Framboise
de Artin Lemy


Mon pas s'accéléra à Saint- Lazare.
je m'incrustais parfaitement avec le décor, avec ces gens, qui me regardaient à peine...
Ou peut être de vieille dames, portant des sacs à main en cuire, qui me jetaient des coups d'œils, bizarre.
On ce juges malgré nous, seul dans cette arène.
Une pause.
TIK TAK fait les talons d'une jeune femme.
Malgré le bruit, les appelles démesurés, je tandis l'oreille puis l'entendis.
18h26
Comme souvent,
je vis ce désastre funeste
Cette provocation.
Une Framboise, portait son jean. Sur sa fesse droite. Ce fruit parfumé et comestible, composés de petites drupes distinctes.
Une framboise presque écarlate. Brûlant un oeil, fondant l'autre. Me laissant aveugle, dans ce désespoir.
Cela aurait pu être une orange, une pomme, une carambole, peu importe.
J'avais faim. Une faim de loup, comme on dit. Mon ventre gargouillais. Mes gencives attendaient Cette substance...
Elle regardait sa montre, et fouiller dans son sac bleu.
Elle vilipendait, fière d'être le sexe fort, laissant mon corps gesticuler, impuissant.
J' ajusta ma chemise, me racla la gorge, frotta mon oeil en coin, puis les poches vident avança...
C'est une liste qu'elle me tendit. Une liste de malheur , longue, décourageante à mes yeux:
“Le framboisier te donne la permission de manger ces juteux fruits mais à une condition!: de te dévouer à moi et m'acheter:

Une Mercedes, un portables GSM, un maillot deux pièces, résoudre tout mes problème.
Une montre en or, un collier en diamant, graver “je t'honore”, m'acheter des collants.
Des chaussures légères, des produits de beautés, une pièce sans courant d'air, un bon p'tit déjeuner.
Des biscuits pour maigrir, un compact écran plat, des légumes à cuire, un baladeur MP3.
Des chaussettes en laine, un lecteur DVD, graver aussi “je t'aime”, à l'entrer des WC.
Un appareil photo numérique, six sacs fermoir, ma chirurgie esthétique, un manteau en cuire noir.
Un monte- escalier, des strings taille basses, un pouf tabouret, une très grande terrasse...
Un week-end à Venise, m'abonner à ELLE, me dire “t'a pas de ride”, un rouge à lèvre Chanel.
Un petit bikini, une jupe en jersey de coton, des lunette Gucci, un sérum anti-capiton...
vingt milles orgasmes, des blagues à volontés...”

Je m'arrêta la. Il y en avait encore une dizaine, comme celle -ci, recouvrant mon cœur, tout ces petits bruits.
“Je serai tienne, reprit-elle, si tu t'abstient à mes règles. Sinon... je disparaîtrais à tout jamais.”
Elle prit un air étrange en disant cela. Un air qui disait “je maîtrise” , et qui me rabaissais en un regard. Un regard vif. Comme si on aspirait en un coup sec les petites briques de jus d'orange avec une paille. Elle devait avoir ce plaisir la.
Me voyant ne pas lui répondre, elle répéta: “ à tout jamais...”
“A tout jamais, lui dis- je”
A ma grande stupeur, je venais de refusait l'offre machine d'une framboise. Malgré ma faim.
Je souri bêtement :
La Framboise avait disparu.
Elle descendait rapidement les escalators vers la ligne 3.
Terminus Gallieni, ou pont de Levallois...
Cette Framboise. Ce fruit défendu, perdu. Perdu ...
Fin

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