Et la mort, enfin…
de Annie Olivier


Myriam regarda une dernière fois le jardin au travers des vitres tachées de fumées de cigarettes. La pluie d’automne noyait les quelques arbres et la pelouse en une boue grise. Alors elle retourna à sa table de travail. Il lui fallait finir la longue lettre qu’elle voulait laisser à José, qu’elle allait quitter. Qu’elle devait définitivement quitter puisqu’il l’avait de nouveau retrouvée. Puisqu’il allait forcément revenir une fois de plus dans sa vie, et relancer la spirale infernale.
Il lui dirait qu’il l’aimait, qu’il ne pouvait vivre sans elle, et elle, résignée, rouvrirait sa porte. Puis reviendraient aussi les interdits, les brimades puis les coups. Peu à peu, presque insidieusement, la violence s’installerait, et Myriam, telle une proie à la fois terrorisée et fascinée par son bourreau, ne pourrait y résister.
Mais cette lettre, c’était plus difficile qu’elle se l’était imaginé. Difficile de trouver les mots, difficile de trouver ne serait-ce que l’envie de les écrire. Chaque ligne qu’elle posait sur le papier lui arrachait des larmes qui à force brûlaient ses yeux et lui troublaient la vue. Elles étaient tellement plates, ces phrases, tellement loin de ce qu’elle aurait voulu leur faire dire. Elle en tremblait tout en les écrivant, mais elle ne voulait plus reculer maintenant. C’était trop douloureux, trop insupportable de vivre dans cette peur, cette horreur permanente qui détruisait tout autour d’elle. Elle avait été faible d’attendre jusque là, elle aurait dû partir bien avant, du moins était-ce ce dont elle se persuadait depuis le coup de téléphone de José.
Pourtant, elle avait fui plus loin encore que la dernière fois, avait abandonné son travail, ses rares amis, jusqu’à ses proches qui ne savaient pas où elle était allée. Maintenant elle survivait à peine, presque sans ressources, avec juste le dégoût d’elle-même pour compagnie.
C’est pourquoi aujourd’hui rien ne l’arrêterait. Tout était prêt : la liste des petites choses de sa vie à répartir entre ceux qui restaient, la famille, les amis ; elle espérait avoir pensé à tout. Elle avait mis de l’ordre, autant qu’elle l’avait pu, dans la maison minable et triste dans laquelle elle s’était échouée, dans ses papiers, dans les souvenirs aussi, dans toute cette existence qui tournait en gâchis. À présent par ses mots maladroits que ses larmes estompaient, elle essayait qu’on la comprenne, qu’on lui pardonne.
Au fur et à mesure qu’elle traçait, d’un ton qu’elle cherchait malgré tout à rendre léger, les mots qui seuls resteraient après elle, elle se sentait délivrée du poids qui pesait sur sa poitrine depuis trop longtemps. La décision prise, le départ imminent, l’écriture libératrice, tout cela allégeait son âme si lourde de mal-être. Etait-ce un grand courage ou une grande lâcheté, cet acte qu’elle s’apprêtait à commettre ? Peu lui importait, chacun jugerait à sa guise, seule comptait cette lassitude immense qu’elle avait de sa vie, une envie de repos à jamais, et la certitude que là où elle allait, jamais José ne la rejoindrait.
Elle disposa la lettre enfin terminée bien en évidence sur une table basse et compta une dernière fois les cachets qu’elle conservait en quantité suffisante pour ne pas rater son départ. Dans un dernier geste machinal de vaine coquetterie elle arrangea sa robe démodée et usée, défaisant les plis qui s’étaient formés, puis elle avala toutes les pilules avec une gorgée d’eau. Elle s’allongea sur son lit. Au dehors était une obscurité de presque hiver, une nuit où la pluie de l’automne noyait le monde en une boue froide.
C’est alors que commença son errance. Cela lui faisait un peu la même sensation que quand elle fumait. Surtout quand elle pouvait, trop rarement à son gré, mêler à son tabac quelques feuilles vertes et parfumées au puissant goût prohibé.
