Tragédie nocturne
de Alexandra Lejeune


Minuit, l'heure où il faut être. Minuit, le rendez-vous de toute la gente branchée citadine. Minuit, les rencontres se font. À minuit les mots sortent plus facilement qu'à la coutume.
Minuit, l'horizon s'efface, des silhouettes calyptiques le remplace. Minuit, « Asseyons nous ici on sera mieux ». Minuit les verres s'enchaînent, les frontières se diluent.

À minuit les vierges s'autoproclament poupées Latex. Minuit le chacal guette. Minuit, la gazelle ne bouge pas. À minuit le Vicks Vaporub est de sortie pour les torses et les corsages.
Minuit, les corps s'enlacent quand la musique est bonne. Minuit, les corps se lassent, D'Agostino les sonne.

Minuit des spaghettis trop cuits s'accrochent à ta tête. Minuit dans ton cuir chevelu, un bar il y a. Minuit, l'Oréal rentre dans mon champ nasal. Minuit, les rayons laser se reflètent dans tes yeux. minuit, nous ne dansons pas. Minuit, tes cheveux changent de calice. Minuit, ça doit être la faute aux graphes. Minuit, ou bien celle de la voisine. À minuit j'émerge de mon paradis, je te regarde et te trouve belle. À minuit, le rire arrive facile. Minuit, tes facéties douteuses me pouffent. Minuit les verres à petits prix. Minuit, y en a pour un, y en a pour deux. minuit, le rouge de tes fossettes te va si bien. Minuit, « D'accord je t'attends ». Minuit, mon amour, tu sens encore meilleur que tout à l'heure. Minuit, CHANEL N°5. Minuit, j'aurais dû être parfumeur.

Minuit, mes lèvres se découvrent. Minuit, elles se ventousent sur ton cou. À minuit, tu as le goût de la vanille. Minuit, les gousses du plaisir se décantent. Minuit, la sensation de force sexuelle se décuple. Minuit, le sang artériel me chatouillent le torse. Minuit, je descends le long de ta pomme d'Eve. Minuit, ta peau s'humidifie, ton sexe aussi. À minuit, j'ai besoin de calcium. Minuit, tu me stoppe dans mon élan. Minuit, tu prends les rennes en main.

Minuit, « Suis moi dans une chambre ». Minuit, j'ai confiance. Minuit, tu vas chercher les clefs au bar. Minuit, je ne veux pas omettre de faire profiter Mlle Cocktail. Minuit « Casse toi Connard ». À minuit, j'encaisse. Minuit, ta main coule sur ma paume. Minuit, je marche. Minuit, je te suis. À minuit, les escaliers sont plus hauts que d'habitude. Minuit, les lumières communistes s'écrasent contre les murs noirs du couloir. Minuit, « Chambre 4 c'est ici ». À minuit, tu y pénètre. À minuit, je te pénètre

À minuit, toutes les chattes sont noirs. À minuit, ta culotte n'est plus. Minuit, je me sens une âme de Robuchon.. Minuit, ton eau de vis m'enivre. Minuit, tes lèvres se referment. Minuit, mon organe lézarien est dedans. Minuit, non ne le sors pas.Minuit ; il se débat. Minuit, tu cries. À minuit, tu jouis. Minuit, le sursis s'achève. Minuit, je referme la porte.
Minuit, tu la rouvre

À minuit, deux gorilles la bouche. Minuit, y a eu un meurtre ? Minuit, mon portefeuille se vide. Minuit, je me la suis même pas tapé. Minuit, par contre eux, y m'ont tapé quand même. Minuit, j'ai pris des bleus de boulot (Trouvez le calembour caché !). À minuit, les marches sont trop basses. Minuit, lÀ bassesse me fatigue. À minuit, « pas de dernier, non, j'ai pas de quoi payer

Minuit, l'air est frais par ici. Minuit, mon sexe durcit. Minuit, je me suis garé où ? Minuit, je suis enfin À la voiture. Minuit, ma R5 à de la classe. Minuit le siège est confortable. Minuit, le corps Pin-Upien de la plaque parfumeuse rétovisique m'inspire. À minuit, mes vitres ne sont pas teintées, mais c'est tout comme. Minuit, l'arroseur est arrosé

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