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