http://www.altiplano.com
de Arthur Z. Balogh



Sa journée avait été rude. Depuis le matin, tout tournait de travers. Rien ne marchait correctement, à commencer par Aïda. Elle l'avait appelé vers dix heures pour annuler, sous un prétexte tiré par les cheveux, leur rendez-vous prévu pour le soir. Elle voulait voir une amie d'enfance de passage.
Il ne la croyait qu'à moitié, mais il n'avait même plus assez d'énergie pour être sérieusement jaloux et le reste de la journée fut pareil.
Au moment de rentrer, il était exténué et n'avait pas d'autre souhait que de trouver un peu de tranquillité avec un verre de whisky bien tassé. En dégustant son breuvage dans son fauteuil préféré, il réalisa soudain : il avait faim. Son maigre déjeuner de midi dans le bistrot du coin n'était plus qu'un lointain souvenir.
Avec un grand soupir, il s'extirpa de son fauteuil pour choisir un plat à réchauffer dans le congélateur.
« Les micro-ondes sont un bienfait pour les célibataires affamés ». Ce constat revenait chaque fois qu'il mangeait seul.
Encore un deuxième verre après le fromage et il s'installa devant son ordinateur. Avec des gestes automatiques, il se connecta sur Internet.
« Vous avez 2 messages » lut-il.
Un clic pour lire son courrier. Le premier était un message de son serveur, la lettre hebdomadaire avec les nouveautés. Le second, de provenance inconnue. Un certain Algy écrivait : « Cher Ami, soyez aimable de connecter toute affaire cessante http://www.altiplano.com.»
Il fronça les sourcils avant de glisser presque involontairement sur le lien http://www.altiplano.com:: La flèche se transforma en une petite main ouverte. Il marqua une imperceptible hésitation avant de cliquer.
Un texte court apparut, de grandes lettres, beaucoup plus grandes que d'habitude. Les mots occupaient la largeur de l'écran, des lettres noires en majuscule.
« C'EST TRES DIFFICILE TU SAIS. AIMES-TU ENCORE LES CORNICHONS À LA RUSSE ? TULIPE. »
Il ressentit un choc. Des souvenirs oubliés depuis des années l'envahirent pendant que son corps restait tétanisé. Impossible de détourner son regard de ces lignes, sa respiration retenue.
« Ce n'est pas vrai ! Ca ne peut pas être vrai ! » Il parlait à haute voix car il avait besoin d'entendre une voix humaine.
« J'ai trop bu peut-être… je ne sais pas. » Comme un automate, il se prépara un autre verre.
Les souvenirs.
Il y a 15 ans, il vivait sur l'Altiplano au bord du lac Titicaca du côté bolivien. Avec Tulipe. Son ami. Son ami mort depuis des années, enterré là-bas, au loin et si près des dieux incas.
Il s'efforçait de croire qu'il était victime d'une mauvaise farce, mais c'était impossible, il le savait bien. Personne d'autre, à part eux deux, ne savait qu'ils adoraient les cornichons à la russe.
Tulipe. Ils étaient amis d'enfance. Ils avaient usé les mêmes bancs d'école, courtisé les mêmes filles. Leurs chemins s'étaient séparés plus tard, parce que Tulipe était parti pour l'Amérique du sud tandis qu'il restait au pays. Pas pour longtemps. Leur séparation dura moins d'un an. Il partit à son tour le rejoindre à Cochabamba.
Tulipe. Il ne se souvenait plus de la cause de ce surnom de fleur. L'essentiel, pour le moment, c'est qu'il n'existait plus. Mort depuis des années, enterré dans un petit cimetière quelque part dans les Andes.
Il avait assisté à l'enterrement de son unique ami. Il ne pouvait pas lui envoyer un message sur Internet. C'était impossible.

