La décision
d'Arnauld Fouquet


- "Ça pourrait se passer à Rome ?" Il cherche dans son agenda, bute sur une remise de croix du mérite ou un voyage à New York, trouve enfin un créneau. Dans deux mois…-

(Une journée ordinaire d’un homme de relations
Roger Alexandre in : La Noblesse d’état
P. Bourdieu, Éd. de Minuit 1989)

"C'est à peine pensable !", Le même avion, alors que ça faisait des années, combien ? cinq ou six au moins que vous ne l’aviez pas croisé. À l’époque, Sennelier n’avait aucun poids aux O.T.S, depuis, le salaud avait parfaitement su mener sa barque. La même école, c’est déjà indispensable.

Il était de la promo 82, mais pas sûr, celle de Duramé des services Finances et Développement, vous devez penser à téléphoner pour vérifier, vous notez.

"Ça ne peut arriver qu’à moi, tomber sur Sennelier en salle d’embarquement, et le plus fort : c’est lui qui m’aborde !"

"Sutreaux ! Ah ! Mais c’est une excellente surprise ! Pour vous aussi je l’espère ! Je crois que nous avons des choses à nous dire, j’ai appris votre nomination au conseil d’administration de Practical France, félicitations ! Ça vous fait un sacré jeton en main !"

Après vous vous êtes retrouvés dans l’avion, avec à la clé un sérieux biscuit concernant l’embellie de Liverpool en septembre et la fusion entre les chantiers Ordex et Liverflux… "Une main aussi insolente, ça n’arrive qu’à moi !" vous avez pensé ça fièrement juste une seconde avant de convenir qu’en fait, ça devait advenir sur toutes les lignes du monde chaque jour et même la nuit, les affaires se tamponnent des fuseaux horaires comme des continents mais après tout, quand ce genre de coïncidence se produisait à un endroit de la planète, mieux valait en être. Vous étiez exactement payé pour ces instants-là.

Le contrat de Liverpool était désormais graissé à merveille et vous alliez pouvoir penser ailleurs, à autre chose.

Pas de chauffeur sur Le Caire, vous vouliez vous plonger dans le dossier berlinois, raté. Le type du bureau de location est gêné, il a un accent anglais à se rouler par terre, comme 90 % des égyptiens, quelque chose de déstructuré, d’articulé consciencieusement à la base, de primitif quoi, tout de suite vous râlez : "Trouvez-moi un chauffeur !"

Vous regrettez d’avoir insisté plusieurs fois au téléphone pour qu’on ne vienne pas vous chercher, pourtant vous préférez généralement être autonome, ça permet d’être plus libre, de pouvoir arriver en fin de réunion, de prétexter n’importe quoi et d’assommer tout le monde pour rafler le contrat. Aujourd’hui ce n’est pas tout à fait pareil, vous devez d’abord rencontrer les vôtres, déjeuner avec eux pour mettre au point les derniers détails avant d’aller au feu, il est déjà 11 heures. Vous insistez, le type se liquéfie, il vous propose un taxi. Non, pas question de faire trois fois le tour du Caire dans une boîte à conserve brûlante avant d’arriver comme un pue-la-sueur au restaurant. Vous hurlez à présent, vous savez très bien parler fort dans les aéroports, mais le loueur fait l’idiot et le temps passe. Tant pis, vous prenez une voiture sans chauffeur, vous exigez la climatisation.

"Of course !"

C’est une grosse Renault grise. Les rues du Caire sont plombées à cette heure, il y a du métal en fusion qui envahit le bitume et la poussière des trottoirs. Des gens avancent, vêtus de coton blanc sale et courbés sous la chaleur. Vous vérifiez par deux fois votre cravate dans le miroir du pare-soleil. Votre voiture ressemble à une bulle qui flotterait, rapide, dans la ville et les faubourgs, vous êtes tranquille et presque gai, vous êtes klaxonné, dévisagé aux carrefours de routes incompréhensibles.

