Marche nocturne
de Alexandre Didier



Je marchais de nuit tranquillement dans la forêt avec mon chien, un beau carlin d'environ 10kg. J'ajustais ma marche sur sa vitesse. On filait à travers les sentiers à bonne allure. Il y avait une senteur agréable dans l'air, un parfum de forêt de début de printemps. Tout était verre autour de moi, un verre sombre car il n'y avait pas de lune. J'éprouvais une sensation de bien être. C'est un sentiment qu'on éprouve au bout d'un moment à force de marcher. J'avais au fond de moi une petite angoisse de paranoïa qui me perturbait. Marcher tout seul de nuit dans une immense forêt ça ne rassure pas. Dans ma tête mes idées obsessionnelles s'étaient un peu estompées. Elle me tiraillait moins et ne m'écartelait plus l'esprit. Mon chien tirait sur sa laisse, il allait d'une odeur à l'autre toujours à la recherche de l'odeur ultime. De temps en temps il faisait le grand écart pour satisfaire ses petits besoins. Il reniflait bruyamment car les carlins possèdent une truffe écrasée. Je remontais un sentier dont le sol était composé de sable. J'avais un peu de mal à marcher, mes pieds s'enfonçaient un peu dans le sol. Il faisait légèrement froid. En marchant je ressentit une sensation bizarre comme si j'étais passé à travers quelque chose, une sorte de brume mais en plus légère, plus compacte. Mon chien semblait nerveux, il aboyait. Je ne prêtait que peu d'attention et continuais ma promenade. J'arrivais sous un grand chêne qui rendait l'endroit encore plus sombre. A 2m de moi j'aperçu la même brume que j'avais traversé 5minute auparavant. Je passais à travers avec cette fois ci l'impression d'y sentir une présence. Mon chien de nouveau se remit à aboyer. En m'éloignant je ressenti un parfum qui m'était familier. Je mis un peu de temps avant de réaliser qu'il s'agissait du parfum de mon père décédé deux ans auparavant. Je me retournais alors avec un pincement au coeur, une sorte d'angoisse envahissait tous mes membres. La brume s'était dissipée. Il n' y avait plus que de l'obscurité et le chêne imposant.
Je restais sur place à scruter les ténèbres, tentant d'apercevoir quelque chose. L'angoisse retombait peu à peu. Je regardais autour de moi et j'aperçu à côté du chêne un par terre de violettes. Je compris alors d'où venait le parfum. Je me demandais si cette manifestation nocturne n'était pas un signe. Mon esprit légèrement bouleversé je fini ma promenade sans aucune autre anomalie.

Alexandre Didier


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