L'ami fidèle
de Alexis Jotz



Depuis treize ans, il les avait suivit, les protégeant, les aimant, avec toute sa reconaissance possible. Un matin, il se leva étourdit, titubant comme s'il avait bu, le monde semblait lui tourner dans la tête. Il cherchait réconfort, compréhension, il se ratachait à cette pauvre vieille terre qui pendant des années lui avait servi de refuge. on le caressa sans relâche, on le dorlota, le porta dans les bras de l'un et l'autre pour l'aider à descendre les marches d'un escalier, on le nourrissait dans la paume d'une main, on lui donnait à boire, ou au moins on lui mouillait ses moustaches, en espérant que ses forces allait lui revenir. Puis, il se recouchait sur le petit coussin bleu comme le ciel, dans sa grande bassine beige, qui lui servait de panier et s'allongeait de tout son corps en observant d'un coin de l'oeil ses amis attristés. Une nuit, il pleura tout le mal qui rongeait son être, ne savant plus où se diriger et le soir, on le rendit à la mère, à la mère de tous, celle à qui tout le monde revient sans aucune exception, la terre.
C'était notre chien, à présent là étendu sous plusieurs mètres cubes de terre, sous le reine claude, qui tendait ses branches vers le soleil doré de l'automne comme pour lui demander de réchauffer celui qui nous a quitté à jamais. Quelques fleurs de dahlias venaient lui égayer ce qui était devenu pour toujours sa maison... Pour l'éternité.
Fin

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