Vos voies habituelles, ce sont les autoroutes, les avenues, quelques boulevards à la rigueur. Alors apercevoir ainsi des gens, bistrotiers, camelots, putains, enfants des ruelles, projetés de face le long des glaces, ça change, c’est étrange : vous êtes distrait.

Tout un monde glisse sous vos yeux à chaque arrêt, chaque intersection, comme un heureux décor vivant, une sorte de film, un documentaire matutinal : Le Caire comme si vous n’y étiez pas… Il y a longtemps que vous n’aviez pas conduit en ville. Dans les taxis, c’est différent, vous téléphonez ou vous relisez vos notes, vous êtes concentré à l’intérieur de vous-même. Aujourd’hui vous êtes bien obligé de regarder la route. Voilà pourquoi ça fait drôle. Attention, lorsque vous vous intéressez à un sujet, rien ne vous échappe. Là, c’est l’odeur qui ne colle pas, l’habitacle sent le neuf, le plastique arrondi, sombre et moulant des bureaux d’étude.

Il faut faire un geste : vous appuyez sur le bouton qui descend la fenêtre. Une odeur brûlante de gas-oil, d’épices et de merde envahit le véhicule, ça viole les narines, qu’importe, vous avez lâché le bouton.

Et tout revient.

Le Nil vous foutait la trouille, vous pouvez bien l’avouer maintenant, ce grand machin sale plein d’embarcations impossibles et de remous étranges le long des berges. C’était en 1985, un an avant la naissance d’Hugo, le Néfertiti dodelinait à quai et semblait câliner à l’infini les eaux rouillées du port. Mathilde n’avait pas trente ans, ses seins faisaient de belles pointes brunes sous ces tee-shirts étroits qu’elle osait encore porter à même la peau. Sa silhouette appuyée sur le bastingage et ce sourire fier, c’est désormais la photo à droite sur votre bureau.
Mathilde avait choisi la destination de votre lune de miel, vous étiez déjà fort occupé à l’époque.

C’était SON voyage. Elle vous séduisait à tout instant de sa bouche et de son corps. Sa Maîtrise d’Egyptologie encore toute fraîche (Université AL AZ HAR, Bourse d’Excellence du Département Etranger : Mention Très Bien), elle vous initiait chaque jour à la magie des pierres, et chaque soir à celle de sa peau. La nuit, elle vous laissait son corps, ses merveilleuses fatigues à vos envies de chair, à votre métier d’homme, tout ce bel avenir à goûter.

Dans l’instant, la sueur a envahi vos tempes et votre dos, plus rien ne bougeait plus aucun air palpable n’entrait dans vos poumons, ça n’a pas duré, un adolescent en loques s’est présenté à la portière, vous n’aviez pas la moindre monnaie du pays sur vous. Eh ! On ne fait pas l’aumône avec une carte de crédit.
Vous avez très vite refermé votre bulle.

Après, il y eût encore quelques mises en scène du paysage, mais déliées et littéralement insensées, comme celles qu’il vous arrivait de déclencher au hasard de balades sur les ordinateurs quand parfois, seul et fatigué vous passiez un moment sur la toile, juste dans le souffle du monde avant de tout éteindre.

Les routes étaient combles et vous trop distrait. Vous avez mis 15 minutes de plus que l’horaire prévu pour vous rendre où vous étiez attendu.

"Luc, vous confirmez vos conclusions ?"
"Oui."
"Exactement celles du dernier courrier ?"
"Je reprends brièvement, peu de possibilités d’évolutions, restructuration globale trop coûteuse, bassin d’emplois faiblard."
"C'est-à-dire ?"
"En fait carrément nul, employabilité : 0,35 ; taux de niveau six et assimilés : 97,3 % ; kif-kif le Sahel ou la Papouasie…"

Luc Ferment, Ancien DRH du groupe devenu (à votre demande) collaborateur du Département Recherches et Prospectives, sourit puis grimace pour l’entourage et fait glisser jusqu’à vous une dizaine de feuilles agrafées.
Les autres sont tous présents autour de vous, dispos, ils sentent l’eau de toilette, leur femme n’est pas là pour les restreindre, ils ont mis la dose, ça écœure un peu. Sinon ils ont l'air sage et attentif comme des étudiants prêts pour un oral, ils ont la pression et vous pensez que c’est très bien ainsi. Ferment conclut :
"Tout est là."