*

Après une nuit agitée, il alluma son ordinateur parce qu'il avait l'impression que l'alcool aidant, sa mémoire lui jouait des tours.
Il se trompait. Le message était là, dûment enregistré. Il ne pouvait pas répondre, parce qu'il n'y avait pas d'adresse. Il fallait écrire à Algy, la personne à la base de tout.
C'était une journée de routine. Aïda l'appela avant midi, elle était gentille comme tout et donnait son accord pour passer la soirée avec lui.
— Je t'ai manqué hier ? Demanda-t-elle avec une parfaite mauvaise foi quand ils furent enfin seuls. C'était une garce, il le savait bien. Une garce adorable.
Plus tard dans la soirée, elle scruta son visage, sérieusement alarmée.
— Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu n'es pas comme d'habitude ! Tu es tellement différent !
Tu as des problèmes au bureau ? Elle effleura son visage d'une furtive caresse.
— Non, non ! Tu n'y es pas, il essaya de la convaincre et détourna la conversation.
Avant de se coucher, il s'excusa.
— Je voudrais voir mes messages.
Il n'y en avait pas. A la place, une réponse du Mail Delivery Service le postmaster de son serveur. « Action Failed. » Son message ne pouvait être transmis à Algy parce qu'il n'existait pas.

*

Le lendemain, il contacta l'un de ses amis informaticiens pour l'inviter à déjeuner.
Denis s'assit à sa table. Petit bonhomme prématurément chauve, il repoussait nerveusement ses lunettes sur son nez court.
— Je suis prêt à parier que tu as besoin de mes lumières, pas vrai ?
— C'est exact. J'ai un problème. Je voudrais savoir si on peut retrouver l'origine d'un message ?
— Quelle question ! On retrouve tout en informatique. Il y a toujours un départ. Un poste de départ. Supposons que je t'envoie un courrier. Il y est mentionné mon nom, denis.beaupin@ suivi du nom du serveur avec l'identifiant du pays. Tu ne savais pas ça ? Il sauçait consciencieusement son assiette comme s'il avait accompli un devoir.
— Justement, je le sais bien répondit-il piqué au vif. Mon problème, c'est que j'ai reçu l'autre soir un message d'un inconnu et quand j'ai répondu, le Mail Delivery Service m'a avisé que mon correspondant n'existait pas !
— Ce n'est pas possible mon vieux. Même si entre-temps ton correspondant n'a pas ouvert sa boîte, ton message et d'autres messages éventuels restent en attente. Comprends bien que certaines personnes ne regardent leur boîte qu'une fois par semaine ou encore plus rarement. A la fin, ils retrouvent tout d'un coup plusieurs messages acheminés. Des messages en attente. C'est comme le vrai courrier. Ta boîte est remplie et le postier pose, à côté s'il le faut, autant de courrier qu'il a. C'est la même chose pour les boîtes électroniques.
— Tu es certain ?
— Absolument.
— Tu peux venir chez moi pour regarder dans le ventre de mon PC ?
— Ce soir ?
— Quand tu veux, répondit-il soulagé.
Il rentra un peu avant sept heures et quelques minutes plus tard Denis se présenta.
— Un verre ?
— Après. Pas d'alcool pendant le travail, répondit son ami et il s'assit devant l'écran déjà allumé.
— Voyons. Tu veux me dire le nom de ton correspondant ?
— Algy. Ce n'est qu'un très court message.
— Il sera temps de nettoyer tes correspondances, chercher entre 73…
— Daté d'avant hier, répondit-il sans se détourner en mettant des glaçons dans les verres.
— Désolé mon vieux, je ne trouve rien. Viens voir toi-même.
— Ce n'est pas possible s'exclama-t-il. Il n'y avait vraiment pas de trace d'un message d'Algy dans la liste. Le jour indiqué il n'avait reçu qu'une lettre hebdomadaire, rien d'autre. Denis regarda son ami et il ne sourit plus.
— Je pense que tu crois vraiment avoir reçu un courrier électronique d'un nommé Algy. Pourtant il n'y a rien.
— Non, écoute ! Je ne suis pas fou ! Il bégayait d'énervement et vida son verre d'un trait.
— Je sais que tu n'es pas fou, mais tu bois trop, répondit Denis et il repoussa le verre offert.