Un vertige dans la tête, une mollesse à l’intérieur, à la limite de la nausée, et l’impression angoissante de ne plus avoir de corps… Mais là, réellement, Myriam n’avait plus de corps. Elle se sentait flotter dans une grisaille cotonneuse, de celles qui parfois vous submergent quand les nuages sont si bas qu’on en étouffe presque. Sentir n’était peut-être pas vraiment le terme approprié, puisqu’elle n’était plus rien, à peine un vague ectoplasme évanescent. Mais flotter, ça aussi c’était bien réel. Flotter dans une brume épaisse qui parfois se zébrait de formes informes mais colorées. Rouges, blanches, jaunes ou grises, d’un gris plus foncé que la masse nuageuse dans laquelle elle s’engluait, un gris de vieille blouse d’instituteur. Des formes qui elles aussi flottaient et semblaient chercher leur chemin.
Cette conscience de toutes ces choses (comment les appeler autrement) qui l’entouraient, la rendait extrêmement mal à l’aise. Etonnée et pour le moins effrayée, Myriam ressentait des émotions diverses. Elle s’entendait penser. Elle entendait aussi une sorte de murmure, un brouhaha confus composé de milliers d’autres pensées, et qui paraissait provenir des formes mouvantes et imprécises. Des substances pensantes, voilà ce qui lui vint à l’esprit. Etait-ce cela, l’au-delà ? Etait-ce là le rendez-vous des âmes, ou bien n’était-elle pas vraiment morte ? Peut-être avait-elle raté son départ et allait-elle se réveiller, dans son lit, avec dans la bouche le goût amer des médicaments.
Myriam en avait envie, à présent, de se réveiller. De sortir de cette boue grise qui lui rappelait son jardin noyé de pluie.
Se réveiller et allumer une cigarette. Elle se rendit compte à cet instant que c’était cela que lui évoquaient les formes autour d’elle : les volutes de la fumée de cigarette, qui se tortillaient, s’élevaient, redescendaient puis s’estompaient. Sauf que leurs couleurs devenaient de plus en plus vives. Les tourbillons rouges surtout semblaient plus présents, plus bruyants, plus violents que les autres. Les autres, cela lui rappela un film d’Amenabar, mais dans lequel les morts avaient un corps, et même une vie parallèle où rien ne paraissait avoir changé. Pour elle, si toutefois elle était bien morte, ce dont elle doutait encore, les autres étaient de fugaces volutes de fumées colorées dont elle percevait les pensées. L’idée qu’elle aussi se tortillait comme un serpent fragile et insaisissable lui fut intolérablement douloureux.
C’est alors qu’elle se sentit poussée, pressée par les ombres qui survenaient de toute part, aspirée par la cohue murmurante et impalpable. La sensation d’angoisse monta encore un peu plus en elle, exactement la même détresse que quand il lui était arrivé d’être prise dans la foule sans pouvoir s’en échapper. Mais là encore, rien de physique, juste des sensations. Toujours poussée par la multitude des substances pensantes aux formes torturées d’éclairs rouges, blancs, jaunes ou gris, elle se sentit portée jusqu’au bord d’un trou béant, dont les profondeurs paraissaient prêtes à engloutir tout le magma des consciences dont elle faisait partie. Et devant cette gueule ouverte sur les ténèbres, Myriam aperçut une silhouette lumineuse et bleutée, d’un bleu froid de néon. Une seule pensée en émanait, une pensée plus puissante que toutes les autres réunies : je suis le passeur…
La lueur, comme une trouée de ciel bleu dans une masse compacte de nuages orageux, semblait postée là pour contrôler l’entrée du trou ouvert sur le néant.