Philippe Leclerc boit son café doucement, à petites gorgées, vous décidez que c’est son tour, comme ça.
"Philippe ?"
Il sursaute, repose sa tasse, panique sur la cuillère, tache son dossier.
Vous souriez. Il commence :
"Bah ! aussi bizarre que cela puisse paraître, pour ma part, d’après ce que les types, enfin les responsables produit ont bien voulu me montrer, bon, ils s’intitulent responsables produits mais… À part un, pour les autres, je m’interroge…"
"Bon, bon, et vous avez des réponses ?"
"Le produit n’est pas mal, j’ai pu voir les sorties de chaînes lundi après-midi, pour un lundi, c’est plutôt bien, aucun défaut 3 constaté, quelques viscosités tout au plus…"
"Intéressant !"
"Bon, sur le coup, c’est aussi ce que je me suis dit mais bon, je crois qu’ils m’ont un peu promené, il y aurait bien eu des consignes pour que les grosses boulettes soient virées avant la fin de chaîne…"
"Ah ?"
"Je n’en sais rien mais bon, maintenant, au Caire ou ailleurs c’est pareil, on leur fournit les mêmes matières premières et on leur impose les mêmes cadences, alors faut pas s’étonner de trouver le même type de produit avec les mêmes défauts un peu partout dans le…"
Il est temps d’arrêter.
"Philippe, mon garçon, nous n’avons que faire de vos considérations économiques, nous sommes au Caire et seuls les résultats du Caire nous importent, nous vous prions de conclure."
Tous les autres piquent du nez dans leur tasse. Lui rougit un peu mais ne se dégonfle pas.
"J’y arrive, j’y arrive, vous savez, quand je débarque comme ça, ils ont un peu tendance à me faire avaler n’importe quoi …"
"Non ?! incroyable ! Faut pas ouvrir la bouche mon petit Philippe…"
Vous avez fait rire votre staff, entre deux bouchées justement, depuis plusieurs minutes déjà les serveurs apportent différents plats, juste après les cafés, c’est curieux. À la réflexion : Non, il est déjà midi trente.

Selon votre habitude, vous goûtez à tout et ne reprenez que rarement, vous êtes plutôt grillades, ne saucez jamais et un seul verre de vin fait tout le repas, vous exigez d’ailleurs de vos collaborateurs la même sobriété en votre présence.
"Bon, de toute façon, sans investissement lourd, les possibilités de développer la production sont très limitées…"
"Bien Philippe, excellent, et vous avez trouvé ça tout seul ?…"
Gratuit, habituel, ce genre de fusillade vous permet de jauger les autres, de les remettre en ligne, à peine soumis, en place.

Philippe Leclerc, sorti d’une école un peu faible, encore jeune pour un responsable de production, a quelques belles casseroles à son actif, mais il apprend vite et encaisse sans broncher. Franc du collier, sans rancœur, sûrement même admiratif à votre égard, il plaît au groupe. Sa petite taille, ses airs de collégien, ses chemises sans col et ses hésitations lui valent un drôle de surnom, Ferment l’appelle : "Douteur" le huitième nain. Dans ces instants-là, Leclerc ne dit rien. Alors Ferment, bête et cruel en rajoute : "Quoi d’neuf Douteur ?…"

Pour finir, Leclerc rit mal, prétexte n’importe quoi et quitte la pièce. Un superbe masque de méchanceté comblée glisse sur le visage de Ferment, ça ne dure jamais.
Parmi les vôtres, il faut un loup et un agneau. Ainsi, tout le monde peut constater que sans vous ce serait le bordel.