— Écoute-moi bien. J'ai bien reçu un message m'invitant à me connecter sur http://www.altiplano.com
— Tu l'as contacté ?
— Oui. Je l'ai fait. Il est impossible qu'il n'y ait pas de trace.
Denis était déjà rentré dans le système pour chercher le contact sur le Web.
— Désolé mon pauvre vieux, il n'y a pas plus d'Altiplano que d'Algy. Nous essayerons un moteur de recherche si tu permets…
Les moteurs de recherche ne donnèrent rien. Denis abandonna son enquête en éteignant l'ordinateur.
— Je te demande encore une fois de me raconter ton histoire.
Il expliqua une fois de plus tout en détail.
— Stop, l'interrompit Denis. L'adresse http et le reste étaient en bleu dans le message initial ?
— Oui, pourquoi ?
— Tu en es certain ?
— Absolument.
— Alors, c'est un lien hypertexte. En cliquant là-dessus une page s'ouvre immédiatement. Il réfléchit avant de poser la question.
— Pourquoi veux-tu connaître l'origine de ce message ?
— Tu sais…
— Attends ! Si c'est quelque chose de très intime, ne me dis rien.
— Non, ce n'est pas un secret d'État. C'était le message d'un ami.
— Alors où est le problème ?
— Le problème c'est que l'ami en question est mort depuis de nombreuses années.
— Mort ? Denis le regardait incrédule en se grattant le menton.
— Oui. Depuis plus de dix ans déjà.
Comment peux-tu être certain que ce n'était pas un canular ? Je pourrais t'envoyer un message en signant sous son nom à condition de connaître son existence.
— Tu n'y es pas Denis. C'est impossible. Tu vois, l'essentiel de son message mentionnait un détail que personne ne connaît. Il n'existe pas une chance sur un milliard pour qu'on me dise ça.
— Je peux savoir ?
— Pourquoi pas ? Il se concentrait les yeux fermés pour se remémorer exactement le texte. Il m'a écrit, « c'est très difficile tu sais ». Il articulait lentement les mots comme pour les imprégner dans la mémoire de son ami. «Aimes-tu encore les cornichons à la russe ?» Plus la signature.
— Les cornichons au russe ? Sur ce point, tu as raison, c'est un peu particulier. - Selon toi, pourquoi parlait-il de ces cornichons ?
— Pour se faire reconnaître, je pense, répondit-il sans hésiter. C'est une preuve unique et incontestable qu'il n'y a pas d'escroquerie ou de mauvaise plaisanterie. Le doute n'est pas permis. C'était lui l'expéditeur du message.
— Un mort ?
— Oui.
Plongé dans ses pensées Denis tardait à répondre.
— Qu'en penses-tu ?
— C'est difficile à dire. Je ne cherche pas une excuse, mais jusqu'à nouvel ordre les morts n'envoient pas de messages.
— Alors, tu ne me crois pas ?
— Je ne dis pas cela et il enleva ses lunettes pour nettoyer les verres avec une pochette. Malgré les cornichons au russe ce n'est peut-être qu'une mystification. En tout cas ces messages n'ont laissé aucune trace. Il faut envisager une erreur de manipulation de ta part. Qui sait ? Il existe encore des possibilités. Les courriers envoyés sont stockés sur le serveur de ton fournisseur d'accès. C'est là qu'il faut chercher ton courrier. Je ne peux malheureusement pas intervenir là-bas. Personne ne peut regarder dans leur boulot à part la Justice. C'est à toi de voir.

*

Il ne dormait pas. Les yeux ouverts, il regardait les ombres immobiles dessinées sur le plafond par un lampadaire extérieur. La confiance de son ami était ébranlée, il en était certain. Il n'y avait aucune preuve à part sa parole contre une réalité : l'impossibilité de trouver la trace de ses interlocuteurs.
« Mais j'ai une trace ! » Il s'assit brusquement en criant, pour courir ensuite pieds nus dans son bureau.
« Je bois vraiment trop ! J'ai oublié que j'ai imprimé les textes en question ! »
Habituellement, il gardait les messages reçus dans des chemises sous le nom des expéditeurs. Retrouver la dépêche recherchée était facile. Elle était dans une chemise fourre-tout.
« Voilà la preuve que je ne rêve pas ! » Il retourna se coucher avec ses deux feuillets et s'endormit instantanément.