Le passage vers un autre monde ? se demanda Myriam tandis que, toujours poussée en avant, elle s’en approchait. Un passeur d’âmes vers l’enfer ou le paradis, pensa-t-elle encore, alors qu’autour d’elle les formes rouges se tordaient et tourbillonnaient plus violemment encore, dans une ultime révolte pour échapper à l’aspiration du trou noir, dans lequel s’engouffraient, sans paraître hésiter, les volutes jaunes et grises. Les spectres blancs quant à eux, s’ils tentaient de se glisser jusqu’au bord de l’espace ténébreux, étaient refoulés aussitôt.
On dirait un ballet de danseurs, pensa Myriam au milieu du tumulte des autres pensées. Un ballet à la chorégraphie compliquée, où des danseurs aux tenues colorées disparaissaient mais étaient sans fin remplacés par d’autres danseurs, une sorte de mascarade, une farandole évoluant entre les volutes blanches des ballerines condamnées à observer sans jamais sortir de la ronde. Mais pourquoi les rouges sont-ils si violents, pourquoi les jaunes et les gris semblent-ils si soumis, et pourquoi seuls les blancs restent-ils ? Et quelle est ma couleur, si moi aussi je suis une forme éthérée, si je suis vraiment morte ?
- Tu poses beaucoup de questions.
La pensée lui parvint claire, nette et puissante. Le passeur, vaste lueur d’un bleu vif et métallique, couvrait encore toutes les autres pensées. Mieux, Myriam l’entendait comme venant de l’intérieur d’elle-même, bien qu’elle ne sache pas ce qu’elle était, une ombre, une trace ou une âme. Elle n’était d’ailleurs pas très sûre de vouloir le savoir.
- Ton corps est bien mort, et tu es grise, reprit la voix du passeur.
Morte, et grise ? Myriam ne put s’empêcher de penser à l’alcool. A la légère et agréable griserie que lui procuraient les premières gorgées de vin, quand il lui arrivait d’en boire, souvent par dépit mais parfois simplement pour se griser. Mais être grise ici, cela n’avait évidemment pas la même signification. Et pourquoi grise, et pas rouge, jaune, ou encore blanche ? Ce gris, ces formes grises aux lents mouvements torturés étaient tellement plus ternes que les volutes rouges et jaunes qui parfois se réunissaient pour tracer, dans le paysage insolite qui entourait Myriam, des bandes orangées qui évoquaient le lever du soleil dans un ciel chargé de cumulus sombres. Ce gris, cela semblait un châtiment, une punition divine, si tant est qu’il existât quelque chose de divin dans cet univers déroutant.
Dans le tumulte des milliers de pensées environnantes, Myriam saisissait par bribes des interrogations semblables aux siennes. Loin de la rassurer, cela avait au contraire un aspect terrifiant. Certaines âmes, puisqu’il lui fallait bien se résoudre à appeler comme cela les formes toujours aussi informes qui peuplaient ce non lieu, gémissaient sans discontinuer, d’autres semblaient plutôt converser entre elles, comme de vieilles connaissances qui se seraient retrouvées. Des conciliabules presque passionnés, que Myriam percevait faiblement puis qui s’éteignaient quand des formes instables disparaissaient dans la gueule béante du trou noir, pour laisser la place à d’autres qui naissaient du brouhaha inintelligible.
Qu’y a-t-il de l’autre côté, se demanda Myriam toujours mal à l’aise, toujours habitée de tourments et d’angoisses. Le passeur serait donc un dieu qui choisirait les meilleurs d’entre nous pour les garder auprès de lui, pensa-t-elle dans un suprême effort pour se rassurer, se raccrocher à de lointains enseignements qu’elle avait reçus. Et les autres sont envoyés ailleurs, vers une sorte d’enfer peut-être ? La réunion des âmes damnées, imagina-t-elle devant le spectacle des rouges qui plus encore que tous, s’acharnaient à résister à l’aspiration du néant. Mais pourquoi également les jaunes et les gris ? Serais-je damnée moi aussi ? Et pour quels péchés ? De nouveau la pensée puissante du passeur qui irradiait sa lumière bleutée vers le magma des ombres mouvantes, s’éleva au-dessus du vacarme.