C’est le moment de monter aux créneaux : "Dans un groupe de décision, c’est toujours bien d’en avoir un qui doute, parce que si tout le monde est sûr de tout, alors, on n’est plus sûr de rien."
Vous aimez bien cette phrase, vous la répétez souvent. Et chacun s’esclaffe.

"Côté gouvernement, c’est comme d’habitude, disons pour faire vite, stable et corrompu."
"Et pour faire dans la nuance ?"
"Beaucoup les deux … Bon, ils sont assez bienveillants, mais ils n’ont pas inventé le plan quinquennal, il y a même certains domaines où ça régresse."
"Tiens donc !"
"La chasse aux barbus tourne à l’obsession, autrement dit, ne laissez pas votre meilleur ingénieur en panne de rasoir électrique sous peine de devoir le récupérer au poste de police un de ces matins !"
"À ce point ?"
"Depuis l’attentat de Louxor ils sont terriblement nerveux, et je sais par expérience que ce genre de choses ne va pas en s’arrangeant. Le plus souvent, c’est un changement de régime qui fait chuter la pression et de ce côté-là, c’est pas la peine d’y compter. Ça ne peut finir qu’en tir de foire."

Martin Eiller a fini, rapide, clair et précis, la même école que vous, ça se sent, il n’y a pas à revenir dessus. Vous posez le troisième dossier sur les deux autres et vous les regroupez sur la table comme un présentateur en fin de journal.
"Bon, donc, on ferme."
Suit un bref regard circulaire par-dessus vos lunettes.
"On ferme. Messieurs, il me reste à vous souhaiter un bon retour, on se retrouve mardi 15 heures pour le C.R.F.M et pour mettre à plat le dossier Liverpool, je vous quitte."

Vous serrez toutes les mains. Les autres vont pouvoir échanger un peu, commander sans doute une autre bouteille, plaisanter à votre propos, ça fait partie du rituel, de vos théories aussi. Plus un homme est élevé dans la hiérarchie d’une organisation, plus il doit être mobile, c’est une question de prestige.

Démonstration : Le type le plus important dans une réunion, c’est bien celui qui s’y rend en dernier et repart en premier puisqu’il s’autorise à s’y emmerder moins longtemps que les autres. Et rien que pour ça tout le monde voudrait être à sa place. On aura tous reconnu le patron : Vous.
CQFD.

Le maître d’hôtel a été prévenu quelques minutes avant que vous ne quittiez la table, quand vous reprenez votre voiture, elle est déjà fraîche.

Vous voulez que les choses aillent vite, ils vous attendent. 16 heures 30, c’est une heure curieuse pour ce genre de réunion. Vous n’allez y prendre aucun plaisir. Il faut que ce soit fait, c’est tout. Un homme en costume se charge de votre véhicule, et vous indique une entrée sur le côté, deux autres vous suivent, toujours ce même accent pourri. Devant, ça braille, vous ne dites rien, ils ne vous semblent pas nombreux et la police les encadre. Les molosses du service de sécurité vous collent aux talons dans le hall, dans les escaliers aussi, ils vous laissent à l’entrée, vous imaginez leurs yeux qui vous suivent encore dans la pièce, ça fait des frissons de puissance, vous appréciez.

Le salon principal est honnête, clair et hermétique, vous n’entendez presque plus la rue. La séance de "shake hands" dure un peu trop longtemps, puis vous vous asseyez. Il y a de l’eau, des cruches tièdes sur une nappe verte, vous n’écoutez rien.
"Nous attendons à présent les conclusions de Monsieur Sutreaux, délégué général du Groupement des A.G.E.M, propriétaires de la C.N.E."
Vous approchez le micro dans un sourire, vous allez les manger, ça va être vite fait.