*

— Voulez-vous recommencer ?
L'enquêteur était plus jeune que lui et très sérieux et de temps en temps il écrivait quelques mots sur une feuille de papier. Autour d'eux, dans la grande salle, des gens parlaient et bougeaient et des enquêteurs tapaient avec deux doigts les dépositions sur d'antiques machines à écrire.
C'était la troisième fois déjà qu'il répétait son histoire. Son vis-à-vis relisait encore une fois le texte imprimé en se grattant l'occiput.
— Bien. A part le fait que c'est une histoire abracadabrante, je ne vois pas ce que je peux faire pour vous. Il n'y a pas de crime, vous voyez ?
Alexis Coudray, - son nom était mentionné sur une plaque posée sur le bureau,- ne détournait pas son regard pendant qu'il parlait.
— Vous avez raison, il n'y a pas de crime. Mais il y a quelque chose d'anormal, d'inexplicable. Je voudrais connaître l'origine du message et, pour le moment, il n'y en a pas. Il nous reste une seule possibilité, voir le serveur. Moi, je ne peux rien faire, les informaticiens non plus, il ne me reste que vous. Vous êtes de la police, vous pouvez regarder…
— Doucement, temporisa Coudray. C'est vrai, la police peut voir chez le fournisseur d'accès les textes ou images transmises pour en connaître la date et la provenance, mais il nous faut une raison. Comprenez-moi bien, il faut un acte délictueux pour effectuer le contrôle. Dans votre cas, il n'y a rien. Personne ne vous a volé, personne n'a demandé de l'argent pour un service, rien.
— Rien à part un message rédigé par un mort !
— C'est ça le problème, acquiesça le policier. Ce n'est pas une affaire qui regarde la police. Pour moi c'est un problème psychologique ou extrasensoriel ! Je ne suis pas très calé en ce qui concerne les trucs concernant l'ésotérisme.
Alexis Coudray trouvait son interlocuteur sympathique et son histoire absolument idiote.
— Je vois où vous voulez en venir M. Coudray ! Une histoire d'envoûtement ou de désenvoûtement et de sorcellerie. Soit. Personnellement, je n'en sais rien. Par contre ni un psychologue, ni un autre expert en ésotérisme ne peut voir ni contrôler la provenance d'un courrier électronique. C'est uniquement vous qui en êtes capable.
— Il faut déposer une plainte pour ça. C'est-ce que vous voulez ?
— Oui.
— Contre qui ?
— Contre "Algy".
Coudray regardait ses gribouillis. La personne qui a écrit: "soyez aimable de connecter altiplano" n'est-ce pas ?
— Exact et il essuya son front car il faisait chaud dans la salle.
— Et pour quelle raison ?
— Vous parlez de raison juridique ?
— Oui.
— Je ne sais pas. Parce qu'il a perturbé ma vie, mon existence.
Coudray réfléchit un instant.
— Entre nous, votre raisonnement est un peu faible, mais votre cas m'intéresse. Moi aussi j'ai envie de connaître la provenance des messages. Il tira sa machine à écrire devant lui pour engager un imprimé en cinq exemplaires.
— Votre nom s'il vous plaît !

*

Pendant que l'histoire d'Altiplano devenait l'affaire Altiplano, ses relations avec Aïda se détériorèrent. Il passait ses soirées devant l'écran en espérant recevoir un message d'Algy et envoyait courrier sur courrier à une adresse hypothétique. Évidemment, tout revenait sans exception.
Ses conversations avec la jeune femme devenaient inexistantes. Il ne voulait plus l'embrasser et sa transformation en piètre amant grâce à ses verres de whisky était tellement évidente, qu'un soir la jeune femme folle de rage sauta du lit pour se planter devant lui toute nue.
— Je ne veux plus te voir, je ne reviendrai plus ! Elle criait sa déception pendant qu'il se levait insensible pour se préparer un autre verre.
— Tu t'en fous si je suis ici ou pas…
— Ne sois pas vulgaire Aïda !
— Je suis vulgaire mais toi, tu es fou ! Tes histoires avec ton ami mort…Oui, tu es fou, fou à lier !
Elle partit sans un mot de plus en laissant son parfum qu'il aimait tant dans une autre vie, comme souvenir.