- Ici, pas de dieu, pas de diable, ni paradis ni enfer. Juste des couleurs et le néant, dit la voix d’un ton presque apaisant. Je ne suis que le passeur. Dieu est une invention des hommes pour asservir d’autres hommes, pour contrôler les corps et y emprisonner les esprits. Il n’y a pas de damnés, il n’y a que des âmes.
- C’est justement de mon âme dont je voulais me débarrasser, geignit Myriam, je voulais arrêter de penser, d’exister, d’avoir peur et d’avoir mal.
- Les pensées ne meurent jamais, dit la lueur bleue.
Alors, le brouhaha entêtant n’allait jamais s’arrêter… La mort n’était pas le silence, l’absence totale de tout que Myriam avait cherché. La mort c’était ce bruit perpétuel…
- Mais pourquoi un passeur ? Pourquoi un passage ? reprit-elle, bien décidée à trouver des réponses à toutes ses questions.
- Il y a trois passages, un par couleur, répondit la voix. Plus de mélange après, et je veille à ce que chacun emprunte le bon chemin.
- Trois passages ? Mais il y a quatre couleurs, s’étonna Myriam.
- Les blancs ne sont pas encore prêts.
- Pas encore prêts ?
- Pas tout à fait morts, tenta d’expliquer la pensée bleue. Ils attendent. Jusqu’à enfin emprunter le passage.
Et parfois certains reviennent à la vie, comme ces comateux qui racontent qu’ils ont vu un tunnel et qu’ils ont rencontré des âmes avec lesquelles ils ont dialogué, pensa aussitôt Myriam pour se raccrocher désespérément à des éléments connus. Elle se concentrait sur ses propres pensées et sur celle du passeur, pour éviter d’être distraite par le tumulte, le grand vacarme de la multitude des autres pensées.
- Je ne sais pas, dit le passeur. Je ne suis là que pour ceux qui doivent passer.
- Mais pourquoi des couleurs si ce que tu dis est vrai, s’il n’y a pas de châtiment, de damnés, pas d’enfer ni de paradis, s’inquiéta Myriam. Pourquoi les hommes sont-ils encore, même dans la mort, différenciés les uns des autres par des critères dont ils ne peuvent se défaire ?
- Tu ne penses qu’aux hommes ! Crois-tu donc qu’il n’y ait qu’eux qui possèdent une âme ? Ici, l’esprit de tous les êtres vivants vient pour franchir le passage, la coupa la lueur éclatante et d’un bleu plus intense encore.
Myriam tenta de déceler, dans les bribes de pensées émergeant du bruit environnant qui gonflait en vagues déferlantes pour parfois s’apaiser puis reprendre de plus belle, des indices qui valideraient les déclarations du passeur. Elle n’avait jamais vraiment réfléchi à cela, mais il lui avait toujours semblé plus confortable de penser que seuls les humains avaient une âme. Et cela n’expliquait pas les couleurs, pensa-t-elle, de plus en plus obsédée par l’étrangeté de cet espace où elle continuait de flotter, et auquel elle n’était pas préparée.
- Les couleurs, confia la voix toujours aussi puissante, sont tout simplement le reflet de l’état de l’âme quand elle quitte le corps qui l’abritait. Rien que cela, même s’il plaît aux hommes de s’imaginer pouvoir contrôler un accès à un autre monde après la mort où ils pourraient établir leurs propres règles. Les jaunes sont les esprits qui s’échappent paisiblement des êtres qui s’éteignent après leur cycle de vie, qui meurent de vieillesse ou de maladie et sont prêts. Les rouges au contraire sont des âmes violemment arrachées à leur corps, un arbre foudroyé, un animal abattu, un homme tué lors d’un accident… Quant aux grises, comme toi, ce sont les âmes des suicidés.