"…Étant donné les orientations actuelles de notre groupe et les restructurations vitales à venir dans le secteur concerné, je suis chargé de vous annoncer la cessation d’activité de la C.N.E sous le nom du Groupement des A.G.E.M, les modalités de clôture du dossier feront l’objet de réunions ultérieures, en tout état de cause notre groupe assure le gouvernement Egyptien de tout le soutien logistique nécessaire dans l’accompagnement social de cette fermeture. Et nous le remercions pour cette fructueuse collaboration…"

Suivent quelques formules polies, vous abrégez avec tact et soin. Dans exactement huit jours, votre groupe n’aura plus aucune représentation légale ni aucun avoir bancaire dans ce pays. Le type du Ministère de l’industrie sait parfaitement tout ça, il ne prend même pas la peine de faire la tête, il n’a pas le droit d’être fâché, il n’a pas le choix, il sourit, c’est un homme politique.

Votre avion est à dix-neuf heures quinze, vous vous jurez de revenir passer un week-end à deux, vous laisserez les enfants à Madame Pamier. Il faudrait aussi trouver un CD de musique nubienne pour faire plaisir à Mathilde. Penser à regarder dans les boutiques de l’aéroport. Vous notez.

Souad saute du camion, la nuit ne le gêne pas, il connaît la route par cœur et marche assez vite maintenant, il suit sa sœur jusqu’au bord des champs. Là, on les compte avant de leur distribuer des sacs. Il a quand même hâte que le jour se lève pour la pause, il pourra manger un morceau avant de reprendre, sa sœur a prévu. Mais après, il aura chaud.

On ne leur a rien demandé, ils sont revenus, c’est tout. L’odeur des pétales envahit ses mains et remonte le long des bras. L’eau qu’il boit, ses repas, son sommeil, tout va sentir à nouveau le jasmin, la bouche en sera pâteuse et la peau huilée. Les six derniers mois avaient à peine suffi à s’en débarrasser, les premiers jours d’école, toutes ses affaires en étaient imprégnées, le maître n’avait rien dit, peut-être était-il content de les avoir malgré tout, les autres s’étaient moqués un peu, sa mère s’était donné du mal, pour rien. L’odeur allait revenir au cœur de tout. Ce soir, il ferait mine de s’en foutre. De toute façon, l’école c’est fini pour un bout de temps, c’est dommage, c’était calme, c’était bien.

Il est comme un petit homme maintenant, il ne pleurera pas. Il l’a promis à sa grande sœur.

Il la regarde un instant, elle a posé son sac pour se recoiffer, elle est restée à genoux, mais ses mains derrière la nuque permettent à sa taille de se cambrer et soulagent ainsi le dos, c’est un vieux truc de filles. Souad se demande comme un jeu si le surveillant va s’en apercevoir. Il le cherche des yeux, le trouve et s’étonne, l’autre est au bout de l’allée et regarde aussi sa sœur à la dérobée, il ne dit rien ; les cheveux noirs de Mira flottent une seconde dans la clarté de la Lune. Le surveillant l’admire.

Après, Mira emprisonne sa coiffure et reprend son sac. Souad se fait réprimander sans méchanceté.

"Tu es resté trop longtemps sans venir toi, tu as perdu la main ou quoi ? attention…"

Souad accélère, il n’a pas trop le droit de se faire remarquer, surtout aujourd’hui, Mira le regarde et fait les gros yeux, elle non plus ne voulait pas revenir, mais ils n’avaient pas eu le choix.

Elle lui a répété : ce n’est la faute de personne, surtout pas du père…
Il a été très courageux, mais ça n’a pas servi, l’usine a fermé au début du mois. Ça faisait deux ans déjà qu’il construisait des cargos, et là, pas de chance, tout le travail des grands a disparu d’un seul coup, le sort en avait décidé ainsi. Nous les petits, il fallait bien s’y remettre si on ne voulait pas finir par mendier au bord de la cité des morts.

Le soleil monta d’un seul coup, ça allait être moins drôle, on fit la pause, Souad et sa sœur partagèrent une galette et une gourde pleines de jasmin. Ce serait bientôt l’heure de l’école, ils y pensèrent ensemble sans en parler jamais.

Fin

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