*

Un après-midi en rentrant chez lui, il trouva Alexis Coudray sur le palier.
— Je suis ici rigoureusement à titre privé. Je peux entrer ?
Son coup d'œil balaya le salon. Il vit le bar, les verres et les bouteilles et l'écran éteint de l'ordinateur.
— Vous prenez quelque chose ?
— Non, merci. Je ne bois jamais. Comme je vous le disais, je suis venu à titre privé pour vous expliquer que nous n'avons rien trouvé. Pas de trace d'Algy, ni de Altiplano com. Rien. Enfin, presque rien. Il y a un trou inexplicable de deux fois 45 secondes. Le vide incompréhensible. Évidemment, il y a toujours une explication technique mais pour les messages, il n'y a réellement rien. La conclusion officielle est que vous nous avez joué un mauvais tour en déposant une plainte contre personne.
— Pourtant j'ai montré la copie du message…
— Une feuille imprimée, je sais. N'importe qui peut le faire. Ce n'est pas une preuve. Je suis désolé pour vous mais d'ici quelques jours vous recevrez une convocation d'un juge d'instruction.
— D'un juge d'instruction ? Il posa son verre et sa main tremblait en remettant en place une mèche rebelle.
— Oui. Vous avez offensé la justice. Coudray scrutait son visage et voyait le désarroi l'envahir. - Je suis désolé. Sincèrement.
— Et ils vont me condamner ?
— Je ne pense pas. C'est un cas particulier. Comment vous dire, il hésitait en cherchant ses mots.
— C'est une affaire psychologique comme je vous le disais au commissariat. Le juge demandera une expertise médicale. Vous ferez bien de contacter votre avocat.
— Je n'en ai pas.
— Alors il faut en chercher un.
— Ils diront que je suis fou. Comme Aïda !
— Qui est-ce ?
— Mon amie. Mon ex-amie. J'ai voulu l'épouser auparavant. Elle m'a quitté il y a peu de temps parce que je bois et que je suis fou et que je cherche un message inexistant.

*

Son inculpation pour outrage à magistrat ne surprit nullement son avocat. Il l'avait longuement préparé pour l'expertise médicale.
— Notre chance c'est que le médecin trouvera des excuses psychologiques pour annuler l'inculpation. Il ordonnera probablement deux mois de repos, après quoi vous continuerez votre vie.
— Mais je ne suis pas fou, cria-t-il.
— Calmez-vous et surtout, ne le dites jamais ! Les fous disent toujours qu'ils ne le sont pas. Et parlez tranquillement. Pas de cris, pas de protestations. Votre tranquillité est le gage de votre bonne foi. J'ai confiance en vous.

*

Tout se passa comme l'avait prévu l'avocat. Le juge l'inculpa pour outrage à magistrat et l'examen psychiatrique ne fut qu'une formalité. Il garda son calme et discuta avec le médecin entre hommes intelligents.
— Pour votre cure de repos j'ai choisi un établissement renommé. Vous aurez deux mois d'arrêt maladie et après, tout sera oublié.
Le docteur était vraiment sympathique. Une ambulance le transporta dans un établissement luxueux parmi de riches alcooliques, drogués et autres cleptomanes.
Le médecin était content. Sa journée tirait à sa fin, il lui tardait de rentrer et de voir sa femme et ses deux fils.
— Papa, Papa, tu as un message sur la Toile ! Son aîné de douze ans l'accueillit avec enthousiasme.
— J'arrive, répondit-il en embrassant sa femme.
« Vous avez 1 message » lut-il sur l'écran. Un clic et le message apparut. En le lisant, son regard devint vitreux. « Cher Ami, soyez aimable de connecter toute affaire cessante : http://www.altiplano.com »

* * *




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