Myriam se sentait nauséeuse, si tant est qu’une âme, une forme informe, une volute fragile puisse être nauséeuse, mais elle voulait bien admettre cette explication. Elle eut la vision fugace des cimetières d’éléphants, des vieux qui se couchent en sachant qu’ils s’en vont, des baleines échouées sur les plages lors d’impressionnants suicides collectifs, et de silhouettes torturées d’arbres calcinés… Mais pourtant quelque chose ne la satisfaisait pas. Quelque chose à éclaircir avant d’être à son tour happée par la gueule béante dont elle était maintenant toute proche.
- Si les couleurs sont juste des reflets, et si rien n’existe, ni paradis ni enfer, pourquoi un passage alors ? Et qu’y a-t-il de l’autre côté ? reprit-elle complètement submergée par l’angoisse et par le grondement incessant de la marée des âmes murmurantes.
- Je ne sais pas, dit la voix électrique du passeur. Je veille à ce que chacun, selon sa couleur, suive le bon chemin.
Ses derniers mots s’éteignirent à l’instant où Myriam fut engloutie par le trou noir qui se referma sur elle. Plus d’éclat bleu vif auprès d’elle, plus de volutes rouges ou jaunes. Rien que des formes informes, fragiles serpents gris aux mouvements fugaces. Plus de mélange, avait dit le passeur. C’était vrai. Seules des âmes grises aux pensées plaintives, aux longs accents qui résonnaient comme un chant des regrets. Elle pensa fugitivement à ceux qui choisissaient de se suicider pour rejoindre un être cher que la maladie où l’accident leur avait arraché… Cela lui sembla pathétique, accablant… C’est peut-être ça, finalement, se damner, pensa Myriam. On croit se libérer, effacer les angoisses et les douleurs, faire taire ses pensées pour enfin accéder au repos, alors qu’on a juste avancé le passage, alors qu’on s’est juste condamné à l’horreur éternelle.
- Tu as raison, entendit-elle faiblement, à peine au-dessus du brouhaha toujours omniprésent.
- Mais pourquoi sommes-nous grises, questionna Myriam, attentive à percevoir les réponses que d’autres âmes pourraient peut-être lui apporter.
- Comment savoir ? dit une pensée étiolée et ondulante. Peut-être est-ce à cause du regard que porte la religion sur l’acte lui-même. Ou bien parce qu’au fond de nous la culpabilité nous habite quand nous décidons de notre départ… Comment savoir, répéta la voix pâle aux intonations lentes et monocordes.
- Et bien, même dans la mort il faut se résoudre à abdiquer, se dit Myriam, amère. Ce n’est pas cela que je voulais, ce n’est pas ce que j’avais cru gagner en ayant enfin le courage de m’évader de cette vie dans laquelle je souffrais tant…
- Courage ou lâcheté, trouverons-nous jamais la réponse à cela, égrena la voix d’une volute grise qui comme tous les spectres errants évoluait dans ce néant qui n’aurait jamais de fin.
- En tout cas nous sommes là, immuablement, éternellement. Certains s’en accommodent, ajouta une autre pensée fragile émergeant du magma nébuleux. Certains même retrouvent une âme qu’ils ont connue, et qui les rejoint au hasard des arrivées, une âme qui comme eux a décidé de l’instant de la mort.
- Les âmes se reconnaissent ? demanda Myriam, qui déjà commençait à se résigner à son état de fragile et fugace forme informe et pensante, comme elle s’était si souvent résignée au malheur dans sa vie. Mais comment est-ce possible, dans cette mouvance de silhouettes grises ? Rien ne nous distingue les unes des autres, reprit-elle comme pour elle-même.
- Il arrive que par la seule force de la volonté un esprit attire à lui un autre esprit qu’il recherche. Parfois certains fusionnent entre eux. D’autres errent à jamais, solitaires au milieu de la multitude…
Myriam allait poursuivre la conversation avec cette pensée qu’elle sentait proche d’elle mais ne distinguait pas parmi la masse des volutes grises qui s’élevaient, descendaient, flottaient en légers tourbillons, quand une pensée vigoureuse la traversa comme un éclair :
- Myriam ! Enfin ! tonna l’âme de José par dessus le tumulte des millions de pensées qui les entouraient.


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